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11/18/2014

Laisse-moi. Juste. Être. Cette fille-là...

Laisse-moi. Juste. Être.

Cette fille-là, elle est ingérable.

Laisse-moi juste être.

Cette fille-là, elle est admirable.

Laisse-moi, Juste, être.

Cette fille, l'est super-baisable.


Laisse-moi.

Juste.

Laisse-moi être.

Juste.

Juste qui je suis.

Juste ce qui luit.

Juste ce qui frémit.

Laisse-le être.

Cette fille-là,

Laisse-la donc être.

Tu ne veux pas qu'elle s'enfuie.


Laisse-la.

Ne l'envoie pas paître.

Laisse-la juste...

.... Être.

© Simone Rinzler | 18 novembre 2014 - Tous droits réservés 

En direct de L'Atelier de L'Espère-Luette

10/16/2014

Ta, t'as, tas, Tata and more...

Ta vie est vide. 

T'as pas d'amis,

T'as pas d'famille,

T'as même p'us d'ennemi pour te faire hièch ?

Fais comme moi !

Poste une pub pour un éditeur, ses collaborateurs et un auteur. 

Ça t'f'ras au moins trois likes dans ta soirée. 


Tas de ris*,

T'as deux rats,

T'as deux rats, tant t'es Tata "t'as deux ris",

T'as de rats,


Dégoût.


En tas.



* Ris : Rire(s) orth. anc. 


© Simone Rinzler | 15 octobre 2014 - Tous droits réservés 



Tu veux que...

Tu veux que ça aille vite et tu vas lentement, tu prends ton temps, tu fais des fioritures, tu prends des libertés, tu t'ecartes du but, tu batifoles et tu papillonnes, tu arrêtes le temps.

Tu veux que ça dure, que ça reste, que ça perdure, que ça macère, que ça filtre, que ça s'infiltre, que ça se prolonge et tu fonces d'un coup. Kschlack !

Tu veux que ça raconte, une histoire et comme tu n'as pas trouvé, d'histoire à raconter, que les histoires t'emmerdent, que tu t'ennuies ,au cinéma, tant les scénarios te semblent plats, si tu compares à ta vie. Tu repenses à "Short Cut" dont tu as trouvé le scénar' un peu faible en pleine crise familiale aiguë. Que tu ne sais pas, ne veux pas raconter d'histoire, ne pas faire d'histoires, ne pas remuer la boue, trifouiller la gadoue, te rouler dans l'égout, Rzanng !, tu désarticules tout.

Tu veux que ça. Ne raconte pas d'histoire, que ça se promène, que ça déambule, que ça se balance et se balade, que ça nous emmène, que ça nous prenne, oui, par la main, que cela traîne, des pieds et des mains. Tu nous entraînes, tu prends le train, tu fais l'école, la buissonnière, tu nous promènes, sur ton chemin, tu ne racontes rien. Tu le fais si bien.

Tu veux qu'on t'aime. Oui, mais pas trop, tu veux qu'on t'aime, pas qu'on t'étouffe. Tu veux qu'on veuille, ce que tu veux. Tu veux qu'on veuille ce que tu veux. Tu veux qu'on te comprenne, oui, mais pas trop. Tu veux être transparente et toute-présente. Tu veux te méfier de la toute-puissance. Tu te repaîs. De ta toute-impuissance.

Tu veux que je, tu veux que tu, tu veux qu'on, mais quoi ?, à la fin !, tu veux que hmm, tu veux que Ça te laisse écrire "Tu veux qu'on te... Haïsse", mais tu ne peux. Aïe ! Hisse ! Mais tu ne peux. T'y résigner. Tu es en manque. Tu es en attente. De réparation. D'un mal ancien. Si tant aimée. Si mal aimée. Si trop souvent. Que ç'en est lassant. Même si c'était. Y a si longtemps.

Tu veux chanter, tu veux composer, ta petite mélodie, ta mélopée, ton odyssée. Tu veux qu'on chante, même sous la pluie. Oui, sous la pluie. Ce n'est pas si fréquent de chanter sous la pluie. Ce n'est pas si tentant de chanter sous la pluie. C'est pourtant si bon. 

Tu veux ne plus chanter sous la direction de, sous l'emprise de, sous. Tu ne veux plus. Être en-dessous. Tu es dessus. Tu chantes ta vie. Ton drôle de chant. Ton chant de l'envolée. Lyrique.

