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samedi 31 janvier 2015

Tu as disparu, sans mot dire, sans maudire...

Tu as disparu, sans mot dire, sans maudire. Tu es sortie de la circulation du flux des paroles, des textes et de la littérature.

Tu es sortie, dans la vie, a couru les expos, les musées, t'es épuisée à de si petites choses, bien au-delà de tes si maigres forces. Tu as tenté de récupérer, au mieux, au moins pire, sans jamais sortir de ce qui ne rompt pas trop ton fragile équilibre. Tu as tenu bon, contre toutes les pressions, les tensions, amicales, amoureuses, te tenant à ce que tu sais bel et bon pour toi. Tu résistes par la résistance à ce qui te tue, t'épuise ou te fatigue. Tu te maintiens debout, même si ton debout est si souvent allongé. Tu t'es faite à ton état, que personne ne semble pouvoir comprendre. Tu n'as pas besoin d'être comprise. Tu as juste besoin de tenir bon dans ce qui t'es bon. Tu as finalement fini par apprendre que quoique pensent les autres, toi seule sait ce qui te réjouit et te remplit.

Étourdie de petite fatigue, tu n'as pas pu écrire. Tu as quand même pu lire, un peu beaucoup, sans pouvoir te plonger dans le voyage d'un roman. Tu as privilégié une forme de philosophie soft, pas trop difficile, pour ne pas trop perdre pied, ni te perdre dans le flot de ce qui t'envahit, un refus de penser, refus de se penser, qui te heurte et te submerge, une incapacité de penser le monde différemment.

Tu reconnais ce qui te tire en arrière. Tu résistes à la pensée oblitérée du ressassement. Tu avances, à ton rythme, à ta manière, de toujours, apparemment.

© Simone Rinzler | 31 janvier 2015 - Tous droits réservés