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mardi 26 avril 2016

30 #CPR Carnets de Petits Riens : Ce matin, je me suis levée bien tard. Comme j'avais trouvé difficilement le sommeil, j'avais lu dans la nuit un manuel d'aquarelle en me concentrant sur ce que je n'avais pas fait en me lançant sans modèle, ni ébauche, ni Rien.

30 #CPR Carnets de Petits Riens : Ce matin, je me suis levée bien tard. Comme j'avais trouvé difficilement le sommeil, j'avais lu dans la nuit un manuel d'aquarelle en me concentrant sur ce que je n'avais pas fait en me lançant sans modèle, ni ébauche, ni Rien.

Ce matin, je me suis levée bien tard. Comme j'avais trouvé difficilement le sommeil, j'avais lu dans la nuit un manuel d'aquarelle en me concentrant sur ce que je n'avais pas fait comme il le fallait en me lançant sans modèle, ni ébauche, ni Rien. 

Mais un manuel d'apprentissage pratique ne se lit pas comme un roman.

Mes manuels de dessin, de peinture, d'aquarelle, de perspective sont presque tous en anglais ou en néerlandais. Cela me permettait d'apprendre une langue nouvelle ou de connaître d'autres termes d'une langue bien connue en apprenant une technique qui me fascinait depuis toujours. L'anglais, je sais que je ne maîtrise pas trop mal... C'était ma spécialité.

Mais, je ne sais pas peindre en anglais (Pas plus qu accoucher, d'ailleurs) !

Et encore moins en néerlandais...

J'ai donc relu, une nouvelle fois encore, quelques pages supplémentaires de la petite méthode en anglais, mais pour la première fois, je la relisais après avoir pratiqué tout ce que j'avais déjà lu auparavant, plusieurs fois, dans l'intention de my mettre. Un jour.

Je me disais toujours que je me mettrais à la peinture, à la couleur, quand j'aurais du temps.

Vraiment du temps.

Ce temps est venu.

J'ai fait le choix de ne pas être une retraitée toujours affairée. 

Quitte à m'ennuyer, tourner un peu en rond, je préfère conserver des plages de liberté, de créativité, de pensée, et pour tout dire, de repos de ma vie bien trop active.

N'en déplaise à ceux qui pensent qu'on ne change jamais, on change. 

On peut changer. 

À condition de prendre le temps, le loisir et d'avoir l'envie profonde de changer quelque chose qui nous a fait parfois bien trop souffrir jusqu'au délire (symbolique, quand même ! Je crois bien être malgré tout toujours restée suffisamment sur terre, même si parfois j'ai eu peur que la folie m'approche quand tout paraissait sans espoir). 

On peut aussi tenter de ne pas tenter le Diable, même si l'on sait que celui-ci n'existe pas. 

Et éviter les retours de balancier en passant de Trop De Tout à Trop De Rien.

Mon erreur était de vouloir Trop de Tout et je ne voulais nullement avoir Trop de Rien. 

Je savais que c'était le même problème inversé.

Il me fallait retrouver l'équilibre de De Tout, Un Peu.

Le Miracle Des Petits Riens Littéraires, c'est que de Rien En Rien, On Parvient à Un Petit Tout De Tous Petits Riens. 

Ce n'est pas le plat principal de la vie. C'est ce qui lui donne goût. Ce qui la rend vivable, agréable, enviable.

Au bout de combien de temps Une Quête Des Petits Riens devient-elle une seconde nature ?

Point trop ne sais.

J'observe. J'agis. Je fais. J'écris. 

Je suis bien.

Parfois, la panique m'a un peu attrapée :

« Et si je ne trouvais Plus Rien ? »

Souvent, j'ai su maîtriser mon envie d'en écrire et d'en poster plus d'un le même jour.

Cette fois, contrairement à mon habitude, je n'avais pas fait de provisions pour l'hiver.

Il m'en a parfois manqué quelques-uns, soit parce que je n'en trouvais pas, que Rien Ne Relevait Du Petit Rien soit parce que j'étais occupée à Bien Plus Gros Qu'Un Petit Rien et qu'il ne fallait pas s'ôter ce plaisir, ou que, si c'était Un Petit Gros Problème, Il Fallait Y Mettre Les Moyens Et  S'Y Atteler Sans Regimber.

Je ne suis pas morte de L'Absence De Petits Riens, ni de La Profusion Inédite Et Inéditée De Trop De Petits Riens.

J'ai maintenu le cap des Petits Riens.