Tu veux manger. Ce serait l'heure, depuis deux heures. Tu veux manger, mais tu ne peux. Tu dois écrire. Ne pas faillir. Ne pas mollir. Tu joueras après. Tu mangeras après. L'appétit, l'appétit, est bien revenu.

Tu veux ne pas, pas tant manger. Ne pas te gaver, ne pas faire du remplissage. Alors tu t'occupes. Tu te remplis. Du vide des mots, tu fais le plein. Le plein de sens. Ton ventre se. Désarrondit.

Tu veux que je, tu veux que tu, tu veux que hmmm, tu veux que Ça te dise, non, tu veux que ça te taise, ton envie, encore, d'enfanter, dans le vide, de la nuit, diurne. Tu veux dire que. Que tu es grosse. Grosse d'une œuvre. Tu es enceinte. D'une œuvre nouvelle, différente de l'ancienne qui ne t'intéresse plus autant. Un œuvre grosse. Plus grosse que toi. Nous y voilà. Tu y es. Débrouille-toi seule. Avec ça. Je m'en débarbouille. Les mains. À la pierre ponce. Pilate ?

Tu veux ne plus. Vouloir souffrir.

Et pourtant, tu

Tu as repris 

Le chemin.

Le chemin de torture.

Quel délice.

Le chemin d'écriture.

© Simone Rinzler | 16 octobre 2014 - Tous droits réservés

10/15/2014

Tu sais que...

Tu sais que tu es arrivé(e) au terme d'un processus quand ce qui te plaisait ou te faisait du bien ne te plaît plus ou ne te fait plus de bien.

Tu sais que tu n'aimes pas les expressions du type "au terme d'un processus" quand tu te regardes les écrire et que tu t'en veux d'avoir succombé aux clichés de ton époque.

Tu sais que tu hésites encore à sauter le pas, selon le cliché bien connu, et tu sais que les clichés représentent l'idéologie prégnante de la doxa, d'autant plus invisible qu'elle est partout là.

Tu sais que tu t'es mis(e) dans un double-bind, une injonction contradictoire que tu t'es créée et qu'il te faudra en sortir par le haut, qu'il te faudra te tirer toi-même hors de l'eau en te tirant par les cheveux, comme ce brave Baron de Münchhausen.

Tu sais que ce que tu as fait pour te guérir n'a fait qu'alléger ta souffrance et te permet de reprendre le chemin.

Tu sais qu'après avoir modifié ton chemin, plus jamais tu n'auras envie de prendre le chemin d'avant et bientôt probablement ce déjà ancien chemin qui ne te convient plus.

Tu sais que certains remèdes ne doivent pas être poursuivis jusqu'à mort d'homme ou de femme.

Tu sais que tu as vaincu ton angoisse de l'influence depuis bien longtemps, ta peur de publier en ton nom et que tu fais régulierment tes gammes stylistiques dans des genres très variés, jusqu'à présent encore trop peu essayés.

Tu sais que tu as du talent et que tu dois cesser de le gâcher.

Tu sais que la vie est courte et qu'il faut vite en profiter.

Tu sais que tu dois prendre des décisions et que tu en as déjà pris une. Tu sais que tu ne reproduis jamais les erreurs du passé et que tu sauras bien en inventer d'autres.

Tu sais aussi ce que tu aimes et ce que tu n'aimes pas, ce qui te réjouit et ce qui t'agace, même si tu te sais peu colérique.

Tu sais que l'on va encore, que l'on a déjà, abusé de ta gentillesse et de ton ouverture d'esprit.

Tu sais que cette erreur, tu la refais toujours et qu'il te faut être forte pour ne pas y retomber trop souvent ou trop longtemps.

Tu sais que tu préfères passer pour une idiote plutôt que pour une salope et tu sais que ce n'est pas une raison pour se faire marcher sur les pieds.

Tu sais que tu n'es pas idiote et qu'il y a de nouveau des choses qui commencent à te gaver.

Tu sais qu'il est bientôt temps de changer quelque chose car tu sais qu'un trop fameux "processus" est engagé.

Tu sais que ce "processus engagé" se présente sous la forme d'un "pronostic engagé" et qu'il faut donc que ça cesse.

Tu sais que deux, trois amis, connaissances récentes ou moins, ne pourront pas se passer de commenter et que tu fera semblant de ne pas les lire pendant quelques temps encore.

