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9/30/2015

#15 CR Carnets de retraite : Tu t'es fait belle pour sortir. Tu tetrouves très belle. Tu as de bonnes nouvelles de ta fille cadette. Celate réjouit.

Tu t'es fait belle pour sortir

Tu t'es fait belle pour sortir. Tu te trouves belle.  Très belle. Tu as retrouvé le trait frais, l’œil qui pétille ; tes joues se sont amincies. 

Tu as de bonnes nouvelles de ta fille cadette. Cela te réjouit. Elle est enfin heureuse, ta Princesse. Tu ne l'aurais jamais appelée comme cela, et elle non plus ne se serait peut-être jamais laissée appeler comme cela. Mais c'est Ta Princesse quand même. C'est une Très Jolie Princesse Qui A trouvé Son Joli Prince. Et cela te remplit de joie.

Pendant ce temps, Ta Princesse Benjamine, La Maman De Tes Toutes Petites Princesses, vient à ta fenêtre. Elle te fait rire :

Ça devient angoissant, quand même, de te voir faire de la cuisine comme ça !...
Non, mais, ça sent bon ! C'est bien, hein ?

Alors tu retournes à ta cuisine, retourne tes tomates dans la poêle. Et oui ! La Tatin de Tomates, même froide comme ce midi, on n'y résiste pas !

Tu vas même changer un peu la recette et ajouter du basilic qui pousse encore sur ton rebord de fenêtre.

Ne te perds pas trop dans la littérature, Petit Mère Princesse, tu pourrais les faire attacher et les Charmes de ta Cuisine d'Amour pourraient attacher.

[Une pause à la cuisinière qui n'est pas une cuisinière. Ça n'existera bientôt plus, les cuisinières !]

Tu reviens, très fâchée après toi-même. Tu t'es fiée à ta mémoire et t'es trompée dans la recette.

Ce n’est pas très grave : la sauce est encore meilleure...

Tu as mis trois cuillères à soupe de cassonade au lieu d'une, te semble-t-il. Cela ne fait rien. Quelque chose ne te plaisait pas tout à fait avant-hier. tu ne savais dire quoi. Maintenant, tu sais. Ça manquait de sucre, tout simplement. De bon gros sucre, bien blond, bien chaud, Maintenant, tu la tiens, ta tarte sucrée-salée. Et pour une tuerie, ça sera une vraie tuerie. Comme ils disaient sur la recette.

Pendant que ce qui sera peut-être un dessert mijote, tu te réjouis de l'arrivée prochaine des Grands Princes. Ton Prince A Toi, [Mais si ! Tu sais bien, l'Ancien Mon Prince, Etc. !] et Son Ami Qui Est ton Ami Aussi.

Soirée régalade en perspective !

Et puis, et puis,

Et puis...

L'Ami s'en ira chez Lui. Et alors, là, ce sera La Tuerie. La vraie. Soirée Régalade en perspective !

Ah ! Au fait ! Je ne vous avais pas dit ?

Je ne suis pas sortie et j'ai mis mon joli tablier assorti. On est une Princesse de la Cuisine ou on ne l'est pas ?

Faudrait savoir !

J'en souris.

"Vite, vite. arrête le feu !" te dit ton nez de Princesse Apprentie.

Le Prince arrive. Entre dans la cuisine. Il va... Il va...

Il te dit : "C'est pas un tout petit peu trop cuit, ça ?".

Si. Le texte est fini, et le caramel ne restera pas blondi. Ou alors, un blond vénitien très, très profond. Plutôt auburn. Auburn.

Burn ?

Out !

Zou, les loulous.
Pour moi, c'est fini ici.

Bonne nuit les amis.

© Simone Rinzler | 30 septembre 2015 - Tous droits réservés 
[Des fautes subsisteront peut-être. 
Seuls ceux qui n'écrivent jamais ne font jamais de fautes.]
L'écriture gourmande est heureuse À L'Atelier de L'Espère-Luette

6/30/2015

#5CR Carnets de retraite : Tu mens aux lecteurs de Ton Atelier. Tu ne leur mens pas. Tu leur as promis de la littérature....

Tu mens aux lecteurs de Ton Atelier
Tu ne leur mens pas. 
Tu leur as promis de la littérature. 
Tu leur en donnes. 

Tu leur offres ta littérature, ton écriture.

Tu écris du rêve. Tu rêves du réel. Tu réalises du rêve. 
Tu le rends réel par ta plume électronique, nique, nique.

Tu vis ton écriture, comme tu vis ta vie. 
Dans l'instant. 
Tu ne te perds pas dans le passé, ni dans l'avenir. 
Tu vis au présent.

D'ailleurs, il fait bien trop chaud, pour aller pédaler !

Aucun sentiment de solitude ne résiste à trente bonnes minutes de lecture d'un livre aimé, et encore moins à vingt minutes d'écriture non contrainte, d'écriture plaisir.

Tu as écrit bien plus de vingt ou trente minutes.

Tu ne t'ennuies plus jamais.

Jamais plus de trente minutes.

