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7/25/2014

Autographie romancée #4 À l'atelier (suite)

À l'atelier (suite) #4

Pas encore sortie du gynécée, j’étais fascinée par la beauté des femmes de mon entourage. De très belles femmes. Je ne savais pas encore que pour devenir femme, il fallait avoir aimé la beauté des femmes de mon enfance. Et cette beauté ne concernait pas ma mère — qui n’était pas encore une belle femme, mais allait le devenir, et surtout pas ma grand-mère maternelle, hommasse et obèse, mais toujours bien mise, en veuve convenable. Elle a toujours porté le deuil ou le demi-deuil.

Le deuil, c’était du noir — pour les sorties — ou du gris, de l’anthracite pour tous les jours. Et des robes à fleurs blanches minuscules sur fond parme, gris ou noir, et, une fois peut-être, avec un peu de parme ou de violet clair pour quelques toujours minuscules fleurettes.

Ses seins pendaient quand elle se déshabillait dans ma chambre — qui était notre chambre à toutes les deux. Elle était effrayante de laideur et d’absence de féminité. Ses ongles de pieds étaient crochus.

Ma mère racontait qu’elle riait de ce corps pas même obscène — tout juste laid — Repoussant — en jetant ses seins par-dessus son épaule, l’un après l’autre. Elle ne devait pas beaucoup l’aimer, ce corps embarrassant, pour s’en moquer autant. Côté modèle, de ce point de vue-là, je n’étais pas gâtée.

Et pourtant, on me l’a bien répété que j’étais gâtée. On disait « Gâtée. Pourrie Gâtée ». Et voilà que ma main vient de tracer « gâchée ». Je n’étais pas gâtée. J’ai été gâchée. Par des femmes tristes qui ne s’aimaient pas.

Voilà pour le modèle féminin. Un sacré point de départ.


C’est à l’atelier — désormais, je crois bien que quand je parlerai d’atelier, ce sera l’atelier du Vaillant Petit Tailleur — C’est à l’atelier, donc, que j’ai rencontré la diversité du monde.
Et la diversité des rapports humains. Des modes de communications. On n’était pas là par devoir. On était là pour travailler. Pour avoir un travail en France. C’était un atelier d’émigrés. Il régnait une atmosphère curieuse, à la fois chahuteuse et taiseuse, bavarde et braillarde, bravache avec le vieux Simonetti — qui n’était pas encore vieux mais qui a toujours été un vieux. Bougon. Celui-là, il valait mieux qu’il se taise. Quand il envoyait une de ses saillies bourrues, son souffre-douleur du jour était humilié. L’atmosphère se tendait. Se plombait. Il fallait des trésors de diplomatie pour ramener la gaieté dans l’air empesé, encore tout poissé de la bile de Simonetti. Simonetti était désagréable. Mais c’était un bon ouvrier.

Les artisans, c’étaient le patron et le fils du patron. Les autres, c’étaient les ouvriers. Il y avait donc trois couches hiérarchiques dans ce microcosme de l’artisanat. Et des rapports complexes.
Si le grand-père était le patron en chef — c’était sa Maison — dans son appartement, c’est mon père qui organisait tout, cheville ouvrière entre le Patron et les ouvriers, mais d’un statut incertain. S’il était le fils du patron, il était aussi leur compagnon de travail et lui aussi, n’avait pas toujours son mot à dire. Cet atelier de tailleur pour hommes, ce n’était pas sa maison. Mais le Patron, mon grand-père, était analphabète. Il traitait avec la clientèle (il avait ses clients, puis petit à petit, mon père a eu les siens). Il ne traitait pas avec les ouvriers, ni les banques, ni les autres acteurs, la giletière ou le giletier et la culottière ou le culottier. Ces métiers, très spécialisés, étaient un passage obligé pour tous les tailleurs. Certaines étapes de la confection du veston et du pantalon devaient être prises en charge par un spécialiste, très spécialisé, certes. Indispensable, certes, mais, comme les ouvriers, n’appartenant pas au monde de l’artisan. De l’artisan, artiste d’une création nouvelle pour chaque nouvelle pièce effectuée.
Mon père avait donc un drôle de statut, mi-artisan/patron, mi-ouvrier/compagnon. Et surtout, il était le père de ses parents, émigrés, analphabètes et brisés par des secrets que je n’avais pas encore découverts mais que je devais pressentir (et que ma mère m’incitait — en douce et sans le savoir vraiment elle-même probablement — à ressentir en me préparant à aller dans cette enceinte de l’horreur).

