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1/30/2016

02 #Je #ÉveilDEssence : Je ne sais rien. Je ne sais même pas que je ne sais rien. Mais je sens que je sens. Je sens que je ressens.



02 #Je : Je ne sais rien. Je ne sais même pas que je ne sais rien. Mais je sens que je sens. Je sens que je ressens.

24-30 janvier 2016
Je ne sais rien.
Je ne sais même pas que je ne sais rien. Mais je sens que je sens. Je sens que je ressens.
Je sens l’air sur mon ¿¡corps, parfois. Je sens l’air sur mon ¿¡visage. L’air est chaud. Parfois, l’air est frais. Parfois, l’air souffle sur mon ¿¡visage. Je sens l’air sur mon ¿¡visage. Je ne sais pas que j’ai un ¿¡visage. Je sens l’air sur mon ¿¡visage. Je sens la chaleur et le froid sur mon ¿¡visage. Je sens l’air qui circule. Parfois. Ça me chatouille. C’est chaud. C’est agréable. C’est tout doux. C’est tout chaud. C’est rigolo. Ça souffle tout doucement. Ça chatouille.
Ça chatouille. Ça chatouille. Ça chatouille !
Ça chatouille délicatement. C’est tout chaud. Ça sent bon. Je suis bien. Ça me dérange. Ça m’étonne. Ça me dérange et ça m’étonne. Ça m’amuse. C’est rigolo. C’est gênant. Parfois. Et puis, c’est rigolo. Encore. Ça fait tout chaud. Ça fait tout bon. Ça fait tout doux. Mes ¿¡yeux se ferment doucement à chaque coup de ce petit vent. Ma ¿¡tête s’abaisse dans le creux de mes ¿¡épaules. Qui se soulèvent. Je sens le petit vent doux soulever mes ¿¡cheveux doucement. Je frémis de plaisir. C’est rigolo, ce petit vent. Ça souffle tout doucement. C’est tout doux. Ça me chatouille tout doucement. Mes ¿¡yeux se ferment à chaque coup de ce petit vent. Ma ¿¡tête se rentre dans mes ¿¡épaules. C’est rigolo. Ça me chatouille. Ça m’amuse. Je souris. Je ris. Je plisse les ¿¡yeux de doux plaisir. Je tourne la ¿¡tête. Je ne sais pas quel est ce petit vent. Ça me dérange. Ça m’amuse. Ça me chatouille. Ça me chatouille délicieusement. Vive le, vive le, vive le petit vent. Petit vent qui souffle sur mon ¿¡front.

Ça sent bon. Ça sent bon quand il y a ce petit vent. Ça sent bon le parfum, le savon, la souffline. Ça sent bon l’amour. Je ne sais pas ce que c’est que l’amour, mais je sais que ça sent bon. Ça sent bon tout le temps. Ça sent bon le café. Ça sent bon le frais. Ça sent bon le chaud. Ça sent bon la chaleur. Ça sent bon la douceur. Je ne sais pas le nom des odeurs. Ça sent bon le différent. Ça chatouille mes ¿¡narines. Ça sent bon quand c’est tout près. Ça sent bon le chaud. Ça sent bon le froid. Ça sent bon le douillet. Ça sent bon les gros câlins. Ça sent bon la douceur. Ça sent bon l’émerveillement. Ça sent. Ça. Ça. Ça. Ça sent bon tout le temps.
Ça, ça. Tout ça, je le sens.
Je le sens et je le sens.
Je le ressens.

© Simone Rinzler | 24-30 janvier 2016 - Tous droits réservés 
Ça sent ça À L'Atelier de L'Espère-Luette




1/26/2016

01 #Je #ÉveilDEssence: Je ne sais pas. Je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas pourquoi on m'a mis là. Je ne sais pas pourquoi on m'a mis là, posé, sans bouger. Je ne sais pas. Je... Je.. Je.

01 #Je : Je ne sais pas. Je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas pourquoi on m'a mis là. Je ne sais pas pourquoi on m'a mis là, posé, sans bouger. Je ne sais pas. Je... Je.. Je.

Je ne sais pas. Je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas pourquoi on m'a mis là. Je ne sais pas pourquoi on m'a mis là, posé, sans bouger. Je ne sais pas. Je... Je.. Je. 

Je ne sais pas. Je ne dis rien. Je ne fais rien. Je suis là.

Qu'est-ce qu'ils attendent. Je ne sais pas ce qu'ils attendent. Je ne sais pas si j'attends. Je ne sais pas si j'attends quelque chose. Je ne sais pas si j'attends quelque chose ou quelqu'un. Je ne sais pas. Je ne sais pas ce qu'est attendre. Je ne sais pas si j'attends ou si je n'attends pas. 
Je... Je.. 
Je.

Je.
Je suis.
Je suis là.
Je ne sais pas si j'attends.
Je ne sais pas si je fais quelque chose.
Je.
Suis.
Là.

J'ai conscience.
J'ai ma conscience.
J'ai conscience d'être.
J'ai conscience d'être là.
Je suis.
Je suis là.

Là.
Ici.

Je suis ici.

Ici.

Je suis.

© Simone Rinzler | 24 janvier 2016 - Tous droits réservés
Je suis ici, et Simone aussi, à L'Atelier de L'Espère-Luette

1/14/2016

#CM 3 : Elle se sent toute essoufflée. Elle vient de se remettre à l'apprentissage de la flûte a bec. Elle n'a pas tout a fait tout oublié...

#CM 3 : Elle se sent toute essoufflée. Elle vient de se remettre à l'apprentissage de la flûte a bec. Elle n'a pas tout a fait tout oublié...

