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10/22/2015

#30CR Carnets de retraite : Ni bien, ni mal, ni fatiguée, ni galvanisée...

#30 Carnets de retraite : Ni bien, ni mal, ni fatiguée, ni galvanisée...

Ni bien, ni mal, 
Ni fatiguée, ni galvanisée,
Ni sereine, ni amorphe,

Ni flûte, ni soupir.

Ni luth, ni cerise,
Ni chien, ni loup,
Ni chèvre, ni chou,

Ni raison, ni marron,

Ni chair, ni poisson,
Ni dote, ni poison,
Ni faune, ni flore,

Ni rien, ni tout.

Ni sainte, ni touche,
Ni gens, ni ment,
Ni beau, ni menthe,

Ni figue, ni fugue,

Ni bec, ni ongles,
Ni noir, ni blanc,
Ni l'un, ni l'autre,

Ni châtaigne, ni reproche.

Ni toi, ni moi,
Ni lui, ni elle,
Ni vous, ni nous.

S'écoule lentement 
L'impersonnel
Carnet de retraite.

Impermanent.

© Simone Rinzler | 22 octobre 2015 - Tous droits réservés 

Un petit tour "Ni", À L'Atelier de L'Espère-Luette






10/12/2015

#29CR Carnets de retraite : Terreur de la haine, Amour des hommes (Sortie des carnets sans intérêt)

#29CR Carnets de retraite : Manifeste poétique - Terreur de la haine, Amour des hommes (Sortie des carnets sans intérêt)


Ils me poursuivent de leur haine,
Ce sont des hyènes,
Ce sont des hyènes.

Ils me poursuivent de leur haine.
Je ne suis qu'un bébé,
Je ne suis qu'un bébé.

Ils me poursuivent de leur haine.
Je ne suis qu'une femme,
Je ne suis qu'une femme.

Ils me poursuivent de leur haine.
Je ne suis qu'un homme,
Je ne suis qu'un homme.

Ils me poursuivent de leur haine.
Je ne suis qu'une vieille,
Je ne suis qu'une vieille.

Ils me poursuivent de leur haine,
Je suis qu'un vieux,
Je ne suis qu'un vieux.

Ils me poursuivent de leur haine,
Je ne suis qu'un jeune,
Je ne suis qu'un jeune.

Ils me poursuivent de leur haine,
Je ne suis pourtant qu’un tout jeune homme,
Je ne suis pourtant qu'un tout jeune homme.

Ils me poursuivent de leur haine,
Je ne suis pourtant qu'une toute jeune fille,
Je ne suis pourtant qu'une toute jeune fille.

Ils me pousuivent de toute leur haine,
Je ne suis pourtant qu'un pauvre,
Je ne suis pourtant qu'un pauvre, 
Qu'un pauvre qui n'a rien.

Ils me poursuivent de toute leur haine,
Je ne suis pourtant qu'un fonctionnaire,
Un tout petit fonctionnaire qui gagne sa croûte
Pas sur leur dos.

Ils me poursuivent de toute leur haine.
Je ne suis pourtant qu'un professeur,
Un tout petit professeur qui gagne sa croûte
Pas sur leur dos.

Ils me poursuivent de toute leur haine,
Je ne suis pourtant qu'un sans-abri,
Un tout petit sans-abri qui gagne sa croûte,
Pas sur leur dos.

Ils me poursuivent de toute leur haine,
Je ne suis pourtant qu'un simple d'esprit,
Un tout petit simple d'esprit qui gagne sa croûte,
Pas sur leur dos.

Qui leur dira, qui leur criera
Que ce n'est pas moi,
Que ce n'est pas toi,
Sinon Toi ?

Qui leur dira, Qui leur criera,
Que ce n'est pas cela,
Que ce n'est pas ça,
Qui les rend malheureux.

Si ce n'est pas toi ?

Ils crèvent du manque de considération,
Ils crèvent de manque de reconnaissance,
Ils crevent de manque d'amour,
Et même, ils crèvent de faim,
Tout court.

Qui les aimera,
Les aimera quand même,
Malgré leurs défauts,
Malgré leur haine
Sinon Toi ?

Qui les aimera,
Sans se jouer d'eux,
Leur apprendra à se faire aimer,
Et non pas à se faire détester ?

Qui les aidera,
Un par un,
Leur prendra la main,
Un par un,
Au lieu de les rejeter,

De les poursuivre de ta haine ?

Sinon Toi, Toi et Toi.

