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1/18/2015

Tu écris que tu n'écriras pas...

Tu écris que tu n'écriras pas.

Tu n'écriras pas. Tu n'écriras pas. Tu n'écriras pas.


Tu n'écriras pas.
Tu ne posteras pas. 

Et puis quoi encore, que tu ne feras pas ?

Tu remarques que le futur change le présent :

Tu n'écriras pas.
Tu ne posteras pas. 

Tu remarques qu'écrire "Tu n'écriras pas" au futur change non seulement ton style mais aussi toute la teneur de ton propos.

Tu remarques que dire "Tu n'écriras pas" prend une résonance de commandement. 

Tu notes que l'effet de liste te donnerait presque l'impression qu'il en manquerait huit.

Tu te dis qu'il ne manquerait plus que ça.

Heureusement, tu as écrit. 

Tu as ecrit. Et tu viens d'écrire au passé composé. 

Tu composes avec le passé. Au passé composé. Dans le présent.

Tu poursuis ton travail de réflexion de linguiste. 

Tu te dis que tu as bien de la chance de savoir partir de la matérialité du langage pour Penser le monde et tenter de comprendre les relations incessantes, en un continuel va-et-vient entre Monde et Langage et Langage et Monde.

Tu comprends que tu as pris le temps de digérer ton propre travail universitaire de réflexion sur les contre-interpellations Langage-Monde, que ce travail t'habite et fait corps avec toi. Tu te sens apte à l'expliquer à nouveau clairement.

Tu sais que tu as repris les forces nécessaires pour continuer à avancer.

Tu écris.
Tu penses.
Tu partages.
Au présent.

Au Présent du Réel.

Le Réel du Présent.

© Simone Rinzler | 18 janvier 2015 - Tous droits réservés 

1/09/2015

Tu n'hésites plus... #JeSuisCharlie2

Tu n'hésites plus. Tu sais. Tu sais que tu avais raison et tu sais que tu dois continuer. Encore et encore. Plus fort. Tu sais que tu n'étais qu'endormie, anesthésiée par la mise au pas des universités qui t'a brisée, par ton histoire professionnelle qui s'est brisée sous les coups d'une mise en ordre que tu haïssais de toutes tes forces.

Tu n'avais pas abandonné la bataille. 

Tu reprenais des forces. 

Tu reprenais du poil de la bête après les coups de la bête que tu combattais depuis toujours, sans croire vraiment que tu serais un jour dans cette obligation, cette nécessité interne de t'y mettre, de t'y remettre.

Tu sais qu'il ne faut pas s'imposer l'impossible. Tu sais que tu n'as pas de courage physique, que tes forces déclinent, que la vie ne t'as pas épargnée et pourtant t'a gâtée.

Tu repenses à toi, à ta petite histoire, toujours imbriquée dans la Grande Histoire et sa grande hache et ses milliers de petites kalachs.

Tu t'en veux un peu de penser à toi, mais tu sais qu'il faut le faire, malgré tout, malgré les évidentes critiques qui ne manqueront pas de se faire, qu'il faut avancer, encore et toujours.

Tu n'hésites plus. Tu sais que tu es condamnée. Condamnée à reprendre. Les chemins de résistance. Condamnée à continuer. Continuer à écrire, jour et nuit, inlassablement, simplement, clairement, pour ceux qui ne sont plus tes étudiants, mais tes lecteurs, depuis que tu as décidé que tu deviendrais, enfin, écrivain, et que tu tiens ton blog littéraire À L'Atelier de L'Espère-Luette. Condamnée à reprendre l'écriture de ton livre savant sur les manifestes, les paroles de combat et sur la parole manifestaire, la vraie, celle de la littérature, ton livre trop long au titre trop long La Parole manifestaire : manifestes et manifestations de revendication dans l'aire anglophone au XXe siècle. Condamnée à reprendre l'écriture de ton document de synthèse sur l'engagement, la transmission, le langage, le politique et l'intérêt de la philosophie du langage associé à l'étude de la micro linguistique grammaticale, sur ton engagement pour une macro-linguistique, une macro-stylistique qui prenne en compte l'histoire des idées, le politique, le contexte large de toute énonciation, à la manière dont Daniel Arasse, spécialiste de peinture... [Tu t'arrêtes là. Plus le temps. Plus de temps à perdre.]

