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1/23/2015

Repenser sa pensée...

Se retrouver bloqué.
Repenser sa pensée.
Chercher ce qui l'empêche de s'exprimer, dans le texte non publié, comme explication de l'impossibilité de publier.
Trouver des pistes, des idées nouvelles.
S'émanciper de contraintes antérieures impossibles, contraintes passées, dépassées.

Y penser.
Comme interprétation possible.
Comme entrée dans le sujet.

Ne plus y repenser.
Laisser reposer.
Comme entrée dans sa propre pensée.

Tant de latence.
Tant de laitance.
Temps de latence.

Temps de l'absence à soi révolu.
Temps de tant.
Tant.

© Simone Rinzler | 23 janvier 2015 - Tous droits réservés 

1/18/2015

Tu écris que tu n'écriras pas...

Tu écris que tu n'écriras pas.

Tu n'écriras pas. Tu n'écriras pas. Tu n'écriras pas.


Tu n'écriras pas.
Tu ne posteras pas. 

Et puis quoi encore, que tu ne feras pas ?

Tu remarques que le futur change le présent :

Tu n'écriras pas.
Tu ne posteras pas. 

Tu remarques qu'écrire "Tu n'écriras pas" au futur change non seulement ton style mais aussi toute la teneur de ton propos.

Tu remarques que dire "Tu n'écriras pas" prend une résonance de commandement. 

Tu notes que l'effet de liste te donnerait presque l'impression qu'il en manquerait huit.

Tu te dis qu'il ne manquerait plus que ça.

Heureusement, tu as écrit. 

Tu as ecrit. Et tu viens d'écrire au passé composé. 

Tu composes avec le passé. Au passé composé. Dans le présent.

Tu poursuis ton travail de réflexion de linguiste. 

Tu te dis que tu as bien de la chance de savoir partir de la matérialité du langage pour Penser le monde et tenter de comprendre les relations incessantes, en un continuel va-et-vient entre Monde et Langage et Langage et Monde.

Tu comprends que tu as pris le temps de digérer ton propre travail universitaire de réflexion sur les contre-interpellations Langage-Monde, que ce travail t'habite et fait corps avec toi. Tu te sens apte à l'expliquer à nouveau clairement.

Tu sais que tu as repris les forces nécessaires pour continuer à avancer.

Tu écris.
Tu penses.
Tu partages.
Au présent.

Au Présent du Réel.

Le Réel du Présent.

© Simone Rinzler | 18 janvier 2015 - Tous droits réservés 

1/06/2015

Aujourd'hui, je rentre en cellule...

Aujourd’hui, je rentre en cellule. Je rentre en écriture. J'entre en moi-même pour mieux en sortir, peut-être.
J'ai besoin de ce retour sur moi-même, en moi-même, de ce rendez-vous qui n'a pas pu être quotidien pendant les vacances. J'aime bien que ce rendez-vous ne soit pas quotidien, que l'on me sorte de moi-même. Que l'on m'emmène, que l'on me traine, dans la vie, vers la vie, hors de moi quand je ne parviens pas à le faire seule.

Être hors de soi, c'est l'origine même de l'extase, de l'ex- stasis, au sens propre sortie (ex) de soi ou de son propre corps. C'est cela même, le sens de l'extase. Une sortie de son propre corps. Par les sens et par l'esprit. 

Mais l'extase ne peut durer. Elle doit se terminer. 

Il faudrait pouvoir analyser ce pouvoir et ce devoir, l'un et l'autre ambigus. 

Entre simple considération, simple constatation (énoncé constatif) "l'extase ne peut durer", "elle doit se terminer" et modalité déontique, ce qui signifie qu'il faut qu'il en soit ainsi, que c'est une obligation, une nécessité, une nécessité interne, il n'est pas facile de trancher, même pour celle qui écrit cela. J'ai parlé de modalité déontique. Ce terme, utilisé en linguistique anglaise provient de la racine déont- que l'on retrouve dans déontologie, littéralement un discours logos sur ce qui doit être fait, ce qu'il convient de faire, d'un point de vue le plus souvent moral ou plus généralement social. Cette racine déont- signale ce qui doit impérativement être fait sous la modalité d'un ordre supérieur que la grammaire et la linguistique se gardent bien de creuser jusqu'au point de philosophie. De quel ordre supérieur s'agit-il dans ces obligations de type déont- ?
Voilà où le travail linguistique me laissait sur ma faim en m'empêchant d'aller plus avant dans mes questionnements philosophiques.

Voilà que le travail d'analyse linguistique, absenté, se fait jour sous le mode du manque. Voilà que je sens, plus ou moins confusément, pourquoi je piétine dans mes tentatives d'écriture littéraire. Il me faut partir d'un point d'ancrage fort. D'un texte. D'un point matériel. Et traiter cette matérialité. La matérialité du langage. Quoi de plus raisonnable et logique pour un récit sur un atelier d'écriture ? 

