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vendredi 6 février 2015

Baiser ou Faire l'amour...

Un premier texte de Joachim Sin démarre sur FB une discussion sur le thème "Baiser ou faire l'amour" en parlant du "point Godwin d'une discussion à propos de cul".

Le texte m'interpelle.

Le voici :

"Baiser ou faire l'amour.
Le point godwin d'une discussion à propos de cul.
La culpabilité judéo-chrétienne qui prononce dans ta bouche des nuances dont tes pulsions animales n'ont strictement rien à carrer.
Il y a bien quelques tarés qui vont voir les putes pour se faire tailler des pipes parce qu'ils respectent trop leur femme pour les traiter de la sorte. Pensez bien, ce serait dégradant pour elle, qui embrasse le front des enfants, de sucer une queue.
Bon, mais cette espèce mise à part, pour la plupart des gens, baiser et faire l'amour c'est plus une question de vocabulaire qu'une différence dans les actes. De l'hypocrisie bon marché pour mémère et pour soi-même.
D'ailleurs le sexe, c'est le lieu de toutes les hypocrisies, de tout les non-dit, de tous les mensonges.
On en parle pour s'exciter entre amis, parce qu'on y pense, souvent, mais pas pour se dire la vérité.
Vous imaginez ? Raconter ses loupés, ses maladresses, ce qu'on n'ose pas faire, ce qu'on fait mais dont on sait que l'autre s'interdit ?
Non les discussions sur nos fantasmes ne sont pas libres.
Sinon les hommes lâcheraient des bombes et les femmes en trembleraient d'excitation qu'elles dissimuleraient sous une juste colère ! Un sacré bordel !
Il est un fait peu colporté par exemple qui nuirait grandement à l'entente de nombreux couples.
Tout homme honnête avec lui même sait au fond de son âme que s'il en avait le choix il esquiverait le plus possible la pénétration vaginale pour deux autres options bien plus stimulantes. Mais faut en passer par là. C'est le deal. C'est pénible mais c'est comme ça.
Il faut vraiment aimer quelqu'un pour s'extasier dans un vagin. Il faut que le contact d'une peau vous scotche et qu'une odeur suffise à vous faire fermer les yeux.
C'est peut-être ça d'ailleurs la différence entre baiser et faire l'amour.
Peut-être fait on l'amour quand on se sent aussi bien qu'ailleurs dans la chatte de sa femme."

Je lis les commentaires sous le texte.

Thomas Kundera répond :

"Tu écris bien, tu as ton avis, mais je ne le partage pas.

D'abord sur le plan physiologique; une bonne pipe, c'est un apéritif qui m'est agréable, mais pour moi c'est juste ça; un amuse-gueule, pas un festin. De même que la petite porte est un fantasme plaisant, tentant (et tenté ;) dont, il me semble que l'intérêt principal, au delà de l'excitation provoqué par la transgression, réside dans la grande confiance et complicité requise par les amants pour y venir avec la douceur nécessaire à leur plaisir.

Avant d'en venir au jardin des délices, une parenthèse nécessaire: autant glisser son membre ici ou là est finalement, pour l'homme, assez équivalent, autant, pour la femme, c'est très différent. Et c'est le point aveugle de ton texte de négliger cela. La bouche n'étant pas une zone très érogène, elle peut rester maître d'elle-même et contrôler totalement le plaisir de son partenaire par ses jeux de langues. C'est, contrairement à une vision répandu, une position de domination pour elle, car elle choisi à chaque instant ce qu'elle donne et comment, et souvent elles aiment jouer de cela pour notre plus grand plaisir. Plus rares sont les femmes qui jouissent grandement du plaisir anal, mais pour certaines, c'est la porte privilégiée du plaisir, je ne connais pas d'homme pour qui ce choix soit aussi tranché. Les différences sont donc plus pour elle que pour moi.