Tu mens encore.

Quand la fatigue te prends, tu souffres de l'ennui.
Alors, tu patientes, le temps que la fatigue se dissipe.

Elle se dissipe toujours.

Dès lors qu'elle n'est pas trop intense... et que tu acceptes de te fatiguer un peu pour ne plus être...
Fatiguée de Vivre.

C'est ainsi hier tu as enfourché ton Pégase d'acier.

L'inspiration fléchit.

Il va être l'heure d'aller retrouver Ton Prince, etc., ton meilleur ami.

Le reste est privé.
Tu seras privé, Lecteur, de la vraie vie privée, celle qui ne s'expose pas ici.

Même si tu la devines, petite coquine.
Même si es devin, gros malin.

Qui sait ?
Peut-être resteras-tu là, à écrire ou à lire, à rêvasser, à l'ombre, au frais.

Personne encore ne le sait.

Chacun se fait sa petite histoire à son idée. Tu n'as proposé qu'un début de balade.

À chacun de s'en accommoder.

À sa façon, au soleil ou au frais. De La Princesse (ou) de Son Prince, etc.

© Simone Rinzler | 30 juin 2015 - Tous droits réservés 





#4CR Carnets de retraite : Tu prépares tes affaires de vélo...

Tu prépares tes affaires de vélo.

Tu sais que tu vas encore souffrir physiquement pendant la première demie-heure.

Tu prends le casque, la gourde, les caramels au chocolat pour les sucres rapides encours de route.

Tu prépares ton sac, préviens Ton Prince, etc., ton meilleur ami, tu es presque prête.

Tu finis ton sac. Tu vous prépare un petit goûter pour la route. Tu es prête. Lui aussi. Tu vérifies que tout est fermé, que tu n'as rien oublié. Tu passes la barrière. Un coup de pédale mal assuré au départ, comme hier ? Non. Bien mieux. Tu as repris l'habitude. Tu es tout de suite joyeuse.

Tu prends bien garde de ne pas t'épuiser. Tu es si heureuse que tu pourris bien te laisser aller à aller trop fort. Encore.

Tu pédales, lèvres écartées d'un sourire à bouffer les insectes. Tu repenses à sourire intérieurement seulement. Tu te souviens de la dernière fois que tu as avalé un moucheron. Ça ta gâché la joie. Goute la bouche fermée, le sourire intérieur.

Quoi ? Tu es encore à ton écritoire, 'spèce de maboule ?

Malheureuse, mais tu rêves au lieu de vivre !

Allez, enfourche ton fringant vélo assisté. Il est l'heure de te préparer.

Salut. 

Je m'envole sur mon Pégase métallique !

© Simone Rinzler | 30 juin 2015 - Tous droits réservés 

#3 Carnets de retraite : En attendant l'heure de ta randonnée à vélo avec Ton Prince, etc, tu souffres de solitude, alors tu écris...

En attendant l'heure de ta randonnée à vélo avec Ton Prince, etc., tu souffres de solitude.
Alors, tu écris. 
Tu reprends le Roman de "Tu".

Tu souffres de solitude.
Tu ne vis pas seule.
Tu es très entourée.
Tu ne te remets pas de grands chagrins d'amour en amitié.
Tu n'as plus de vie sociale.

Tu la crains.

Tu viens de te rendre compte que tu agissais comme une personne souffrant d'un chagrin d'amour et qui n'ose pas tenter de nouvelles rencontres, prendre le risque d'aimer à nouveau.
Tu as compris ce qui t'a fait reculer devant le stage de théâtre de la rentrée dernière.
La peur de souffrir. La peur de faire de nouvelles rencontres. Puis de les perdre à nouveau.

Tu as un problème avec la perte.

Alors, à la place, tu perds la mémoire, immédiate. Tu retrouves la mémoire de l'ancien.
Tu n'oses plus refaire surface dans la vie sociale.
Tu as perdu ton terrain de jeu favori.

Tu as fait fausse route en prenant ta retraite.

Tu as trouvé le calme. Tu as trouvé ce que tu aimais. Tu fais ce que tu aimes faire. Tes angoisses ont disparu. Tu vis beaucoup mieux.

Se pourrait-il que tu aies tant dû lutter contre toi-même pour devenir un être social, un être sociable ?

Se pourrait-il que tu sois devenue gentille par peur de perdre des amis ?

Tu as toujours été trop gentille. 
Pas toujours avec ceux qui le méritaient le plus.
Tu penses qu'il faut être gentille. Même avec les monstres.
Même s'il y en a un pour qui tu as presque toujours su, au moment de ton éveil par Ton Prince, etc., que tu ne pouvais lui accorder aucune gentillesse.

Tu as appris à te protéger des monstres qui t'entouraient, à t'en débarrasser, à les éviter.

Tu es allée trop loin.

Tu te sens seule dans ta forteresse vide.

Il est temps d'en sortir et d'accepter, aussi, une vie d'amitié, peut-être moins passionnée, moins hystérique qu'autrefois, mais qui soit la tienne, et la tienne seule.

