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4/15/2015

#MoocDQ3 2256 20150329 Silence is language too...

###2256 20150329 Silence is language too. 
 
 





 
 
 


 
 


Silence is language too.
 
 
 
 
 
 





 
 
 
 
 


                                                           (da capo, Tutti)
   
© Simone Rinzler | 29 mars 2015 - Tous droits réservés

3/29/2015

#MoocDQ3 2556 20150329 Car elle n'aurait fait rien de tout cela...

#MoocDQ3 2556 20150329 Car elle n'aurait fait rien de tout cela...  

Car elle n'aurait fait rien de tout cela... Elle aurait poursuivi. Elle n'aurait pas été affamée, ni n'aurait eu besoin d'aller voter. Elle aurait continué son récit, repensé à un film, à un livre, à un auteur, à un style. Elle aurait eu envie de tester, de tenter ce style, de se mesurer à la mémoire défaillante de l'incipit de ce roman et de comment il révolutionna la narration en commençant pas "*For*", "*For she...*" pour être plus précis, elle aurait soigneusement évité de se souvenir du verbe, de ce qui viendrait derrière. Elle aurait pris son clavier, commencé un fichier, se serait laissée envoûter dans son propre "*Stream of consciousness*", aurait goûté le délice du discours rapporté distancié, se serait demandé si le procédé se serait vu rapidement, plus ou moins selon les participants, leur connaissance de l'anglais, de la littérature anglophone, pionnière de la littérature mondiale et se serait demandée jusqu'où remonter pour caractériser la période moderne et aurait finalement abandonné, repensé au film *The Hours*", au temps qu'elle avait perdu à suivre les autres au lieu de suivre son instinct, elle aurait imaginé, Virginia Woolf écrivant, montant au phare, commençant son essai comme une objection "*Mais*", "But will you say*", "*But*" elle en était certaine, elle préférait l'esprit à la lettre, cela suffirait, elle retournerait au début de *Mrs Dalloway*", sans pour autant monter vérifier dans la bibliothèque des classiques anglophones, les grands, là-haut.    

Elle aurait tenté de chasser les pensées de femme qui marche, cailloux dans les poches, sur les rives, loin de la berge, elle aurait eu un flash du nez de la femme de Tom Cruise, qu'elle aurait pour une fois enfin trouvée belle, avec un nez normal, pas un nez en trompette, quoiqu'un nez fabriqué, trafiqué, pour imiter le réel. Elle aurait revu la sage robe à fleurettes, les poches, se serait intriguée pour cet intérêt soudain de cette auteure qu'elle avait toujours tenue à distance respectable plutôt que respectueuse, il y avait quelque chose qu'elle n'avait jamais aimé chez Virginia, ni chez celles qui s'en réclamaient, celle qui l'appelaient par son prénom, elle, elle l'avait toujours appelée par son nom puis son prénom. Elle était au cœur des cristallisations les plus folles. Elle sentait que VW ne la concernait que de loin. Elle était allée y voir de plus près, par curiosité, bien après la découverte programmée lors de ses études, avait lu, découvert, redécouvert, et toujours cette même distance. Incompréhensible et acceptée, consentie, rassurante, même.   

Elle aurait joué au pastiche de mémoire, sa mémoire l'aurait bernée. Elle aurait progressé,  dans son récit, dans son intrigue, dans son style.   

Elle aurait souri pensant qu'elle aurait pensé "*Elle aurait eu une belle vie*" et qui aurait été "*Elle*", elle aurait noté l’ambigüité, l'aurait dégustée, l'aurait laissée de côté, serait passée à autre chose aussi naturellement que si elle avait lavé des assiettes dans un évier.    

Elle aurait tout brouillé effacé les marques de ponctuation elle aurait tout délité serait sortie du cadre limité elle aur     



Vingt ans qu'elle n'aurait pas voté, serait restée le dos penché sur le manuscrit elle n'aurait pas été retrouvée av     



Elle aurait disp     


Elle    

© Simone Rinzler | 29 mars 2015 - Tous droits réservés   

#MoocDQ3 2456 20150329 En toute logique, ça devrait être à moi. Je passe mon tour...

#MoocDQ3 2456 20150329 En toute logique, ça devrait être à moi. Je passe mon tour....   

En toute logique, ça devrait être à moi. Je passe mon tour. Cela me devient trop difficile de tenir ce rythme infernal. On est dimanche, je ne suis toujours pas allée voter, je n'ai pas encore mangé, l'après-midi est déjà bien commencé, j'ai besoin de me reposer de cette histoire.     

Je passerais bien la main à mon libraire fou, mais cela me demanderait trop de travail. Il faudrait que je réfléchisse à la couture, à la soudure, au moyen de raccrocher ce retour au narrateur d'origine.   

Bien sûr, écrire cela pourrait suffire, mais la ficelle serait beaucoup trop grosse. Il ne faut pas que le lecteur voie les ficelles. Surtout si ce sont des cordes de paquebot.   

C'est sûr que je pourrais déjeuner, ou aller d'abord voter, mais j'aimerais bien reprendre la narration moi-même et ne pas laisser la main à la Simone. J'ai un travail. Je dois m'y tenir.    

Bon, aller voter ? Déjeuner ?    

Pas encore prête...    

