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mercredi 20 avril 2016

26 #CPR Carnets de Petits Riens : Tu sais, je sens le vent avec mes narines et mes oreilles. - Mais qu'est-ce que tu racontes ? Le vent, c'est avec sa peau qu'on le sent ! - Ah mais cela, c'est parce que tu n'es pas habituée à La Chasse Aux Petits Riens

26 #CPR Carnets de Petits Riens : Tu sais, je sens le vent avec mes narines et mes oreilles. - Mais qu'est-ce que tu racontes ? Le vent, c'est avec sa peau qu'on le sent ! - Ah mais cela, c'est parce que tu n'es pas habituée à La Chasse Aux Petits Riens

Tu sais, je sens le vent avec mon nez et mes oreilles. 

- Mais qu'est-ce que tu racontes ? Le vent, c'est avec sa peau qu'on le sent ! 

- Ah mais cela, c'est parce que tu n'es pas habituée à La Chasse Aux Petits Riens !

Tiens, l'autre jour, sur mon vélo, j'ai senti le vent avec la peau de mon visage, oui, bien sûr. Mais je l'ai senti aussi parce qu'il m'apportait des senteurs de miel et de colza. Et selon la force ou la direction du vent, je sens plus ou moins fort la bonne odeur de miel à tartiner ou l'affreuse odeur envahissante du champ de colza.

Lorsque je revenais de la ferme fortifiée, au retour, mes narines avaient déjà senti le colza quelques temps avant, s'étaient enivrées de son odeur prégnante. Puis, je m'étais éloignée et je n'avais plus rien senti. 

Mais lorsque j'ai longé à nouveau l'étendue jaune du champ de colza, je n'ai même pas eu besoin de fermer les yeux pour avoir le sentiment que je me régalais de tartines de beau miel jaune pâle et crémeux. 

Parfaitement ! 

Tout le temps où j'ai longé à nouveau le champ, j'ai prétendu manger ces délicieuses tartines miellées. Mon nez trompait mes papilles. Il s'imaginait que mes lèvres étaient prêtes à engouffrer le bon pain grillé largement tartiné du bon jus de l'abeille.

Alors, oui, je sens le vent avec mon nez, et ça, si ce n'est pas Un Petit Rien, je me demande bien qu'est-ce que ça pourrait bien être d'autre !

Mais, tu sais, le vent, je le sens aussi avec mes oreilles. 

Attends !

Je vais te raconter. Ça, c'était Mon Petit Rien Marin Du Jour.

Alors, voilà. J'attendais dans la voiture sur un parking de la mini rocade de la ville près de laquelle nous séjournons. J'avais laissé ma fenêtre ouverte et le paysage était loin d'être magnifique. Sur ces rocades autour des centres de villes, les bâtiments ne sont pas très propices à la rêverie. Ce sont d'affreux bâtiments de ferraille ou de béton, bordés de parkings bitumés. 

Tu pourrais croire qu'il n'y a rien là qui éveille Le Petit Rien.

Eh bien, figure-toi que j'ai eu Un Magnifique Petit Rien Du Vent. Je ne pensais à rien de précis, mais peu à peu, mon ouïe fut attirée par autre chose que le bruit des véhicules qui passaient presque sans cesse. 

Mais il y avait du vent, un peu de vent, un peu, beaucoup de vent, juste assez de vent pour attirer mon attention.

Il y avait un petit bruit irrégulier, un peu métallique qui me rappelait quelque chose. 

Je ne savais pas de quoi il s'agissait. J'ai tourné les yeux vers l'origine de ce bruit qui ne m'était pas inconnu, sans toujours trouver ce qui venait de s'imposer à mon esprit.

Et là, tout à coup, je me suis retrouvée au bord de la mer, alors même que j'étais au bord de la petite ville en pleine campagne verdoyante de la Région Centre, non loin de la Normandie ! 

J'ai levé les yeux.

Et là...

J'ai vu des mâts, des drapeaux et des filins qui faisaient claquer les drapeaux sur le parking de l'autre côté de la route. J'avais étais éveillée dans mon attente par les bruits d'un port fantôme, d'un port inexistant.

En pleine petite zone industrielle, malgré l'absence du cri des mouettes et la présence des voitures incessantes, un petit port de mer est venu choquer à mes oreilles.

Tu sais quoi ? C'était la concession Peugeot de la ville avec ses mats et ses drapeaux bleus et argent.

Le Petit Rien Marin était bien là, malgré les arbres, les tracteurs, les camionnettes, les remorques et les tracteurs du parking où j'étais garée.

Même les yeux grands ouverts, l'effet mer restait présent, durablement. 

Et voilà la découverte du jour. Le vent dans les mats, c'est un souvenir des oreilles. Il peut se réveiller n'importe où. 

Pourvu que tu saches attendre, sans rien faire, sans réfléchir.

Aujourd'hui, j'ai fait un petit tour au bord de la mer, en plein milieu du Pays Percheron.

© Simone Rinzler | 20 avril 2016 - Tous droits réservés 

Les Petits Riens Gourmands Et Maritimes Se Pavanent À L'Atelier de L'Espère-Luette