Tu ne sais comment faire.

Tu sais que tu as su poser correctement le vrai problème.

Tu sais que tu trouveras comment faire, bientôt.

Tu fais comme ta mère, comme ton père, surtout, avoue !, comme tes parents. 
Tu n'as pas d'amis autour de toi, tu n'as pas tes amis. Pas les tiens.

Allez, prends ton téléphone et appelle.

Rien qu'appeler.

Pour commencer.

Pas besoin d'inviter, pour commencer. 

Juste téléphoner. 
Appeler. 
Parler. 
Parler à un ami. 
Parler avec un ami.

Tu penses aux amis auxquels tu ne donnes plus de nouvelles. 
Tu as fait le vide autour de toi. 
Tu ne voulais plus souffrir.

Bravo ! C'est réussi !

Tu souffres.

Allez, appelle tes amis !
Fais un effort. 
Ils ne vont pas te bouffer. 
Ce sont tes amis. 
Écoute-les aussi.
Peut-être eux aussi ont souffert de solitude.

Allez !

Fais pas ta sauvage.
Redeviens ne fille sage.

Appelle tes amis.

Écris des mails, tape dans tes mains, bats le rappel.

Appelle tes amis.

Tu en as assez de vivre par procuration avec les amis de Ton Prince, etc., vos amis communs, ses amis à lui.

Resserre la liste de tes amis. Ne confonds pas collègues et connaissances avec des amis.

Allez, appelle tes amis.

© Simone Rinzler | 30 juin 2015 - Tous droits réservés 




1/18/2015

Tu écris que tu n'écriras pas...

Tu écris que tu n'écriras pas.

Tu n'écriras pas. Tu n'écriras pas. Tu n'écriras pas.


Tu n'écriras pas.
Tu ne posteras pas. 

Et puis quoi encore, que tu ne feras pas ?

Tu remarques que le futur change le présent :

Tu n'écriras pas.
Tu ne posteras pas. 

Tu remarques qu'écrire "Tu n'écriras pas" au futur change non seulement ton style mais aussi toute la teneur de ton propos.

Tu remarques que dire "Tu n'écriras pas" prend une résonance de commandement. 

Tu notes que l'effet de liste te donnerait presque l'impression qu'il en manquerait huit.

Tu te dis qu'il ne manquerait plus que ça.

Heureusement, tu as écrit. 

Tu as ecrit. Et tu viens d'écrire au passé composé. 

Tu composes avec le passé. Au passé composé. Dans le présent.

Tu poursuis ton travail de réflexion de linguiste. 

Tu te dis que tu as bien de la chance de savoir partir de la matérialité du langage pour Penser le monde et tenter de comprendre les relations incessantes, en un continuel va-et-vient entre Monde et Langage et Langage et Monde.

Tu comprends que tu as pris le temps de digérer ton propre travail universitaire de réflexion sur les contre-interpellations Langage-Monde, que ce travail t'habite et fait corps avec toi. Tu te sens apte à l'expliquer à nouveau clairement.

Tu sais que tu as repris les forces nécessaires pour continuer à avancer.

Tu écris.
Tu penses.
Tu partages.
Au présent.

Au Présent du Réel.

Le Réel du Présent.

© Simone Rinzler | 18 janvier 2015 - Tous droits réservés 

1/16/2015

Tu aimes les portraits de dos... Blason - Écrire le corps

Tu aimes les portraits de dos, les portraits de femmes de dos, les tableaux de Vilhelm Hammershøi, les photos des hommes de dos.

Tu te demandes pourquoi. Le dos ne mentirait pas ?

Tu te souviens de ces jours où, membre du jury d'un concours, tu déjeunais parfois seule, pour te reposer des interrogations du matin avant celles de l'après-midi. Tu regardais ces dos, ces bas de dos, des reins aux pieds. Ils te disaient ce qu'étaient ces femmes, ces hommes, ces adolescents. Un panneau t'empêchait de voir plus haut. Tu ne voyais que les enfants en entier. Mais pour les autres, rien d'autre que le bas de leur dos, leur démarche.

Culs affalés, culs pressés, fesses rondes, fesses plates, fesses mouvantes, fesses anonymes, inconscientes de leur existence. Regarder le monde par le côté des fesses. Pas des fesses érotiques. Du côté des fesses affairées. Des fesses innocentes. Des fesses déambulantes. Fesses hors représentation. 

Impréparé au spectacle de son exposition, le dos, le bas du dos, les jambes, les pieds te racontent leur histoire bien mieux que les visages.

Dévisager le corps, c'est lui ôter le visage, le sourire confectionné, la moue apprêtée, l'image sociale travaillée. 

Dé-visager le corps, c'est porter attention au corps. Le dos, les fesses, les mains, les pieds. Objets inconscients et animés.

Blasonner le corps dé-visagé. Regarder l'humanité passer. Offrir, aussi, au regard, son propre corps, dé-visagé, inapprêté, offert, inconscient de son effet.

Que disent nos corps que ne disent pas nos visages ?

Que disent les corps que ne disent pas les visages ?

