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jeudi 25 septembre 2014

Voilà. Ça y est. La trouille est partie.

Voilà, ça y est. 
La trouille est partie. 
Et avec elle,
L'envie.

L'envie,
D'écrire.
L'envie d'écrire ?
Non !

Le besoin,
Le craving
L'intense, immense, incommensurable besoin de reconnaissance,
Lourd comme un puits sans fond,
Pesant comme un trou béant,
Profond comme une pierre brute.

Moi, la fille primaire,
La fille binaire,
La fille ternaire,
À force de faire le choix
De la Femme de Bath,
Le choix,
De ne pas choisir 
Les choix des autres,

J'ai su,
J'ai pu,
J'y ai cru,

En dépit des signaux externes,
Malgré les remontrances sévères,
Contre vents et doxa,
J'ai résisté,

Roseau pensif,
Frêle chêne sexagénaire,
Herbe folle, filasse, follette.

J'ai tenu.
Tenu le point.
Le point de l'amour.
Le point de la littérature.
Tenu le point de vie.
Vieille tricoteuse déshabituée.

Tenu le point,
Le point badiousien,
Tenu le poing,
Serrée,
Angoissée,
Terrorisée
Par du rien
Dont tout le monde se fout bien.

Je me suis refaite,
Ai refusé d'être refaite, 
Ai tenu, sans être parfaite,
Accepté,
Le retrait,
La retraite,
La défaite,
Et compté mes profits,
Sans perte.
Merci à l'amie.

Au placard, les tu peux faire mieux, 
Au bazar, les j't'l'dis pa'ce que personne d'autre te l'dira.
Au hasard, mes colères, rentrées, implosées, étouffées,
Renfrognée.

J'ai tenu.
Sans presque rien dire.
Tenu,
Tenu,
Tenu.
La résistance,
C'est aussi et surtout se taire.
Ne pas dire.
Ne pas faire savoir.
Jamais.
Agir.
Tenir.
Se tenir.
À sa ligne, 
Pas si droite,
En zig, 
En mézigue,
En divague, vague, vague...

J'ai fini.
Pour aujourd'hui.

© Simone Rinzler | 25 septembre 2014 - Tous droits réservés.