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1/14/2015

Tu as fait taire tes doutes…


Tu as fait taire tes doutes…


À la fin, après tant d’hésitations, tu as fait taire tes doutes. Tu as envoyé ton manuscrit.

Tu sais depuis ce matin pourquoi tu ne pouvais pas publier en ton nom, sous ton nom. Quelle interdiction muette était ton injonction à te taire, ce que tu arrivais si mal à faire. Tu as été sommée, toute ta vie, de rester cachée, sous le mode du « Pour vivre heureux, vivons caché ». Tu as été élevée par deux grands blessés de guerre. Ils te voulaient forte. Ils te voulaient vivante. Ils avaient peur de ta mort. Tu sais que de toute façon, tu mourras quand même, un jour. Tu sais que cette injonction à te taire, à ne pas publier était depuis toujours incrustée en toi. 

Il t’a fallu près de soixante ans pour t’en défaire. Au moment où tu décidais de le faire, arriva un événement que certains craignaient mais que personne n’imaginait ainsi.


Au moment où la lâcheté serait de se taire, de se terrer, de se cacher, tu te sais mûre pour publier, en ton nom, sans caution, ni protection d’une quelconque institution.


Tu prends le risque d’exister.

Comme tu es. 

Autrement qu’à l’université ou à l’école que tu as servie vaillamment, avec une passion hors norme.

Tu n’es pas encore très satisfaite de ce que tu écris. Tu vises plus haut, plus fort, plus juste, plus modeste et plus ambitieux.


Tu sais que cela te prendra encore du temps, beaucoup de temps.

Il fallait bien commencer un jour.


Tu prends le risque d’exister. 

Comme tu es.

Pour ce que tu es.

Indépendamment de qui que ce soit.

Sinon, toi,

Lecteur.


© Simone Rinzler | 14 janvier 2015

1/12/2015

Tu n’aimes pas la simplicité…

Tu es une fille simple, mais tu n’aimes pas la simplicité quand elle est réduction, aplanissement, délayage.
Tu es une fille compliquée qui ne sait pas toujours se simplifier la vie. Tu te poses trop de questions.

Tu te sais fragile.
Tu te sais forte.
Aussi.

Tu sais que ce n’est pas contradictoire, qu’il y a des temporalités singulières plurielles et des temporalités collectives qui entrent en dissonance et imposent des disjonctions.

Tu y es habituée. Tu en as fait ton métier. C’est devenu ton être tout entier.

Tu sais que, parfois, tu ne peux pas t’empêcher de juger, de mépriser, de te croire sachante et tu sais bien que dans ces cas-là, tu te fourvoies.

Tu as besoin de te confronter au réel, de l’accepter et de tenter de le changer. À la mesure de tes forces. À la mesure aussi de ce qui est audible et de ce qui ne l’est pas ou ne peut pas l’être.

Ou du moins, pas à tel ou tel moment.

Tu sais aussi que tout est contexte d’encodage car tout dépend du moment de la formulation publique et que tout est contexte de décodage car tout dépend du moment de la réception.

Tu sais que tu es écrivain.

Et que tu es bien.

Tu le savais avant même de commencer à écrire.

Il te faut maintenant retourner à ton ébauche de roman, dont tu ne sais encore s’il sera un roman ou un essai, mais qu’importe.

Tu veux partager ce qu’en toi tu portes. Tu es en chemin.

Tu sais que tu sais que… Tu as beau le savoir, tu l’oublies car personne ne peut être conscient de tout à tout moment. On en deviendrait fou.

Tu sais qu’un être humain n’est pas une machine et ne peut en être une.
Tu sais, et tu n’es pas seule, que tu ne sais rien, et que cela ne t’empêche pas de chercher à continuer à comprendre.

Chercher à comprendre est l’essence même de l’être humain. L’absence de cette curiosité déshumanise, robotise, lobotomise.

C’est la quête !

La quête est ouverte.

© Simone Rinzler | 12 janvier 2015

9/06/2014

...Ni Maître, enfin. Écrivain

La liberté du blogbook. 

En discussion ?

https://m.actualitte.com/n/52411


Pour moi,

À ce jour,

Et

En ce jour seulement,

Peut-être,

Ce n'est même pas à discuter. 

Toute ma vie,

J'ai attendu,

Parfois vainement,

Souvent avec grand succès,

Une reconnaissance,

Qui semblait,

Qui semblait,

Souvent,

Toujours, 

Parfois,

Jamais,

Être insuffisante.

J'étais un puits sans fond,

Insatiable. 

C'est bon aussi,

D'être insatiable. 

Ça permet,

D'avoir envie,

D'éprouver le Désir

De recommencer,

Encore,

Et,

Encore,

Toujours,

Encore,

Et surtout,

Que ça dure,

Cette envie,

L'appétit,

D'en reprendre,

Encore,

Un petit peu,

Un grand peu,

Monsieur le Bourreau,

Avant l'ultime, ultime,

Instant. Jouissance 

Du Vivant,

Jusqu'à la Fin,

Jusqu'au bout du bi-du-bout,

Jouir, jouir, jouir,

De l'envie, du désir,

Accompli,

Assouvi,

Épuisé. 

En qualité d'écrivain non publié, j'aime la liberté du blog. Une expérience littéraire, à tâtons, en aveugle et à l'aveuglette que je tente depuis février 2014. 

Je me suis rendue compte que la publication papier ne m'était pas nécessaire pour me sentir écrivain. 

J'écris. 

Je suis écrivain. 

Dans ma chair. 

Dans mon esprit. 

Depuis toujours. 

Je suis désormais,

Effectivement,

Délibérément,

Passée à l'acte. 

L'acte d'écriture.

Commencé au sein de l'Institution,

Universitaire,

Codée. 

J'ai depuis,

Pris la liberté,

De mon écriture,

Littéraire. 

Enfin. 

Sans Dieu,

Ni Maître. 

Mes quelques lecteurs

Me ravissent. 

J'en suis heureuse. 

J'ai à leur égard

Beaucoup de gratitude. 

Don gratuit. 

Don de soi. 

Comme dans l'enseignement. 

Passion de la Transmission. 


© Simone Rinzler | 6 septembre 2014, alors que l'angoisse suraiguë de lundi se transforme, peu à peu, en attente joyeuse. Les voies de l'angoisse sont impénétrables. 


(Ira sur mon blog littéraire "À l'Atelier de l'Espère-Luette ", transformé ou non, ce sera selon, le petit ou le grand bonheur du jour)

Pas relu. Tant pis pour les fautes. Ce qui compte est l'envie. Satisfaite.