Enceinte de l’horreur. Car c’était bien là le problème.
L’enceinte de l’horreur, c’était ce lieu — dont la salle à manger sentait l’oignon cru.
L’enceinte de l’horreur, c’était ma grand-mère paternelle. Elle avait enfanté, donné vie pendant la guerre à une fille blonde aux yeux bleus. Conçue pendant la captivité du grand-père.
Enceinte de l’horreur : ma mère aussi. Comme tant de femmes de son époque, contrainte à un mariage… qui la déclassait.
L’horreur, alors, c’était donc moi. Aussi.
Condamnée aussi à devenir cette enceinte de l’horreur, enceinte de l’horreur maternelle, grosse d’un déshonneur qui n’avait déjà plus cours, convaincue d’avorter, mais aussi d’épouser le jeune homme — pourtant si mal assorti. Lui aussi, fils d’émigrés — de la famille des Pieds Noirs — tout aussi rejetés que les Juifs dans cette France terre d’exil, rance terre d’accueil, tant aimée et pourtant si haïssante.
Haine et amour, alliés pour toujours.

(C) Simone Rinzler - Tous droits réservés.

6/18/2014

Tu...



Tu hésites. Tu tempêtes. Tu t'emportes.

Tu lis. Tu Cliques. Tu claques.

A petit Feu. Nourri.

Tu Tournes. En Rond. En Carré. En Trois D.

Tu Sautes. D'Humeur. En Mode Majeure infantile.

En La. En Si. En Si mineur.

Jamais. Aux Grands. Jamais. En Ré # Majeur.

Tu Tergiverses. Tu Te bouleverses. Tu Te traverses.

Tu, Tutu tu. Turlute. Tu Te Tues. Chappe Eau. Pointue.

Tu Cherches. Tu Fais Semblant. Sans Prendre De Gants.

Je Te Le Dis. Tu Perds Ton Temps.

Tu T'y Mets. Ou Tu T'y Mets Pas.

Tu Suis Ta Trace. Ou Tu Dégages.

Tu N'Y Vas Pas. Par Quatre Câlins.

Tu Fonces. Tu T'Y Enfonces. Ou Bien Tu Pionces.

Alors, Tu Te Décides.

Comment Je Me Décide. 


Je N'Ai Pas Besoin De Toi Pour Décider.

Je N'Ai Pas Besoin De Décider. Je Fais. C'est Tout.

T'As Pas De Projet. T'as Pas D'Idées. T'as Que Du Style. Tu Crois Que Ça Suffit.

Ferme-La. Ca Suffit. C'Est Assez Barguigné, Assez Blablaté, Assez Castré. A La Schlague.

Tu Vois Pas Que J'Y Suis. Tu Vois Pas Que je te Fuis. Tu Vois Pas Que Tu M'Ennuies.

Tu Sais Pas Encore Que je Me Débrouille Sans Toi. Que Je Dérouille Avec Toi.

T'As Pas Fini De M'Emmerder Avec Ton Babillage Incessant, Inconsistant, Inédifiant.

Je Te Tue.

© Simone Rinzler | 18 juin 2014





4/08/2014

Réponse à un auteur inconnu connu

Ah, tiens,
Je vous ai répondu, ce matin, sur mon blog.
Je ne sais déjà plus où.
Je ne sais plus.
Ni où, ni sur quoi.
Ni pourquoi.
Je ne sais jamais pourquoi, ni vous non plus.
Ni quand, ni où.
Je ne sais pas grand-chose.
Vous non plus.
Les écrits se répondent, se croisent et se font écho.
Les mémoires, du passé, s'effacent.
Le présent des mots s'impose.
A notre insu.
Nous le savons.
(D'ailleurs)
Nous continuons.
(De Marseille)
Nous nous amusons
Face aux miroirs de la galerie.