Le langage doit en être le personnage principal. 

Voilà pourquoi je peinais à tracer les grands traits de mes personnages. Je me fichais des personnages. 

Ce qui comptait, c'était le langage. 

Et comment, à partir du langage, du travail sur le langage comme personnage, on parvenait à montrer ce qui liait les communautés formelles et informelles d'amour en amitié.

[Travail en cours, susceptible de subir des corrections et des modifications]

© Simone Rinzler | 6 janvier 2015 - Tous droits réservés 

12/08/2014

Chez nous, on ne se dispute pas..

"Chez nous, on ne se dispute pas '". 

Chez nous, on ne se dispute pas. 

On crève. 

On a déjà crevé de l'impuissance à s'exprimer. Le désir bourgeois d'élévation de la Madame Verdurin au petit pied lie la parole aux bonnes mœurs. Point n'est besoin de crier, de s'étriller. On ne se déchire pas comme des charretiers. La Verdurin règne sur sa maisonnée. Malheur à qui tentera, ne serait-ce qu'une fois, de rompre la belle harmonie de surface. Alors, on ne se dispute pas, on ne s'insulte pas, on ne montre pas même son désaccord. On file doux. On s'effiloche dur, durement, durablement. 

On meurt, à petit feu, nourri de l'interdit du dissensus, du différend. On se conforme, tant bien que mal. On en fait sa seconde nature. 

On s'étiole. 

Vérole de la parole. Interdite. Muette. 
Tue. 
Morte. 

On parle une langue morte. 
On vit comme des morts. 
On révère nos morts. 
On n'a aucun savoir vivre. 

La liberté viendra du corps. Du corps muet, du corps muant, du corps exigeant, remuant, vivant. Sous la carapace, caparaçonné. 
Le corps, seul capable de la force du coup de force pour s'imposer, sans un mot, sans dispute, sans autre lutte que celle du corps avec le corps, aimé. 

Transmission muette du langage  des corps désirants. 
Corps salvateur hors du corps social. 

Liberté gagnée sur le champ de la bataille linguistique du dominant, toujours-déjà perdue, sous les coups, les à-coups, les remous du corps saillant, vivant. 

Langage bâillonné. 
Corps oublié gagne. 
La dispute. 

© Simone Rinzler | 8 décembre 2014 - Tous droits réservés 

10/26/2014

Docteur, Docteur ! Aidez-moi ! Je vais exploser...

Madame Lepetit ?
- Bonjour Docteur.
- Bonjour. 

Serrage de pognes. Rapide. Efficace. Entre deux portes pendant qu'il s'efface, la laisse passer devant lui. Elle se faufile, prestement. Ne pas perdre de temps. Elle a beaucoup à dire aujourd'hui. Elle commence directement. Parle avant même d'être assise. Parle en s'asseyant. Pose son sac et dépose son pull, sans cesser de parler. Ne cessera pas de parler. Flot de paroles continu. Il ne l'interrompra pas. Pas avant longtemps. Elle parle. Elle parle. Au bout d'un moment, elle prend conscience qu'il vient de se mettre à prendre des notes. C'est rare. Le signe qu'elle ne va pas. Ou le signe que quelque chose se passe. Elle ne sait pas. Sa prise de notes la perturbe dans son flot de paroles. Elle se lâchait. Ne se lâche plus. Se met à contrôler ce qu'elle dit. Elle veut influer sur ce qui lui semble être un mauvais signe. Il va encore lui faire la leçon. Encore que... On ne peut pas dire, à proprement parler, qu'il lui fasse jamais la leçon. Mais elle ne supporte pas. Elle veut rattraper le coup. Elle a perdu le contrôle. 
Prise entre sa demande à l'aide et son image sociale de femme à qui on ne la fait pas, elle hésite mentalement. Continuer le flot de la purge par la parole, rapide, ininterrompue, incessante. Ou réfréner le flux de langage, profiter de l'accalmie que vient de lui procurer la première salve de l'éructation langagière  dont elle sent qu'elle ne veut pas l'achever, dont elle n'a pas envie qu'elle soit finie, terminée, abolie. Elle voudrait se vider. Elle écume, éructe, en éruption de mots attachés en chaîne ininterrompue. Dégueuler sa colère. Là. Chez lui. Dans son bureau. Son cabinet. Chiottes à paroles qui manquent à l'être. 

© Simone Rinzler | Archives non datées - Tous droits réservés 

7/31/2014

J'ai versé des larmes de langage, Pour toi, mon amour

J'ai versé des larmes de langage,

Pour toi, mon amour. 


Ça a passé.

Ça passera.

Ça passe toujours. 


Sourire aux lèvres,

Sans raison,

Non plus. 


© Simone Rinzler | fin juillet 2014, qu'importe la date exacte, le sentiment est si fugace