Les cinq semaines nécessaires au rééquilibrage de l'hormone qui déconne, Simone, sont passées presque comme une lettre à la Poste, sauf que je suis plus souvent qu'à mon tour du genre à laisser le courrier terrestre en Poche Restante. 

J'ai donc encore traîné quelques jours avec ces Petits Riens Littéraires Légers Comme Des Bulles De Patience, le temps que la vilaine attaque anti-thyroïdienne soit enfin sous contrôle. 

Quand les hormones sont contrôlées, vérifiées, équilibrées, Plus Rien n'est un problème.

Je peux à nouveau me lever, bouger, vaquer à mon gré.

Ce matin, avant de partir, Une Discrète Fée Attentionnée avait déposé deux fleurs de couleur violette différentes, dont une toute petite violette que je ne découvris qu'en m'approchant, dans Un De Mes Petits Vases En Poterie Vernissée sur le rebord de la fenêtre, face à l'évier. 

En sirotant mon café, je cherchais des yeux Mes Petites Poteries Vernissées en train de sécher sur la paillasse de l'évier. 

Elles n'y étaient plus.

Elles étaient arrivées toutes seules sur le rebord encore vide de la cheminée.

Douce Fée. 

Si Tendre. Si Attentionnée. Si Discrète.

Elle m'a gâtée à point nommé.

Nous nous apprêtions à passer un après-midi au goût mitigé. Le ciel, du. Coup s'est illuminé. Il faisait beau, malgré Les oracles Du Temps Qu'Il Fait.

Vite ! Vite !

Se préparer !

Sortir !

Pédaler !

Avant l'arrivée de la suite prévisible...

Je viens de faire un tour sur Mon Pégase Mobile Avec Mon Prince Des Démonts Et Des Émerveilles, sous la grêle. Je n'avais jamais pédalé sous les grains de glace. Nous étions chaudement habillés. Nous avons pédalé, pédalé, avancé, avancé, vu des centaines de points de vue qui se prêteraient bien à une petite ou une grande aquarelle.

Des champs aux fleurs blanches (apprendre à ne pas trop colorer, laisser du blanc pour respirer) ! 

Des nuages blancs énormes sur un beau ciel bleu d'un côté.

De l'autre, un ciel si tourmenté que tout le noir et l'anthracite de mes godets y passeraient si je me plaisais à les décliner, les délaver, puis les foncer de plus en plus.

Des chaumieres aux toits pleins de grêle encore fraîche sur les côtés ombragés.

Une route dans la petite forêt clairsemée, bordée de grêle, glissante comme une piste de ski, en son milieu fondant.

Des myriades de fleurs violette - campanules ou jacinthes des bois ou autres, je ne sais -  jaunes et blanches, toutes au nom inconnu, des fleurs humbles jamais étiquetées nulle part, désertées des fleuristes et Du Grand Marché De La Nature.

Aucune ne fut cueillie. 

Ce n'était pas le moment.

Un seule chose à la fois, le plaisir de l'instant.

Puis soudain, ta voix qui s'élève, à l'insu de ton plein gré (ça, c'est à coup sûr l'effet cycliste petit-guignolesque !).

Sans savoir pourquoi, les notes s'égrènent. Tu n'avais pas prévu de chanter. Le chant est venu à tes lèvres. Les notes se sont précisées.

Puis comme toujours, les paroles sont venues en dernier :

« ..... marchand de bonheur... le marchand de bonheur.... Je suis le vagabond, le marchand de bonheur !  »

Sans prévenir, une apparition sonore, à tue-tête, Les Compagnons de la Chanson.

Puis, inseparable, Piaf dans ta tête, en silence.

L'enfance qui revient en silence par les paroles :

« ...... une cloche sonne, sonne...... Jean-Francois Nicot...... »

Ça ne chante plus.  Les mots reviennent, sans chanter, pas même dans ta tête. Le chante d'arrêt pour laisser place à la pensée.

Tu penses.Tu réfléchis au retour inopiné de l'enfance, un bonheur oublié, saccagé, dont presque tout, jusqu'au souvenir même, t'avait échappé, et qui te revient, Petit Rien Par Petit Rien.

Tu raccommodes ton passé dans l'instant présent. 

Tu en es toute étonnée.

Tu es rentrée. Tu te réchauffe à la cheminée.

Tu es bien.

Malgré.

De Bon Gré.

© Simone Rinzler | 26 avril 2016 - Tous droits réservés 

La Présence Au Présent Attise Le Bonheur Du Passé Oublié À L'Atelier de L'Espère-Luette