Le présent de l'écriture est un présent double.
Présent de l'écriture.
Présent de la lecture.

Présents de l'écriture.
Présents de la lecture.

Fond de boutique déjargonné.

Être compris.
Être incompris.
Qu'importe.


(Avec la complicité [quasi-] involontaire de Franck BALANDIER, auteur de "Le Silence des rails", sélectionné avec 29 autres romans pour le Prix Orange.
J'ai hâte de lire ce roman.
Étienne, triangle rose déporté dans les camps de la Seconde Guerre Mondiale revient, raconte.
"Si je reviens vivant de cet enfer, personne ne me croira".
Premier livre écrit en français sur le sujet, paraît-il. Je n'ai pas vérifié mais le crois bien volontiers. Je suis une ancienne spécialiste de l'anglais... Pas journaliste. Pour le fact-checking, faites tout par vous-même. Mais, je vous préviens tout de suite, ce n'est pas cela qui est intéressant ici.
Psst... : une idée pour Le Refuge, Olivier STEINER)

Éditer

Éditer les autres est un cadeau aux autres. Un cadeau non marchand.
Donner de sa personne, mieux que pour soi. Un véritable moteur pour celui (ou celle) qui doute.
Un service, public, rendu, offert, à l'humanité.

Expérience de l'édition dans le domaine universitaire :
plus de temps pour lire, écrire, vivre, rire, dormir... Plénitude épuisante. Éprouvement de soi.
Une philosophie stylistique en acte et en action. En addiction.
Un travail souterrain de sa propre écriture, de sa pensée, de son humanité.

Amicalement,
Simone

(Avec Olivier STEINER en Guest-Star [quasi-] involontaire, pour Le Refuge)

20140408 C'est ton jardin, Simone ?

"- C'est ton jardin, Simone ?"

- Si on veut... Je n'y jardine pas, y séjourne peu. "

"Sans Légende Est Une Légende" PhotoDuJour 20140407

Femme De l'Ombre De L'Intérieur. 
C'est Plutôt Le Jardin De Mon Prince Des Fleurs, Des Jardins, Des Eaux, Des Forêts & Des Déserts.
Je Le Regarde. Il M'Inspire.

Quoi ? Qui ?

À La Lectrice & Au Lecteur De Décider Ce Qu'Il Désire.
Sourire Aux Lèvres.
Cesser Avant Le Conte. Leste. 

Preste. 

Céder À La Passion De L'Écriture.
Cesser De Badiner.
Retourner Travailler Au Livre Sérieux.

Malgré Le Cri Dans La Nuit Qui Réveilla Le MonPrince : "Les Connasses !" & Autres Propos Incohérents. L'Effet-Livre Se Fait Sentir. La Nuit Ne Fut Pas Agitée. Elle Fut Reposante. Bonne Nuit Réparatrice. Tout Terminer Avant Le Grand Voyage, Visa En Poche.

Dire Sans Dire. Évoquer. Dire Bien Plus, Et Bien Autre Que Ce Que L'On Croit. 

Avenanture De L'Écriture. 

Autographie Romancée Continuée. Ambiguïtés Autonomes. Petites Filles Pas Sages, Elles Font Ce Qu'elles Veulent Et Vont Où Elles Veulent. En Dépit De L'Intention Consciente De L'Auteur, À Son Insu. En Catimini. Et L'Auteur Le Sachant. En jouissant.


(Avec la participation de M&M's en Guest-Star)

20140407 : La Chouette de l'écran

Refonte du livre de philosophie en cours.
Rouvrir les tiroirs, amasser du papier, crouler sous le touffu.
Que nenni. (Dessin de © Wojtek Kowalczyk)
Travailler sur le fichier informatique, l'améliorer.
Lire, relire, penser. 
Se remettre en jambes, avec la tête.
Préparer une résumé dans les jours qui viennent.