© Simone Rinzler | 16 janvier 2015 - Tous droits réservés 

Note : Le blason est un art littéraire médiéval. Il encense le corps - de l'être aimé - partie après partie. On parle des blasonneurs du corps. Le poète François Villon en fut un. (De mémoire, parfois défaillante. Pour plus de précisions, le lecteur est prié de consulter une encyclopédie de son choix).

1/14/2015

Tu as fait taire tes doutes…


Tu as fait taire tes doutes…


À la fin, après tant d’hésitations, tu as fait taire tes doutes. Tu as envoyé ton manuscrit.

Tu sais depuis ce matin pourquoi tu ne pouvais pas publier en ton nom, sous ton nom. Quelle interdiction muette était ton injonction à te taire, ce que tu arrivais si mal à faire. Tu as été sommée, toute ta vie, de rester cachée, sous le mode du « Pour vivre heureux, vivons caché ». Tu as été élevée par deux grands blessés de guerre. Ils te voulaient forte. Ils te voulaient vivante. Ils avaient peur de ta mort. Tu sais que de toute façon, tu mourras quand même, un jour. Tu sais que cette injonction à te taire, à ne pas publier était depuis toujours incrustée en toi. 

Il t’a fallu près de soixante ans pour t’en défaire. Au moment où tu décidais de le faire, arriva un événement que certains craignaient mais que personne n’imaginait ainsi.


Au moment où la lâcheté serait de se taire, de se terrer, de se cacher, tu te sais mûre pour publier, en ton nom, sans caution, ni protection d’une quelconque institution.


Tu prends le risque d’exister.

Comme tu es. 

Autrement qu’à l’université ou à l’école que tu as servie vaillamment, avec une passion hors norme.

Tu n’es pas encore très satisfaite de ce que tu écris. Tu vises plus haut, plus fort, plus juste, plus modeste et plus ambitieux.


Tu sais que cela te prendra encore du temps, beaucoup de temps.

Il fallait bien commencer un jour.


Tu prends le risque d’exister. 

Comme tu es.

Pour ce que tu es.

Indépendamment de qui que ce soit.

Sinon, toi,

Lecteur.


© Simone Rinzler | 14 janvier 2015

1/12/2015

Tu n’aimes pas la simplicité…

Tu es une fille simple, mais tu n’aimes pas la simplicité quand elle est réduction, aplanissement, délayage.
Tu es une fille compliquée qui ne sait pas toujours se simplifier la vie. Tu te poses trop de questions.

Tu te sais fragile.
Tu te sais forte.
Aussi.

Tu sais que ce n’est pas contradictoire, qu’il y a des temporalités singulières plurielles et des temporalités collectives qui entrent en dissonance et imposent des disjonctions.

Tu y es habituée. Tu en as fait ton métier. C’est devenu ton être tout entier.

Tu sais que, parfois, tu ne peux pas t’empêcher de juger, de mépriser, de te croire sachante et tu sais bien que dans ces cas-là, tu te fourvoies.

Tu as besoin de te confronter au réel, de l’accepter et de tenter de le changer. À la mesure de tes forces. À la mesure aussi de ce qui est audible et de ce qui ne l’est pas ou ne peut pas l’être.

Ou du moins, pas à tel ou tel moment.

Tu sais aussi que tout est contexte d’encodage car tout dépend du moment de la formulation publique et que tout est contexte de décodage car tout dépend du moment de la réception.

Tu sais que tu es écrivain.

Et que tu es bien.

Tu le savais avant même de commencer à écrire.

Il te faut maintenant retourner à ton ébauche de roman, dont tu ne sais encore s’il sera un roman ou un essai, mais qu’importe.

Tu veux partager ce qu’en toi tu portes. Tu es en chemin.

Tu sais que tu sais que… Tu as beau le savoir, tu l’oublies car personne ne peut être conscient de tout à tout moment. On en deviendrait fou.

Tu sais qu’un être humain n’est pas une machine et ne peut en être une.
Tu sais, et tu n’es pas seule, que tu ne sais rien, et que cela ne t’empêche pas de chercher à continuer à comprendre.

Chercher à comprendre est l’essence même de l’être humain. L’absence de cette curiosité déshumanise, robotise, lobotomise.

C’est la quête !

La quête est ouverte.

© Simone Rinzler | 12 janvier 2015

Tu as fait l'expérience de ta fragilité...