Tu sais que tu ne peux pas demander de ne pas commenter et en même temps prôner qu'il est indispensable que la parole se prenne en toute liberté.

Tu sais que la parole de l'autre met un terme à ta réflexion et à ton travail d'écriture.

Tu sais que la parole de l'autre est l'engrais de ta réflexion et de ton travail d'écriture.

Tu sais combien il est dur de vivre en société.

Tu sais combien il est pire de vivre hors société.

Tu sais que tu es à satiété et que cela ne va plus s'arrêter.

Tu sais que tu es comblée et que, quoiqu'il arrive, tu es déjà écrivain.

Tu sais ce que tu veux refuser ou accepter indépendamment du sentiment immédiat.

Tu sais que le sentiment d'être flatté(e) est un poison pour continuer ce que tu veux faire.

Tu sais que tu peux remercier et continuer de ton côté.

Tu sais que tu es pleine de gratitude et que cela ne peut te rendre ni servile, ni asservie, ni complice, ni rien.

Tu sais que tu n'es plus à ta place et te sens déjà à l'étroit ici et là.

Tu sais que tu es à ta place et te sens à l'aise çà et là.

Tu sais qu'il est temps de te commander un costume assez grand pour toi. 

Tu sais qu'il te faut prendre ton fil et tes aiguilles, tes épingles et te confectionner toi-même ton vêtement sur mesure.

Tu sais qu'une fois proprement, savamment, habilement vêtu(e), tu auras le choix de te dévêtir comme tu veux, quand tu veux et avec ou sans qui tu veux et qu'il te restera toujours le choix de ne pas faire de choix chaque fois que cela sera encore nécessaire.

Tu sais que tu sais faire de bons choix et qu'il n'y a aucune raison pour que cela cesse.

Tu sais que tu te dévoiles et qu'en même temps tu te cèles.

Tu sais que le dévoilement est une façon de taire ce qui ne peut se dire, ni s'écrire.

Tu sais que ce qui ne peut se dire, ne peut s'écrire, se pare d'un voile de clichés et finit en pleine lumière.

Tu sais que le malentendu, dit-on, est un cas particulier du malentendu.

Tu sais, surtout, que la compréhension est un cas particulier du malentendu.

Tu sais que ce que tu dis ou écris ne sera ni compris, ni entendu comme tu l'entends.

Tu sais que tu l'écris et que cela sera mal compris, trop vie compris, rien compris.

Tu sais que je sais que tu sais qu'on se perd en ne faisant rien de bien.

Tu sais que tu l'écris et que tu vas rajouter "quand même" alors même que ce n'était pas nécessaire et qu'il n'aurait surtout pas fallu le faire et que tu le fais quand même.

Tu sais combien tu peux t'obstiner et, malgré la grande gratitude, ne rien devoir, jamais, à personne.

Tu sais ce que tu fais quand tu ne sais pas ce que tu fais.

Tu sais que tu sais et tu sais que tu ne sais rien.

Tu...

... Rien.

Tu écris.

Bien.

© Simone Rinzler | 15 octobre 2014 - Tous droits réservés 




10/07/2014

On ne m'y reprendra plus...

- "On ne m'y reprendra plus, à faire la bonne élève", répondit-elle, amère. 
- "Facile à dire, maintenant que tu ne travailles plus !", lui répondis-je derechef. 
- "Ah, oui, tiens. C'est vrai."

[Silence]

- "Oh, et puis, si. On m'y reprendrait tout pareil. Je n'aurais jamais supporté de me faire chier à saloper le boulot." 

(Séquence : je m'entraîne aux dialogues pour un éventuel futur roman déjà en route).

© Simone Rinzler | 8 octobre 2014 - Tous droits réservés 

9/25/2014

Rétablir le lien avec d'où je viens...

Ça va m'entraîner trop loin si je développe, mais ce qui m'est vital, c'est justement de rétablir le lien avec d'où je viens. 

Même si tout est beaucoup plus compliqué que les choses simplistes. 

Je viens de deux endroits tellement distincts qu'il m'a bien fallu faire le grand écart pour ne jamais avoir à choisir (entre papamaman, leurs deux religions différentes, leurs deux milieux sociaux différents, leurs aspirations et leurs goûts et tendances différents, complémentaires et contradictoires, leurs névroses de guerre à tous les deux. J'ai été investie d'un devoir de réparation dont je tente de me dépêtrer au mieux ou au moins mal. Tiens, c'est joli, ce que je viens de dire. Ça aurait fait bien dans mon roman, si j'étais en train de l'écrire, ça...)

