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vendredi 3 avril 2015

#MoocDQ3 Exo 3 : 20150401 Les étapes d'un récit classique

#MoocDQ3 Exo 3 : 20150401 Les étapes d'un récit classique 

-Bon, alors, je suis prêt. vous pouvez commencer à poser vos questions.  

-Très bien. Alors, voici ma première question : Si tu essaies de visualiser la scène, à ton avis, quelle serait la première image du récit ?     

-Un libraire, moi, bien trop bavard, est installé pour raconter une histoire qu'il peine à raconter. On ne sait s'il parle ou s'il écrit. Il se déclare être chargé d'être le narrateur du récit. Parle-t-il ou écrit-il ? Il semble parler. On imagine qu'il est debout peut-être, au début de l'histoire, dans sa librairie, quand vous venez me poser des questions sur cet extravagant atelier d'écriture auquel j'ai fini par participer, quoique n'y étant pas prévu au départ. 

-Très bien. Eh bien, tu vois que tu peux y arriver ! Alors je passe à ma deuxième question : Quelle est le thème du récit? Montrez-le nous avec une scène !  Ah bah ! Oui, quand je l'ai écrit, je ne savais pas encore que l'on se tutoierait. Alors, raconte-moi en une scène le thème du récit : 

Bon, je n'ai vraiment jamais fait cela, mais que voulez-vous savoir ? Je préfère te vouvoyer, là, pour l'instant, ça m'aide à me concentrer davantage et à moins déborder. Tu me connais maintenant. Sinon, je vais finir par rigoler, on va picoler, on va se marrer tous les deux, je vais t'inviter à la maison et on n'y arrivera jamais. Ça, ce sera pour plus tard. quand on aura assez travaillé ensemble. 

Je vous raconterais bien directement ce qui a clashé, mais il y a eu tant de péripéties que je ne sais par laquelle commencer ? L'attente de l'animatrice de l'atelier d'écriture "Ecrire, Cest vivre !" qui ne s'est pas présentée le jour du début du stage ? La tenue de l'atelier par les stagiaires en attendant la venue d'un replaçant brillant dont l'arrivée sera trop tardive ? Les petites luttes de pouvoir et les grandes chamailleries dans un atelier sans responsable pédagogique dans un environnement chaleureux, bien choisi pour la qualité des hôtes des stagiaires ? Ma place dans ce récit ? Celle de ma femme ? Les amis que nous nous y sommes faits ?  

La description des lieux, des stagiaires, leurs productions littéraires ? Il me faudrait des notes pour cela. Mais mon auteur les a peut-être gardées. Elle devrait pouvoir les retrouver et les insérer quelque part, dans des endroits bien choisis.  

Mais alors là, ce ne serait plus moi le narrateur. Il y en aurait deux.  

Et d'ailleurs, si on ajoutait les écrits des stagiaires, on passerait complètement à un roman polyphonique.  

Remarquez, cela plairait bien à l'auteur empirique de ce roman, elle qui rêvait d'écrire sur ses stages de musique, elle pourrait s'en donner à cœur joie, à chœur joie, même !  

De toute façon, le thème resterait le sujet philosophique de l'amitié et de la manière dont des groupes, informels constitués d'inconnus au départ, se façonnent et évoluent vers des amitiés solides et durables, mais si fragiles, et se comportent comme des amoureux dans une histoire d'amour. On serait alors en plein dans une histoire d'"Amour en Amitié". Banale, géniale ou tragique. Qu'importe.  

Tout dépend du point de vue duquel on se place. Comme toujours, tout n'est question que de contexte et d'appréciation de la situation par les uns et les autres. Et les êtres humains sont si différents, leurs réactions si diverses et leurs caractères si variés qu'il semble difficile de faire émerger ce qui serait une, que dis-je "une" ?, "LA" vérité de l'histoire.    