La chouette est de retour, toute la nuit, devant son écran.
Jongle avec le logiciel, les idées. Reposée par ce travail consenti.

Ce soir : bonheur calme, plénitude.

Ce n'est pas qu'une question de sommeil.
Quelque chose à vraiment fini par se débloquer.

Repos du juste.

Enseignant-chercheur, quel beau métier ça a été.
Continuer.
Autrement.
Continuer.

Avec
Ou 
Sans
Beckett.


4/06/2014

20140406 : Aucune interaction aujourd'hui. Introspection.

Aucune interaction aujourd'hui. Introspection. Volontaire.

Penser. Réfléchir. Se reposer. Loin du bruit du monde, loin du réseau d'amitiés facebookiennes, soutien des temps de soleil noir.

Articuler sa pensée. Penser la présentation de son "Book Proposal". Penser à faire bonne impression. Y prendre trop de temps. Donnera une mauvaise impression. Trop méticuleuse. Trop soucieuse. Trop anxieuse. Et comme toujours, finir par proposer trop vite, trop mal, parce qu'on  n'en peut plus. Qu'il faut que cela se termine.
Se souvenir de la maxime qu'une amie avait surnommée Maleficient  (la méchante fée Maléfique dans La Belle au Bois Dormant version Disney) : 
- Tu sais ce que c'est qu'une bonne thèse ?
- ...
- C'est une thèse finie.
Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle ne m'a pas aidée à la finir. Pas plus que l'Habilitation à Diriger des Recherches. Sinon with a vengeance, ce qui est une aide non négligeable. 
Se remettre à ressasser en écrivant ceci. Arrêter immédiatement.

Revenir à son propos.
Prendre le temps de se hâter lentement. J'ai prévu un calendrier tenable. Raisonnable. L'ai annoncé. 
Ne pas se gâcher. Je sais que je l'ai déjà dit, mais autant se le répéter. Autant de fois que nécessaire.

Lâcher l'iPad. Monter au bureau.

Travailler.

Au calme et dans le calme.

L'angoisse des jours passés est terminée.
C'est donc bien que je suis déjà in progress, dans l'action.
Que cela se fera. 
Là ou ailleurs.
Cela se fera.

Oui da.

C'est en route. Je suis sur la route.

(Hommage à Henry Bauchau "Sur la Route", journal de l'écriture de son Antigone, cadeau de pensée offert par mon amie Pascale).

À bientôt les amis FB. Je vous souhaite de bien belles découvertes en attendant.
Et je vous fais une bise immatérielle, malgré ma timidité et ma réserve quant aux bises faites à des inconnus.
Mais tout le monde a besoin de bises, pas vrai ?
Même inconnues, même d'inconnus.

Je me suis déconcentrée. Je retourne me "collecter" (anglicisme, faute de mieux : il faut vraiment que j'y aille).

Je me "collecte" et je me "compose".

End of story
Simone & Co aux Ateliers de Mon Prince :
"Détendue"


4/05/2014

20140405 Couvade. Symptômes.

Couvade

Couvade.
Symptômes de couvade.

Plus rien ne rentre.
Presque rien ne sort.
Hébétée. Allongée. Affalée.

Privée d'énergie.
Dépourvue d'envie.
Rien.
Plus rien.

Œdème disparu.
Jambes légères.
Toujours au lit.
Sans ennui.
Attendre que cela passe.
Il en sortira bien quelque chose.

Rien ne sort.
Rien ne peut sortir, ou presque.
Gestes mécaniques. Rituels repris sans grand goût.

Debout. Enfin.

Jeter un coup d'œil rapide sur la couverture bleue. Le dossier maudit. Le dossier qui maudit. Maudit livre en attente de publication.

Couvade de publication.
S'occuper du "Book Proposal", même imparfait, le faire, l'envoyer. 
Ne pas se noyer.
Ne pas se gâcher.

