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mardi 6 janvier 2015

Aujourd'hui, je rentre en cellule...

Aujourd’hui, je rentre en cellule. Je rentre en écriture. J'entre en moi-même pour mieux en sortir, peut-être.
J'ai besoin de ce retour sur moi-même, en moi-même, de ce rendez-vous qui n'a pas pu être quotidien pendant les vacances. J'aime bien que ce rendez-vous ne soit pas quotidien, que l'on me sorte de moi-même. Que l'on m'emmène, que l'on me traine, dans la vie, vers la vie, hors de moi quand je ne parviens pas à le faire seule.

Être hors de soi, c'est l'origine même de l'extase, de l'ex- stasis, au sens propre sortie (ex) de soi ou de son propre corps. C'est cela même, le sens de l'extase. Une sortie de son propre corps. Par les sens et par l'esprit. 

Mais l'extase ne peut durer. Elle doit se terminer. 

Il faudrait pouvoir analyser ce pouvoir et ce devoir, l'un et l'autre ambigus. 

Entre simple considération, simple constatation (énoncé constatif) "l'extase ne peut durer", "elle doit se terminer" et modalité déontique, ce qui signifie qu'il faut qu'il en soit ainsi, que c'est une obligation, une nécessité, une nécessité interne, il n'est pas facile de trancher, même pour celle qui écrit cela. J'ai parlé de modalité déontique. Ce terme, utilisé en linguistique anglaise provient de la racine déont- que l'on retrouve dans déontologie, littéralement un discours logos sur ce qui doit être fait, ce qu'il convient de faire, d'un point de vue le plus souvent moral ou plus généralement social. Cette racine déont- signale ce qui doit impérativement être fait sous la modalité d'un ordre supérieur que la grammaire et la linguistique se gardent bien de creuser jusqu'au point de philosophie. De quel ordre supérieur s'agit-il dans ces obligations de type déont- ?
Voilà où le travail linguistique me laissait sur ma faim en m'empêchant d'aller plus avant dans mes questionnements philosophiques.

Voilà que le travail d'analyse linguistique, absenté, se fait jour sous le mode du manque. Voilà que je sens, plus ou moins confusément, pourquoi je piétine dans mes tentatives d'écriture littéraire. Il me faut partir d'un point d'ancrage fort. D'un texte. D'un point matériel. Et traiter cette matérialité. La matérialité du langage. Quoi de plus raisonnable et logique pour un récit sur un atelier d'écriture ? 

Le langage doit en être le personnage principal. 

Voilà pourquoi je peinais à tracer les grands traits de mes personnages. Je me fichais des personnages. 

Ce qui comptait, c'était le langage. 

Et comment, à partir du langage, du travail sur le langage comme personnage, on parvenait à montrer ce qui liait les communautés formelles et informelles d'amour en amitié.

[Travail en cours, susceptible de subir des corrections et des modifications]

© Simone Rinzler | 6 janvier 2015 - Tous droits réservés