Au passage : lire "On n'y voit rien", son génial bouquin, passionnant, érudit et facile à lire grâce à son style simple et inimitable et à sa passion de vrai passionné de peinture, d'humanité et de transmission.

Tu n'hésites plus.

Tu travailles.

© Simone Rinzler | 9 janvier 2015 - Tous droits réservés - mais peut quand même être partagé (je ne suis toujours pas juriste)

1/06/2015

Aujourd'hui, je rentre en cellule...

Aujourd’hui, je rentre en cellule. Je rentre en écriture. J'entre en moi-même pour mieux en sortir, peut-être.
J'ai besoin de ce retour sur moi-même, en moi-même, de ce rendez-vous qui n'a pas pu être quotidien pendant les vacances. J'aime bien que ce rendez-vous ne soit pas quotidien, que l'on me sorte de moi-même. Que l'on m'emmène, que l'on me traine, dans la vie, vers la vie, hors de moi quand je ne parviens pas à le faire seule.

Être hors de soi, c'est l'origine même de l'extase, de l'ex- stasis, au sens propre sortie (ex) de soi ou de son propre corps. C'est cela même, le sens de l'extase. Une sortie de son propre corps. Par les sens et par l'esprit. 

Mais l'extase ne peut durer. Elle doit se terminer. 

Il faudrait pouvoir analyser ce pouvoir et ce devoir, l'un et l'autre ambigus. 

Entre simple considération, simple constatation (énoncé constatif) "l'extase ne peut durer", "elle doit se terminer" et modalité déontique, ce qui signifie qu'il faut qu'il en soit ainsi, que c'est une obligation, une nécessité, une nécessité interne, il n'est pas facile de trancher, même pour celle qui écrit cela. J'ai parlé de modalité déontique. Ce terme, utilisé en linguistique anglaise provient de la racine déont- que l'on retrouve dans déontologie, littéralement un discours logos sur ce qui doit être fait, ce qu'il convient de faire, d'un point de vue le plus souvent moral ou plus généralement social. Cette racine déont- signale ce qui doit impérativement être fait sous la modalité d'un ordre supérieur que la grammaire et la linguistique se gardent bien de creuser jusqu'au point de philosophie. De quel ordre supérieur s'agit-il dans ces obligations de type déont- ?
Voilà où le travail linguistique me laissait sur ma faim en m'empêchant d'aller plus avant dans mes questionnements philosophiques.

Voilà que le travail d'analyse linguistique, absenté, se fait jour sous le mode du manque. Voilà que je sens, plus ou moins confusément, pourquoi je piétine dans mes tentatives d'écriture littéraire. Il me faut partir d'un point d'ancrage fort. D'un texte. D'un point matériel. Et traiter cette matérialité. La matérialité du langage. Quoi de plus raisonnable et logique pour un récit sur un atelier d'écriture ? 

Le langage doit en être le personnage principal. 

Voilà pourquoi je peinais à tracer les grands traits de mes personnages. Je me fichais des personnages. 

Ce qui comptait, c'était le langage. 

Et comment, à partir du langage, du travail sur le langage comme personnage, on parvenait à montrer ce qui liait les communautés formelles et informelles d'amour en amitié.

[Travail en cours, susceptible de subir des corrections et des modifications]

© Simone Rinzler | 6 janvier 2015 - Tous droits réservés 

2/24/2014

Tu écris un roman, Simone ?

Une amie me demande : "Tu écris un roman, Simone ?"


J'ai commencé à écrire en janvier 2003. Je poste ces anciens écrits sur mon tout nouveau blog commencé la semaine dernière. Et j'ai commencé à travailler sur mon gros projet de roman vers la rentrée de septembre-octobre 2013. 