Tu as la haine en terreur,
Tu as la haine en horreur,
Ce sont tes enfants, tes amis, tes sœurs,

Tu les as vus descendre peu à peu sur le chemin de la haine.
Leur as-tu dis, sans relâche, que tu les aimais ?
Leur as-tu tenu la main, quand ils n'allaient pas bien ?

Dis, Toi, Qu'as-tu fait ?

J'étais occupé à gagner ma croûte,
Je nourrissais mon bébé,
Je remplissais mon carnet de notes,
Je remplissais mon blog,
Je tentais de remplir ma retraite,
Je chantais pour un repas,
J'essayais de me faire aimer.

Tu n'as jamais essayé d'enseigner à ne pas haïr ?
Vas-y, essaie, sans haïr à ton tour.

Tu vois, ce n'est pas si facile d'aimer sans retour,
Sans certitude de retour.
Pour un seul, rien que pour deux,
Ça vaut la peine d'essayer.

Intéresse-toi à eux,
Parle-leur, écoute-les,
Tu ne les sauveras pas tous.
Commence déjà par en sauver un,
Rien qu'un.

Et celui-là, celui que tu sauveras, ce sera peut-être toi.
Tu sens bien que toi aussi, parfois, tu bascules,
Tu attends que l'on t'aide à ne pas tomber.

Ne les aide pas à tomber.
Aide-les à se relever.
Un par un.
Du côté de ce qui fait société,
Du côté de ce qui rend vraiment fier,
Sans avoir besoin de gueuler haut et fort 
Que l'on est fier d'être à côté, 
Que l'on est fier d'être différent, 
Quand ce dont on crève, ce dont on manque, 
c'est d'un peu d'amour, c'est d'harmonie, 
D'une main tendue, 
D'une main posée sur la sienne.

Allez, Allez !
Sors de ta haine, de ton mépris, de ton envie de ce qu'il y a dans l'assiette de ton voisin.
Regardes ce qu'il te reste encore et que tu peux distribuer gratuitement,
Tu verras, ça ne te coûtera rien
Au porte-monnaie,
'Spèce de radin, de rat du cœur, de ras d'humeur.

On ne t'a pas assez aimé ?
On t'a mal aimé ?
On t'a trop aimé, étouffé ?
On t'a fait comme on a pu.

Arrête de te plaindre.
Va, vis et deviens,
Un petit peu plus généreux.
Sors de ton aigreur.
Arrête de te comparer.

Tu es incomparable.

Fais ce que tu peux encore faire.
Aime un haineux,
Sauve-le.

A nous tous, nous serons dans l'ombre, l'armée des lumières, des lumières dans les yeux, 
Laisse tomber les teigneux, secours les sauvables pour commencer. Ce sera toujours ça de pris.

C'est le début de ta résistance.

Va !

Sauve-toi !

Sauve toi.
Ne fuis pas.

Sauve toi.
Ne fuis pas.
Ta responsabilité.

Va distribuer le peu qu'il te reste d'amour. 
Tu n'en manqueras pas.
Tu verras.
[Hmmm... 
Tu sais que je t'aime, Toi !
T'chioc !!!]

© Simone Rinzler | 12 octobre 2015 - Tous droits réservés 

Le Poème Engagé est de retour À L'Atelier de L'Espère-Luette







10/01/2015

#1 Carnets de retraite : Ritratto di una donna retirada "L'inconsolable vide du monde sans travail..."

L'inconsolable vide du monde sans travail
Transperce là ton cœur d'un chagrin ineffable
Tu as le vague à l'âme, la chaleur te dégomme,
Délivre-toi, mon cœur.

Note technique : 
Trois alexandrins suivis d'un vers de six syllabes.
Inspiré par la lecture du chapitre POÉSIE-THÉRAPIE (39-48) et plus particulièrement page 46 de l'excellent livre de Régine DETAMBEL Les Livres prennent soin de nous - Pour une bibliothécaire créative - Essai, Actes Sud, 2015 dans lequel elle reprend le travail de Lucie GUILLET

© Simone Rinzler | 28 juin 2015 - Tous droits réservés 

2/02/2015

C'était un tout petit buvard...

C'était un tout petit buvard, 
Plus très bavard,
Un peu hagard,

C'était un tout petit buvard,
Et qui buvait,
Tous les bavards.

L'avait perdu
Son teint de rose
L'était dev'nu
Bien trop morose.

C'était un tout petit buvard,
Qui hier soir s'traînait l'cafard.