Pour ce qui est de l'entrée du paradis, de l'origine du monde, du jardin parfumé, c'est l'endroit plus merveilleux ou venir se nicher. C'est une douce chaleur humide et vivante, qui se contracte et se relâche au rythme de son plaisir, dont la couleur, le parfum, la texture change à chaque instant suivant son trouble et ses émotions.

Pour l’apprécier vraiment,  pour la ressentir pleinement, il ne faut évidemment pas s'en isoler derrière un film plastique qui coupe l'essentiel de ces sensations. À ce sujet, et pour ajouter à ta réponse, si ce n'est une condition suffisante, c'est en tout cas une condition nécessaire: on ne peut partager l'amour derrière un préservatif, même si l'on peut baiser avec. Cela implique bien sur une grande confiance, ou du moins une forme d'inconscience, tous deux indispensable à l'amour.

Et cette confiance et cette inconscience, cette folie, cette présence dans l’abandon, tout cela rend la rencontre très différente, fait que dans un cas nous partageons de l'amour, alors que dans l'autre nous ne ferions que baiser."

Je like les deux textes, pourtant si différents.

Ma réponse :

"Liker une position, en liker une autre, différente, faire l'amour ou baiser, tout cela n'est qu'une question de contexte. On peut aimer tout, mais pas tout le temps, être plus doux ou plus douce, plus puissant ou plus caressant, rapide et féroce ou lent et alangui, homme ou femme, c'est cela qui est bien. Il n'y a pas deux manières "baiser" ou "faire l'amour". Il y a des moments pour ci et des moments pour ça, parfois d'un moment à l'autre, rien ne se répète jamais. C'est pour cela que l'on ne s'en lasse jamais. Le reste n'est qu'une distinction sociale qui se trahit et/ou s'épanouit dans le langage qui porte la trace de nos conditionnements sociaux et moraux. L'intimité pour chacun des membres du couple qui s'accouple n'est déjà pas la même pour l'un et l'autre et pourtant ils s'accordent, même s'ils n'ont pas la même perception mentale, intellectuelle et morale de ce qu'ils font. Mais, à ce, parfois long, parfois court moment, il le font ensemble, en quelque sorte, côte à côte, même si, physiquement, ils sont l'un dans l'autre ou l'un sur l'autre. Un bon moment, très bon moment, d'extase, pure. L'extase, ou ex-stasis, c'est la sortie (ex-) de soi, la sortie de son corps. Elle n'est pas uniquement religieuse, cette extase dont on parle davantage pour les saints que pour les baiseurs et les faiseurs d'amour. C'est pourtant elle que l'on recherche, avec l'autre, parce que tout seul, ça a beau être bon, ce n'est tout de même qu'un pis-aller, sauf peut-être au moment de la découverte de son corps, découverte solitaire avant de tenter la découverte avec l'autre, son autre, son différent, son complément, son compagnon, sa compagne de jeu.

Vous permettez que je cite votre texte à tous les deux, avec ou sans votre nom, suivi de mon texte, sur mon blog ?
De toutes façons, je posterai peut-être mon texte quand même, seul. Mais, à deux, avec deux larrons supplémentaires, l'écriture, c'est mieux. Ça avance plus loin. Pour des raisons évidentes, vous vous doutez bien que je n'en dirai pas davantage sur ma vie personnelle. Je suis résolument monogame de longue date et la multiplicité des partenaires ne fait pas partie de mes jeux effectifs."

© Simone Rinzler en compagnonnage avec Joachim Sin sur son journal FB et Thomas Kundera  - 6 février 2015 - Tous droits réservés.

Le nom Thomas Kundera est un pseudo, Pour Joachim Sin, je ne sais pas. Par ailleurs, je vous épargne la totalité de la discussion avec d'autres participants. Elle est publique, mais pas sur mon blog où je sélectionne ce que je choisis de publier ou de commenter. Mon but premier est toujours de travailler à l'atelier de la pensée.