Tu as fait l'expérience de ta fragilité. Une fois encore.
Parmi et pas parmi tous ceux qui expérimentaient, eux aussi, leur fragilité et leur impuissance temporaire.
Tu as subi une contrainte par corps, à ton corps défendant. Ton corps t'a lâchée au moment de te préparer pour partir, pour sortir.
Tu as marché dans ta tête, communié par la pensée, maudissant ta fragilité. Tu as laissé ton corps décider, incapable qu'était ta tête de décider si tu voulais ou ne voulais pas aller marcher. Tout se mélangeait. Tu n'étais plus vraiment en état de rien. Trop barbouillée, trop gargouillée.
Ton corps a décidé. Ta tête l'a peut-être guidé. Tu n'en sauras jamais rien. Ce n'est pas cela qui te chagrine.
Tu t'es sentie fatiguée, énervée, à fleur de peau, des symptômes physiques de plus en plus importants t'ont montré que tu étais à bout de forces. Tu sais que tu dois t'épargner. Qu'il te faut renoncer à tes pulsions de toute-puissance et accepter ce que tu ne peux, seule, changer. Tu as maudit ta retraite, l'impossibilité que tu t'es faite en abandonnant le combat contre l'obscurantisme sur le terrain.
Tu t'es forcée à entrer en toi, écouter ce que tu avais à te dire. Pour une fois, tu ne t'es pas forcée au-delà de tes forces. Tu sais récupérer tes forces pour continuer sur le terrain que tu t'es choisi, l'écriture. De la fragilité. De la sensibilité. De l'humanité. 
Tu sais aussi qu'accepter ta fragilité fait ta force. Il ne te reste plus qu'à en convaincre ton entourage.
Tu as dormi, dormi, dormi.
Tu as délaissé les réseaux sociaux, tu n'étais plus certaine de ce que tu aimais ou voulais poster. Tu t'es arrêtée avant de d'être complètement déboussolée. Être désorientée te suffit. 
Tu sais que tu n'es pas seule à être désorientée. 
Tu es restée quasi silencieuse, comme le sont les grands blessés. Tu sais y reconnaître un signe de sidération. Tu t'éloignes, un peu, de l'agitation, du bruit, du silence de la foule. Tu n'as pas joué au héros. Le héros, cette figure qui, selon Viktor Klemperer, dans "LTI (Lingua Tertii Imperii) - La Langue du IIIe Reich" nous provient en droite ligne de l'idéologie totalitaire nazie. Tu refuses de te prendre pour un héros. Tu te remets toute seule à ta place, à ta seule place, ta place de petit être humain, capable de sentiment et d'émotion, certes, mais aussi de raison. Tu sais qu'il n'est pas nécessaire de te tuer inutilement. Tu ne sais pas encore ce que tu feras. Tu étais sur ton chemin d'écriture. Tu continueras. Peut-être différemment. Mais pas tout à fait totalement, car on ne se change jamais radicalement. Tu cherches en toi ce qui te permettra de te régénérer au mieux et au plus vite.
Tu te refais une petite santé. En confiance.
Tu as recommencé ton chemin d'écriture. 
Même si tes jambes te portent mal, que tu as du mal à te tenir debout depuis deux jours, ta tête s'est déjà remise debout.
Tu vas continuer à écrire. Et en attendant, à écouter de la musique classique et à lire "Journal d'un écrivain en pyjama" de Dany Laferrière, alternativement, car tu ne peux plus, depuis longtemps, faire les deux en même temps.
Tu vas essayer de mieux te relire, pour ne pas laisser traîner des imperfections, comme tu l'as souvent fait depuis que tu tiens ce blog littéraire public.
Tu le vois bien, que tu as déjà retrouvé des forces.

© Simone Rinzler | 12 janvier 2015 - Tous droits réservés

(mais on peut partager quand même, je ne suis pas juriste : partage si tu penses que ce texte peut faire du bien à quelqu'un, ne serait-ce qu'une seule personne qui n'a pas pu, hier non plus, ou pas voulu et qui regretterait un peu quand même.)

1/09/2015

Tu n'hésites plus... #JeSuisCharlie2

Tu n'hésites plus. Tu sais. Tu sais que tu avais raison et tu sais que tu dois continuer. Encore et encore. Plus fort. Tu sais que tu n'étais qu'endormie, anesthésiée par la mise au pas des universités qui t'a brisée, par ton histoire professionnelle qui s'est brisée sous les coups d'une mise en ordre que tu haïssais de toutes tes forces.

Tu n'avais pas abandonné la bataille. 

Tu reprenais des forces. 

Tu reprenais du poil de la bête après les coups de la bête que tu combattais depuis toujours, sans croire vraiment que tu serais un jour dans cette obligation, cette nécessité interne de t'y mettre, de t'y remettre.

Tu sais qu'il ne faut pas s'imposer l'impossible. Tu sais que tu n'as pas de courage physique, que tes forces déclinent, que la vie ne t'as pas épargnée et pourtant t'a gâtée.

Tu repenses à toi, à ta petite histoire, toujours imbriquée dans la Grande Histoire et sa grande hache et ses milliers de petites kalachs.

Tu t'en veux un peu de penser à toi, mais tu sais qu'il faut le faire, malgré tout, malgré les évidentes critiques qui ne manqueront pas de se faire, qu'il faut avancer, encore et toujours.