Mais il a ressenti l'arôme
De ta chair chaude et vigoureuse,
Petit buvard, un peu crevard,
A retrouvé le temps des roses.

C'était un tout petit buvard,
Petit buvard, plus très bavard,
C'était un tout petit buvard,
Plus très buvard, plus très buvard,

C'était un tout petit buvard,
Qu'aimait tellement 
Qu'tu le rendes rose.

© Simone Rinzler | 2 février 2015 - Tous droits réservés 

12/29/2014

De l'air de rien...

De l'air. 
De l'air ! 
De l'air. 
De l'air de rien.

De l'air.
L'air de rien.
Mine de rien.
De rien en rien,
De rien en plein, 
Dans le mille du rien.

Un peu d'air frais,
Un peu d'air fin,
Pas l'air cinglant,
Ni l'air malin,

De près en près,
De pré en pré,
De loin en loin,
De main en main.

Sans avoir rien,
De bien vilain,
Sans même avoir,
Trop l'air de rien.

Le rien, c'est bien
C'est bien malin,
D'avoir toujours,
Toujours un air,

Un air malin
Ou un air fin,
Un air de rien.
On est si bien.

© Simone Rinzler | 29 décembre 2014 - Tous droits réservés 


12/17/2014

Ah, quelle famille ! Ah, quelle famille ! [Chanson de saison]

Ta maman est une kleptomane,
Ton Papa est un pyromane,
Ta petite sœur, érotomane,
Et ton grand frère, SuperWoman.

Ah, quelle famille ! Ah, quelle famille !
Ça va guincher, la fin de l'année.
Ah, quelle famille ! Ah, c'est pas l'pied,
Gare à toi, là, tu t'éparpilles.

Ta Mémée, elle est pétomane,
Ton Pépère, il s'appelle Slimane,
Ta cousine, elle est de Gardane,
Ton cousin est genre Doliprane.

Ah, quelle famille ! Ah, quelle famille !
Ça va guincher, la fin de l'année.
Ah, quelle famille ! Ah, c'est pas l'pied,
Gare à toi, là, tu t'éparpilles.

Ton Tonton, il se croit brahmane,
Ta Tata, ah ! Quelle bougre d'âne,
Tes morpions sont mous d'la membrane,
Tes p'tits enfants, fanas d'la fan.

Ah, quelle famille ! Ah, quelle famille !
Ça va guincher, la fin de l'année.
Ah, quelle famille ! Ah, c'est pas l'pied,
Gare à toi, là, tu t'éparpilles.

Ta femme est un p'tit peu tzigane,
Ton ex plus jamais ne se fane,
Sa femme est dev'nue mélomane,
Et toi tu n'fais jamais de foin.

Ah, quelle famille ! Ah, quelle famille !
Ça va guincher, la fin de l'année.
Ah, quelle famille ! Ah, c'est pas l'pied,
Gare à toi, là, tu t'éparpilles.

© Simone Rinzler | 17 décembre 2014 - Tous droits réservés 







12/15/2014

On ne devrait pas, mentir aux petites filles, on ne devrait pas...

On ne devrait pas mentir aux petites filles.
On ne devrait pas.

Tu as menti à tes enfants.
Jolis mensonges,
Pieux mensonges,
Mignons mensonges,
Toujours mensonges.

On ne devrait pas mentir aux petites filles.
On ne devrait pas.

On lui a dit : "Le Père Noël te regarde. Il voit tout ce que tu fais."
Elle a compris : "Où que tu ailles, quoi que tu fasses, tu n'es pas libre. Je te vois et je surveille, je sais tout ce que tu fais."

On lui a dit : "Le Bon Dieu te regarde. Il voit tout ce que tu fais."
Elle a compris : "Où que tu ailles, quoi que tu fasses, tu n'es pas libre. Je te vois et je te surveille, je sais tout ce que tu fais."

On lui a dit : "Ta maman qui t'aime, elle te regarde, te voit grandit grandir. Quand tu seras grande et que je serai vieille, tu t'occuperas de moi, dis-moi ? Hein ?, dis-moi ?, tu t'occuperas de moi ?, hein ?dis-moi ?"

Lâche-moi, Maman, avec tes mensonges, lâche-moi. 

Tu ne m'as pas faite pour que je m'occupe de toi. 
Tu m'as faite parce que tu as eu envie de baiser avec Papa.
Pas pour que j'apaise tes frayeurs de gamine traumatisée de guerre.