Elle se sent toute essoufflée. Elle vient de se remettre à l'apprentissage de la flûte à bec. Elle n'a pas tout a fait tout oublié. Sa langue sait encore faire le "t", "t", "t". Ses doigts ont partiellement su se mettre en position. Le son n'est pas beau. Elle suit la méthode. Elle s'entraîne sans passer à l'apprentissage d'une nouvelle note tant que la première note, le Si ou A (ou H en allemand) n'est pas maîtrisée. Ses mains se placent difficilement. Le pupitre est trop haut pour les verres progressifs. Elle tente d'écarter la flûte de son corps, comme le lui indique la méthode. Elle fait confiance à la méthode. C'est une bonne méthode avec laquelle elle avait autrefois appris à jouer. Elle maîtrise enfin le Si, le A, le H. Elle apprend le nom des notes en anglais et en allemand en même temps. Elle les connaissait. Elle les a oubliés. elle révise, sans mesurer la perte. Elle ne mesure pas la perte, elle n'en n'y le temps, ni l'idée. Elle la comble. Elle la réduit, comme on réduit une fracture. Elle réduit la fracture de la musique abandonnée. Elle reprend. Finit, à force d’insistance, par maîtriser le Si, le A, le H. Elle passe au La. Trop vite. Elle n'a pas retenu le nom en anglais et en allemand. un effort, bon sang, se dit-elle, alors qu'elle retrace son exercice du matin. Si Si est A. cela devrait lui revenir. elle avait bien vu que c'était contigu.

Voilà. Elle s'est trompée. Si n'est pas A, mais B. Sa piètre mémoire vient de lui jouer un tour. Mais elle réapprend à se concentrer. Si elle ne pouvait pas descendre l’alphabet après A comme on descend la gamme, c'est que Si n'était pas A, mais bien B en anglais (et H en allemand, cela elle en est sûre, à cause de la la Messe H moll, la Messe en Si mineur de Jean-Sébastien Bach. La Messe à Schmoll !). Donc, puisque la deuxième note apprise, la note du long étouffement provisoire de la nouvelle élève, est un La, qui se dit A en allemand, la Si ne pouvait être autre qu'un B. Elle n'a jamais eu bonne mémoire. c'est pour cela qu'elle avait toujours choisi de se spécilaiser ce qui nécessitait un empilement de connaissance mais dont la plupart pouvait se retrouver par une déduction logique. C'est ainsi qu'elle avait appris les langues étrangères, la grammaire, et même les mathématiques, autrefois. Elle a besoin que les choses s'articulent logiquement pour les retenir.

Elle reprend son récit.

Elle voudrait faire de la flûte Alto, mais elle n'a la méthode que pour la flûte Soprano. Qu'importe. Il lui faut retrouver les gestes. Des mains. Des doigts. Du corps. Du souffle maîtrisé. 

Elle sont que son souffle est plus difficile à maîtriser. Pas étonnant que sa voix déraille si facilement. 

Elle doit réapprendre à maîtriser son souffle, à canaliser son souffle, à reprendre sa respiration pour ne pas jouer comme une noyée.

Elle s'est un peu noyée. Si peu. À peine. Sans peine. Sans grande peine. Avec application. Avec joie. Elle reprend la maîtrise de son souffle. La maîtrise de sa vie. À elle. Elle doit réapprendre à reprendre son souffle sans s'essouffler. Elle n'a jamais été vraiment joueuse de flûte à bec. Elle a été chanteuse. Peut-être n'est-ce pas tout à fait la même technique ? En plus de sa respiration, elle doit contrôler ses doigts, bien les positionner, penser à tout. Elle est dans l'enfance de l'apprentissage. Elle aime apprendre.

Aurait-elle dû attendre de trouver la même méthode pour la flûte alto qu'elles a pratiquement jamais jouée, faute de méthode à sa disposition ? La flûte Alto est plus grande. L'effort de souffle n'en sera que plus intense. 

Elle a toujours voulu apprendre la flûte Alto pour jouer elle-même ses partitions, directement dans sa tessiture. Elle s'est toujours sentie une piètre déchiffreuse, même si avec la pratique, elle déchiffrait de mieux en mieux.. Elle veut déchiffrer seule, être autonome, pouvoir jouer sa musique comme elle l'entend, comme elle la sent. La musique de son corps. La musique de son être.

Son souffle n'est pas revenu. Alors qu'elle tient son carnet de musique, elle s'aperçoit qu'elle a oublie le plus important.

Le réveil du corps.

L'échauffement corporel.

Sans échauffement, pas de souffle. Sans souffle, pas de note juste.

Elle n'a pas commencé par le commencement. Elle a commencé. C'est tout.

Elle avait sorti les flûtes, les méthodes 1 et 2 depuis quelques semaines. Elle avait cherché la veille une méthode pour flûte alto chez un marchand de partitions et d'instruments. Elle n'avait pas trouvé. S'était promis de chercher.

Ce matin, elle ne remet plus au lendemain. La musique l'attend. Elle attend de faire résonner la musique en elle, dans son corps. Avec son corps.

Un instrument de souffle.  

Animus, Anima retrouvés.

Ensemble.

Elle cherche son souffle. Son deuxième, son troisième, son quatre-vingt-quatorzième souffle. Elle ne les compte plus. Elle les fait, ces reprises de souffle, de deuxième souffle. C'est comme un réflexe acquis. Ça revient tout seul, le retour à la vie.

Le retour d'animus/anima, imbriqués.

Si. Si. Si
B. B. B.
La. La. La.

Si ! Si ! Si !
Belles Bébées
Là ! Là ! Là !
La Voilà.
La Mamie Zinzinette,
La Mamie Musiquette.

Encore une note et tu auras une berceuse dans ta musette à musiquette.

© Simone Rinzler | 14 janvier 2016 - Tous droits réservés

C'est l'heure musicale à L'Atelier de L'Espère-Luette



1/11/2016

35 #CR Carnets de retraite : Mon dernier poussin prend son envol définitif aujourd'hui. Il y a comme un air de fête.

35 #CR Carnets de retraite : Mon dernier poussin prend son envol définitif aujourd'hui. Il y a comme un air de fête.