Tu n'hésites plus. Tu sais que tu es condamnée. Condamnée à reprendre. Les chemins de résistance. Condamnée à continuer. Continuer à écrire, jour et nuit, inlassablement, simplement, clairement, pour ceux qui ne sont plus tes étudiants, mais tes lecteurs, depuis que tu as décidé que tu deviendrais, enfin, écrivain, et que tu tiens ton blog littéraire À L'Atelier de L'Espère-Luette. Condamnée à reprendre l'écriture de ton livre savant sur les manifestes, les paroles de combat et sur la parole manifestaire, la vraie, celle de la littérature, ton livre trop long au titre trop long La Parole manifestaire : manifestes et manifestations de revendication dans l'aire anglophone au XXe siècle. Condamnée à reprendre l'écriture de ton document de synthèse sur l'engagement, la transmission, le langage, le politique et l'intérêt de la philosophie du langage associé à l'étude de la micro linguistique grammaticale, sur ton engagement pour une macro-linguistique, une macro-stylistique qui prenne en compte l'histoire des idées, le politique, le contexte large de toute énonciation, à la manière dont Daniel Arasse, spécialiste de peinture... [Tu t'arrêtes là. Plus le temps. Plus de temps à perdre.]

Au passage : lire "On n'y voit rien", son génial bouquin, passionnant, érudit et facile à lire grâce à son style simple et inimitable et à sa passion de vrai passionné de peinture, d'humanité et de transmission.

Tu n'hésites plus.

Tu travailles.

© Simone Rinzler | 9 janvier 2015 - Tous droits réservés - mais peut quand même être partagé (je ne suis toujours pas juriste)

1/08/2015

Tu viens d'entrer dans le jour du yoyo émotionnel... #JeSuisCharlie1

Tu viens d'entrer dans la journée du yoyo émotionnel.
Ton pays est en deuil national,
Tu es orpheline de tes amis d'adolescence, ces types à bédé, ces grandioses dingues casseurs de toute mesquinerie, toute hypocrisie, ces types qui t'ont fait grandir vers ton âge de femme adulte.
Tu t'es endormie en faisant une pipe a ton homme en mémoire de Wolinski et des tués de Charlie, enfin, tu n'as pas pu t'endormir tout de suite, tu t'es interrogée sur ton absence de réaction, t'es souvenue que, comme tous les grands blessés d'avant, tu es d'abord dans un état de stupeur énergétique qui te permet de survivre sur le moment du choc, tu portes du rouge pour faire la nique au deuil qui se montre. Tu sais que tes deuils ne se montrent pas, que tu n'aimes pas les montrer, que tu préfères faire de l'humour noir que t'apitoyer, que jamais, jamais, tu ne t'écroules en chialant, t'es trop blessée, t'as trop morflé, de quoi, on sait pas trop, il y en a trop. 
Tu penses qu'il vaut mieux se taire et ne pas écrire. 
Tu écris quand même. Finalement. C'est ton moyen d'exister, de subsister, non pas matériellement, mais moralement, psychologiquement, tu as cessé de te interroger. Tu t'es remise à l'écriture et tu laisses ton esprit faire le boulot sans même que tu saches à l'avance ce qui va en sortir.
En écrivant,...
Tu t'es souvenue que tu te voyais en fille du Proviseur, amoureuse du Grand Duduche.
En dormant,... 
Ce matin, la sonnerie du téléphone t'a réveillée.
Tu as reçu un coup de fil attendu t'annonçant une superbe belle nouvelle personnelle, familiale que tu connaissais déjà depuis quelques temps : ton fils est en cure - tu le savais déjà -il t'a appelée, enfin, tu attendais et redoutais ce moment-là. Tu as peur de ne plus y croire, tout ça te bouleverse,

Entre tristesse et exultation, modérées par l'expérience,
Tu restes plusieurs heures, sans mots, sans voix,

Tu es allée rechercher tes albums de bande dessinée dans ta cave, tu as relu Wolinski, tu te maudis d'avoir laissé Cabu à la campagne ou de l'avoir perdu.

Tu penses à Benedict Anderson, auteur de Imagined Communities, tu te rends compte que toi aussi, tu as eu tes Communautés Imaginaires, que tu es Charlie, et toi aussi et toi aussi, que dans ces communautés imaginaires se créent un sentiment fort de communauté. On lit les mêmes journaux à la même heure, on regarde les mêmes émissions, on s'émeut ou on s'émeut pas des mêmes choses, c'est ce qui crée un communauté nationale, à l'origine, une communauté abstraite, imaginaire, et ce jour, tu comprends qu'il y a bel et bien une communauté imaginaire à laquelle tu appartiens. Tu t'y sens bien. Tu y es en confiance. Tu es pleine de confiance. Pleine d'espoir.

Tu te rends compte aussi que ce sont ces communautés imaginaires que te font vivre, toi, toi et toi, aussi, qui te font espérer, toi, toi, toi, et toi aussi.

Tu t'attristes sur et te réjouis de tes communautés réelles et imaginaires, ces histoire d'amour en amitié.

Tu as perdu un peu de ta famille et tu viens d'en gagner un peu.

Rire ou sourire, vivre et continuer.

© Simone Rinzler | 8 janvier 2015 - Tous droits réservés et Peut être partagé (je ne suis pas juriste...)

12/17/2014

Tu écris...