Lire sa conclusion.

Se dire que plus jamais on n'écrira aussi bien.
Trouver la tâche démentielle.
Se mettre à écrire cela.
Avoir une terrible envie de cigarette.

Résister pour la clope.

Pour le bouquin. Non. Ne pas résister à l'appel sourd. 
S'y mettre.

Enfin.
En commençant par la fin.
C'était bien.

Auto-injonction : "Allez !"

Y aller.

En traînant des pieds.

Y aller.


Malgré tout.

4/04/2014

20140404 : Jour blanc

Jour blanc

Jour blanc.
Jour de mal dedans.
Le corps gourd,
Les yeux gonfles,
Jambes de chiffon.

Sans sommeil
Énergie en berne
Même lire
Même la radio
Fatiguent.
Sans faim.
Ne pas se forcer.
Accepter.
Enfin.
Se résigner.
Se reposer.
Rester.
Poser.
Pauser.



Lever en fin de journée
Légère inquiétude.
Rien. Rien de grave.
Le moment de pause
Imposé
Régénérer.
Recharger.
Calme.
Calme tranquille.

Lundi.
Spécialiste. Écho-Doppler.
Attendre encore.
Prendre soin.
Se ménager.
Refuser de s'étourdir en vain.
Apprivoiser un rythme involontaire.
Vents contraires.
Décliner toute sortie.
Garder son énergie
Pour l'essentiel,
Pour le réel,
Donner réalité à ses rêves.
En accepter la difficulté.

Je ne suis qu'un petit homme,
Mais qu'elle est une femme.

Se réjouir.
La pause nécessaire n'est qu'un épiphénomène. Une étape. Une respiration. Dans le jour. Et non la nuit. Moins habituelle. Plus cruelle. Handicap social. Handicap familial. Handicap personnel. Hand in cap. La main dans la casquette, une contrainte de plus à affronter. Se jouer de la contrainte. En faire fi. Chacun la sienne. Connaître la sienne. S'en accommoder. Sans râler, ni geindre, ni se plaindre. Accepter sa fragilité, humilité humaine contrainte. Rester humain. Rester humaine. Être humain. Imparfait. Faire avec. Comme si l'on était sans. S'en jouer. Déjouer. Continuer. Peregrinus. Pèlerin de sa vie. Cheminer. Avancer. À pas lents. À pas grands. À pas assurés. Malgré l'absence d'une quelconque assurance.

Se réjouir du début de la nuit. Heureux. Joyeux. Amoureux.

© Simone Rinzler




4/02/2014

20140402 : Proême théâtralisé

20140402 : Proême théâtralisé

[TITRE]
Dialogue de sourds
Dialogues de muets
(Ou pas. Oupa. Houtspah, Oum-Papa.)

[Genre]
(création poétique avec ou sans Mister Oupa) :

[Dialogue]

SM : "Certains de mes poèmes font moins de 140 signes."
SR : Fais-moi un signe.

SM : 1
SR : Insigne honneur.

SR : Fais-moi un cygne.
SM : Non, mon canard.

SM : "Je fais dans le haïku allongé."
SR : Je fais dans le allongé.

Je fais dans le allongé.
Je fais dans le haïku très, très allongé.
Je fais dans le allongé.
Je fais dans le cul.
Je fais dans le cul, allongée.
Je fais dans le "aïe" allongée.
Je ne fais plus dans le "Qu tu ailles". Allongée.

Plus au courant. Plus en courant.
Plus de courant. Plus de vent.
Plus sur le devant.
Plus en avant.
Plus au jus.
Pas de jus.
Je sèche.
Sèche.
Raide.
À sec.
Sec.
Se.
S
.
S.
Se.
Sec
Secours
Se coucher.
S'allonger, jambes 
gourdes, paupières lourdes.
Sécheresse longitudinale, décubitale.
Sécher le bonheur de rencontrer les amis.
Fatiguée, lasse, lassée, épuisée. Corps en déroute.
Corps lâche m'a lâchée, grosse tache, grosse vache, vaches maigres.
Corps de maigre vache, de grosse vache, de vache qui tache.
Corps lâche me fâche. Corps tache. Corps flapi, avachi.
Flasques frasques, verbe à l'honneur. Allongé.
Le corps te lâche. Pas à la tâche.
Ne tâche de tâcher.
Sans fâcher.
Lâcher. 