Mon dernier poussin prend son envol définitif aujourd'hui. Il y a comme un air de fête. Depuis longtemps, l'envol définitif loin du nid se préparait. C'est aujourd'hui que se fait le gros du départ. 

Papa Wazo aide Wazillon à transporter tout, tout de suite, pour ne pas faire de voyage à vide et vient d'impulser le vrai grand déménagement hors du nid. 

Maman Wazo est fière de sa petite Wazillone, en train de devenir une grande et belle Wazotte, libre et heureuse.

Il y a de la fête dans l'air.

Papa et Maman Wazo ont bien travaillé.

Bientôt la crémaillère chez les Grands Petits Zoziaux !

Les petites Wazillettes sont chez leur autre Mamie Waza-Waza-Waza-Wazi-Wazo qui profite d'elles pendant qu'elle est proche du nid de son Petit Zoizo à Elle.

C'est la fête du bonheur dans les nids du quartier !

© Simone Rinzler | 11 janvier 2016 - Tous droits réservés

C'est l'envol à L'Atelier de L'Espère-Luette

1/06/2016

20160106 #DQ4 2-101 Prologue : Quelque chose résiste. Quelque chose résiste à la fiction. Quelque chose insiste. Quelque chose réfute lasimplicité de l'évasion.

20160106 #DQ4 2-101 Prologue : Quelque chose résiste. Quelque chose résiste à la fiction. Quelque chose insiste. Quelque chose réfute la simplicité de l'évasion. 

Quelque chose résiste. Quelque chose résiste à la fiction.
Quelque chose insiste. Quelque chose réfute la simplicité de l'évasion.

Évasion impossible. Tourment de la fiction.

Quelque chose insiste. Le réel ne peut, ne veut, se mettre à l'unisson.

La langue se dérobe. La simplicité de l'évasion n'est pas de mise. 

Le réel fait retour, incessant. Le réel se dérobe. Il ne veut pas qu'elle l'enrobe.

Elle s'installe à son bureau, dans l'atelier de la pensée. Enfile sa vieille robe. Son vieux costume de scène. Elle ne remet pas l'instant à plus tard. Il est temps. Temps de s'y atteler. De se mettre sous le joug de la fiction, de malaxer le réel, de s'y enfoncer sans s'y complaire. De fouiller sa mémoire, ses faiblesses, ses erreurs. Ses forces de faible. Ses forces de survivant. Il n'est plus temps de remettre. 

Elle est installée devant sa tablette. Elle écrit sous la dictée de son inconscient. Elle ne ressent pas le besoin d'écrire. Ne le ressent plus. C'est le moment d'y aller. Sans rechigner. Sans reculer. C'est le temps d'affronter ce qui bloque. C'est l'heure d'éviter l'évitement. Elle y va. Elle y est. 

Elle sent qu'il faut qu'elle s'organise. Elle ne peut dépendre de l'extérieur. C'est à elle que revient le récit de ces heures. Personne ne peut le faire à sa place. C'est à elle de mettre de l'ordre dans le fouillis de l'esprit, dans le chaos de la vie, dans les souvenirs oubliés qui, tant racontés, lui ont déjà échappé. C'est elle qui dictera l'ordre des choses, prendra la responsabilité de ses écrits. Elle ne se dérobera pas. L'enquête de la quête a commencé.

Elle cherche déjà par où commencer.

Elle ne sait pas. Elle se sent si fragile, si frêle. Elle ressent toujours la même peur au début d'un chantier de la pensée. Elle a peur d'elle-même. Ses yeux roulent vers le haut, à gauche. Elle s'imagine se regardant et ne se trouvant pas si effrayante. Qui donc, quoi donc, lui a mis en tête qu'elle pourrait être un monstre ? Elle le sait. Depuis toujours. Elle sait aussi qu'elle n'est pas le monstre. Elle est l'enfant de monstres, l'enfant d'enfants brutalisés par des monstres dans la folie du monde. Ils ont eu foi en elle. Elle ne peut pas les trahir. Elle doit avancer. Terrasser son monstre.

L'heure de se mettre en route a déjà commencé. Elle est assise, devant sa table de travail. Elle organise son monde. Elle est déjà partie. Elle n'est plus là. Elle est là-bas.

© Simone Rinzler | 6 janvier 2016 - Tous droits réservés.

11/10/2015

4 #AA Anamnèse de l'amnésie : Elle aurait voulu écrire. Elle seraitallée à son bureau.

4 #AA Anamnèse de l'amnésie : Elle aurait voulu écrire. Elle serait allée à son bureau.

10 novembre 2015

Elle aurait voulu écrire. Elle serait allée à son bureau. Elle se serait égarée en chemin dans la cuisine. Elle aurait vu son ordinateur. L'aurait branché. L'aurait ouvert. Aurait attendu. Elle serait allée se faire un café en attendant. Devant l'évier, elle aurait aperçu sur sa droite, un peu derrière elle, quelques objets qui attendaient d'être lavés. Elle voulut commencer à les laver. Elle repensa qu'elle se rendait à son ordinateur et qu'elle ferait la vaisselle plus tard. Elle était en chemin vers son ordinateur, sur la table de la cuisine, en chemin vers son bureau mental. Elle hésita à faire couler un café. Elle ne voulait pas perdre son idée. 

Elle ferait attention. Elle n'aurait qu'à faire attention. Elle la garderait bien au chaud, son idée, le pouce gauche relevé, pour se souvenir qu'elle devait se souvenir de quelque chose. 

Elle hésita. 