Ce que tu fais :

Tu écris. Tu écris que tu écris. Tu n'écris rien d'autre. Tu te lasses de ton écriture. Tu cherches sur quoi écrire. Tu t'obsèdes de la pensée de ton écriture. Tu t'enlises. Tu vois que tu t'enlises. Tu dors mal. Tu es inquiète.

Ce que tu ne fais plus :

Tu n'as plus de plaisir à écrire. Tu as perdu le plaisir d'écrire. Tu boucles. Tu tournes en rond. Tu ne tournes plus rond. Tu beugues. Tu t'insupportes. Tu te lasses. 

Tu ne dors plus bien. 

Tu as perdu ta joie de vivre. 

Tu as perdu ta liberté.

Tu as perdu ta légèreté.

Ce que tu aimerais faire, dans l'idéal :

Tu aimerais retrouver le sommeil. 

Tu voudrais retrouver ta légèreté.

Tu voudrais publier.

Tu aimerais avoir le courage de reprendre ton manuscrit.

Tu te dis que tu dormirais bien si tu envoyais ce jour le manuscrit au type de la revue.

Ce que tu fais à la place :

Tu continues sur ce projet débile qui ne te mène à rien.

Tu t'entêtes et t'as tort. Et tu sais que le tort tue.

Tu te fais rire toute seule.

Tu te fais sourire.

Tu reprends plaisir à écrire.

Tu te demandes si tu donneras suite à ce type qui t'as proposé de publier dans sa revue.

Tu sais que tu aimerais le faire, mais...

...tu n'as pas confiance, c'est ça ?

Non !

Tu es paresseuse. Tu ne veux pas l'admettre. Tu préfères jouer que faire ce que tu veux.

Mais si tu préfères jouer, alors joue donc.

Mais c'est que tu sais que ce n'est pas si simple.

Tu veux jouer et tu ne veux pas jouer.

Tu veux jouer sans avoir l'air de jouer.

Tu sais que tu n'aimes pas jouer. Tu écris cela et tu sais que c'est faux. Tu n'aimes pas jouer si tu n'es pas sûre de gagner.

Tu n'aimes pas jouer avec les règles des autres.

T'es un peu barge, un peu braque, un peu branque. Tu veux tout et son contraire. Tu veux, tu veux, tu veux.

Tu sais bien pourtant que "Le Roi a dit 'Nous voulons'!" Et qu'il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir. Il faut faire.

Et tu fais. Tu avances. Tu vas mieux. Tu écris. Ton projet. Ton projet de "Tu".

Ton projet de "Tu" qui te tue. Qui ne te tue pas. Qui ne te rend pas plus forte. Qui t'occupe. Qui te libère, peut-être. Qui te fait oublier que tu n'as pas dormi.

Qui te fait penser que ce n'est pas ce projet qui te tue.

Qui te rappelle ce que tu as vécu dimanche. Que tu ne supportes pas. Que tu ne supportes plus. Que tu ne veux plus supporter. Que tu ne peux plus supporter. 

Tu as pris la bonne décision. La décision de converser avec qui ne te contredira pas. Tu te parles. Tu es d'accord. Avec toi-même. C'est déjà ça ! Tu es moins folle que tu le crois. Tu te parles par écrit.

Ça c'est un peu fou. 
Seulement si tu ne publies pas.

Car si tu publies, ce "Tu" n'est plus seulement le tien. C'est aussi le Tien. Oui. A Toi ! Toi qui lis. Et qui écris. Aussi. Car si Tu lis jusqu'ici, c'est que ce "Tu", c'est un peu Toi aussi.

Ça te tue, ça, hein ?
Tu crois ça, toi ?

C'est la vengeance du "Tu" qui ne te tue pas et ne te rend pas plus fort.

Ça ne te tue pas. Pas autrement. Que symboliquement. Parfaitement !

T'en n'as pas fini ?

Si.

© Simone Rinzler | 17 décembre 2014 - Tous droits réservés 

12/16/2014

Tu ne sais pas...

Tu ne sais pas raconter d'histoires. Tu voudrais en écrire, mais tu ne sais pas. Tu ne sais pas comment t'y prendre. Tu trafiques, tu bidouilles, mais une histoire, une vraie, tu ne sais pas.

Tu ne sais pas lire des histoires. Tu voudrais en lire, mais tu ne sais pas. Tu ne sais pas comment t'y fair prendre. Tu lisouilles, tu farfouilles, mais une histoire, une vraie, tu ne suis pas.

Tu ne sais pas te laisser aller à lire de l'inutile, du mercantile, du bien futile. Tu ne sais pas. N'y arrives pas. Tu t'entraînes à travailler ton style. Mais des histoires, tu n'en fais pas.