Lâcher ce corps. L'esprit éveillé.
Lassée du corps las.
Là.
Ah.

Ah !
L'esprit se réveille.
Pas encore de merveilles.
Un peu tôt pour l'émerveillement.
Démons et Vermeils
Démons des Vermeils.
S'émondent les Vermeilles.

- Vous avez la carte ?
- La carte.
Que me demande-t-elle. La carte. Mais quelle carte. Carte des Démons. Carte des Vermeils ?

- Non. Pas encore.

Encore un peu de temps, Monsieur le bourreau.

- Je vous laisse ma carte. 
Carte des Amis des Monts des Merveils

SM : Fais-moi un signe.
SR : Fais-moi un singe.

[Grimace]

[TROIS PHOTOS : Grimaces - Limaces - Riasses]

Que tu riasses,
Que tu rimasses,
Que tu grimaces,
Que tu te grimasses
Que t'es connasse !

Que nous riions !
Fête aux lampions !
Faites les cons.
Rions un peu,
Grillons un pneu.
Grillons d'un feu
Intérieur.
Rions au pieu.
Rire allongés.
Le pieu, quel pied.

© Simone Rinzler

#PhotoDuJour 20140402
"Allongée, lasse...
Recoller les morceaux
Se remettre au travail"

(#VraiePhotoDuJour
#EnDirectDeMonLitBureau)






3/22/2014

Planninge : ça plane pour moi (note de lecture de "Planning" de Pierre Escot

Planninge : ça plane pour moi

20140322 Planning Pierre Escot GamStyl ALADELE101

Éblouie par la lumière sombre de Pierre Escot.
(Passivoïde : PP + PAR + Det. + N Inan. + Adj CoulNuanc => [GN Oxy code 8])

048. "Planning", deuxième édition révisée. PPT/éditions - Paris, France, 2012.  

Prendre des notes.
Poser livre. Écrire.
Idée style mûrit.
Fait ses gammes 
Gammes stylistiques.
ProjBK ALADELE101

RETOUR SUR LECTURE
Refeuilleter le livre.
S'aperçoit que deux pages lues trop vite.
N'ai pas imprimé ce que mes yeux ont lu.
Ce que mes yeux lisent, mon cerveau ne lit pas.
J'ai lu, mais je m'entendais écrire pendant que je lisais. 

Esprit distrait par la richesse 
(Passivoïde + CA PAR + GN [Det. NInan Uncount Gen / Spec ? Code 9]

[Améliorer codes GN]

Page 007
Conquise
Le lirai dans la journée

Pas beaucoup de mots
Trop de réflexion 
Le lirai plus lentement

Pas assez attentive
Lire plus lentement.

Pour un critique intermédiaire du livre en cours de lecture dans le style de l'auteur : 
Pasticher n'est pas parodier (Hommage)

Découvrir l'original dans le merveilleux petit, Grand, livre de Pierre Escot "Planning" (cf. Ref. Supra).
Écrit sur Vélin Electronique, IPad 2, statut FB sans titre, 22 mars 2014.

----------

Pierre Escot me rappelle de suivre la prescription de sa dédicace du 19 mars.

Égarée hors prescription du Docteur Escot.
Rebelle à toute prescription.