T'es trop lourde, Maman, je ne peux pas te porter. 
Non, je ne suis pas faible.
Je suis forte.
J'ai la force de t'éviter d'alourdir mon fardeau.
J'ai la force de me soigner.
J'ai la force que tu n'as pas eue.

Ne m'en veux pas, Maman, tu ne me vois pas.
Tu ne me vois pas souvent.
Je ne supporte pas ton regard.
Il m'empêche de vivre. Il m'empêche d'être.

Même encore maintenant.
Que je deviens, comme toi, une vieille dame.

Je n'ai pas supporté tes mensonges.
Je ne supporte pas.
Je ne porte pas.
Le monde.
Avec.
Ta croix.

Je vis, 
Je vis. 
Le plus loin de ton regard.

Ton regard me crève.
Ta surveillance me crève.
Je t'ai ôtée de ma tête.
Tu n'y es plus à chaque instant.

J'ai pris ma liberté il y a bien longtemps.

Sauf à Noël,
A chaque Noël.
Crevure de Noël.
Quand tu veux qu'on.
Quand tu veux, con.
Fasse semblant.
D'être une belle.
Famille unie.
Tous bien unis.

On ne devrait pas mentir aux petites filles.
On ne devrait pas.

On lui a dit : "N'accepte pas de bonbons d'inconnus. Aime ta famille. 
Elle a compris : "Si ton Tonton te montre ses bonbons, n'en dis rien a ta famille, et puis, de toutes façon, Le Petit Jésus le voit, avec son Petit Jésus à la main. Il le punira. Ne t'en occupe pas. Ne dis rien. Ça reste dans la famille. Ne dis rien. Pas même à ta Maman. Elle l'aime tant, son Petit Frère."

On lui a dit : "Ne sors pas. Ne joue pas avec les gosses des rues. Le danger est dehors."
Elle a compris : "Si ta Tantine est internée, ce n'est pas de sa faute, tu es grande maintenant. Tu es grande maintenant. Tu es grande maintenant. Tu es grande maintenant. Tu. Es. Grande. Maintenant."

On lui a dit : "Sois sage, sois une brave fille."
Elle a compris : "Si tu désobéis, tu seras maudite, privée de paradis, Maman ne t'aimera plus, laisse-toi faire, laisse faire, allez, vas-y crève, crève, la Gentille, crève. Vite fait. Bien fait.

On ne devrait pas mentir aux petites filles.
On ne devrait pas.

© Simone Rinzler | 15 décembre 2014 - Tous droits réservés 



12/04/2014

Tes mains

Tes mains, hésitantes, maladroites, trop fortes, trop rapides, trop lentes.
Tes mains sur ma nuque, malhabiles, mal placées, 
Tes mains râpeuses, tes mains rugueuses, 
Tes mains tueuses.

Tes mains sur mes reins, insistantes, inutiles.
Tes mains manuelles, habituelles, rituelles.
Tes mains intellectuelles, à la recherche de lent bons points.

Tes mains dociles, chaudes, viriles.
Tes mains.

Prends-moi par les mains, 
N'attends pas, donne-moi tes mains,
Rends-moi futile, agile, fragile,
Sous la caresse volatile de tes mains.

Je te tends 
Les mains.

Viens.

Avec tes mains.

Donne-moi tes mains.

© Simone Rinzler | 4 décembre 2014 - Tous droits réservés 

Cousu main à L'Atelier de L'Espère-Luette


12/02/2014

Petit homme...

Petit homme s'est ramassé
Un gadin dans l'prieuré.
Petit homme n'a pas pleuré,
Un gamin l'a relevé.

Petit homme s'est mangé 
Une mandale dans le côté,
Petit homme a bien chouiné,
Personne n'est venu l'aider.

Petit homme s'en est allé,
Il était bien, bien crevé,
Petit homme l'a pas volé,
Tout le monde a rigolé.

Petit homme s'est relevé,
L'en avait vraiment assez,
Petit homme est esseulé,
Sa p'tite femme l'avait quitté.

Petit homme est dev'nu grand,
L'a plus b'soin d'une maman,
Petit homme regarde devant,
Sa musique fait ran-tan-plan.

Grand, grand homme est enfin d'bout,
Lui qu'était toujours à g'noux,
Grand, grand homme, sorti d'la boue,
Il en voit enfin le bout.

Mon histoire est terminée,
'Tit bonhomme, s'en est sauvé,
Messieurs-dames applaudissez !
Ou bien encore, bissez.

