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jeudi 17 décembre 2015

#CM 2 Carnets de musique : Écouter sa musique intérieure, la musique du bonheur...

#CM 2 Carnets de musique : Écouter sa musique intérieure, la musique du bonheur...

Écouter sa musique intérieure, la musique du bonheur.

Écrire en musicienne, en chanteuse confirmée, remplacer la voix éraillée du temps par la voix intériorisée du souffle reconquis, ne pas s'en lasser, s'en délecter, s'y adonner en mode grand majeur...

Écrire en musicienne, en chanteuse confirmée, remplacer la voix éraillée du temps par la voix intériorisée du souffle reconquis, ne pas s'en lasser, s'en délecter, s'y adonner en mode grand majeur.

Écouter sa voix intérieure, sa voie musicale, la composer comme sa propre symphonie, se laisser envoûter de son harmonie personnelle sans un regard, sans une oreille pour le brouhaha du monde terrifié par le chaos de la vie.

Faire place à la vie intérieure, au chant de ses harmoniques, les faire vibrer, résonner, s'en délecter, l'oreille interne affûtée.

Repérer les résonances, prêter attention aux notes qui se répondent, s'enrichissent, se complètent, entendre les harmoniques du désir et de l'amour comblé. S'y plonger, laisser sonner, résonner, réverbérer jusqu'à saturation du son. Laisser la musique filer, s'envoler, envelopper l'atmosphère douillette et profonde, penser la musique de l'intérieur sans partition aucune. Laisser chaque note s'épanouir, s'évanouir, préparer la prochaine, composer le subtil carillon léger du bonheur délié. S'envoler à tire d'ailes à la poursuite des cloches lointaines, oublier les acouphènes, les dompter, les maîtriser. Écouter sa musique intérieure, la musique du bonheur.

© Simone Rinzler | 17 décembre 2015 - Tous droits réservés 

La musique résonne À L'Atelier de L'Espère-Luette

#CM 1 Carnets de musique : S'arracher à la littérature comme à une maladie de jeunesse...

S'arracher à la littérature comme à une maladie de jeunesse...

S'arracher à la littérature comme à une maladie de jeunesse. Se faire violence. Entrer dans la danse. Des vivants. Qui n'ont pas peur de la mort.

Chanter. Danser. Embrasser qui on voudrait. Chantonner. Composer des airs nouveaux, des chants insus, inconnus. 

Danser mi-nu devant sa glace. Danser habillé. Esquisser trois pas de danse. Entendre la musique dans sa tête. Écrire le son, le chant, écrire le bonheur. Vivre le bonheur. 

Se dandiner sur le bord de sa chaise, le corps souple et plein d'allant au rythme de sa musique intérieure. Visage impassible et corps dansant. 

Gratter une démangeaison sans y penser. Rouler du corps, le torse souple, dégagé de toute entrave. Expirer fort. De contentement. Sans même y prendre garde. Ne pas même sentir que sa respiration se fait ample, généreuse, profonde.

Aimer sa vie.

Aimer la vie.

Oui !

Goûter l'air frais du matin à midi, s'enivrer de de petit rien qui fait tout, de ce petit rien de rien du tout qui est revenu comme il était parti, humer longuement l'air du temps qu'il fait à l'intérieur rieur, attendre le moment de la rencontre renouvelée avec les tous petits-êtres aimés, n'en plus pouvoir d'attendre, attendre, attendre, la respiration accélérée, entendre les doux babils s'approcher, l'écrire encore et encore et en jouir, s'en parfumer, s'en délecter, patienter encore, le cœur plein de bonheur. Être en amour. Être amour. Amours de ma vie.

Oui.

S'occuper, gentiment, s'activer, lentement, expirer, profondément. Rêve de chant, de chanteuse, d'expireuse. 

Plénitude de la matinée avancée. La musique dans le corps, installée, ne veut se déloger. Plus rien n'a d'importance. Vivre sa vie sans se préoccuper. Goûter le plaisir retrouvé. Entendre le petit jappement de son petit chat. Esquisser un sourire. Bientôt la serrer dans ses bras, se plonger dans son sourire, regarder son sourire, son regard s'illuminer. Anticiper le bonheur de les retrouver, de les sentir, de les choyer, de les envelopper de tendresse, de sourire, de chanson, de musique de la vie est belle.

Laisser tomber son clavier.

Inspirer une dernier fois encore.

Goûter son plaisir d'être seule, bien entourée.

Aimer.

© Simone Rinzler | 17 décembre 2015 - Tous droits réservés 

Aimer À L'Atelier de L'Espère-Luette

vendredi 11 décembre 2015

13 #AA Anamnèse de l'amnésie : Il se lève de très bonne heure. Il fait encore nuit. Précautionneux, il prend garde de ne pas la réveiller.

13 #AA Anamnèse de l'amnésie : Il se lève de très bonne heure. Il fait encore nuit. Précautionneux, il prend garde de ne pas la réveiller

Il se lève de très bonne heure. Il fait encore nuit. Précautionneux, il prend garde de ne pas la réveiller. Il allume la machine à café à la cuisine, se rase méticuleusement comme tous les jours, se douche et applique un déodorant peu parfumé. Il ajoute quelques pschitts du parfum gourmand qu'elle préfère. Il retourne dans la chambre et sans bruit, revêt ses vêtements qu'elle lui choisit lors de grands achats groupés tous les deux ans ou tous les ans, parfois plus souvent, pour qu'il soit séduisant sans être guindé, ni vieux, ni ringard. Il se moque de son apparence extérieure. Cela n'a jamais compté pour lui. Il ne voit jamais l'enveloppe. Il voit l'être enveloppé. C'est un homme bon, ouvert. 

Il révise ce qu'il fera pour son travail dans la journée. C'est sa manière de se préparer pour se sentir bien, pour être à la hauteur de sa tâche. Il n'aimerait pas ne pas se préparer. Il se prépare toujours. Il ne laisse pas le hasard décider pour lui. Il suit sa routine quotidienne, la routine qui lui permet de continuer, d'aller de l'avant sans jamais se poser de questions. Il sait que quand il faut y aller, il faut y aller. S'il ne révisait pas la préparation de sa journée effectuée auparavant, il ne supporterait pas d'avoir à improviser. Il aime que le travail soit planifié, que les obligations soit vite expédiées. Il est du genre "Fais tes devoirs, tu joueras après". C'est un homme posé.

C'est un homme reposant. Un homme rassurant.

À cette heure-là, ce n'est pas l'heure des petites folies, pas l'heure de la détente. 

Ce sera pour après. 

Quand tout sera fini. Il ne laisse rien traîner. Il traite. Ce qu'il y a à traiter. Dans les temps. 

Dans le silence de la maison, il fait son grand café express et le boit en révisant, devant son classeur ouvert. Il prévoit ce qu'il va dire, ce qu'il va faire.

Il effectue tout cela dans le plus grand des silences. 

Il ouvre et referme la porte d'entrée à clef sans un seul bruit. Il sort à pas de chat.

Il respecte son sommeil. Il la respecte. Il l'aime. 

Ce n'est pas l'heure des effusions. Il vient de partir travailler.

Il laisse la maison retomber dans le silence.

Elle dort.

© Simone Rinzler | 11-12 décembre 2015 - Tous droits réservés 

Il ne fait aucun bruit À L'Atelier de L'Espère-Luette

mercredi 9 décembre 2015

34 #CR Carnets de retraite : La littérature m'a abandonnée. J'ai abandonné la littérature. J'ai retrouvé...