Café moulu ou en dosette ? Quel percolateur utiliser ? Café long et goûteux ou café plus court de moins bonne qualité, trop écœurant. Elle avait l'embarras du choix. Il avait racheté une machine à café supplémentaire. Le luxe du choix du café entraîné par les pannes multiples. Elle n'avait pas besoin de se créer de nouveaux choix. Elle optait toujours pour le percolateur généreux, celui qui ne versait pas une dose fixe d'eau et qui permettait de ne pas mettre une dose de café déterminée à l'avance. Ce n'était plus le vieux percolateur. C'était une machine nouvelle. De facture plus ancienne, elle rendait le même service que l'ancienne. Elle l'appelait toujours la vieille. Elle lui faisait son expresso à l'ancienne, comme dans les cafés. Elle pouvait allonger, raccourcir le café. Elle avait envie de boire beaucoup d'eau. Elle remplit le doseur de deux grosses mesurettes arasées. Plaça la grosse tasse à petit déjeuner à l'endroit idoine. Laissa s'écouler le liquide brunâtre. Regarda la fine mousse crémeuse. Ajouta un morceau de sucre brun bien taillé. Ce sucre de canne au jus si bon, si sirupeux, si suave qu'il masquait l'amertume du café et des jours.

Elle apporta la tasse sur la table de la cuisine, à côté de l'ordinateur. Elle n'avait pas gardé le pouce levé. Elle avait eu du mal à vider le marc du café et avait fait tomber le bras du percolateur. Le jus tiède du café avait étendu sa salissure sur la porte du placard de l'évier. Elle avait pris l'éponge, nettoyé le dégât. Elle avait dû baisser son pouce mnémotechnique à cet instant là. 

Puis, avant de s'installer à l’ordinateur, au moment où elle avait sorti la tasse du dessous de la machine, non sans mal, elle avait aperçu une grande flaque d'eau. Elle aurait mal versé l'eau dans le réservoir ? Elle ne se souvenait pas l'avoir  rempli. L'avait-il fait, lui ? Elle ne le savait pas. Il lui fallut reprendre l'éponge, bien l'essorer, essuyer la flaque d'eau claire. 

Arrivée devant l'ordinateur, elle repensa à la machine. Il lui fallait vérifier d'où venait cette flaque. Peut-être du récipient récupérateur de l'eau usée pâlement colorée de café ?

Elle allait se lever. Elle pensa qu'elle était en train de se disperser. Il fallait pourtant bien nettoyer. Ne pas perdre son idée. Elle jeta un coup d'oeil sur sa gauche. Elle découvrit qu'il y avait davantage de vaisselle à laver qu'elle ne l'avait remarqué auparavant, tout près de l'évier. S'affairer ou écrire ? Elle regarda l'heure. L'heure n'importait plus. Elle était maître de son temps. 

Elle se serait crue maître de son temps. Elle aurait perdu tout son temps. Elle serait arrivée déjà en début d'après-midi. Elle n'aurait ni mangé, ni écrit, ni nettoyé, pas plus qu'elle n'aurait fini de régler le problème avec sa banque qui la promenait avec un service déplorable. Elle ne pouvait plus se faire de virement de compte à compte. Elle n'avait plus de carte bancaire de sa première banque. Elle en était réduite à mendier de l'argent à son conjoint, comme une femme du siècle dernier. Pour mieux la servir, la banque lui avait demandé "Tapez le code". Le code ? Quel code ? Elle s'était trompée. Elle avait oublié le code. Le code de la carte de la première banque. L’effort d'apprentissage du code de la carte de la seconde banque avait fonctionné machinalement. Elle avait appris le nouveau code. Elle n'avait jamais eu deux banques. Elle était dans l'entre-deux banques. Quand elle voulut payer avec la carte de la première banque, elle s'aperçut qu'elle en avait oublié le code. Elle ne voulut pas se faire avaler sa carte. Elle avait assez de tracas avec cette banque qui ne lui rendait plus les mêmes services, changeait ses abonnements sans la consulter, cessait de lui envoyer ses relevés sur papier sans même l'en informer, avait oublié de renouveler sa carte l'an passé à la suite d'une demande de renseignement en agence, une case avait été décochée par l'employé. elle s'était retrouvée enfermée dans un parking, sans l'appoint pour un paiement en liquide, ni de carte valide. Elle en avait assez de ces services de plus en plus défaillants. 

Elle ne se laissa pas démonter pour si peu et changea de carte. Elle sortit sa carte flambant neuve. Composa le nouveau code. Paya et sortit avec ses achats.

Où en était-elle ? Elle avait oublié. Elle ne savait plus où elle en était. Elle ne savait plus ce qu'elle faisait. Elle allait écrire. Elle sentit un appel de son corps. Il n'était plus temps d'écrire. Il lui faudrait se préparer quelque chose à manger. Quoi ? Elle n'aimait pas beaucoup cuisiner. Le café l’écœurait un peu. Elle finissait toujours par le boire froid. Entre deux aller-et-retour entre pas vraiment rien et vraiment pas grand-chose.

Elle ne maîtrisait ni son temps, ni sa mémoire. Quelque chose lui faisait défaut. Ce n'était pas faute de faire tout ce qu'il fallait pour se tenir à flot.

Mais. Ces flaques. Toutes ces flaques. 

Et la faim qui commençait à la tarauder. 

Elle n'avait pas encore commencé à écrire. Elle sentait encore les appels de son estomac vide. Elle venait de s'asseoir à l'ordinateur. Avait fini par boire son infect breuvage refroidi. Se sentait un peu écœurée. Elle ne se souvenait pas de ce qu'elle avait voulu écrire. Elle avait faim. L'écriture ne l'avait pas détournée des affres du réel. Il lui fallait manger. Sans s'occuper auparavant de la petite vaisselle. Sans retrouver ce qu'elle avait voulu écrire. 

Manger. 

Manger. 

Le corps l'appelait.

Elle se serait souvenue de tout. Elle aurait voulu se lever pour s'ouvrir une boîte, se préparer un petit grignottis, grignotta, la mémoire lui revint. 

Le pouce levé. 

L'idée. 

Écrire ou manger ? Manger ou écrire ? Écrire et manger. Manger et écrire ? Que faire ? Elle s'affola. Se faire manger par l'écriture, il n'en était pas question.

Elle se leva et vit la vaisselle, près de l'évier.