© Simone Rinzler | 2 décembre 2014 - Tous droits réservés 

12/01/2014

Quand il est né... Quand elle est née... Chanson toute gaite

Quand il né,
Quand il est né,
L'était si laid,
Qu'on l'a jeté

Quand elle est née,
Quand ils sont nés,
Z'étaient si laids,
Qu'on les a j'tés.

Thé ollé !

Paaaah !

© Simone Rinzler | 18 novembre 2014 - Tous droits réservés

En live duplex de l'Atelier de L'Espère-Luette

11/18/2014

Faudra-t-il un jour...

Faudra-t-il un jour
Faudra-t-il un jour
Que quelqu'un s'expose,
Et que quelqu'un ose

Ose proclamer,
Ose s'indigner !
Ose protéger,
Toutes ces pauvres filles ?

Toi, Nabilla, ou toi Lola Miette,
Toi Souricette ou Mauricette.

Faudra-t-il un jour
Un jour que ça cesse,
De s'indigner toujours
Contre celle qui montre ses fesses ?

Qui est son mac,
Oui, son maquereau ?
Tu sens l'arnaque
De tout l'réseau.

Faudra-t-il un jour,
Madame,
Faudra-t-il un jour,
Aider ces pauvres filles ?

Quel assaut, quel assaut
Contre ces petites filles,
Mal aimées, hébétées,
Sans amour depuis toujours.

Faudra-t-il un jour,
Mon âme,
Faudra-t-il un jour
Que tu exclames,
Madame ?

Elles n'ont pas d'asso,
Personne, personne,
Pour les protéger,
Ni rien, ni personne,
Pour les épargner.

Faudra-t-il un jour,
Madame,
Faudra-t-il un jour ?
Que ta fille déconne,
Madame ?

Pour que tu voies jour.

© Simone Rinzler | 18 novembre 2014 - Tous droits réservés 

En direct de L'Atelier de L'Espère-Luette

Toi, Josyane S.

Toi, Josyane S., droguée, prostituée à 15 ans,
Près de Francfort, près de Barbès,
Qu'est tu devenue, depuis ce temps,

Qu'as-tu, qu'as-tu,  qu'as-tu 
Fait de ta jeunesse ?

Et qu'as-tu, qu'as-tu, qu'as-tu 
Fait de ta vieillesse ?

Tu promenais, le long des quais,
Tu te vendais, non loin d'ici.

Qu'as-tu, qu'as-tu, Josyane,
Fait de ta vie ?
Qu'as-tu, qu'as-tu, Josy,
As-tu vécu ?

© Simone Rinzler | 18 novembre 2014 - Tous droits réservés 

En direct de L'Atelier de L'Espère-Luette

Laisse-moi. Juste. Être. Cette fille-là...

Laisse-moi. Juste. Être.

Cette fille-là, elle est ingérable.

Laisse-moi juste être.

Cette fille-là, elle est admirable.

Laisse-moi, Juste, être.

Cette fille, l'est super-baisable.


Laisse-moi.

Juste.

Laisse-moi être.

Juste.

Juste qui je suis.

Juste ce qui luit.

Juste ce qui frémit.

Laisse-le être.

Cette fille-là,

Laisse-la donc être.

Tu ne veux pas qu'elle s'enfuie.


Laisse-la.

Ne l'envoie pas paître.

Laisse-la juste...

.... Être.

© Simone Rinzler | 18 novembre 2014 - Tous droits réservés 

En direct de L'Atelier de L'Espère-Luette

11/05/2014

On n'est pas sérieux quand on a soixante ans...

On n'est pas sérieux, quand on a soixante ans.

Plus d'enjeux,

Plus les mêmes,
Plus de temps à perdre


On peut s'amuser,
Comme on peut être sérieux
Et prendre son temps.

Philosopher
Ou faire l'amour
Rire de soi-même.


Proposer,
Attendre
Puis cesser d'attendre

Passer à autre chose
en un clin d'oreille

Sans paupière, ni œillère.
.

Se moquer,
Gentiment,
De soi.

Être à l'écoute,
En déroute,
En biroute.

Déconner,

Reconner,
Tenir ses promesses à soi faites.

Les ignorer.

S'en balancer,
Tout balancer.

Pousser, pousser,
L'escarre, Paulette,
L'Espère-Luette,


A hue et à oui da,
Réfléchir,
Philosopher en chanson,

A la crise qui décrise,
A la crise qui grise,
Pas d'adolescence,

Non,

De Sénescence.
Le Bien Vieillir,
Le Vieillir riche,

D'Une Belle Vie.