34 #CR Carnets de retraite : La littérature m'a abandonnée. J'ai abandonné la littérature. J'ai retrouvé...

9 décembre 2015

La littérature m'a abandonnée. J'ai abandonné la littérature. J'ai retrouvé le plaisir. J'ai retrouvé la joie, j'ai retrouvé la musique. J'improvise. Je chante. Je compose. Dans ma tête, faute de m'y mettre vraiment. J'ai retrouvé la vie. La vraie.

Il n'est pas question de littérature de l'exultation. Le corps exulte. Le verbe non. Il n'exulte plus. Il est plein, il est rond, il est bien. Il n'a l'air de rien. Il n'est pas factice. Il est sans malice. Il est.

C'est la fin des recherches stylistiques. Le style de la vie est revenu. Badin, câlin, mutin. C'est le style de l'équilibre revenu. Un style en équilibre. Un style sans filet. Un style sur le fil, ténu, de la vie.

J'écoute le Boléro de Ravel. Il boucle, en boucle, tourne dans ma tête, monte et monte maintenant. Je me laisse aller. La musique devient de plus en plus puissante. L'air serein, l'air de rien ne peut disparaître. Il est là. Il est bien là. Il est bien. Là. Ici. 

L'orchestre s'emballe. Les instruments entrent un à un. la pâte sonore s'amplifie. j'attends l'arrivée des cuivres. ce n'est pas encore le moment. j'attends. J'attends. Des cuivres sont déjà entrés, ils se sont joint aux cordes, aux percussions. Là. Là. Ça va être là. Non pas encore. Les dissonances s'amplifient. Le son ne monte pas. L'intensité ne cesse de monter. Allez, maintenant ! Maintenant, les cuivres. Et les caisses claires. Vite. Vite. Les cuivres. 

Ça y est. Ils sont là !

Orgasme.

Résolution. 

Silence.

Long silence.

Très long silence.



Puis, enfin, applaudissements.

Toujours aussi laids en version enregistrée.

Ce Bernstein est un magicien. Le magicien de Gershwin. 

Hébétée par cet orgasme musical.

La machine me propose une entrée de chœur sur orchestre. C'est doux. C'est beau. Ça poursuit le bonheur sans tâche. Je n'ai pas encore reconnu le morceau. Ma tête est ailleurs. Je jette un coup d’œil au titre. Pas étonnant que cela me berce. C'est mon Requiem de mon Fauré adoré. De quoi me bercer des heures entières. Retour à la musique vocale. Ma source des sources.


© Simone Rinzler | 9 décembre 2015 - Tous droits réservés 

Adieu à la littérature, bonjour à la vie À L'Atelier de L'Espère-Luette

lundi 7 décembre 2015

33 #CR Carnets de retraite : J'ai envie de bouger, j'ai envie dedanser, rire, baiser...

33 #CR Carnets de retraite : J'ai envie de bouger, j'ai envie de danser, rire, baiser

 

2 décembre 2015

Modifié le 7 décembre 2015 


Mon calendrier n'est pas fondé sur l'actualité. Je ne sais s'il l'a jamais été et cela n'a guère d'importance. 

Ce que je sais, c'est que ma joie ou ma peine ne sont plus que très rarement fondées sur celle des autres. À force de cultiver ma différence, car je me suis toujours sentie différente de prime abord, je suis devenue indépendante sans en prendre jamais conscience. Ce n'est d'ailleurs pas tant que j'aie cultivé ma différence. J'ai fini par m'y habituer. Nuance.

Cette différence qui me faisait mal a cessé de me faire souffrir depuis si longtemps et en un processus si long que je suis incapable de la dater précisément. C'est le bienfait d'une heureuse nature, rétive aux dates et aux anniversaires du passé.

Au souvenir, j'ai toujours préféré vivre le présent, regarder vers l'avenir. J'y ai été aidée par un passé sombre, les drames de mon adolescence et de mon enfance et même ceux d'avant mon enfance.

Le drame, j'en ai soupé. Les visites dans les cimetières, j'en ai bavé, j'ai bien donné, j'en suis gavée à vie.

Aimer la vie, c'est aimer les vivants.

Un jour, un de mes enfants me l'a reproché opportunément. Il était temps de s'occuper des vivants. Alors, oui, c'est redevenu ma nature, celle qui m'avait quittée, je ne sais plus quand. 

Aimer la vie, c'est aimer les vivants. Vivre avec eux. Sentir avec eux.  Respecter les morts-vivants, les laisser tranquilles. Mais ne pas danser le menuet avec eux. Qu'ils s'amusent entre eux. C'est leur danse. Pas la mienne. J'ai déjà donné. Je n'aspire pas à y retourner tant que je n'y aurais pas été invitée par les agents de la Régie Autonome des Trépassés Paladins de mon entourage. Le plus tard sera le mieux. Passé le moment de l'annonce d'un choc, j'ai appris à ne pas me laisser entraîner dans des conduites à risque.

Je n'aime pas le risque.

J'aime le confort.

L'adrénaline, à petite dose.

Et du repos entre chaque dose.

Je ne me goinfre pas d'adrénaline, bonne ou mauvaise. Ce qui semble un tempérament de feu est en réalité une vie équilibrée. Je me suis si souvent sentie au bord du déséquilibre que je ne peux le rechercher. Je suis une prudente, une endurante, une durante, une fille de survivants, une survivante, une résiliente. Rien ne me plait davantage que durer, perdurer, même s'il me faut endurer.

Aujourd'hui, je me suis réveillée et souvenue d'un rêve que je faisais au moment de mon réveil. C'est assez rare pour que je le mentionne. J'étais dans une piscine. Je nageais. Mal. J'avais du mal à nager.

Une étrange prof de natation m'a incitée à prendre un cours avec elle.

J'ai bien sûr refusé, comme toujours, quand je me vois proposer une offre commerciale que je n'ai pas sollicitée.

Mais j'ai ensuite change d'avis. J'ai accepté l'offre.

Elle ne me proposait pas qu'un cours, me semblait-il.

Quelque chose dans son attitude ressemblait à une main tendue, pratiquement désintéressée. Je me suis dit que cela ne m'engageait à rien et que si le service ne me convenait pas, rien ne me contraignait à poursuivre l'expérience.

Ce n'était qu'un essai.

Ce n'était pas la première fois que je testais des choses et que je ne les poursuivais pas, parce que cela ne me convenait pas. La femme avait un aspect étrange, pas très dynamique, un peu dérangé, même peut-être.

Peut-être est-ce même cela qui m'a fait infléchir ma décision de ne pas. Abandonnant mon complexe de Bartleby, je répondais à nouveau à la main tendue, comme je l'avais si souvent fait. Quitte à ne pas suivre si cela ne me convenait pas.

Très vite, j'ai senti que cela ne me conviendrait pas. Que je ne poursuivrai pas l'expérience dans cette piscine inconnue, mal pratique, au sol glissant et aux vestiaires et toilettes collectifs un peu sales.

Cet environnement, ce n'était pas pour moi.

Je tentai pourtant de nager.

La pauvre fille était une piètre enseignante.

C'était elle qui avait besoin d'aide.

Son comportement n'était pas celui des maîtres-nageurs habituels, attentifs ou surdirectifs.

Elle semblait ne pas vouloir être dans l'eau toute seule.

Je l'ai accompagnée dans le liquide pâle.

J'avais froid. Je brassais de l'eau, mais je n'avançais pas, pas assez vite à mon gré.