Elle se rassît. Se releva. Se rassit. 

Quand ils arrivèrent, elle était assise, affamée, assoiffée, désorientée. 

Prestement, elle se releva et se mit à laver la vaisselle, estomac dans les talons, talons bien plantés dans le sol. 

Elle aurait encore donné le change. 

À qui ? À quoi ? Pourquoi ?

Elle avançait à petits pas. Elle en était déjà à la mi-journée. 

Elle faisait passer le temps, regardant sa mémoire se flétrir. 

Elle avait perdu son temps. 

La mémoire était encore là. 

Pour combien de temps encore ?

Elle aurait patienté jusqu'au soir, dans l'attente de la perte de mémoire.

Elle aurait fini par écrire. Elle ne saurait plus quoi. Elle s'en moquerait. 

Elle pourrait se relire. Ce soir. Demain. Ou dans un an. 

C'était bien commode, l'écriture. 

Ça remplaçait la mémoire perdue. Ça ne la remplaçait pas. Ça la remplissait de fictions invécues. Ça ne remplaçait rien. Elle ne se souvenait jamais de rien. Ça existait. C'est tout. 

(C) Simone Rinzler | 10 novembre 2015 - Tous droits réservés

Écriture de l'amnésie à L'Atelier de L'Espère-Luette

11/09/2015

3 #AA Anamnèse de l'amnésie : Elle aurait perdu quelque chose. Elle nesaurait pas quoi.

3 #AA Anamnèse de l'amnésie : Elle aurait perdu quelque chose. Elle ne saurait pas quoi.



Elle aurait perdu quelque chose. Elle ne saurait pas quoi. Elle chercherait ce qu'elle aurait perdu. Elle chercherait tout le jour, elle chercherait la nuit. Elle ne trouverait pas ce qu'elle avait perdu. Elle avait perdu quelque chose. Elle n'aimait pas perdre. Elle ne perdait jamais rien. Elle avait perdu quelque chose. 

Elle aurait perdu. Elle ne saurait quoi. Elle ne saurait où. Elle chercherait, chercherait, chercherait. Elle aurait perdu. Elle n'aurait trouvé que la perte. Elle aurait tout perdu, for la perte. 

Elle aurait perdu le mouvement. Elle aurait perdu la vie quotidienne. Elle aurait perdu la routine, les emmerdements, petits et grands. Elle aurait tout perdu en perdant le mouvement. Elle aurait tout perdu, sauf la perte.

Elle chercherait, elle chercherait. Elle ne trouverait que la perte. Juste la perte. Rien d'autre. Elle vivrait la perte. Elle vivrait avec la perte. Elle ne saurait pas ce qu'elle avait perdu. Elle aurait perdu.

Elle aurait perdu tout sauf la perte. Elle chercherait, ne trouverait que la perte.

Elle aurait perdu la tête, pas la perte. Elle chercherait ce qu'elle croirait avoir perdu.

Elle avait perdu. Elle ne savait ce qu'elle avait perdu. Elle cherchait. Elle cherchait. Elle ne trouvait que la perte.

Elle s'inquiétait de la perte d'elle ne savait quoi. Inquiète, elle cherchait. Dans le frigo. Dans le bureau, entre deux eaux.

Une angoisse la tenait. Elle pensait qu'elle avait perdu quelque chose.

Elle se levait, cherchait, même derrière les rideaux. Rien. Elle ne trouvait rien. Rien qui la rassure. Elle se rasseyait. Elle cherchait dans sa tête ce qu'elle aurait bien pu perdre. Elle ne trouvait rien. Rien qui la rassure. Rien qui puisse la guider dans sa recherche de la perte.

Était-ce objet ?

Elle se dit : 
- Petit a) Était-ce un objet ?
- Petit b) Était-ce un humain ?
- Petit c) Était-ce un animal ?

Elle pensa qu'elle avait perdu l'objet petit a. Elle pensa qu'elle avait perdu le sujet. Elle pensa qu'elle avait perdu quoi ? 

Elle pensa qu'elle ne pensait pas, qu'elle ne pensait plus. Elle chercha à penser. Elle était perdue dans son absence de pensée. Elle avait perdu la pensée. Elle pensa. Elle pensa. Elle se força à penser. Elle ne trouva pas le chemin de sa pensée. Elle avait perdu la pensée. Mutique, elle alliât du frigo au fauteuil, du fauteuil au frigo. Elle pensait encore à aller se vider aux toilettes. Elle pensa qu'un jour, elle n'y penserait plus. Incontinent, elle se leva. Elle se lava. Elle pensait encore à se laver. Elle ne pensait plus qu'à cela. Se laver. Se faire à manger. Chercher ce qu'elle avait perdu. Perdue dans ses pensées, l'œil vague, au loin, par-delà les rideaux. 

Un rideau recouvrait son corps. Le rideau de douche s'était décroché. Elle n'avait pas remarqué qu'elle se promenait nue, les hanches ceintes d'un rideau de douche déchiré. Elle avait perdu l'équilibre. Sa main avait machinalement agrippé le rideau mouillé. Elle avait perdu la notion du temps. Elle restait là, à  ne pas penser. Sauf à ce qu'elle avait perdu. Qu'elle ne savait pas. Qu'elle l'avait jamais eu.

Il la trouva là, le rideau à la main, assise sur le fauteuil, une mare à ses pieds, le regard perdu sur les rideaux de percale rouge. Elle se secoua. Le rideau venait de se décrocher. Elle venait de chuter dans la douche. Elle s'apprêtait à recoudre le rideau de douche. Dans l'instant étiré. Elle avait retrouvé quelque chose du monde. Il était là, devant elle, le rideau à la main, face aux rideaux de la fenêtre du jardin.

Elle avait perdu. Connaissance ?

Elle avait perdu quelque chose. Elle ne savait plus quoi.