Mais j'avais choisi de ne pas. Pour faire autre chose. De vraiment plus important. Te causer sur FB. Et ça, ça n'a pas de prix ! Avant de te faire des bisous, je crois bien que ce qui est devenu mon horloge biologiques toutes ces années où j'ai sué sang et eau, euh, non, encre et verbe, pour me prouver que je n'étais pas débile et le prouver au monde par le diplôme espéré et bien mérité (je n'ai rien volé à personne et j'ai beau avoir terriblement perdu confiance avec cette dépression, je sais maintenant que je ne suis pas idiote, mais qu'il me faut faire attention à mes fréquentations et fuir ceux qui sont incapables de se réjouir de ta réussite. Ils ne valent rien de bon, ceux-là. Je ne leur réclame que le droit à l'indifférence. Ce n'était tout de même pas trop demander, non ? 
Laissez-moi vivre, merde ! Ça va rien vous enlever ! 
Ah ! Comme j'aurais dû le crier ! 
Mais, là, on leur aurait donné raison et ont m'aurait enfermée pour de bon.
Et de ça...
Pas question !

Tiens, j'ai encore ouvert une parenthèse sans la refermer. 
C'est vrai que ça sentait le renfermé.
Laisse la parenthèse ouverte, on étouffe ici !

© Simone Rinzler | 25 septembre 2014 - Tous droits réservés 
Avec la complicité de la copine FB qui se reconnaîtra d'autant plus que je vais la citer, car sans elle, sans les lecteurs et les lectrices, l'écrivain n'est rien, cette copine-là, c'est Frédérique Parent. C'est une copine toute neuve et, non !, je n'ai pas oublié les anciens et les anciennes.

Et...
Faites circuler le blog si vous aimez ! Je n'ai aucune infrastructure autre que mes petits bras tous malingras et si j'écris, c'est bien pour être lue !

Et s'tz'pâortages, tz'pâoartages tzout (à lire avec l'accent joual, ben, canadzien, quoi, faut t'zy tz'faire un dessin de d'tzout, maudzit Frâ-ançais ?)


Voilà. Ça y est. La trouille est partie.

Voilà, ça y est. 
La trouille est partie. 
Et avec elle,
L'envie.

L'envie,
D'écrire.
L'envie d'écrire ?
Non !

Le besoin,
Le craving
L'intense, immense, incommensurable besoin de reconnaissance,
Lourd comme un puits sans fond,
Pesant comme un trou béant,
Profond comme une pierre brute.

Moi, la fille primaire,
La fille binaire,
La fille ternaire,
À force de faire le choix
De la Femme de Bath,
Le choix,
De ne pas choisir 
Les choix des autres,

J'ai su,
J'ai pu,
J'y ai cru,

En dépit des signaux externes,
Malgré les remontrances sévères,
Contre vents et doxa,
J'ai résisté,

Roseau pensif,
Frêle chêne sexagénaire,
Herbe folle, filasse, follette.

J'ai tenu.
Tenu le point.
Le point de l'amour.
Le point de la littérature.
Tenu le point de vie.
Vieille tricoteuse déshabituée.

Tenu le point,
Le point badiousien,
Tenu le poing,
Serrée,
Angoissée,
Terrorisée
Par du rien
Dont tout le monde se fout bien.

Je me suis refaite,
Ai refusé d'être refaite, 
Ai tenu, sans être parfaite,
Accepté,
Le retrait,
La retraite,
La défaite,
Et compté mes profits,
Sans perte.
Merci à l'amie.

Au placard, les tu peux faire mieux, 
Au bazar, les j't'l'dis pa'ce que personne d'autre te l'dira.
Au hasard, mes colères, rentrées, implosées, étouffées,
Renfrognée.

J'ai tenu.
Sans presque rien dire.
Tenu,
Tenu,
Tenu.
La résistance,
C'est aussi et surtout se taire.
Ne pas dire.
Ne pas faire savoir.
Jamais.
Agir.
Tenir.
Se tenir.
À sa ligne, 
Pas si droite,
En zig, 
En mézigue,
En divague, vague, vague...

J'ai fini.
Pour aujourd'hui.

© Simone Rinzler | 25 septembre 2014 - Tous droits réservés.