Je me rendais compte que ce n'était plus vraiment cela et que j'avais vraiment perdu, même si je n'avais jamais été d'un niveau digne de compétition, ce qui tombait bien, car j'avais horreur de la compétition, de la confrontation.

Je n'aspirais qu'à une vie douce.

Je m'étais toujours arrangée pour me faciliter la vie, y passant parfois des heures et des jours entiers, voire des années, pour organiser la facilité de ma vie. Là était ma seule obsession. Me faire mon trou, mon nid, mon coin pour y être tranquille, à l'abri, confortable.

J'ai laissé mon rêve à l'abandon. N'ai pas écrit pendant plusieurs jours. Ni publiquement, ni dans le secret de l'atelier.

Je ne pouvais plus ni lire, ni écrire.

La littérature m'avait abandonnée.

Peut-être est-ce moi qui avais abandonné la littérature ?

Je m'en tenais à ce seul constat.

J'ai envie de bouger, j'ai envie de danser, rire, baiser.

J'avais envie de bouger, de danser, de faire l'amour.

J'ai vécu, j'ai bougé, j'ai baisé, j'ai câliné, j'ai chanté, j'ai dansé.

Cela ne change pas le monde.

Je ne vis pas dans l'illusion de pouvoir changer le monde.
Dans celle de l'aménager. Oui.
Pour qu'il soit vivable.
Un peu plus respirable.

Aménager le monde, c'est changer son rapport au monde, c'est donner son apport au monde.


Je suis revenue au calme de la vie agréable, privilégiée, celle que je me suis construite, peu à peu, à grandes enjambées activées de grand lévrier ou à petits pas trottinants de souris grise, contre vents et marées, contre vermines et marâtres, contre vermeilles et parâtres, envers et contre tout, à l'envers et contre tous. Toujours. Du côté. De la vie. La mienne. Celle que je me suis choisie. Que je me suis confectionnée. Que je me suis décorée. Avec amour.

Et tendresse.
Retrouvée.

Et voilà que me revient ce que j'avais dit une fois à un collègue :

"Si j'étais dans une cellule, je ferais tout pour la repeindre en rose."

Ça ne change pas la cellule, mais quand même, c'est plus gai !

© Simone Rinzler | 2-7 décembre 2015 - Tous droits réservés 

La littérature serait en perte de vitesse À L'Atelier de L'Espère-Luette

mardi 1 décembre 2015

# English: Then, it dawned on me: I was missing something, or someone, but couldn't find what or who. Then, it dawned on me.

#English : Then, it dawned on me. 

I was missing something, or someone, but couldn't find what or who. 

Then, it dawned on me.

I thought I was missing my job. I was missing it. I was. But not that much. I could do without. I had been fed up with it all.

As I was preparing myself to spend the night without taking care of my two baby grand-daughters, a thought came to my mind in English. I was writing a text in English. 

I have forgotten what the text was, by now, but have found a stunning discovery.

All these months, I had been missing English. Writing in English. Reading in English.

It came to me as I was watching the end of an enth old episode of Grey's Anatomy.

I was missing English. I was feeling worried, guilty. I could not find what worried me, what made me feel guilty. I was scraping my mind hard with usual psychological explanations - my family, my kids, my parents, my grand-children, seeing again my friends and former colleagues - to no avait.

I was missing English, novels in English, thinking in English. I had given up English, its countries, its civilisations, is cultures, its culture. Its strength. Its effect on me.

I needed a break with French. At once. Right now. English had always been my solace, my confort. I had forgotten it in the mes of my last years at uni.

I needed its distance, its proximity, its sound in my mind, its effect on my body, its you know what, even if you don't. I do. That's enough.

English ! English !

I'm back !

Back in English. 

That was the long way back to English that was.

HHhheeere I a-a-am !

Again.

Whole.

© Simone Rinzler | December 1st 2015 - All rights reserved 

English is back À L'Atelier de L'Espère-Luette

lundi 30 novembre 2015

12b #AA Anamnèse de l'amnésie : Il rentrerait à la maison. Elle ne l'entendrait pas. Elle ne le regarderait pas. Elle ne le regarderait plus.

12b #AA Anamnèse de l'amnésie : Il rentrerait à la maison. Elle ne l'entendrait pas. Elle ne le regarderait pas. Elle ne le regarderait plus.

Il rentrerait à la maison. Elle ne l'entendrait pas. Elle ne le regarderait pas. Elle ne le regarderait plus. Pas un mot. Pas un regard. Elle ne bougerait pas. Elle aurait le regard vide. Le regard perdu. 

Où serait-elle partie ? 
Son corps serait présent. Son esprit, ailleurs. Il aurait disparu. Elle ne bougerait pas. Elle ne bougerait plus.

Il la saluerait.
"Bonjour !"
Pas un sursaut. Elle ne répondrait pas. Sa surdité ne s'améliorerait pas. Elle ne le verrait pas. Elle ne le voit plus.

Il lui parlerait ce soir. Que lui arriverait-t-il ? Pourquoi serait-elle comme cela ? Elle aurait pu faire un effort. 

Il rentrerait du travail. La maison serait silencieuse. La maison serait morte. Son cœur serai mort. Elle ne bougerait plus. Il lui parlerait.

Elle lui demanderait de parler plus fort. Elle ne l'entendrait pas". Elle le ferait exprès. Elle l'ignorerait. Il n'existerait plus pour elle. Qu'aurait-il fait ? Que n'aurait-il pas fait ? Elle ne bougerait plus. Elle ne parlerait plus. Elle ne rirait plus. Elle serait devenue méchante. Elle serait acariâtre. Il aimerait tant être accueilli par son bon sourire. Elle ne sourirait plus. Elle ne rirait plus. Il ne compterait plus.

Il se ferait un café. Elle irait se coucher. Il boirait son café. Seul. Il resterait seul dans la salle à manger. Il regarderait les informations télévisées. Elle ne s'intéresserait plus au monde. Plus rien ne l'intéresserait. Ils ne partageraient plus rien. Il l'aurait perdue. Il serait perdu sans elle.

Ce soir, il lui parlerait. Il parlerait à son corps. Il la caresserait. Peut-être accepterait-elle de faire l'amour ? Elle n'aimerait plus faire l'amour.

Il serait transparent. Il s'ennuierait au travail. Elle ne le verrait plus. Il monterait travailler. Il travaillerait jusqu'à l'heure du dîner. Elle oublierait encore l'heure du dîner. Il lui rappellerait l'heure du dîner.

Il vivrait en couple. Il serait seul. Il serait transparent. 

Il se sentirait encore vivant. 

Pour combien de temps ?

© Simone Rinzler | 30 novembre 2015 - Tous droits réservés 

Des nouvelles de "Lui" À L'Atelier de L'Espère-Luette

12a #AA Anamnèse de l'amnésie : Je rentre à la maison. Elle ne m'entend pas. Elle ne me regarde pas. Elle ne me regarde plus.

12a #AA Anamnèse de l'amnésie : Je rentre à la maison. Elle ne m'entend pas. Elle ne me regarde pas. Elle ne me regarde plus.

Je rentre à la maison. Elle ne m'entend pas. Elle ne me regarde pas. Elle ne me regarde plus. Pas un mot. Pas un regard. Elle ne bouge pas. Elle a le regard vide. Le regard perdu. 

Où est-elle partie ? 
Son corps est présent. Son esprit est ailleurs. Il a disparu. Elle ne bouge pas. Elle ne bouge plus.

"Bonjour !"
Pas un sursaut. Elle ne répond pas. Sa surdité ne s'améliore pas. Elle ne me voit pas. Elle ne me voit plus.