C'est donc la question du point de vue qui se pose, bien avant celle de la vérité. ce qui compte n'est pas d'être vrai, mais d'être juste, à partir d'un point de vue, d'un contexte. Or le contexte ne peut être le même pour chacun des participants, puisque tous sont différents. On voit donc que l'enjeu est de taille et l'on comprend que j'y aille un peu à reculons, en prenant le sujet avec des pincettes. Surtout que ce qui s'est passé m'a grandement affecté. Pour le moins. Mais je ne veux pas, je ne peux pas commencer par là. Cela me serait trop douloureux. 

Mais voilà, avec cela, cela vous donne une idée du thème du récit. Le thème de l'amitié, de la montée en puissance d'amitiés en groupe, voire de la descente et les points de vue de l'histoire sont inévitablement liés. Et comme il s'agit d'un atelier d'écriture, il faut que le style soit en adéquation et qu'il n'y ait donc pas une unité de style, mais bien une variété. 

-Peux-tu me préciser quel était le monde normal du héros, avant ce grand chambardement ?   

Tout dépend de qui on considère comme le héros dans ce roman. Répondre à cette question n'est pas le plus facile. si on pense au personnage le plus présent jusqu'à maintenant, il ne fait aucun doute qu'il s'agit de moi, et de ma difficulté à m'assumer comme narrateur d'un roman alros que je n'ai jamais vraiment écrit, ou si peu. je suis libraire. Je travaille dans le monde du livres, je suis dans les livres toute la journée, tous les étés aussi, mais en réalité, je ne suis ni conteur, ni romancier. Donc, s'il s'agit de moi, je dirais que son monde est un monde normal, banal, le monde d'un petit commerçant dans une banlieue privilégiée et qu'il a le privilège de ne pas être que dans le commerce, puisque son commerce est engagé dans une volonté de diffusion de la culture et du savoir. C'est un homme modérement engagé, mais fidèle à ses engagements. Un homme banal, qui ne casse pas des briques, mais qui fait ce qu'il a à faire le mieux possible, à la mesure de ses moyens, qu'il sait limité. C'est là sa sagesse.   

Maintenant, si vous parlez de mon auteure, notre amie, Solange Klein-Lepetit, elle se repose sur moi. Et elle est d'ailleurs, elle-même, le porte-plume d'une universitaire devenue incapable d'écrire et qui n'a jamais réussi à publier son Grand Œuvre philosophique.    

Maintenant, parler de normal pour cette femme-là, c'est peut-être aller un peu vite en besogne. Solange, oui, elle est normale. Mais l'autre, ça me paraît moins sûr. Enfin, bon, moi ça ne me regarde pas, surtout que la question de la normalité, avec ma sœur, ce n'est pas non plus une question facile, mais ça vous comprendrez pourquoi un peu plus tard si j'arrive à tenir le fil sans dévier. 

-Pourrais-tu essayer quand même de me dire quel est l'incident qui va déséquilibrer le monde normal du héros ?    

-C'est précisément l'absence de l'animatrice de l'atelier qui va déséquilibrer tout le monde dans cet atelier d'écriture qui avait été très bien organisé en amont, notamment du point de vue de l'accueil. C'est quelque chose en lien avec ma sœur. Mais, cela m'est difficile d'en parler. Je ne voudrais en aucun cas lui nuire davantage. Nous avons été très éprouvés par ce qui s'est passé, ou plutôt, par ce qui n'a pas pu se passer. Mais, vous comprenez, je ne voudrais pas trop en dire. D'ailleurs, j'en ai déjà trop dit. par recoupement, vous allez finir par trouver. Et si Laurence... 

-Alors, j'ai une autre question, là. En fait, c'était : Montrez-nous le héros qui tergiverse, qui hésite à se lancer dans l'aventure !    

[Il part d'un gros rire franc]    

-Ça, ce n'est peut-être le plus utile, effectivement. La plupart de ce qui a déjà été dit, par moi, donc, ou écrit  par d'autres, Solange ou 6M1, n'est que tergiversation pour tenter d'aller droit au but, sans y parvenir réellement ! 