Tu ne sais pas tourner des films. Tu ne sais pas. Tu ne sais pas. Qu'il soit magique, utile ou facile, encore tragique, encore comique, là, à coup sûr, alors tu bois. Tu bois, tu bois, et tu t'enivres. Tu tombes là, tu chutes sous le charme. Tu te régales. Qu'importe l'histoire, pouvoir qu'elle soit bonne, qu'elle t'entraîne, qu'elle t'emmène, même là où tu ne vas pas, jamais. Tu te laisses faire. Tu laisses faire. L'histoire t'entraîne, elle te mène, par tous les bouts, le bout du nez, le bout du pied. Tu ne fais pas ta difficile. Tu aimes, tu aimes ou tu n'aimes pas. Mais tu t'en fous. Tu te laisses entraîner.

Tu ne sais pas ce qui t'entraîne. Ce que tu sais, ce que tu sais. C'est que le ciné, c'était pas pour les forts en thème, pas un sujet. Sujet d'école. Tu peines encore, tu traînes encore, à la sortie. De ton école. Le chemin est. Encore trop long. Tu l'aimais bien, c'était ton chemin.

Tu ne sais pas écrire d'histoires. Tu ne sais pas. Tu ne sais pas.

Tu ne sais pas, tu ne sais pas, tu ne sais pas et tu t'en fiches, et tu t'en fiches, et je m'en fiche, fiche, fiche, jusque là ! Tu t'y essaies. Tu apprivoises. Tu t'y remets, un peu plus chaque jour. Tu t'en fiches déjà. Un peu plus chaque jour. Un peu plus qu'hier. Et bien moins que demain. Mais, encore, trop, encore, tu t'prends la tête, tu t'prends trop la tête, t'prends la tête trop encore.

Tu ne sais pas écrire pour ton amour. Tu l'as fait lire. Tu lui as fait lire, ce que tu écris ce qui as déjà écrit. Tu sais, tu sais, qu'il n'aimera pas. Ça, tu le sais, tu le sais bien. Il n'aime pas. Il n'a pas aimé. Il s'est inquiété. Comme toujours. Il s'inquiète. Il s'inquiète pour toi. Mais jamais, jamais, ne te rejette.

Tu ne sais pas, tu ne sais comment faire. Tu lui fais lire. Il va devenir enfin, ton premier lecteur. Et c'est la fin. 

Fin des tâtonnements, fin des ânonnements, fin de l'isolement. Il prend part au voyage. Te corrige ou te gronde. Ne comprend pas, parfois. Enfin, toujours.

Tu ne sais pas, tu ne sais pas. Écrire d'histoires, tu ne sais pas. Tu as beau ne pas savoir, tu en fais bien toute une histoire, pour une fille sans histoires, t'en fais bien trop. T'en fais bien trop.

Il est grand temps, serait grand temps, de retourner. À l'atelier. Dans le secret, dans le secret. De ton histoire. Qui stagne encore.

Tu ne sais pas, tu ne sais pas. Tu ne sais pas.

Tu sais déjà.

[Bon, maintenant, t'arrête les gammes, ma fille !]

© Simone Rinzler | 16 décembre 2014 - Tous droits réservés 

Fin des Gammes Stylistiques ? À L'Atelier de L'Espère-Luette

11/10/2014

Tu lis...

Tu lis tu lis tu lis tu te remplis tu lis tu lis tu lis 
jusqu'à plus faim, jusqu'à l'orgie, jusqu'au déguerpis, tu lis tu lis tu lis.
tu t'empifres, te goinfres, te gaves, jusqu'à plus envie, tu lis, tu lis tu lis
tu fuis tu lis tu lis tu lis tu lis

t'en peux plus tant tu lis tu lis tu lis
tu lis assis tu lis au lit tu lis devant l'poste tu lis tu lis tu lis t'écris aussi

t'écris, t'écris, t'écris tu déglutis, t'écris, t'écris, t'écris 
jusqu'au degueulis, jusque sous la pluie, t'écris, t'écris, t'écris.
tu te vides, te cure, te chie, jusqu'à la la lie d'la vie, t'écris, t'écris, t'écris
tu fuis t'écris t'écris t'écris t'écris

t'en peux plus tant t'écris t'écris t'écris
t'écris assis t'écris au lit t'écris devant l'poste t'écris t'écris t'écris tu lis aussi.

tu fuis
la vie

tu fuis tu fuis tu fuis fuite de la fuite fuite de la suite fuite du maudit
tu fuis tu fuis tu fuis t'enjambes, t'esquives, t'écarquilles
tu fuis tu fuis tu fuis, t'éparpilles, te dilapides, te canalises tu fuis tu fuis tu fuis
tu fuis tu fuis, troué ton vieux tuyau, éventé ton vieux placebo, encanaillé ton vieux réflexe idiot 
tu fuis la fuite

ça fuit ça fuit ça fuite, ça te troue l'col ça te fout l'mou, ça t'fait bander du mont pelé, du haut du mont des revenus, mont des venus, des repartis.

tu es parti, tu es partie, tout est parti,
ton pronostic est engagé, ton processus est enclenché tout est parti tu lis tu lis tu lis t'écris t'écris t'écris 

tu lis, t'écris, tu vis, 
sous le lent tic, 
le plus pur tac
d'la vieille horloge

ensilenciée. 

© Simone Rinzler | 9 novembre 2014 - Tous droits réservés