Je lui parlerai ce soir. Que lui arrive-t-il ? Pourquoi est-elle comme cela ? Elle pourrait faire un effort. 

Je rentre du travail. La maison est silencieuse. La maison est morte. Son cœur est mort. Elle ne bouge plus. Je lui parle.

Elle me répond : "Parle plus fort, je ne t'entends pas". Elle le fait exprès. Elle m'ignore. Je n'existe plus pour elle. Qu'ai-je fait ? Que n'ai-je pas fait ? Elle ne bouge plus. Elle ne parle plus. Elle ne rit plus. Elle est devenue méchante. Elle est acariâtre. J'aimerais tant être accueilli par son bon sourire. Elle ne sourit plus. Elle ne rit plus. Je ne compte plus.

Je me fais un café. Je le bois. Seul. Je reste seul dans la salle à manger. Je regarde les informations télévisées. Elle ne s'intéresse plus au monde. Plus rien ne l'intéresse. Nous ne partageons plus rien. Je l'ai perdue. Je suis perdu sans elle.

Ce soir, je lui parlerai. Je la caresserai. Peut-être acceptera-t-elle de faire l'amour ? Elle n'aime plus faire l'amour.

Je suis transparent. Je m'ennuie au travail. Elle ne me voit plus. Je monte travailler. Je travaillerai jusqu'à l'heure du dîner. Elle oubliera encore l'heure du dîner. Je lui rappellerai l'heure du dîner.

Je vis en couple. Je suis seul. Je suis transparent. 

Je me sens encore vivant. 

Pour combien de temps ?

© Simone Rinzler | 30 novembre 2015 - Tous droits réservés 

Des nouvelles de "Lui" À L'Atelier de L'Espère-Luette

dimanche 29 novembre 2015

#OuGramPo : Vous, Passé composé à Valeur de Bilan dans le présent, Présent, Sens passif : Attentifs ensemble. Vous êtes sorti de votre zone de confort.

#OuGramPo : Vous, Passé composé à Valeur de Bilan dans le présent, Présent, Sens passif : Attentifs ensemble. Vous êtes sorti de votre zone de confort. 

Attentifs ensemble. 
Vous êtes sorti de votre zone de confort. Vous avez dépassé la limite autorisée. Vous errez dans une zone d'inconfort. 
Vous êtes prié de rentrer dans votre zone de confort.

Attentifs ensemble. 
Vous êtes sorti de votre zone de confort. Vous avez dépassé la limite autorisée. Vous errez dans une zone d'inconfort. 
Vous êtes prié de rentrer dans votre zone de confort.

Attentifs ensemble.
Vous êtes...

Vous êtes apeuré. Les haut-parleurs vous cassent la tête, les annonces sonores vous stressent. Vous êtes fatigué. Vous avez envie de rentrer à la maison. Vous êtes déjà à la maison. Vous êtes coincé. Vous avez votre processus engagé. Vous ne pouvez plus vous dégager. 

Attention, ensemble.
Vous avez retrouvé votre zone de confort. Vous avez encore du forfait. Vous avez rencontré des amis. Vous êtes sorti de votre zone d'inconfort.
Vous êtes prié de continuer.

Attention, solitaire.
Solidaire, ensemble.
Vous avez noué des liens salutaires. Vous êtes solidaire du chagrin de votre ami. Vous ne pensez pas qu'à vous. Vous vous mettez en danger de vie.
Attentifs ensemble.

Attentif, on semble.
Attentionné, on est.

Vous avez fait preuve d'empathie. Vous avez rencontré vos amis. Vous êtes en danger de vie. Vous êtes prié de rentrer vos mouchoirs. Vous êtes prié de laissez tout choir. Il vous est donné ordre de vous disperser.

Ensemble, dispersés.
Vous avez rencontré des amis. Que savez-vous d'eux ? Depuis combien de temps ne les aviez-vous pas vus ? Saviez-vous ce qu'ils étaient devenus ? Vous avez parlé avec eux. Vous avez ri. Vous êtes en danger de vie. Il vous est conseillé de retourner dans votre zone d'inconfort. Vous êtes en danger de vie. Attentifs ensemble.

Attentifs ensemble.
A' t'en semble en sous-tif 
Attentemble en tifs
A' sensible, en tremble...

© Simone Rinzler | 29 novembre 2015 - Tous droits réservés 

[texte de travail susceptible de recevoir des modifications]

L'OuGramPo se la joue parano avec ses contraintes grammaticales À L'Atelier de L'Espère-Luette

samedi 28 novembre 2015

11 #AA Et puis, elle se terrait, le temps de fuir l'hiver... Elle se terrait, ou courrait ventre à terre, elle aurait du ventre. Son ventre la ralentirait. Elle ne pourrait pas, pas, courir.

Et puis, elle se terrait, le temps de fuir l'hiver... 

Elle se terrait, ou courrait ventre à terre, elle aurait du ventre. Son ventre la ralentirait. Elle ne pourrait pas, pas, courir.  Elle s'essoufflerait. Alors, elle marcherait, droite, debout, ventre aux genoux, des petits gâteaux secs émiettés dans les poches. 

Elle ne les mangerait pas. 

Elle marcherait, marcherait, marcherait, s'affinerait. 

Elle aurait cessé de se goinfrer sans bouger. 

Elle ne s'ennuierait plus. Elle irait, se baladerait, s'en irait avec ses pieds. Sa tête lui reviendrait. Elle n'aurait plus d'absences. Elle serait absente de son trou. Elle serait présente, à la vie, au jour. 

Elle ne se rendrait même pas compte de sa joie. Elle aurait oublié sa détresse. 

Elle ne saurait pas comment elle aurait fait. 

Elle aurait fait. Quelque chose. Elle aurait posé un acte. N'importe. Lequel. 

Elle n'aurait plus d'absences. Elle ne s'en étonnerait même pas. 

Elle ne serait plus inquiète. Ne se souviendrait même plus qu'elle avait été inquiète. 

Elle serait, là, les deux pieds bien campés dans le sol, l'œil regardant les nuages sans les rejoindre. Sa tête serait au-dessus de ses pieds, à l'aplomb. 

Elle serait d'aplomb. Plon !

© Simone Rinzler | 28 novembre 2015 - Tous droits réservés 

Merci à Patrice Denhard pour son idée (la première phrase en italiques) qui lui en aurait donné une autre.

Elle enregistrerait sa réponse sur le blog, mais ça, ce serait une fin. 
Or, elle n'aurait pas encore décidé de finir. Elle n'en aurait pas fini avec son Anamnèse de l'amnésie À L'Atelier de L'Espère-Luette

vendredi 27 novembre 2015

10 #AA 33 #CR Anamnèse de l'amnésie : Elle s'emmerderait. Sévère. Ne voudrait pas se l'avouer. Mais elle s'emmerderait en mode majeur, en mode mineur et même en mode dodécaphonique.

10 #AA 33 #CR Anamnèse de l'amnésie : Elle s'emmerderait. Sévère. Ne voudrait pas se l'avouer. Mais elle s'emmerderait en mode majeur, en mode mineur et même en mode dodécaphonique.

Elle s'emmerderait. Sévère. Ne voudrait pas se l'avouer. Mais elle s'emmerderait en mode majeur, en mode mineur et même en mode dodécaphonique. Elle se ferait chier sévère. Ne trouverait pas sa place. Ne saurait plus où est sa place. Elle essaierait toutes les places. Ici, elle serait trop à l'étroit, là, elle serait engloutie dans un lieu trop vaste pour elle. Elle aurait perdu le juste bien

Il serait temps que Boucles d'argent ressorte en fuyant de La Maison Des Trois Ours Au Milieu De La Forêt Des AnHumains.