© Simone Rinzler | 9-10 novembre 2015 - Tous droits réservés 

[Document de travail susceptible de subir des modifications]

Perdu quelque chose. Prière de le rapporter À L'Atelier de L'Espère-Luette

11/05/2015

2 #AA Anamnèse de l’amnésie : Elle avait un trouble de l’accommodation

#2AA Anamnèse de l’amnésie

Elle avait un trouble de l’accommodation


Récit (Version #1)

5 novembre 2015

Elle avait un trouble de l’accommodation. Ses yeux partaient en goguette, se fixaient dans le vague, n’accommodaient pas.

Ses yeux ne s’accommodaient pas. Elle ne s’accommodait pas.

Elle ne s’accommodait pas du monde social.

Elle avait lu Bourdieu, avait acquiescé à son Si je peux supporter le monde social, c’est que je peux m’indigner.

Elle ne pouvait pas s’indigner. Elle ne pouvait plus s’indigner. Elle ne pouvait plus s’accommoder de la seule indignation. Elle ne s’accommodait pas. Elle n’était plus commode. Elle trouvait que c’était trop facile, trop commode, que cela ne suffisait pas.

L’indignation commode, et pourquoi pas son cul dessus ?, s’indignait-elle, seule, devant son meuble à tiroirs, à tenter de ranger les vestiges de son passé qui ne voulait pas passer.
Elle avait un trouble de l’accommodation.

L’accommodation, elle en avait soupé. Elle avait une indigestion de l’accommodation. On s’accommode. On s’accommode. Et puis, un jour, on ne s’accommode plus. On se trouve, le regard vague, dans le vague, pendant une réunion. On ne s’accommode pas, on ne s’accommode plus des explications alambiquées : Alors, tu vois, tu comprends ?, pour la bonne gouvernance du département… tu comprends …,… se mettre en conformité avec…, tu comprends ?..., tu comprends…,  la DFPTG…, en synergie avec la CCODP,… tu comprends ?,… Le COF de la DGIP…, … pondéré par…, tu comprends ?..., le directeur Europe de la branche Synergie Europe spécialement dépêché de Dublin continuait son monologue, tutoyant l’assemblée, la berçant de son doux accent si charmant. Il était intarissable. C’était un sportif de haut niveau de la tchatche nordique, endurante, lancinante, insistante, persistante. Il ne lâchait jamais rien et revenait, avec sa douceur naturelle de petit homme habitué à souffrir vers plus de sainteté pontificale, il reprenait incessamment, après chaque objection par son éternel Tu comprends ?... à la fois spécifique et générique, s’adressant à la fois à l’objecteur, en conscience, au gêneur, à l’empêcheur de gouverner en rond et à l’assemblée, générale.

Lui aussi, avait un sérieux trouble de l’accommodation.

L’accommodation aux autres. L’accommodation au réel. Il avait lu Marx et La Bible. Pas dans cet ordre. Il avait réponse à tout. Jamais pris en défaut, il s’accommodait des objections, un petit tour de Tu comprends ?..., et il repartait dans son idée fixe, qui n’était jamais la même, qui n’était jamais la sienne, mais celle que lui imposaient ses chefs. Ce petit chef n’avait jamais été chef. Il obéissait aux chefs, ses n+1, n+2, n++. Il obéissait aux injonctions. C’était un bon petit soldat. Il n’était pas soldat de Dieu. Son projet de papauté lui avait échappé avec son mariage avec une belle anorexique notoire. Il était né pour être tourmenté. Il n’avait pas pu réaliser son rêve de chefferie suprême. Il était devenu un petit cheffaillon, tu comprends ?..., il relayait la parole des chefs, un petit homme ordinaire, intelligent, qui n’avait pas eu le courage de son intelligence et avait préféré mettre ses pas dans les pas de ses chefs. Un bon exécutant, ça vous rappelle des gens, nécessairement, tu comprends ?…

Pendant une de ces interminables réunions, tu comprends…, son esprit s’égara.

Elle se mit à fixer le vide. Elle développa son trouble de l’accommodation. Elle ne s’accommodait plus de ces Tu comprends ?...

Cela se comprend, tu comprends...

L’accent ne lui parut plus charmant, la douceur de la voix ne la berçait plus gentiment. Nulle agression, jamais. De la douceur, de la componction, de la compréhension, et le retour, subreptice, de Tu comprends ?…

L’effet de répétition avait abrasé le sens. Le sens des mots. Le sens du réel. Le sens de ces réunions. Le langage même subissait une abrasion subtile, les interactions se muèrent en jeux de rôles infructueux où seul le maître du jeu restait le maître du jeu de l’incompréhension et de l’accommodation impossible, Tu comprends ?... Oui. Elle comprenait. Elle comprenait qu’objecter devenait inutile. Elle comprenait que toute résistance frontale ne faisait qu’allonger le temps d’exposition au discours lénifiant. Lénifiant. Lénine. Association d’idées. Lénine avait écrit Que faire ? Elle ne se posa même pas la question Que faire ? ce jour-là. Elle fit. Elle fit ce qu’elle put. Elle fit Rien. Le jour où son trouble de l’accommodation la cueillit en pleine réunion, mûre à souhait, prête à tomber, déjà blettie par le ronron du discours lénifiant, parodie de concertation dont l’issue était déjà prévisible d’avance : Je vais te la mettre profond, tu comprends ?..., elle n’avait pas eu le temps de comprendre. La schize la prit. Elle se fendit en deux. Son corps resta là. Son esprit s’enfuit, emportant son regard. Elle échappa de justesse au viol de sa conscience, par la non-pensée, le regard dans le vague, l’œil non accommodé. Elle pourrait prétendre qu’elle n’avait pas été là quand cela s’était passé. Elle était là sans y être. Son mécanisme de défense s’était mis en route. Elle avait quitté son corps, quitté la réunion, quitté le corps social. Elle ne faisait plus corps avec le corps social. Son psychisme avait lâché.

Elle ne le savait pas encore.