"Le refus d'une prescription est l'obéissance à une prescription insue, invisible, oubliée. L'invisibilité de la doxa contemporaine est une idéologie* (Cf.NBP**) dont la puissance est d'autant plus forte et inévitable qu'elle nous est invisible et insue de nous en raison de sa trop visible prégnance, car nous en sommes tous participants, même (et probablement surtout) si nous croyons être des observateurs-participants. 
NBP :
*[Prendre/Comprendre "Idéologie"  au sens du terme. En russe, "Idéologie", signifie "Ensemble des croyances, habitudes et habitus dans une société donnée" et correspond à ce que les linguistes appellent "Shared Knowledge" ou "Connaissance partagée du monde" et Umberto Eco "Encyclopédie" et que l'on peut qualifier de "Contexte extra-linguistique", c'est-à-dire ce que j'appelle le "Macro-Contexte".]
** [NBP signifie Note de Bas de Page]

(Dr Simone RINZLER, MCF HDR, 20140322-15:02)

Double-Bind Assuré.
Double-Bind Assumé.
Prescription du Docteur Maille suivie par rejet de prescription antagoniste.

Injonction contradictoire résolue par la sortie du cadre.

Retour à la case écriture.
Photographier.
Glander.
Photographier.
Prêter des livres.
Lire sur tablette.

La guerre de la monographie n'aura pas lieu.

Avant fin mai.

S'appesantir sur son sort.
Visite de L.
Rires.
Joie.

Fatigue.
Repos allongée.
Vertiges.
Nausées.
Vérifier pharmacie.

Envoyer mail.
Lire d'abord. Envoyer mail après.

Réveil pas pâteux. Vertiges disparus.
RAS.

Demain.
---------

De la surprise à la méprise.
Point de mépris,
Mais Mé-Prise, "Misprision", mal pris, pris de travers, pas comme il le fallait.

3/09/2014

Autographie romancée #3 A l'atelier (suite)

À l'atelier (suite)

Dans l’atelier de tailleur, c’était bien différent. J’y allais, la peur au ventre, à la rencontre d’un monde autre, inconnu. Un monde d’hommes. Un monde d’hommes d’ailleurs. Ils venaient tous d’ailleurs et avaient atterri ici, dans le quartier de la Bourse à Paris, dans la pagaille de cet atelier crasseux d’où sortaient de belles pièces sur mesure.

À l’atelier, les hommes riaient. Gueulaient. S’engueulaient beaucoup. Et s’adoraient. Sans se le dire. L’engueulade et la moquerie étaient leur façon de se dire leur amitié. Leur compagnonnage. Tous n’étaient pas amis ensemble. Mais il circulait beaucoup d’affection.



L’été, les conditions de travail y étaient éprouvantes. Les fers à repasser avec leur énorme tuyau pour faire passer la vapeur — c’étaient des fers à repasser professionnels — rejetaient une épaisse fumée de vapeur d’eau. On y cuisait copieusement.

Chacun avait sa ou ses spécialités. Ce n’était pas l’atelier de mon père. Lui, était le fils du patron. Mon grand-père croyait y régner en maître. Ce n’est pas à l’atelier qu’il régnait, mais dans le salon. Là où il créait, avec chacun de ses clients, le costume, ou les costumes, qui les feraient briller en société et établiraient leur statut.

Mais l’atelier…

L’atelier, c’était là où se reformait, cela me revient à l’esprit maintenant, un succédané de shtetl, un ersatz de ghetto. Car tous les clients étaient boursiers. Et tous les clients étaient juifs. Des Juifs d’Europe Centrale. Je ne savais pas à l’époque que l’on disait Ashkénazes. Et je ne savais pas encore ce qu’était un Juif. Mais je savais qu’ils étaient juifs. Ils étaient chez leur tailleur et ils étaient d’ailleurs. Ils parlaient des langues étranges. Avaient de drôles d’accents.

Peut-être bien que c’est à l’atelier de tailleur pour hommes que j’ai eu mes premiers contacts avec le monde. Avec le monde des hommes. Avec le monde des hommes d’ailleurs. Que je suis, avec terreur, sortie du cocon maternel, du gynécée matrilinéaire que formaient ma mère et sa mère, ma grand-mère maternelle, qui habitait chez nous. Je partageais ma chambre avec cette femme que ma mère adorait, respectait, et, je le sais aussi, qu’elle craignait. On ne sentait entre elles aucune chaleur. Aucune tendresse. Le devoir. Rien que le devoir. Des femmes de devoir.