Alors, comme un bébé qui s'ennuie, elle emmerderait son monde, ferait tout pour se rendre intéressante, appèlerait sans cesse à l'aide, crierait "Au Loup !" à la moindre crainte. Elle serait un bébé fille, une toute petite bébée insatiable, jamais rassasiée de câlins, de douceur, de confort et de tendresse. Elle aurait peur du vaste grand monde. Elle retomberait en enfance. Elle aurait peur du monde. Elle ferait chier son monde. Elle se croirait suprême. Elle serait un problème.

Elle se lèverait et irait s'occuper d'elle, et rien que d'elle. Elle serait encore bien trop petite pour prendre soin des autres. Elle ne saurait plus s'occuper d'elle. Heureusement, il lui resterait la littérature, l'écriture, l'amour, l'amitié, la famille, les copains, les copines. Elle penserait à s'acheter une chaise haute, à sa propre taille, rien que pour elle. Elle réaménagerait son salon, repenserait sa maison, s'occuperait de ses oignons. Peut-être même en planterait-elle. De beaux oignons de crocus violets, des perce-neige, pour égayer son printemps à venir.

Elle en aurait assez de l'automne. Elle préparerait son printemps.

Ce serait la fête en son jardin de la pensée.

On dirait qu'elle se dirait que ce serait vrai.

© Simone Rinzler | 27 novembre 2015 - Tous droits réservés 

Guillerette, elle préparerait le printemps À L'Atelier de L'Espère-Luette

jeudi 26 novembre 2015

Poser un acte sur les réseaux sociaux : Ne restons pas indifférents. L'humour raciste ne me fait pas rire sur les réseaux sociaux. Pour en rire ensemble, il faut avoir acquis une proximité et surtout une complicité sans ambiguïté. Cela ne peut pas être le cas sur un groupe qui commence à peine.

J'ai été inscrite depuis hier sur le groupe d'une amie Facebook dont le but est de réfléchir en s'amusant, de proposer des petites pensées philosophiques ou des petites choses amusantes pour se divertir en cette période un peu difficile pour tous.

Je trouve aujourd'hui une blague, qui pourrait, à la très extrême limite..., être plutôt amusante dans un cercle restreint. 

Je ne suis pas rabat-joie et moi aussi, j'aime le rire et sa fonction cathartique. 

Mais voilà. 

Aujourd'hui, j'ai réagi à cette blague que je caractérise comme une blague raciste. 

Il était question de... 

Eh bien...  Justement, je ne ferai pas circuler la blague. 

Elle me fait horreur. 

Ne restons pas indifférents.

Voici ce que j'ai répondu (Depuis, la blague a disparu, et donc, ma réponse aussi) :

"L'humour raciste ne me fait pas rire sur les réseaux sociaux. 

Pour en rire ensemble, il faut avoir acquis une proximité et surtout une complicité sans ambiguïté. 

Cela ne peut pas être le cas sur un groupe qui commence à peine. 

Comme je suis plutôt gentille fille, je considère que c'est une maladresse pour un premier post, mais on ne pourra plus jamais m'ôter de l'idée que le substrat raciste est bien présent ici, comme il l'est dans toute la société. Il me sera désormais beaucoup plus difficile d'acquérir une complicité après ce symptôme du racisme rampant actuellement présent et de plus en plus bruyant dans notre société.

Il arrive un moment où il importe de ne pas laisser la haine s'immiscer à bas bruit. 

Désolée, mais je ne peux faire mine de rien.

Pour ma part, il y a une ligne que je me refuse à franchir. 

Je ne ressens aucune colère. Juste l'envie de ne pas rester sans rien dire. Et merci à XXX d'avoir enclenché le processus et d'avoir réveillé ce qui ne pouvait plus dormir en moi longtemps sans exprimer notre désir à tous d'humanité, de chaleur, de douceur, d'amour et de compréhension.

Rire, c'est d'abord rire de soi, pas des autres. 

Ma toute petite, minuscule, ridicule mission, sur les réseaux sociaux est de favoriser l'acceptation de l'autre, de réfléchir, chacun avec ses petits ou gros moyens, en s'interrogeant sur ses propres travers, ses petites lâchetés.

Si je n'avais pas dit clairement ce qui est ma position dans le monde, je n'aurais plus pu me regarder demain matin dans mon miroir moral. Une fois, j'ai regretté de ne pas dire à quelqu'un qui tenait des propos honteux. 

Le plus souvent, je passe ma route sans rien dire, tant la tâche est grande et mes forces si déclinantes, mais là, par amitié pour le groupe de mon amie YYY, je ne pouvais décidément pas me taire.

Favoriser l'acceptation de l'autre a été la tâche de toute ma vie. Je veux bien vous prendre par la main pour vous y aider, si vous acceptez ma main tendue, chère ZZZ. 

N'avez-vous jamais d'empathie pour les autres au point de rejeter des groupes par nationalité ? 

Que feriez-vous, que seriez-vous si, un jour, vous aviez dû fuir la misère ou les persécutions et vous retrouviez jugée avant même d'avoir commencé à faire ou à dire quoi que ce soit ?

À tous, sans exclusive aucune, je souhaite une très belle journée avec des cœurs ensoleillés par la bonté des hommes et de femmes qui nous côtoient.

❤️ Tendons-nous la main ❤️

Simone Rinzler | 26 novembre 2015 - À partager sans modération 
[pas de droits réservés ici aujourd'hui, mais il n'est pas interdit de rendre à César ce qui appartient à César... 😉 ]

La rentrée politique est À L'Atelier de L'Espère-Luette

mercredi 25 novembre 2015

32 #CR Carnets de retraite 9 #AA Anamnèse de l'amnésir : Je suis en train d'écrire un récit sur une descente en Alzheimer, mais comme je n'ai pas de mémoire, ça part en c..., en suce..., ça part en thèse, ça part dans tous les s... Qu'est-ce que je disais, moi, là ? Ah ! là, là, là, c'est dur de perdre la passoire., mes pauv' z'enfants.

32 #CR Carnets de retraite 9 #AA Anamnèse de l'amnésie :
Je suis en train d'écrire un récit sur une descente en Alzheimer, mais comme je n'ai pas de mémoire, ça part en c..., en suce..., ça part en thèse, ça part dans tous les s... Qu'est-ce que je disais, moi, là ? Ah ! là, là, là, c'est dur de perdre la passoire., mes pauv' z'enfants. 


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Qu'est-ce que je disais, moi, là ?

Ah ! là, là, là, c'est dur de perdre la passoire.

- La mémoire, Mamie. La mémoire.

© Simone Rinzler | 25 novembre 2015 - Tous droits réservés 

Perte de mémoire À L'Atelier de L'Espère-Luette


mardi 24 novembre 2015

8 #AA Elle voudrait que ça veuille. Mais ça ne voulait pas. Elle aurait dû s'y faire. Quand ça ne voulait pas, ça ne voulait pas.

8 #AA Elle voudrait que ça veuille. Mais ça ne voulait pas. Elle aurait dû s'y faire. Quand ça ne voulait pas, ça ne voulait pas.

Elle voudrait que ça veuille. Mais ça ne voulait pas. Elle aurait dû s'y faire. Quand ça ne voulait pas, ça ne voulait vraiment pas.

Elle aurait tout fait pour que ça veuille. Mais ça ne voulait toujours pas. Elle ne pouvait plus s'y faire. Elle ne voulait pas. Elle ne voulait plus. Elle en avait assez d'attendre, que ça passe, que ça veuille, que ce soit le moment.

