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jeudi 16 avril 2015

#MoocDQ3 3656 20150415 Françoise pensa que ce n’était pas juste pour Solange qui avait commencé à prendre en charge le récit de l’atelier…

#MoocDQ3 3656 20150415 Françoise pensa que ce n’était pas juste pour Solange qui avait commencé à prendre en charge le récit de l’atelier… 

Françoise pensa que ce n’était pas juste pour Solange qui avait commencé à prendre en charge le récit de l’atelier. Elles l’écriraient ensemble, à quatre mains. Ce serait malaisé, il faudrait beaucoup de relectures et de corrections, mais Françoise avait un métier, des enfants, un mari, et elle ne pouvait pas priver son amie du plaisir d’écrire.  

En même temps, elle avait fait la promesse à François de ne pas nuire à sa sœur Laurence et d’écrire avec lui, sous son contrôle, en quelque sorte.  

Elle leur parlerait à tous les deux. Ensemble, ils trouveraient une solution qui satisfasse tout le monde. Soulagée de ce poids qui commençait à lui peser, elle se fit un thé et réfléchit à la manière dont ils pourraient envisager ce travail commun. 

Elles avaient appris à faire cela lors de l’atelier. Elle savait que ce n’était pas la tasse de thé de Solange, qui n’en buvait jamais, du thé, ça l’énervait trop. 

Elle proposerait que Solange écrive la première, elle réécrirait ensuite, ôtant tout débordement, allant à l’essentiel, cadrant, guidant et aidant son amie qui se savait elle-même peu autonome, puis elles soumettraient les différentes versions, chapitre par chapitre, morceau par morceau à François.  

Il ne leur resterait plus, d’ici là, qu’à enquêter sur ce fameux Benoît et à lui faire clarifier ses intentions, si c’était possible. Il avait fait peur à François, mais François, avec son flair habituel, avait su le mettre en respect. Ce type n’était sûrement pas un mauvais bougre. Peut-être était-il juste maladroit.  

François avait une capacité à bien s’entendre avec tout le monde et à se faire respecter, malgré ses allures d’homme fragile qu’elle savait débusquer et remonter. C’était un homme fort qui savait ne jamais s’encombrer de ce qui pourrait l’empêcher de profiter du meilleur de la vie. Il en avait toujours fait la preuve. Ce serait vraiment étonnant que cela ne soit pas encore le cas.  

Il allait falloir élucider le cas Benoît. Qui était ce type, que voulait-il faire exactement, et pourquoi ? Il avait l’air sympa, ouvert, de bonne foi. Mais il avait quand même menacé François, même s’il s’était rétracté bien vite. 

Il y avait un petit quelque chose qui ne collait pas. 

Comment s’était-il exactement présenté à François ? S’était-il recommandé de quelqu’un ? Avait-il fait valoir son métier ? Françoise n’était plus très certaine de savoir s’il était vraiment journaliste ou pas, et dans quelle type de presse ? Presse papier, télévisée, presse de qualité ou de caniveau ? Était-il intelligent, de bonne foi, bienveillant ? Que voulait-il au juste ? Qu’est-ce qui l’intéressait ?   

De toute façon, quelles que soient les réponses à ces questions, il était trop tard. Ils avaient tous déjà bien trop travaillé sur ce récit pour abandonner. Ils s’étaient pris au jeu. Il leur fallait continuer. Avec ou sans impératif de protéger Laurence, d’elle-même ou de se fréquentations, et d’ailleurs, peut-on protéger quelqu’un qui se met tout le temps en danger ?  

Françoise et François savaient bien que non. Ils tentaient de vivre au mieux, en fonction de… Ils savaient ce qu’ils pouvaient faire et ne pas faire, ce qu’il était inutile de tenter pour ne pas s’y user. Ils avaient fini par s’y habituer. Ils profitaient de ses hauts et se protégeaient - et la protégeait - de ses bas, au mieux de ce qu’ils pouvaient. Mais ils savaient que leur marge de manœuvre était étroite, même si l’expression de « manœuvre » était on ne peut plus maladroite et inadaptée. Ils avaient eu la présence d’esprit de ne jamais se laisser impressionner, malgré les circonstances et les remous que cela avait causé dans leurs vies, à tous les deux.  

© Simone Rinzler | 15 avril 2015 – Tous droits réservés