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vendredi 3 avril 2015

#MoocDQ3 3056 20150402 Françoise rédigeait. Elle n'avait pas encore raconté les débuts du stage et ses premières péripéties...

#MoocDQ3 3056 20150402 Françoise rédigeait. Elle n'avait pas encore raconté les débuts du stage et ses premières péripéties...    

Françoise rédigeait. Personne n'avait encore raconté les débuts du stage et les toutes premières péripéties.     

Il faut dire que le créateur de Françoise ne savait pas encore où il allait. Il lui était donc impossible d'ordonner le récit de Françoise à ce stade de la rédaction du premier jet de son roman. Il n'avait jamais réussi à ordonner ses pensées. Il croyait à la force créatrice de la pensée en arborescence. Il connaissait aussi parfaitement tous les défauts qu'elle engendrait et toutes les difficultés qu'il fallait surmonter pour mettre de l'ordre dans une pensée qui surgit par salves continues et ne peut se discipliner.   

Il faisait confiance à son savoir-faire. Il n'avait jamais rencontré de situations inextricables dont il n'avait pu se sortir honorablement, sans tricher, grâce à sa patience et sa ténacité.   

Mais il savait qu'il fallait ménager le lecteur.   

Tout en le sortant régulièrement de sa "*zone de confort*", comme l'avait développé Jonathan Franzen dans "*The Discomfort Zone*".   

Il ne s'adressait pas à un lecteur paresseux ou à un lecteur qui cherchait l’évasion. Il ne cherchait pas la facilité. Il aimait la difficulté. Il aimait s'imposer une difficulté et la surmonter. Il aimait les livres qui faisaient appel à la curiosité intellectuelle du lecteur. Il aimait susciter cette curiosité. Il aimait la vie complexe et la littérature. Il ne se satisfaisait pas d'une bluette. Il aimait les bluettes. Il aimait les récits complexes. Il avait un grand appétit de la vie qu'il aimait à partager. Il aimait partager ce qui l'intriguait, ce qui l'intéressait ; libre à chacun ensuite d'aimer ou de ne pas aimer. Il aimait tenter. Il aimait éveiller la curiosité. Il aimait réveiller la curiosité naturelle, quitte à faire taire les critiques sévères de ceux qui se refusaient, à tout crin, à tout effort de quelque sorte. Il cherchait à s'amender. Il aimait à se faire comprendre, sans forcer, tout en forçant un peu. Il aimait se discipliner pour partager sa propre curiosité.Il était prêt à tout faire pour ce travail d'éveil continu. Il faut toujours être éveillé par quelqu'un, répétait-il, citant le philosophe Gilles Deleuze et son "*Abécédaire*" à la lettre "*E comme Enfance*". Il aimait cette curiosité du philosophe et son éclectisme. Il s'y trouvait à l'aise. Il s'y reconnaissait. Il s'y trouvait chez lui, à la maison, dans la maison de la pensée en mouvement. 

© Simone Rinzler | 2-3 avril 2015- Tous droits réservés