Cela ferait tellement longtemps que ce n'était plus le moment, que ce n'était pas, que ce n'était jamais le moment. Elle sentirait la colère monter, monter, monter, prête à exploser. Elle se sentirait au bord de l'implosion. Elle se serait raisonnée, tant et tant. Elle n'en pourrait plus. Elle serait à bout, désespérée, sans plus aucun espoir que ça puisse, enfin, vouloir. 

Mais, cette fois encore, ça ne voudrait pas. Il y aurait, encore, un impératif à respecter. Un de plus. L'impératif, facultatif, de trop. Elle en aurait assez. Elle serait allée imploser ailleurs. Pas à l'endroit adéquat, quoiqu'en un coin ad hoc

Elle aurait aimé se plaindre. Elle saurait que tant qu'elle se plaindrait, elle serait en vie. 

Là, elle n'avait plus le droit de se plaindre. Elle en vint à se plaindre. Elle ne fut pas entendue. Ne fut pas comprise. Peut-être se serait-elle mal expliquée. 

Elle n'en pouvait plus. Elle était à bout. À bout de tout. Au bout du bout. Au bout de tout. Au bout d'une impasse. Elle ne se verrait pas rester là, ainsi, sans bouger. Elle n'aurait pas été entendue, pas été comprise. Elle aurait compris la méprise. Un peu trop tard. Il lui faudrait encore attendre, ruminer, penser à la manière de mieux y parvenir. Une autre fois. Elle avait déjà tant patienté. Elle ne serait plus à une semaine ni à un mois près.

Elle se serait laissée tancer, indûment, sans répliquer. Elle n'aurait vraiment toujours rien dans le calbute. Zut de flûte, et borgne pute !

Mais comment avait-elle encore pu se faire avoir de la même manière, par deux fois, en deux endroits distincts dans la même journée ?

Sa nouvelle mollesse l'inquiétait. Serait-elle prête à tout accepter ?

Non.

Elle en avait assez. 

Elle avait assez patienté. Ce n'était jamais le moment. Elle était la plus grande, la plus raisonnable, assez forte, endurante, raisonnable, la plus forte pour pouvoir (tout) supporter. Combien de fois se l'était-elle laissé répéter ?

Non. Elle ne pouvait plus. Elle ne voulait plus. Elle en avait assez. 

Ce n'était jamais le bon moment, le kairos, le moment propice. 

Elle déciderait qu'il était plus que temps de passer à l'action, de changer les choses. Elles ne les supportaient plus en l'état.

Plus jamais, elle ne se laisserait rabaisser sans riposter. Le problème n'était pas qu'elle était devenue lente, ou égoïste, ou paresseuse. Elle en avait assez de se faire marcher sur les pieds et de remercier, pour la peine, de s'aplatir, et de convenir. Cela ne lui convenait plus.

La rage était finalement contenue. Elle ne la lâcherait pas. Elle n'avait pas été assez enragée. Elle avait abdiqué. Elle s'était laissée aller dans la mollesse, par trop de gentillesse, de,compréhension, d'empathie ou de sympathie.

Elle apprendrait à ne plus être aussi gentille. Cela lui prendrait du temps. Pour cela, elle avait encore la patience, la patience enragée d'attendre, encore, un peu. Le temps qu'il faudrait. Pour peu qu'elle conserve la rage nécessaire pour ne plus se laisser faire. 

Elle aurait pourtant bien commencé la journée.

Et d'un coup, le nouveau couperet serait tombé, puis deux, puis trois, puis quatre, et enfin, un cinquième encore, ailleurs. Comment cela aurait-il pu se passer à son insu ? Avec sa propre complicité, peut-être, sa veulerie, sa gentillesse de brave fille qui ne veut pas blesser ? 

Quelle garde aurait-elle laissée tomber ? 

Il faudrait qu'elle se remémore ce qui s'était passé, la première, la deuxième, la troisième, puis la quatrième et la cinquième fois. Un concours de circonstances malheureux. À chaque fois. Comme toutes ces fois où tout s'était toujours mal embringué, mal emmanché, mal terminé, la rage au cœur, à chaque fois. 

Ça ne voulait pas, aujourd'hui. Vraiment, ça ne voulait pas.

Demain serait un autre jour.

Une bonne nuit de sommeil effacerait la mauvaise impression de la journée. 

Elle s'était sentie contrainte, piégée. 

Pourquoi n'avait-elle pas continué comme elle avait commencé ? 

Elle chercherait encore et encore à se remémorer comment cela se serait passé. La solution devrait  se trouver dans ce Comment ? Le Pourquoi, elle le connaissait.

Tout lui revenait. Elle retrouverait les Comment, un à un. La mémoire reviendrait. Elle retrouverait toujours le même processus à l'œuvre. Elle retrouvait tout à l'instant même, pièce après pièce, elle retrouvait tout, les circonstances, le grain de sable qui avait fait déraper la trajectoire, la miette de rien du tout qui avait grippé la machine, bien engagée, pourtant.

Elle veillerait à ne pas se laisser déborder, pour ne pas déborder, pour ne pas enrager, pour ne pas subir le Quand ça veut pas, ça veut pas qui l'agaçait tant. Cela se passait toujours de la même manière. Elle ne se battait pas assez pour se faire respecter. Elle pratiquait le laisser-faire. Elle s'en apercevrait. Elle serait en tort. Mais pas où l'on pensait. Elle ne l'ouvrait pas assez quand il fallait. Elle n'osait pas monter le ton. Elle était bien trop pliant, bien trop compliant, en anglais, comme ce personnage féminin de l'incipit de Disgrace de J.M. Coetzee qu'elle fait eu tant de plaisir à étudier. Elle venait de se comparer à la jeune prostituée que fréquente régulièrement David Lurie, l'a-phasique qui ne sait pas communiquer par le langage. Elle se lassait faire. Comme se laisse faire la jeune Mélanie un peu plus tard dans le même roman. Elle se laissait impressionner.

Elle aurait une épiphanie, son eurêka comportemental se ferait jour et illuminerait sa pensée. Elle ne se respecterait pas ?

Elle ne se respecterait pas. Elle ne serait pas respectée. Elle se respecterait moins encore. Elle serait encore moins respectée.

Elle n'opposerait plus son silence buté. Quand ça ne voudrait pas, il lui faudrait y aller. Se faire respecter. 

Elle méritait bien la moindre des choses. Être respectée pour ce qu'elle était et reconnue pour ce qu'elle n'était pas et ne serait probablement jamais.

Elle aurait tenté. Elle aurait échoué. Il lui faudrait lutter pour se faire respecter.

Elle serait sortie de sa torpeur. Aurait retrouvé son énergie.

Pour le reste.
Tant pis.
Tant mieux.
Ni remords, ni regrets.
Ni fleurs, ni couronnes.

Les choses ne pouvaient rester en l'état.

Demain, elle serait en ordre de bataille.

Elle était prête à batailler, si nécessaire.

Elle ne refuserait pas le combat.

Quand il fallait y aller, il fallait y aller.

Elle irait.

Poings serrés.

Point par point.

Elle regagnerait tout ce qu'elle était en train de regagner, pied à pied, pièce par pièce, réplique après réplique.

Personne ne pourrait l'en empêcher.

Quand ça voudra, ça voudra.

Elle le saurait.

