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vendredi 9 octobre 2015

#26CR Carnets de retraite : Délibération : Je range, je trie, je change les draps du bureau, mes petites-filles auprès de moi.

#26CR Carnets de retraite : Délibération  : Je range, je trie...


Je range, je trie, je change les draps du bureau, mes petites-filles auprès de moi. Je me laisse perturber. le rangement avance lentement. Très lentement. Je joue, je chante, je câline, j'invente chanson sur chanson, je tente modulation sur modulation, sotto voce, mezzo voce, plena voce. J'invente paroles et musique, je répète, je ris. Ça rit, ça pète, ça sourit. On atchoume et on à-tes-souhaits-te, et puis on s'endort, peu à peu, on se couche côte à côte. On joue encore. Un peu. Une petite a placé sa main droite à plat sur son oreille. Elle fait son Gilbert Bécaud. Mais ce n'est pas pour chanter. Depuis hier, c'est un nouveau signe d'endormissement.

Les Bébées commencent à éteindre leur regard. Je couche les petites, finis de changer les draps, les enfourne dans le lave-linge (les draps, bien sûr, pas les petites, voyons !), trie la fin d'un dossier problématique très chargé émotionnellement. J'éventre le dossier de mon bébé de papier, la revue de stylistique anglaise que j'ai maternée pendant des années. Hop ! Tout jeté ! 

Pour avancer, il faut jeter !

Un petit tour sur Facebook où je suis une discussion sur un projet d'écriture collective. J'hésite à me lancer dans l'aventure d'un collectif d'écriture avec les copains de l'atelier d'écriture en ligne Draftquest.

Si je me décide, ce sera pour porter le projet. Bien. En entier. Du début à la fin.

Je ne suis pas encore certaine que cela soit ce qui me convienne. Ni le projet que j'aimerais porter. Ce ne serait qu'un travail à distance, beaucoup de travail à l’ordinateur, d’administration de problèmes, de questions de publication. J'ai l'habitude. Cela a été mon métier pendant longtemps. Il n'est peut-être pas utile que je replonge...

En même temps, je sens que je manque d'un projet. Je sais faire cela très bien. Il me faut en étudier tous les tenants et les aboutissants.

L'enthousiaste increvable qui se réveille me crie "Fonce, fonce, Fonfon !" (c'était mon surnom d’enfant). La réaliste, tout aussi increvable, m'intime : "Résiste ! Tu n'as pas besoin de prouver que tu existes et arrête de tout prendre en charge pour les autres ! Pense un peu à toi !". L'ergoteuse me souffle : "Mais tu sais bien que tu peux faire les deux !". La sage folle, follement sage me souffle : "Arrete de déconner, Simone ! tu es en train de retomber dans tes travers. Finis ce que tu as à faire. Après tu verras bien. Il sera toujours temps !". La folle sage, sagement folle me susurre : "Patiente encore un peu. Tu sais bien que la patience te permet de modérer tes ardeurs".

Avant, toute chose, remonter voir ce que je viens de jeter. Il me reste encore une hésitation. J'aime bien m'en tenir à ma maxime :

Ni remords, ni regrets.

© Simone Rinzler | 9 octobre 2015 - Tous droits réservés
Un tournant se prépare À L'Atelier de L'Espère-Luette