Elle avait cessé de prendre des notes frénétiquement, pour suivre toutes les argumentations, les objections, envisager les contradictions et parvenir à une diminution du dommage, du ravage en cours dans ce gavage de discours lénifiant remplaçant tout dialogue, toute concertation et tout accord même minimal sans dol ni violence. Elle ne pouvait donner son assentiment à ce qu’elle ne nommait pas encore. Elle n’avait pas nommé La Mascarade. Elle n’aimait pas les étiquetages hâtifs, les étiquetages machinaux. Elle ne nommait pas La Mascarade. Elle la vivait. Elle souffrait le martyr de la mascarade encore irrépertoriée, encore impensée, encore invisible, faute de mots pour la dénommer. Sa nomination adamique n’avait pas eu lieu. Elle n’eut pas le temps de désigner la mascarade du nom de mascarade. Elle se scinda.

Le viol de sa conscience était trop déchirant.

Sans même s’en apercevoir, elle s’était échappée de la mascarade innommée et innommable. Elle n’avait pas lutté. Elle n’avait pas crié. Elle avait laissé faire. Son esprit s’était enfui. Son corps était resté là, coupable d’être resté sans bouger, coupable d’être venue là de son plein gré. Coupable. Coupable. Coupable. Comme tous les violés du monde. Coupable de n’avoir rien dit. Coupable de ne pas être sortie. Coupable de ne pas avoir fui. Coupable. Coupable. Coupable.

Le Très Catholique Cheffaillon avait bien travaillé.

Ils se sentaient tous coupables et ne s’en rendaient même pas compte, aveuglés qu’ils étaient tous par leur volonté feuerbachienne, marxienne, chrétienne ou républicaine, de changer le monde par leur action, par leurs idées, par leur présence, par leur entrisme, par leur pragmatisme, par leur résistance, par leur résilience, par leur bonne volonté, par leur accommodation à l’accommodation des choses.

On s’accommode, tu comprends ?

Coupable sans le savoir, elle se laisser violer la conscience. Elle désaccommoda ses yeux, elle désacommoda son esprit, elle s’envola vers le monde des déments.

Elle était partie au loin, exilée de son propre corps, exilée du corps social.

© Simone Rinzler | 5 novembre 2015 - Tous droits réservés 

Difficile Accommodation À L'Atelier de L'Espère-Luette

11/04/2015

#1aAA Anamnèse de l'amnésie : Elle aurait perdu la main. Elle aurait perdu la tête. (Récit. Version #1. Incipit

1a #AA Anamnèse de l'amnésie : Elle aurait perdu la main. Elle aurait perdu la tête. (Récit - Version #1 - Incipit)


Elle aurait perdu la main. Elle aurait perdu la tête. Elle aurait perdu pied. Elle aurait fui vers un ailleurs insondable. 

Elle aurait la tête dans les nuages. Elle aurait l'esprit ailleurs. Son corps serait resté, immobile. Elle aurait expiré, inspiré, expiré, machinalement, en silence.

Ses oreilles auraient tinté. Elle aurait pris conscience du bruit du silence. Écoulement liquide du réfrigérateur, souffle léger de la chaudière, discret deuk-deuk de l'horloge radiocommandée désynchronisé de la petite horloge à pile au design désuet. L'acouphène de son oreille droite se serait fait entendre. Discrètement, sobrement, puis plus audible. Elle aurait cherché celui de l'oreille gauche, toujours un peu plus doux, murmure imperceptible.

Elle aurait fixé le vide, la tête légèrement penchée vers la droite, en direction de la grande fenêtre lumineuse, sans accommoder son regard nulle part. Elle aurait perçu le rouge de la percale du rideau, aurait ressenti une douce chaleur.

Elle était bien, là, assise. Sa tête se trouva vers la petite fenêtre sur sa gauche, du côté plus sombre en cette fin d'après-midi d'automne radieux. La tête tendue vers le haut, à gauche, elle reprit ses esprits. 

Elle se rendit compte qu'elle était en train d'écrire, là, sur son fauteuil de repos, sans bouger, le regard fixe se remobilisa, la tête tourna consciemment vers la fenêtre à droite. Elle se regardait ne rien faire. Elle avait commencé à écrire, à son insu, l'histoire de cette femme sans mémoire, sans tête, au regard vague, l'esprit ailleurs et le corps posé là. 

Elle chercha quand cela avait commencé. Cette capacité à s'abstraire du réel qui l'aurait fait passer pour une démente si elle n'avait été seule dans sa grande pièce. Elle avait toujours chéri cette capacité-là. Elle lui avait permis d'avoir une riche vie intérieure quand la vie extérieure ne l'intéressait pas ou ne la sollicitait pas de ses Danses Royales des Aulnes, quand elle se laissait aller à laisser aller, à laisser filer, le temps, la vie, le bouillonnement extérieur et qu'aucune crue intérieure ne la remuait dans sa symphonie sans fond.

Un rare moment de calme profond, imperturbé, ineffable.

Sans que les traits de son visage ne fissent aucun mouvement, elle se sentait sourire de l'intérieur, alanguie dans une douce chaleur. Elle était bien. Sans écran, ni papier, elle était là, présente à soi. Elle écrivait l'histoire de cette femme. Elle y était.

Quelque chose, elle ne se souvient plus de quoi, la secoua de sa rêverie sans pensée. La pensée se mit en route. Ce soir, elle écrirait. Elle savait qu'elle avait la main, qu'elle avait la tête. À ça. Même quand elle n'y était pas depuis des jours et des semaines. Elle n'avait jamais paniqué. Elle savait que cela reviendrait. Elle savait que cela revenait. Le récit venait de s'imposer. Quelques lignes un peu floues, inécrites, informulées, resteraient accrochées à son esprit le temps qu'il faudrait jusqu'à ce qu'elle ait le temps et le loisir de s'y remettre.

Elle ne sait plus ce qu'elle fit ensuite. Si elle se leva ou resta là, encore, un instant, où longtemps. Elle ne sait plus ce qu'elle fit ensuite. Si elle resta là, encore un instant, ou longtemps, ou si elle se leva.