© Simone Rinzler | 24 novembre 2015 - Tous droits réservés 

Ce serait la dure lutte À L'Atelier de L'Espère-Luette

vendredi 20 novembre 2015

7 ##AA Elle aurait vécu selon son être. Elle aurait été son propremaître. Elle en l'aurait pas su. Elle ne l'aurait pas vu.

7 ##AA Elle aurait vécu selon son être. Elle aurait été son propre maître. Elle ne l'aurait pas su. Elle ne l'aurait pas vu.


16 novembre 2015
Revu le 19 novembre 2015
 
Elle aurait vécu selon son être. Elle aurait été son propre maître. Elle ne l'aurait pas su. Elle ne l'aurait pas vu. Elle s'en serait fichu. Aurait mis son fichu, son mouchoir par là-dessus. Si quelqu'un le lui avait dit, elle n'aurait jamais cru.

Elle aurait toujours cru dépendre de l'Autre, dépendre des autres. Elle n'aurait jamais cru à sa force intérieure. 

Elle se sentait si faible, si vulnérable, si souvent heurtée, par les autres, par le monde. Elle s'en serait fait une seconde nature, de cette fragilité dérangeante, désormais affichée, elle qui l'avait tant cachée.

Elle se savait faible. Elle se savait vulnérable. Elle l'avait enfin admis. Elle ne se prenait plus, à nouveau, pour une SuperFemme

Elle avait assisté à la mort en direct de SuperFemme. Elle aurait cru ne jamais s'en être remise.

Elle était bien plus forte qu'elle ne le croyait. Volontaire et têtue, elle n'en aurait presque toujours fait qu'à sa tête. Elle s'en serait souvent mordu les doigts. 

Aujourd’hui, elle s'admirait. Elle était fière d'elle. 

Elle avait résisté à la meute, à la horde, aux remous collectifs. Elle s'était retirée dans sa grotte, dans sa cave, dans son atelier, se serait donné du bon temps. Elle aurait fêté sobrement la vie qui en elle bougeait, tressaillait, l'envie de rire, de sourire, de câliner, de fellationner son gland unique et préféré sans se laisser pénétrer, pas même par les doigts, ni caresser du bout de la langue. 

Elle avait besoin de rester dans son intériorité. 

Elle pouvait donner. Ne voulait rien recevoir. 

Elle avait tant donné, tant reçu, la veille. 

La vie coulait dans ses veines. Nulle chose n'avait pu tarir sa fontaine, assécher sa tendresse, raboter sa douceur. 

Lente, elle était devenue. Lente et différente de sa différence d'avant. Mais toujours différente. Unique. Singulière. Humaine. Non téléguidable. Réfléchie. Raisonnée. Raisonnable. Ininfluençable. Sauf par sa propre réflexion. Pas dans le cadre de conversations à bâtons rompus. Pas en réponse à un propos entendu. Pas de commentaire hâtif. Elle n'était pas en charge de quoi ou de qui que ce soit d'autre que sa propre personne aujourd'hui. 

C'était son jour. 

A elle. 

Pour elle. 

Dans son atelier de la pensée. 

Elle s'était détendue. S'était instruite aussi. En même temps. Sur un sujet qui l'avait toujours fascinée.

Elle sentit que son esprit mettait en relation des faits qui lui aurait paru éloignés auparavant. 

Elle repensa à ce qui avait été son métier. 

Quelque chose en elle se poursuivait. Sans obligation aucune. Sous un autre mode. Elle s'en réjouissait. 

Elle avait retrouvé une armure, une armature, une colonne vertébrale dressée. Elle ne se sentait plus ployer. 

Elle avait eu la force de suivre son sentiment, de suivre son implication dans ses propres affaires. Les siennes. Les seules qui lui importent. Elle n'irait pas jusqu'à accorder avec "qui lui importassent", "qui lui importeraient", "qui lui importaient". 

Elle ne cherchait que la fluidité. Elle se sentait fluide, légère. Dans le présent de sa pensée. 

Elle n'avait pas subi, du moins pas trop, ni trop longtemps, les influences extérieures. Elle avait fermé les écoutilles, désarmé les toboggans de la rechute programmée. Elle s'en réjouissait. 

Elle pensa à cette belle phrase allemande, si commune, que l'on disait jamais en français, même si une traduction en existait : "Ich bin zufrieden"

Dire "Je suis éjouie" ne fait pas partie de la culture française. Elle ne s'était jamais sentie uniquement française. Elle n'avait pourtant pas d'ancêtre allemand. Mais elle avait aimé la langue allemande.

Ce jour-là, elle avait hésité à se rendre à une lecture à voix haute d'un auteur dont elle avait beaucoup aimé un premier texte publié, Planning".

Elle savait qu'autrefois, elle aurait culpabilisé d'hésiter à s'y rendre. Elle avait toujours envie d'y aller. Comme bien souvent, elle se décida à la dernière minute, au feeling. Elle le lirait, de toutes façons. Le rencontrerait. À nouveau. Un autre jour. Elle lirait Le Carnet Lambert de Pierre Escot.

Elle n'en faisait qu'à sa tête. Elle n'avait plus toute sa tête. Elle avait perdu la mémoire. La mémoire immédiate. Elle se retrouvait de plus en plus souvent à mi-escalier, se demandait ce qu'elle était partie chercher.

Le passé qu'elle avait toujours occulté lui revenait sans arrêt. 


Elle n'était plus présente au présent.

Elle n'était plus très présente au monde. Au monde des vivants, des endeuillés, des attristés, des égayés. Elle retrouvait ce qu'elle n'avait jamais pu retrouver, au fil des ans, elle qui n'avait jamais eu le culte du passé, pas même celui du présent. Toujours prête à aller de l'avant.

Elle était armée d'un solide esprit de contradiction. Elle l'avait travaillé, peaufiné, s'en était parée. Elle l'avait utilisé, y avait pensé. 

Elle avait cultivé le dissensus. Elle n'aimait pas la querelle. Gratuite. Méchante. Si bête. 

Elle ne voulait jamais laisser sombrer son intelligence, la remiser dans le placard.

Elle se gardait des jugements à l'emporte-espèce. Elle n'avait plus d'opinion. 

Un temps, elle se crut devenue indifférente. Elle n'était pas indifférente. Elle se sentait différente. S'était toujours sentie ainsi.

Ce jour, elle était heureuse de sa différence. 

Jamais heureuse en même temps que les autres, ni pour les mêmes choses, ou si peu.

Elles les savaient tristes, ravagés, épuisés. Sa conscience, sa prescience la faisait souvent souffrir et réfléchir seule. Elle se rendit compte qu'elle avait perdu le besoin du réconfort mitoyen. Que seule comptait sa survie. Fille de survivants, elle avait appris, sans le savoir, à survivre, en toute occasion. Elle avait quitté le confort d'un cocon en désagrégation avant d'y périr définitivement. Elle avait une âme de survivant. 

Ce n'était pas une âme. C'était un esprit. Un réflexe. Une nature acquise acquise sur le long terme. Ne jamais se laisser emmerder, inflencer, balloter, au gré du vent qui siffle, des balles qui roulent. Elle avait pris le maquis depuis bien longtemps. Le maquis invisible des survivants. Elle n'avait pas besoin, ni envie de se tenir chaud avec des amis de passage, des écrivains qu'elle aimait bien lire, dans l'esprit desquels elle aimait se fondre, se plonger, penser et repenser le monde, le monde des écrivains qui font "bégayer le langage" comme l'avait joliment écrit son cher Gilles&Co*.