Mon père régnait sur l’atelier. Il ne régnait pas en maître. Ce n’était pas lui le maître, le Maître-Tailleur. Il régnait en bonhomme. Jovial. Rieur. Plaisantin. Il adorait plaisanter. C’était lui qui créait cette curieuse ambiance chaleureuse de l’atelier. Cette chaleur de la vie et des éclats qui me faisaient si peur. Me terrorisait quand j’y arrivais. Et dont je repartais heureuse, après avoir regardé les hommes travailler, s’engueuler, se taquiner, sourire. Je me souviens du sourire tendre d’un homme jeune, blond et frisé — peut-être — aux yeux bleus — peut-être. Il avait une sorte de drôle de grosseur sur la joue, une sorte de kyste ou de verrue, un gros grain de beauté saillant, rond et pâle, et cette excroissance riait quand il souriait. Je ne me souviens plus de son nom. Peut-être était-ce Pepino. Mais Pepino étant un nom italien, il aurait dû être brun ? Cet homme au visage curieux était peut-être beau. Je ne trouvais pas les hommes beaux. Pas encore.


3/08/2014

Autographie romancée #2 A l'atelier (suite)


A l'atelier (suite)

Mon père travaillait de ses mains.

J’aime les mains. J’aime regarder la main qui travaille. La main en action.

Ma mère travaillait aussi de ses mains. Dans l’atelier de sa mère. C’était un atelier de… Je ne sais même pas comment ça s’appelait. Quand mon oncle a repris l’atelier et l’a installé chez lui, ça s’est appelé un atelier de façonnier d’imprimerie.


Ma grand-mère, la mère de ma mère, travaillait dans les étiquettes. Les étiquettes arrivaient. Elle y attachait un fil et une navette. Fil de coton blanc et navette métallique. Les étiquettes repartaient pour être attachées aux articles destinés à la vente.


Je n’ai jamais travaillé dans l’atelier de mon père.


J’ai travaillé dans celui de ma grand-mère maternelle. Là-bas, il n’y avait besoin d’aucune qualification. Juste de l’application. Du courage. Du devoir. L’envie de bien faire. Et l’obligation de faire vite.


Il y avait des machines, mécaniques, actionnées à la main.


La main allait chercher la poignée, loin devant, et la ramenait par la droite, vers soi. Et hop !, c’était posé. Quoi ? Je ne sais plus. Le fil ? La navette ? Ou bien était-ce la machine à percer les trous ?

Il fallait aller vite, très vite et bien. Ne pas s’arrêter.


Travailler rapidement pour livrer à temps.

C’était la machine à poser les œillets, ça me revient.

J’aimais ce geste. J’aimais ce travail. Mais je n’aimais pas cet atelier. Besogneux. Laborieux. Sérieux. Silencieux. Je ne me souviens plus s’il y avait une ou des ouvrières ou s’il n’y avait personne.

[Je crois qu’il y a eu au moins une ouvrière. Jamais assez bien pour ma grand-mère. Là-bas, on pratiquait le mépris de l’ouvrier. On se vantait d’être artisan, pas ouvrier. En y réfléchissant bien, pourtant, c’était bien une petite manufacture, atelier de facture (ou de façon, de façonnier), à la main. Mais on s’enorgueillissait d’en avoir. Des façons. Pas comme les ouvrières, ces moins-que-rien, des filles « pas apprises », entendez « pas éduquées », pas de notre monde, presque des trainées, des prostituées, qui vendent leur force de travail pour faire vivre l’atelier.]

Sans le travail à la machine, je crois bien, à y repenser maintenant, je crois bien que je m’y serais ennuyée mortellement. C’était mort. Il n’y avait pas de vie. Que du devoir. Du travail. Sans joie aucune.


Le Devoir et le sérieux.


Je ne l’aurais pas dit à ce moment – je ne l’aurais pas même pensé – on s’y faisait chier à mourir.