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mardi 14 octobre 2014

Travailler de ses mains...

À propos de "Travailler de ses mains" :

Lors de notre voyage en Norvège, notre guide, une femme, nous a expliqué que dans son austère pays protestant, autrefois, il fallait que les femmes aient toujours les mains occupées...

Ceci entre en résonance avec le développement ci-dessous, issu d'une conversation FB.

Rappel du sujet de la discussion FB : Travailler de ses mains, "pour ne pas travailler du chapeau ?", m'avait-on demandé en substance. Voici quelle a été ma réponse :

Au début, c'était contraint.
On élevait les petites filles de la toute petite petite bourgeoisie montante (ou qui voulait remonter des décombres de la guerre) à être de parfaites petites femmes accomplies. 
Là, j'ai été sacrément en échec à l'école et au lycée ! 
J'ai tout fait : tricot, crochet, broderie, napperons. J'étais loin d'être franchement mauvaise. Mais j'étais féministe sans le savoir. 
Il y a quelques années, je me suis rendue compte que sous mes airs sages et sérieux, je ne m'étais jamais remise du scandale d'être née femme. 

Je ne supportais pas qu'on ne nous fasse pas faire ce que faisaient les garçons en travaux manuel : sculpture sur bois, reliures de livres. Comme j'ai enragé avec ces cours de couture au lycée ! On devait faire intégralement une robe de petite fille de deux ans pendant que les garçons apprenaient la reliure. 

Mais je n'ai jamais été un garçon manqué. Pas assez courageuse physiquement et certainement trop frêle et timorée à l'époque. Depuis, j'ai appris à rouler des mécaniques pour prendre la place qui m'est due. 
La génération de ma mère avait ouvert la voie. Je me suis beaucoup refusée à être un prototype de fille ou de femme ou de girlie. Cela ne m'empêche pas d'être féminine. Mais si je veux faire les choses comme un homme, quasiment rien ne peut m'empêcher. 

Fort caractère forgé à la dure par la vie. Et surtout, un compagnon de longue route qui m'y a plus qu'encouragée ! 

C'est facile d'être, simplement, quand on n'a pas à lutter à la maison. Et ce n'est pas une lavette. Un homme, bon et aimant. Provocateur à ses heures et foncièrement bienveillant. 

Un caractère fort, lui aussi. Ça aide. Notamment, pour m'empêcher de travailler du chapeau 😃, entre autres. 

Et je suis fâchée avec le temps qui manque et qui nous fait courir comme des lapins fous. 

Je viens tout juste de prendre ma retraite et je fonce à fond dans la lenteur. Un pied incroyable, pour moi qui ai été si active !