Elle reprendrait la lecture de "Nébuleuses" d'Andréas Becker après la merveilleuse mise en théâtre de et par Brigitte Mougin au Khalife, vendredi 13 novembre dernier. Elle rencontrerait Pierre Escot et le lirait une autre fois. Elle aimait découvrir les livres par la lecture. D'abord. Elle se serait privée de rencontrer des auteurs qu’elle aimait, dont elle admirait le travail sur le langage. 

La distance banlieusarde avait souvent raison de son envie de côtoyer ceux qu'elle aimait côtoyer. Elle se sentait parfois trop isolée. Elle s'en accommodait avec plus ou moins bien de facilité. La perspective de trois heures de transports multiples et de passer à côté de l'autre partie de sa vie qu'elle avait tant négligée autrefois, avait souvent raison de son envie de sortir. 

Il lui arrivait souvent de regretter de ne pas s'être un peu poussée. Mais elle n'oubliait jamais de se souvenir de toutes ces fois où elle s'était trouvée ailleurs, se demandait ce qu'elle fichait là, ailleurs, alors qu'elle aurait pu rester ici. Et cela, elle ne l'oubliait pas. Jamais. 

L'horreur de ce sentiment de se dire qu'on a fait l'effort de se  déplacer et que l'on aurait été mieux ici.

Dans le bonheur de la douce chaleur de la domesticité, de la quotidienneté, de la routine tant aimée. C'est si rassurant, la routine. 

Il lui en fallait assez. Mais point de trop. Elle en revenait toujours au juste bien

Boucles d'or avait beau être symboliquement passée à Boucles d'Argent, elle en revenait toujours là. 

Loin des excès. Cela ne se voyait pas. Cette femme de feu, La Dame En Rouge était une indécrottable femme modérée. 

What a lark! 

Personne n'y croirait. 

Elle y croyait, pourtant. 

Elle ne s'était jamais mise en danger. Elle sortait souvent de sa zone de confort. 

Jamais elle ne se mettait en danger. 

Le danger, elle l'avait toujours rencontré par un hasard malheureux, pas franchement de son fait, sauf peut-être une fois, pour une décision qu'elle n'avait pas prise, du moins pas prise à temps, une non-décision qui lui gâcherait beaucoup de temps, d'énergie, d'assurance, de joie d'être.

Vendredi, elle aurait soufflé un homme sur le stand des Éditions Pierre Luquin au Salon de L'Autre Livre. elle voulait se procurer "Grotte". Elle commença à lire le début. Elle insista pour qu'on ne lui en dise pas plus. Elle ne voulait que ce livre-là. Celui-là qui l'avait intéressé depuis longtemps et qu'elle trouvait enfin sur un étal.

Hier soir, encore, elle encore en "Grotte". Elle continuerait demain.

Elle se prépara et sortit. Elle avait rendez-vous à Paris.

Elle avait bien fait de faire ce qu'elle avait fait. Elle était. Elle.


*Gilles&Co : L'Agencement Collectif D’Énonciation constitué du philosophe Gilles Deleuze et du psychanalyste Félix Guattari.

© Simone Rinzler | 16-19 novembre 2015 - Tous droits réservés.

[Document de travail susceptible de recevoir des modifications, notamment corrections des inévitables coquilles.]

Elle se serait installée, muette, À L'Atelier de L'Espère-Luette

vendredi 13 novembre 2015

31 #CR Carnets de retraite #DQ3 Notes pour Mon Premier Roman : J'ai compris ce qui ne fonctionnait pas dans mon récit


20151025 31 #CR #DQ3 Notes pour Mon Premier Roman :J'ai compris ce qui ne fonctionnait pas dans mon récit

25 octobre-13 novembre 2015

J'ai compris ce qui ne fonctionnait pas dans mon récit. Pour une raison que j’ignore encore, je me suis contrainte à une unité de temps et de lieu, comme si ‘j’écrivais une pièce de théâtre classique. Et une unité d’action, aussi. Pour écrire ce type de concentré-là, il faut avoir une véritable histoire en tête, avec, catégories aristotéliciennes obligent, un début, un milieu et une fin. Toutes choses que je n’avais pas encore au début de l’écriture de mon roman. N’ayant pas de fin, je ne savais pas où aller.
Cela paraît une évidence, exprimé ainsi, mais seule la pratique peut te permettre de t’en rendre compte par toi-même dès lors que tu te mets à écrire avec un projet ambitieux. 

J’ai participé à un atelier d’écriture en ligne conçu, cela va de soi par un procrastinateur, pour les procrastinateurs. 

Or, je ne suis pas, ou ne suis plus procrastinatrice. Je suis une endurante. Une obstinée. Et ce roman, ni fait ni à faire, écrit tout d’un trait, d’un premier jet, jour après jour, m’embarrassait. Je ne me voyais pas même le relire, le corriger, le reprendre pour le réécrire sans en changer la trame pour l’améliorer. La tâche me paraissait insurmontable. Je considérai l’idée de m’en débarrasser tout à fait. Il me fallait tuer mon roman. Voilà ma trame ! Un auteur décide de tuer son roman qui l’empoisonne peu à peu, par mithridatisation.

Non, là, je plaisante et je m’éloigne de mon sujet. Lequel est : Je me suis imposé une contrainte théâtrale d’unité de temps, de lieu (et d’action ! J’oublie toujours l’action). Ceci est valable pour une scène dans le roman, voire pour toutes les scènes d’action du roman. Mais je n’envisageais en aucun cas un roman qui ne soit qu’une succession de scènes, savamment mises bout à bout, articulées. Ce n’est pas l’action qui compte pour moi. Avec le temps et l’apprentissage du travail de chercheur, je suis devenue plus réflexive que pragmatique, et de fait, l’action m’importe peu. Qu’importe l’action, pourvu qu’on ait l’ivresse !

J’étais à la recherche de l’ivresse. L’ivresse de la camaraderie, douce, l’ivresse de l’amitié naissante, sincère, fidèle, vacillante, frissonnante, chaude, l’ivresse de la chaleur humaine perdue, peut-être, à tout jamais.

Je travaillais sur un concept qui ne m’avait jamais quitté : la question de l’amitié, sujet on ne peut plus philosophique que je ne voulais pas traiter sur le mode de l’essai.
Je cherchais le biais pour démontrer quelque chose que je ne savais pas encore, faute de l’avoir préalablement pensé. Or pour penser à la manière de mettre en scène un concept dans un roman…


Je m’en étais arrêtée là, dérangée sans doute par quelque interruption intempestive de la vie. Je n’avais pas repris le fichier. Il m’avait suffit de comprendre ce qui s’était passé. Je n’avais pas besoin de développer davantage sur le moment. Ce n’était qu’une rpise de conscience d’un élément important qu’il me faudrait repenser et retravailler si je retravaillais un jour mon roman, et dans cette alternative, quand je retravaillerai mon roman.

Entre temps, j’avais commencé un autre type de récit qui mettait fin, temporairement peut-être, à mes Carnets de retraite.

Il me faudra reprendre ici, sur ce questionnement :


Je cherchais le biais pour démontrer quelque chose que je ne savais pas encore, faute de l’avoir préalablement pensé. Or pour penser à la manière de mettre en scène un concept dans un roman…ACOMPLETER


Ce qui allait commencer était une autre idée, perdue à jamais. Elle reviendrait bien par la fenêtre, si elle était si importante. Il faudra bien que je finisse par m’y remettre.

© Simone Rinzler | 25 octobre-13 novembre 2015 – Tous droits réservés

[Document de travail susceptible de subir des modifications]

Une petite rechute de Carnets de retraite À L’Atelier de L’Espère-Luette