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vendredi 17 avril 2015

#MoocDQ3 3756 20150416-17 Prologue : Il aurait pu être une fois, dans une campagne verdoyante, un atelier d’écriture, une histoire d’amour, une histoire d’amitié, une histoire d’amour en amitié…

#MoocDQ3 3756 20150417 Prologue : Il aurait pu être une fois, dans une campagne verdoyante, un atelier d’écriture, une histoire d’amour, une histoire d’amitié, une histoire d’amour en amitié… 

Prologue : 

Il aurait pu être une fois, dans une campagne verdoyante, un atelier d’écriture, une histoire d’amour, une histoire d’amitié, une histoire d’amour en amitié. Tout aurait pu commencer ainsi, à la va-vite, sans trop de chichis, de fioritures, sans jamais trop tergiverser. Cela aurait été mal connaître l’écriture, ses secrets, ses mystères, les singularités de l’auteur, des auteurs, les troubles et les peurs, l’expérience et l’inexpérience, les fautes à pas de chance, les reculades, les roucoulades, les rodomontades et les rigolades.

Tout aurait bien pu commencer. Cela aurait été sans compter les retards, les empêchements, les atermoiements, les contournements et même les détournements. Cela aurait pu commencer tout simplement, sans les aléas de la vie, les aléas de l’écriture, les aléas du réel, les aléas d’une fiction. 

Mais ce ne fut vraiment pas comme cela que tout commença. 

Tout aurait pu être simple. Tout parut compliqué. L’histoire traîna, de mal en pis, les narrateurs s’épuisèrent l’un après l’autre, les personnages s’embrouillèrent, on ne sut bientôt plus qui disait ci, qui disait ça. Il avait alors fallu remettre de l’ordre dans tout cela. Ce ne fut pas une mince affaire. D’autant qu’il n’y avait pas que des personnages, mais aussi de vrais êtres vivants à qui il fallait éviter de perdre la face publiquement et que, par ailleurs, les apprentis écrivains avaient une vie à côté de l’écriture. 

Il leur avait fallu jongler, se mettre en déséquilibre. Ils bégayèrent, tripatouillèrent, tentèrent de s’entraîner à des exercices de style, du plus neutre au plus singulier, du plus clair, du plus limpide au plus obscur, au plus délire, et jusqu’au bout, jusqu’au plus ébouriffé, au plus affolé et au plus affolant. Comment donner une unité à un tel panier, trop bien garni, à un tel fouillis, un tel fouilli-fouilla, un tel fatras, un tel salmigondis, fut un travail de longue haleine, une œuvre d’orfèvre, en la matière, la matière bien peu littéraire d’un groupe de gens, se connaissant à peine, se rencontrant dans un lieu de vacances culturel, n’ayant qu’assez peu en commun, sinon cette inscription à un long atelier d’écriture pendant l’été, cet été-là, d’il y a bien longtemps.

Lorsque les premiers arrivèrent, en avance, la veille, ils furent accueillis bizarrement. Ils ne s’en formalisèrent pas. Mais ils conçurent quelques doutes. Une forme de méfiance avait commencé à s’installer, qu’il leur fallut rapidement désamorcer. Rapidement, les choses allaient s’accélérer, les nouveaux arrivants arriver, et il faudrait bien faire quelque chose, et vite, et bien.   

Bref, tout commença sous un petit air de catastrophe pas du tout annoncée. Mais quand l’ouragan se présenta, il fallut bien se serrer les coudes et faire contre mauvaise fortune bon cœur. Ça démarrait mal, et tout allait bien aller, malgré le drame. Sans se le dire, ils s’en firent le serment. Secret. Sans un mot. Dans un serrement, dans un élan, de cœur. Tout cela resta leur secret. Pendant, longtemps. Le secret de leur aventure, de leur amitié, de leur amours, de leurs espoirs, de leur vie, désormais commune, avec en commun, cette extraordinaire expérience.  

Voilà en fait, comment tout cela s’est passé.
© Simone Rinzler - Tous droits réservés


À toute vibure, À L'Atelier de L'Espère-Luette