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jeudi 18 décembre 2014

L'Expérience du miroir

"J'aime assez cette expérience de la vieillesse où je m'aventure, un peu malgré moi. Je regarde dans le miroir cet inconnu qui me regarde.
C'est une singulière observation à laquelle je me livre, comme si, en somme c'était un autre que moi que je voyais advenir sous mes yeux. Mes traits dessinent un visage autre que celui auquel j'étais accoutumé. Cet inconnu qui me regarde, oui, je sais bien que c'est moi. Absurdement, je me dis « c'est moi » sans y croire vraiment, avec amusement presque. Mais je sais que ça ne durera pas, que les maux dégradants vont venir, que l'effondrement à un moment deviendra inquiétant, puis effrayant. Je n'en suis pas encore là. Pour l'instant j'assiste à la naissance d'un autre moi pleinement conscient qu'un autre moi disparaît qui ne reviendra jamais."
DEB | L'expérience du miroir

C'est un beau texte d'un beau jeune vieux.
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A mon tour maintenant
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Nous vieillissons ensemble. Enfin, je me comprends.
Nous ne nous connaissons pas d'ailleurs. Que de là.

J'aime apprivoiser ma vieillesse. C'est la seule chose que j'ai gagnée sans avoir à lutter. 

Gagner sans avoir à lutter, c'est bon. C'est un repos bien mérité. 

C'est aussi une chance. De Pouvoir continuer. A s’émerveiller. D'en être arrivés là. 

Pas en si mauvais état. Les neurones encore alertes, en alerte. 

Qu'importe la ride, puisque la vue baisse. 

Qu'importe la ride externe. La ride interne marque ma vie, mes amours, mes joies, mes bonheurs. Par bonheur, la ride des malheurs n'a jamais imprimé sa trace. Ni sur ma face. Ni... Si. Parfois, en mon cœur. 
Mais je ne suis pas douée. Pour le malheur. Pour rester dans le malheur. J'en ai trop soupé. Trop tôt.

Pour avoir envie de m'y repaître.

L'envoyer paître. Ailleurs. Que sur mes ballerina godasses.

© Simone Rinzler | 19 juin 2014