-Alors, comment répondrais-tu à la sixième question qu'on pourrait formuler ainsi : Le héros se lance et c'est l'acte 2 ?   

-Facile ! C'est ce que je suis en train de faire, là, avec toi. Je te raconte mon histoire ! Ça ne te suffit pas comme ça ? Tu voudrais vraiment que je me mette à écrire à ta place ? Non, non, non... Pas d'ça Lisette ! J'ai mon métier, moi, c'est déjà assez prenant comme ça ! Et puis Fanfan ne serait pas très contente que j'aie changé d'avis. Ni moi non plus d'ailleurs... Elle sait ce qui est bien pour moi, tu sais. C'est mon Ange Gardien. Elle n'aime pas que je l'appelle comme ça, c'est le seul truc qui peut la rendre hystérique si je blague trop fort devant ses copines féministes de l'école. Oups ! Là, je crois bien que j'en ai déjà trop dit. je vais encore passer pour un gros beauf et ça va m'empêcher de dormir, tout ça, encore... Tu n'écris pas ça, hein ? Je peux te faire confiance, j'espère ! 

Et, puis, je ne parle pas de Laurence... Il ne manquerait plus que ça. déjà que ça a été malente,dus sur malentendus alors que j'essayais de la protéger, contre son gré, mais pour son bien.  

Tout ça, c'est *Off the record, hein ?* Je ne tiens pas à avoir d'ennui, moi. C'est déjà assez compliqué comme ça !  

-Si tu ne veux pas que je sache quelque chose, tu n'as qu'à pas me le dire, hein ? C'est le deal, hein ? Personne ne t'oblige. J'essaierai de faire au mieux, mais ça m'a l'air super compliqué ton histoire, et pour tout dire, je n'y comprends encore strictement rien, sauf que personne n'a vraiement envie d'en parler, ce qui est quand même bizarre, tu en conviendras. Et donc, du coup, j'ai envie d'en savoir plus et si ce n'est pas toi qui me le dis, je l'apprendrai par quelqu'un d'autre, qui sera peut-être nettement moins bien intentionné que toi, et alors, ben, moi, je ne sais, pour ta sœur, ça a l'air d’être important pour toi que l'histoire soit racontée sans être trop déformée. Bon, alors, revenons à nos moutons. D'après toi, quelle serait l'intrigue secondaire, dans cette histoire ? C'est la question 7.   

-Ah ! et bien là ! Ça me semble tout à fait évident ! L’histoire finira-telle par être racontée, oui ou non ou bien n'est-ce qu'un prétexte avec un retournement probable ou possible, enfin, du moins, envisageable. Et, si oui, par qui, et surtout comment ! Comment ! 
Easy Peasy!  
 Ça, moi ce type de situation dans un roman, ça m'éclate carrément. Je ne le dirais pas comme ça à la plupart de mes clients, ils ne me suivraient plus trop dans mes choix et j'ai quand même une boutique à faire tourner. Mais moi, personnellement (et en ce qui me concerne..., Tu l'as vu, tu l'as vu, mon clin d'yeux !), j’aime assez ce genre de littérature expérimentale, un peu biscornue et tarabiscotée. Et puis, ça laisserait ma frangine de côté, et là, je serais plutôt partant... 

-Bon, je crois qu'on s'achemine tranquillement vers la fin. La question 8, c'était "Tout se passe d'abord bien pour le héros: montrez-le nous !" 

 -Là, je crois que c'est très facile aussi. L'entretien se passe bien. on s'entend bien. Tu me comprends. Ça roule, ma Boule ! A l'aise, Blaise ! Dans moins de dix minutes, on en sera à la petite bière ! 

-Alors, maintenant, question 9 : L'enjeu devient plus crucial: montrez-le nous !    

-Que veux-tu que je te dise de plus, là, maintenant ? Rien ne peut être plus crucial que ce que je t'ai déjà dit. Et, puis, il faut aussi savoir rester discret. 