J'y travaille lentement mais assidûment, comme je l'ai fait pour ma monographie sur les manifestes que je n'ai pas réussi à publier encore pour l'instant car elle est trop longue et que je me suis écroulée d'épuisement et de désespoir en mai dernier. Mais je reprends du poil de la bête, et les choses se mettent en place très vite. Le rythme de la belle vie est en train de reprendre. Je ne suis pas mécontente de ce qui m'arrive. Je ne croyais pas que je me remettrais finalement si vite de mes déconvenues universitaires. 

Tout ceci est à suivre sur ce qui a été, sans que je le sache encore, mon journal de fin des années d'errance dans les griffes de la linguistique linguisticienne. Je suis enfin revenue à la maison, et à mes vraies amours : la littérature, la lecture, l'écriture, en français, ma vraie langue maternelle, le tout incroyablement enrichi par mon passage pas la case linguistique, stylistique, philosophie du langage et par une connaissance et une analyse approfondie de la langue anglais, du monde anglo-saxon et de la parole manifestaire.


Voilà qu'à nouveau, tout me semble redevenu possible !


Tu peux suivre mes aventures de l'année passée et les balbutiements actuels sur mon blog :
alatelierdelespereluette.blogspot.fr 
(j'espère que l'adresse est la bonne. Le plus simple est de passer par ma page FB L'Atelier de L'Espere-Luette pour laquelle je n'arrive pas à l'instant à faire le lien...)


Mais ce n'est plus la technique qui m'arrêtera, ni rien d'autre.

Le style du roman, pour ce qui est déjà commencé et envisagé est déjà très différent de ce qui est sur le blog, du moins dans l'intention. 

Mais l'auteur ne connaît jamais vraiment son style lui-même. J'ai assez travaillé là-dessus pour ne pas me faire d'illusions inutiles sur le sujet.

2/22/2014

Transmission : Enthymème

Enthymème

Enthymème 
Et mes enthymèmes, tu les aimes ?...

(Moravia. Godard. Et Bardot : mais ça, c'était avant...)

Définition Le Robert Dixel :
Enthymème :
(Latin d'origine grecque enthymema "ce que l'on a dans la pensée)
▪log. Syllogisme dans lequel une partie des prémisses ou la conclusion est sous-entendue.

J'ajoute un véritable exemple :

 

Soit un syllogisme bien connu :

Prémisse Majeure : Tous les hommes sont mortels.
Prémisse mineure : Socrate est un homme.
Conclusion : Socrate est mortel.

Si vous ne donnez pas la Conclusion, par exemple, votre syllogisme est incomplet. Mais votre lecteur ou votre auditeur tirera lui même la conclusion et croira que vous avez dit la Conclusion : "(Donc,) Socrate est mortel".
 
Vous pourrez ensuite jurer que vous ne l'avez pas dit. Vous l'avez juste sous-entendu, implicitement.

Cette technique est fréquemment utilisée en politique. 
J'ai édité un article d'un collègue et de son étudiante de Master sur ce sujet dans un volume publié par la Société de Stylistique Anglaise, à lire en français à l'adresse suivante : 

Power Thinking : "Vouloir, c'est pouvoir" : les modalités du "pouvoir"


À propos de ma photo  © "Power Thinking - Winston-Salem"


© Simone Rinzler "Power Thinking - Winston-Salem"

(déjà posté sur le groupe FB OuLiPo)

Strofka dit :
"Vouloir, c'est pouvoir"

L'Espère-Luette précise :

Vouloir n'arrive qu'en 9.
Il faut d'abord ne pas vouloir, en 1.
Ne pas pouvoir en 2.
Être dans l'indétermination en 3.
Dans le désir en 4.
Dans la curiosité en 5.
Dans la pensée de réalisation possible en 6.
Dans l'idée d'une réalisation possible en 7.
Dans la pensée du possible en 8.
On arrive à la détermination du vouloir en 9.
Et à l'étonnement et à la joie de la réalisation en 10.
Cours sur la modalité en anglais : 
Penser les auxiliaires modaux et l'être-au-monde. La grammaire à la rescousse !

Allez, on se la regarde une deuxième fois, 
en commençant par le bas :


© Simone Rinzler "Power Thinking - Winston-Salem"