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jeudi 12 mars 2015

#MoocDQ3 0156 Ouverture...

Je suis libraire. C'est moi que mon auteur à chargé de vous raconter cette histoire. Mais, je n'ai jamais écrit, moi.   

Enfin...  

Bien sur que si, j'ai déjà écrit.   

Je ne suis pas analphabète, tout de même !, tout juste un peu prolixe, j'ai tendance à déborder, à me laisser entraîner, je bavarde, je bavarde. C'est d'ailleurs ce qu'aiment bien les clients chez moi.  De la vivacité, un peu de chaleur humaine, un conseil personnalisé. Je connais tous les noms par cœur. Ils sont heureux que je les reconnais È, que je m'intéresse à eux. Ils aiment bien venir discuter. Ils viennent me demander des conseils de lecture, des conseils de cadeaux. Vous connaissez la profession de libraire ? Non ?  

Je vais vous raconter.   

J'ai fait comme beaucoup de mes confrères et de mes consœurs des études littéraires. J'adore la littérature. Mais, c'est dommage, je n'ai plus trop le temps d'en lire. J'essaie encore, mais je dois les voler sur mes heures de sommeil. Il faut assurer l'avenir de la petite entreprise. Ah ! Mais c'est que... Ça ne se gère pas comme une boucherie ou une mercerie ! Ça touche à l'intellect, à la sensibilité. Remarquez-bien, des merceries, il n'y en a plus beaucoup. Pourtant, les travaux manuels, ça redevient à la mode, mais il y a maintenant des grandes surfaces spécialisées pour ça. Enfin, pour ça aussi.   

Travailler dans une librairie est devenu de plus en plus difficile.  Je ne sais pas si c'est le temps qui passe ou quoi, mais je trouve le métier de plus en plus dur. J'aime toujours. J'aime tant le contact avec les clients. Avec les représentants, cela peut être parfois plus difficiles. Ils ne connaissent pas toujours très bien les spécificités d'une librairie de quartier dans une jolie banlieue parisienne. Nous ne sommes pas à Paris. Ce n'est pas la campagne non plus. Et ici, nous sommes plutôt privilégiés. Il y a de vrais grands lecteurs chez nous, qui lisent de tout, sont curieux des nouveautés comme des classiques. Ceux-là, ce sont les clients les plus intéressants. On se sent utiles avec eux. J'aime passer du temps à discuter avec eux.   

Sauf à la rentrée des classes. Alors là, c'est panique à bord, la boutique est pleine à craquer et dans ces cas-là, je suis obligé de les secouer un peu, en m'excusant gentiment. Mais ils comprennent. Ils sourient, aussi. Quand un client demande une œuvre qu'il ne connaît pas. Il y a des fois où on est presque obligés de se pincer pour ne pas éclater de rire. Mais on n'est pas là pour se moquer des clients, pas vrai ?  

Alors, oui, c'est vrai. Il y a des périodes pénibles. Le prie, c'est au retour des vacances entre la rentrée littéraire et la rentrée des classes. Là, on est tous un peu sous pression. C'est le moins qu'on puisse dire !  

Il faut assurer à la rentrée des classes, mais il y a aussi les fêtes de fin d'année, la fête des pères, un peu moins, la fête des mères, la Saint-Valentin, même, quoique plus rarement, quand même. Les coups de feu sont fréquents,  et là, ça barde, question intensité.   

En plus, chez nous, nous organisons des rencontres avec des auteurs, des séances de présentation d'un auteur avec des dédicaces à la clé. Ça fait vivre la librairie, ça fait vivre le quartier. On est une petite librairie très active de la banlieue parisienne. Une banlieue un peu chic, mais pas trop, classée CSP +. On a beaucoup travaillé à la décoration, on soigne la vitrine, que l'on refait souvent, régulièrement, par thème, par couleurs. Comme nous sommes une librairie généraliste, nous nous devons d'avoir toutes sortes de livres, même de ceux que nous n'aimons pas trop. Mais nous essayons tous de lire autant que nous pouvons. Chacun de nous inscrit ses annotations personnelles sur les livres qui nous ont plu. Ça, vous connaissez ! Personne ne signe, mais quelques habitués ont déjà repéré qui a écrit quoi en déchiffrant nos écritures.   

Le pire de ce métier, c'est la manutention. Les arrivées, les commandes, les retours, autant de cartons à porter, dans un sens, puis dans l'autre. Et c'est d'autant plus pénible que nous n'avons pas le choix de ce qui nous sera livré. Moi, je me prends à rêver qu'un jour, on ne nous prendra plus pour des marchands de yaourts. On n'est pas des supermarchés, quoi, c'est vrai !.Ce métier, on l'a choisi, par goût, on l'aime ! On est fiers d'êtres libraires. On aime les livres.  

Mais depuis quelques années, cela devient difficile de faire vivre une petite librairie généraliste avec une certaine ambition littéraire, tout en sachant que les grands lecteurs se font de plis en plus rares, du moins par ici, ça baisse régulièrement. Les gens ont trop de travail. Et puis, il y a plein d'autres distractions. On vend de plus en plus de bios de gens connus et de moins en moins de romans, de poésie. Le théâtre, n'en parlons, il n'y a quasiment plus que les scolaires qui en achètent. Et puis, aussi, il y a internet qui se développe maintenant. La concurrence sur Internet est ravageuse. Je n'ai pas besoin de vous faire un dessin. Heureusement que l'on conserve encore le prix unique chez nous, sinon, ce serait la fin de tout !

Ah !  Mais, je bavarde, je bavarde, et j'en ai oublié le principal. C'est que vous voyez, je suis tellement content de parler avec vous, vous m'écouter avec tant d'attention que je le laisse aller et j'en ai oublié ce que je devais vous raconter.   

Vous devez bien vous demander par quel hasard c'est moi qui vais vous raconter cette histoire d'atelier d'écriture en province pendant les vacances d'été, en juillet dernier ?

Et bien, c'est très simple. Et c'est en même temps très compliqué. Si vous permettez, je vais faire une petite pause. Vous devez avoir soif. Moi, j'ai une de ces pépies. Faut dire que je parle. Une fois que je suis lancé, c'est dur de m'arrêter.  

Alors, voyons voir ce que j'ai...

Bière, jus d'orange ou eau pétillante ?
C'est ce qu'on sert pour les séances de dédicaces.
....
OK. Une bière ! Ben, moi aussi, je vais prendre une bière !

C'est bien simple. C'est un concours de circonstances incroyable.   

Installez-vous bien. Je vais vous raconter cela. Vous avez bien le temps ?

© Simone Rinzler | 11-12 mars 2015 - Tous droits réservés. 
1er jet non recorrigé, coquilles en prime - Projet MOOC DraftQuest Saison 3

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C'était un conseil de la prévention routinière en résidence à L'Atelier de L'Espère-Luette