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jeudi 28 avril 2016

32 #CPR Carnets de Petits Riens : Les Petits Riens Du Jour ont été si nombreux que je ne sais par lequel commencer. Bien sûr, il y eut la longue promenade à Pégase avec Mon Prince Des Démonts et Émerveilles.

32 #CPR Carnets de Petits Riens : Les Petits Riens Du Jour ont été si nombreux que je ne sais par lequel commencer. Bien sûr, il y eut la longue promenade à Pégase avec Mon Prince Des Démonts et Émerveilles.

Les Petits Riens Du Jour ont été si nombreux que je ne sais par lequel commencer. 

Bien sûr, il y eut la longue promenade à Pégase avec Mon Prince Des Démonts et Émerveilles. 

Les nuages, blancs, et gris et anthracites, même. Les innombrables fleurs bleues ou violettes qui tapissaient les bords de la route et même certains sous-bois. Les champs de colza jaune brillant dans le soleil du printemps. Les collines, les pentes dévalées, et plus souvent freinées jusqu'au bout du plastique des tampons de freins, les côtes montées avec aisance, puis à grand peine. 

L'arrivée dans un village au joli nom composé en bas d'une descente d'un côté et en haut d'une côte de l'autre, l'arrêt de l'assistance du Pégase Ailé, le retour vers le village à l'église toujours ouverte où je ne manque jamais de m'arrêter, quand le temps le permet, pour y vocaliser à mon aise, profitant de l'acoustique flatteuse. L'attente de la voiture venue me rechercher à l'église de ce beau village au carrefour de quatre ou cinq chemins, près d'un ancien maquis souterrain de la seconde guerre mondiale. 

Les petites fleurs blanches du bord des routes. 

Cette impression d'être en vacances alors même que je suis en vacances éternelles. 

L'émerveillement des fleurs bleues ou violettes au bord de la route, comme devant les premières agapanthes lors du premier voyage à Madère, en août 2011. 

La certitude que le bonheur peut être n'importe où. Les pensées en pédalant. La fierté d'y être allée une fois encore, malgré les courbatures aux cuisses de l'avant-veille et la fatigue de nuits plus écourtées récemment.

Que mettre en avant quand il y en a tant ?

La profusion du Petit Rien nuirait-elle à son chérissement est une question bien trop existentielle pour ces quelques lignes badines, tapées allongée, éreintée mais heureuse, régénérée et flottant sans rien pouvoir faire depuis le retour.

Ne rien faire. 

Être bien.

Ne plus chercher Le Petit Rien.

S'être donné le moyen d'avoir Un Luxe De Petits Riens.

Rester à ne Rien Faire. 

Sinon relever la vitre de l'insert, réchauffer ses cuisses à la flamme du foyer rougeoyant.

Jongler entre veille et pas vraiment sommeil, dans un doux entre-deux de bien-être indéfinissable.

Se souvenir qu'en pédalant, on imaginait, pédalée après pédalée, que raconter, quoi se souvenir et à l'arrivée, ne plus avoir Rien et s'en moquer comme de ses premières vieilles chaussettes jetées.

Mollassonner en attendant l'heure du repas, de la soupe réconfortante, en pensant à l'heure du coucher, de la détente totale, sans avoir Rien à faire.

Faire semblant de paniquer à l'idée de n'avoir Rien photographié quand on a choisi de ne pas s'arrêter en chemin pour ne pas briser l'instant présent, puis s'en moquer comme de sa première boule à neige.

Continuer à énumérer quand on ne souhaite plus que s'arrêter.

S'arrêter, parce que c'est bien, parce qu'on est bien, et que c'est comme cela Les Petits Riens.

Convoquer le présent, s'en délecter et laisser filer jusqu'à l'instant suivant.

Se repaître de la bonne fatigue physique qui guérit tout, sauf les genoux.

Tout cela, c'est bien.

Mais je ne suis plus tout à fait sûre que ce soient de Petits Riens. 

Demain, je le saurais bien.

Peut-être.

Nul ne sait.

© Simone Rinzler | 28 avril 2016 - Tous droits réservés 

Se Demander Si Trop De Petits Riens Tueraient-Ils Les Petits Riens À L'Atelier de L'Espère-Luette