© Simone Rinzler | 5 novembre 2014 - Tous droits réservés

9/12/2014

Le produit que vous avez commandé ne vient plus sous le même conditionnement. Souhaitez-vous maintenir votre commande ?



Le produit que vous avez commandé ne vient plus sous le même conditionnement

Souhaitez-vous maintenir votre commande ?



Image Produit
Sortir, sortir du conditionnement.
Sortir sans la case folie,
Sortir sans le vouloir vraiment,
Sans s'en apercevoir.

Sortir, sortir du monde des survivants,
Sortir sans la case vide,
Sortir en le voulant vraiment,
Sans se perdre.

Entrer dans le monde fait pour soi,
Avoir du mal à y trouver sa place,
Ni jardinière, ni cuisinière,
Ni même Mémère, quoique grand-mère. 

Traverser le miroir des travaillants,
Se trouver désœuvré, sans œuvre imposé,
Ouvrager à sa guise, à l'heure qui s'invite,
Hors rendez-vous obligé. 

Plus jamais, ne me rendrai.
Plus jamais, ne m'imposera. 
S'écrire vieillir, rejeter l'aigrir. 


© Simone Rinzler | 12 septembre 2014
(Quand Sophie Calle, Solange Klein, mon double littéraire, prend la relève)


Je t'ai bien eu !

7/31/2014

J'ai versé des larmes de langage, Pour toi, mon amour

J'ai versé des larmes de langage,

Pour toi, mon amour. 


Ça a passé.

Ça passera.

Ça passe toujours. 


Sourire aux lèvres,

Sans raison,

Non plus. 


© Simone Rinzler | fin juillet 2014, qu'importe la date exacte, le sentiment est si fugace

6/19/2014

N'est pas... et se demande pourquoi...

N'est pas parano mais se demande pourtant pourquoi 56 personnes le suivent (et se demande d'ailleurs à quoi ça leur sert)

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N'est pas.... et se demande pourquoi...

Beau modèle d'énoncé, pensa la linguiste.
Bonne question, se dit Simone.
Quelle question, se dit la philosophe du langage.

Et elle, elle se dit :
N'est pas je ne sais quoi et se demande pourquoi.

À quoi bon le pourquoi, quand tu as le comment.

À quoi bon le pourquoi, quand d'eux, rien tu n'entends.

Que cherchent-ils ?
Que cherchent-elles ?
Que veulent-ils ?
Que veulent-elles ?

Eux-mêmes n'en savent rien.
Tu ne sais pas.
Je ne sais pas.
On ne sait rien.

On fait.
C'est tout.

Et parfois,
On voit.

© Simone Rinzler | 19 juin 2014

(Statut FB commenté, avec la complicité semi-involontaire d'un Ange Matriculé)

#PhotoDuJour 20140618 :
"Se laisser envoûter par l'appel du seringat"
© 6M1 Simone Rinzler


5/05/2014

Solange Song

Solange Song


Quelle arrogance, de prétendre t'aider ici,
Quelle innocence, de vouloir s'immiscer ainsi,
Quelle pétillance, de pouvoir s'exprimer aussi.

Solange, Solange, ma sœur, mon âme,
Que ne me réponds-tu jamais.
Solange, Solange, ma fille, ma flamme,
Que te tais-tu ici à jamais.
Solange, Solange, ma mère, ma came,
Que me veux-tu à rester tue.

Tu as vécu, tu as vécu, 
La tête dans le cul, la tête dans le cul,
Tu as vécu, tu as vécu,
Tu ne me comprends plus, tu ne me comprends plus.

© Simone Rinzler | 5 mai 2014



5/03/2014

À Deux Poètes De La Perte

À Deux Poètes
De La Perte

La colère de la perte 
A été mon meilleur moteur. 

Mais quel moteur.

Mais quelle perte ?

On embellit, on embellit
Le texte perdu. 

On embellit, on embellit
Les amours non vécues. 

Seuls restent celles et ceux
Que l'on a inscrits
Au fronton du Réel,

À l'ombre du rêve,

Éveillé.

© Simone Rinzler | 3 mai 2014

4/27/2014

Partir

Partir en voyage,
Ne plus avoir envie d'écrire, 
En public,
Fille publique,
Fils pudiques.

Partir sans se retourner,
Revenir,
Repartir.

Quitter la scène,
L'arène,
Sortir des rênes.

Ne rien devoir à personne,
Aller et venir,
Vivre.

Et parfois,
Être là.

© Simone Rinzler | 27 avril 2014