Rester là, à réfléchir, ne rien faire, s'obstiner est peut-être la seule chose que je puisse faire. Alain est parti en randonnée. Je dois profiter de ce temps libre pour avancer mon texte et être disponible quand il reviendra.    

Réflexion hébétée. Trop fatiguée. Je ne produis plus rien de bien. je tourne en boucle.     

Fermer l'ordinateur un peu et se délasser s'impose.    

Hypoglycémie, je suppose.  
Manger.    

© Simone Rinzler | 29 mars 2015 - Tous droits réservés   

#MoocDQ3 2356 20150329 Quelle est la cohérence la logique d'un récit volontairement construit sans cohérence ni logique apparente ?

#MoocDQ3 2356 20150329 Quelle est la cohérence la logique d'un récit volontairement construit sans cohérence ni logique apparente ?  

Quelle est la cohérence, la logique d'un récit volontairement construit sans cohérence ni logique apparente ? 
Une logique de double-fond, de chausse-trappes, d'illusions. Une logique qui défie la logique des sens en éveil. Une logique tordue, biaisée, cachée dont il faut chercher la cohérence.   

Le texte a sa propre cohérence interne. Celle-ci reste invisible au lecteur. L'auteur suit une logique qui n'est pas la logique habituelle d'un récit. La chronologie est malmenée, les objectifs annoncés sans cesse floués, floutés, *flouted* même en anglais. Une certaine histoire de la littérature, épurée, expurgée, excommunie les expériences les plus farfelues. Elles sont pourtant à l'origine du renouveau du récit, du roman, de la littérature générale. L'oubli, l'abandon de ces textes pionniers, récurrents dans l'histoire de la littérature est volontaire, ordinaire, banal. L'esprit ne retient que ce qui semble clair au premier abord. L'esprit est paresseux. Il se contente du plus simple, ne cherche pas la difficulté, la prouesse, ni l'expérimentation. Il se prélasse, oublieux que tout ce qu'il adore, ce dont il fait son miel, dérive de ces écarts volontaires, solitaires, par salves d'écoles plus ou moins formelles. L'histoire de l'art nous a habitués à ces effractions dans la routine d'un domaine où la routine signe l'émoussement, l'érosion et la mort d'un style, d'un genre, populaire à une époque, puis abandonné à la suite de nouvelles percées dans des chemins encore non découverts, des travées non empruntées, des traversées toujours pas effectuées et des façades encore non vaincues.   

En toute logique, ce récit devrait présenter le texte de Solange. A défaut, celui de Georges, Michel ou même de Raphaël ou de quelque autre déjà nommée ou à peine esquissée, Geneviève, par exemple.   

Voire, pourquoi pas ?, clore par une ellipse temporelle avec le texte d'Andréa ou la soirée de réécriture personnelle.   

La logique de ce récit l'interdit. La linéarité de l'histoire commence à s'installer, le lecteur s'y est glissé, non sans effort, et l'auteur, enfin mis en jambes et désormais dérouillé, déverrouillé, décomplexé, jouit du confort agréable d'une histoire qui roule toute seule, sans encombres, qui se déroule sans anicroches. 

Céder à la facilité serait renoncer au projet déterminé. Tout le début serait perdu, la construction échafaudée, quoique non terminée, tomberait d'elle-même, et avec elle, l'ambition affichée. Seule la fantaisie serait de mise. Ce serait déjà bien. Ce serait insuffisant. Le jeu, l'enjeu est de se perdre, de se tromper, de rebrousser chemin, de revenir à nouveau sur ses pas, sur les lieux de son crime de lèse-routine, de tourner en rond jusqu'à la solution idéale, jusqu'à une fin acceptable, déraisonnable, de montrer sans démontrer l'énormité du projet, sa folie, sa grandiose apothéose. 

Déjouer la facilité, à mi-parcours d'un premier jet d'écriture est probablement le choix le plus difficile à effectuer.  

Accepter. Consentir. Se priver de repères, garder les pistes semées, sciemment et au hasard, se jouer de son jeu et remettre tout en jeu à chaque session d'écriture, de jour en jour.   

Écrire comme un joueur. Écrire comme un fou. Écrire comme quand on s'en fout.    

Se mettre des bâtons dans les roues, se semer, se perdre et s'enfoncer dans la complexité. 
Refuser la facilité, réfuter la fluidité, inventer, inventer, se rater, prendre le risque de s'échouer.   
S'exposer. Jouer.   
Avec ses nerfs, avec ses peurs. Avec ses terreurs. Avec ses ardeurs.  
Risquer de tout perdre par arrogance et entêtement.  

S'arrêter en si beau chemin serait pure folie.   
Affronter la folie.   
Persister.   
Créer.   

En son labyrinthe creuser.    
Encore.     
Avant d'être mort.   
Encore. 

S'échapper au dehors par l'intérieur.  
Sortir. 
Dehors. 

Libre. 
Enchaîné à de nouvelles chaînes.   
Les ignorer, ne pas les voir, trop tard. 
Goûter de la perte des anciennes. 
Savourer l'apparition des nouvelles. 

Chaîne du savoir, de l'intérêt, de l'amitié, de l'espérance, de l'expérience. 

© Simone Rinzler | 29 mars 2015 - Tous droits réservés

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© Simone Rinzler |29 mars 2015 - Tous droits réservés