-Hmmm Hmmm. Tu sais quelle est la question 10 ? Les adversaires du héros deviennent très menaçants. Ça ne te dit rien ? 

-Ben, non, je ne vois pas.   

-Vraiment pas ? Hein ! Hein ! D'où tu me connais, hein ? Tu me connais d'où, hein ? 

-Ben, du primeur, le gros Ben. Benjamin Renaudeau ! Il m'a dit que tu faisais une enquête sur les gens qui écrivent et il pensait que j'étais le mieux placé pour répondre. Pourquoi ? 

-Qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi tu me regardes comme ça ? Hé ? Ho ? Benoît. il t'arrive quoi, là ? Tu veux me faire flipper au quoi ? 

-Alors... Question 11. Tu vas voir, tu vas aimer la question 11. Là, tu vas arrêter tes blagounettes genre "Onze ? Fait chier !". Quessss-tion On-on-on-ze : "Le HÉROS pense que tout est perdu-u-u-u-"...  

-Beuh, beu-euh, c'est quoi, ton plan-là ?  
Ho !!!  
Benoît !!!  
Déconne pas, quoi ? 
Benoît ? 

-C'est vrai que tu es impressionnable, mon petit gars ! Un vrai petit héros ! Elle a vraiment pas de bol, ta frangine, avec un soutien de famille pareil. Laurence Lefèbvre, c'est ça ? Bon, alors, on en finit, j'ai pas que ça à faire... Alo-o-ors 12.  "Au pire moment, les intrigues principales et secondaires se rejoignent et l'intrigue secondaire aide à résoudre l'intrigue principale. (fin de l'acte 2).   

[Sueur. A grosses goutes. Respiration courte.] 

-Et ben, on peut pas voir ça demain, là ? Y'a Fanfan qui m'attend pour aller au ciné avec ses copines et je ne me sens pas très bien, là. Tu veux pas plutôt qu'on reprenne demain, à la pause de midi ? Disons vers midi et quart. Le représentant de DiffuLiX sera parti et j'aurai plus plus de temps. Agathe pourra s'occuper de la boutique pendant ce temps-là. 

Sinon, pour finir rapidement, il n'y a pas vraiment d'intrigue, tu sais, c'est juste la vie comme elle va, avec ses hauts et ses bas. Donc, ces histoires d’intrigues principales et secondaires, ça ne devrait pas entrer en ligne de compte pour ce que tu veux faire. Si tu veux bien faire ce que tu m'as dis que tu faisais. Mais d'ça, j'en suis p'us très sûr. Tu m'as foutu les je'tons, t'sais ! Moi, je n'ai jamais été un dur, hein ? Juste un mec qui bosse et qui tente de mener sa barque comme il peut, avec une sœur qui a des problèmes. Alors, si tu pouvais essayer d'pas m'en rajouter, ça m'arrangerait, là, tu vois ?   

-Ne t'inquiète pas. Je sais bien que cela ne te rassure pas, qu'il fait noir et que je t'ai fichu la trouille pour te faire marcher et voir comment tu réagissais et si je pouvais te faire confiance, mais là, évidemment, tu n'es pas obligé de me croire. j'ai été maladroit par bêtise, c'est tout. Je ne pensais pas que tu étais froussard comme ça. Allez, on termine ? Sans rancune ? Allez, la dernière, avant de trinquer ensemble avant que tu rentres. Question 13. Te porter-t-elle bonheur ou malheur ? Tu veux pas dire, hein, Tu veux pas être superstitieux, ça porte malheur, hein, c'est ça ? Voilà. Treize : Quelle est l'image finale de votre fiction? En quoi rappelle-t-elle l'image initiale ?  

-C'est simple. je suis à la librairie, prêt à bientôt fermer ma boutique et un gars que je ne connais pas et qui ne m'a contacté que le jour-même au téléphone vient de rentrer. J'allais juste me servir une petite bière avant de renter à la maison.  Il s'approche de la caisse. Tu connais la suite...

[Grands éclats de rire]