Elle se leva.

Elle ne sait plus ce qu'elle fit ensuite. Si elle se leva ou si elle resta là encore longtemps.

Elle resta assise. Elle ne sait plus.

Elle se leva.

Elle ne se souvient plus de ce qui se passa. De qui arriva, de ce qui arriva. Bien sûr, elle se souvenait du plus important. De sa visite quotidienne, de sa grande joie. Elle avait des tressaillements. Plusieurs bouffées lui échauffèrent le visage. Elle se rassit à chaque fois. Son corps était mal. Encore endolori de la douleur. Encore un peu souffrant. Elle senti le sel de sa peau en passant sa langue au-dessus de sa lèvre supérieur. Elle vérifia. Elle avait été en nage. Sa peau était salée. Elle n'avait pas rêvé ces échauffements soudains. Elle vérifia qu'elle n'avait pas davantage de fièvre que la veille. 

Elle se posa, se reposa, se releva, discuta un peu avec ceux qui passèrent dans la pièce. Elle se sentait dans un état étrange, un peu second. La mauvaise nuit avait un peu endommagé sa journée. Elle se sentait fatiguée. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait plus de mauvaises nuits. Ce matin, en repartant de chez le dentiste, elle avait vacillé, titubé comme une femme ivre. Le manque de sommeil donnait à toute chose une coloration irréelle, une sensation d'engourdissement et de subtils achoppements. Elle n'aurait pas dû porter de si hauts talons pour passer au cabinet du Docteur C. Elle se crut obligée de se justifier. Elle ne voulait pas qu'il pense qu'elle avait vu de bon matin. Elle avait titubé de fatigue et du manque d'habitude de si hauts talons en se relevant du fauteuil technique si profond. Elle s'en était extirpée avec aisance, contente du beau travail dans sa bouche étincelante au possible, compte tenu de son âge.

Au moment de se pencher vers le portemanteau, son corps fut attiré dans le mouvement vers le mur où pendait sa belle écharpe et son manteau flamboyant. Tituber ainsi, voilà qui gâchait l'illusion. Elle eut conscience qu'elle se devait de justifier son étourdissement passager. Elle ne buvait pas. Elle n'avait pas bu. Il n'était pas encore midi. Elle croit même qu'elle eut un peu honte de son corps qui la trahissait soudainement. Elle ne s'en morfondit pas. Elle rentra chez elle, lentement. Elle ne faisait pas confiance à ce corps épuisé par une nuit sans sommeil. Sans sommeil mais sans problème. Elle savait qu'après avoir dormi plus de deux jours, son corps endolori par un refroidissement, son corps, son dos, courbaturés, l'avaient lâchée. Il n'y avait pas lieu de s'inquiéter. Elle rentra à la maison, vaqua à ses occupations, prépara le déjeuner et déjeuna en connue compagnie, attendant le moment de pouvoir s'étendre pour réparer le manque de sommeil total qui venait, à nouveau, de la frapper, mais sous un mode différent. Elle bavarda pendant le déjeuner, sans se lancer dans de grandes discussions. Elle savait qu'elle n'aurait pas la concentration nécessaire. Et allait bientôt se retourner seule pour l'après-midi. Il lui suffisait de patienter, à l'économie.

Elle se releva de sa sieste, barbouillée. Elle se sentait encore dans un état étrange, différent, inhabituel. Il lui sembla qu'elle n'avait pas bien digéré. Elle ne s'en formalisa pas. Ce soir, elle mangerait léger, une fois n'est pas coutume. Elle serait seule ce soir. Ce serait facile.

En essayant de reconstruire le passé de cette journée, elle pensa que ce fut après cette sieste lourde, chaude et peu reposante, qu'elle se retrouva ainsi, assise, inerte, inanimée, perdue dans une absence de pensée. 

Elle ne se doutait pas qu'elle venait de recommencer à écrire. Sans heurt. Sans douleur. Sans même y penser. Sans même tenir de stylo, ni tapoter sur un clavier. L'écriture était revenue à son insu. 

Les acouphènes avaient bien sûr disparu, sauf lorsqu'elle y repensa. Son oreille consciente entendit les deux légers sifflements. Ils disparaîtraient dès qu'elle se lèverait pour préparer son très léger souper.

Elle souperait d'une soupe, d'un gros quignon de pain un peu sec et d'un grand verre d'eau, pour commencer.

Elle se leva et préparera ce qui était une réjouissance annoncée. Pouvoir manger ce qui la tentait, ni plus, ni moins.

Elle se leva et se dirigea vers la cuisine.

© Simone Rinzler | 3 novembre 2015 - Tous droits réservés

[Document de travail - Quelques coquilles ont été corrigée. L'une, imposée par le correcteur orthographique, a été conservée pour son étrange poésie. Une seconde version, plus longue sera également proposée un peu plus tard. Elle est encore en travail.]

Mémoire de la pensée À L'Atelier de L'Espère-Luette

1b #AA Anamnèse de l’amnésie. Elle aurait perdu la main. Elle aurait perdu la tête. (Récit. Version #2)

1b #AA  Anamnèse de l’amnésie (Récit Version #2 - Incipit)

Elle aurait perdu la main. Elle aurait perdu la tête.

[Merci de me dire lequel vous préférez, et surtout pourquoi, si vous en avez le temps, l'envie et l'appétit. Pour ma part, mon choix est déjà fait, mais je ne vous dit pas ce qui a ma préférence pour l'instant. Il faut que tout cela repose un peu. Et la suite est déjà dans les tuyaux... Bientôt en ligne. Encore en  cours de travail...]

3-4 novembre 2015

Elle aurait perdu la main. Elle aurait perdu la tête. Elle aurait perdu pied. Elle aurait fui vers un ailleurs insondable.

Elle aurait la tête dans les nuages. Elle aurait l'esprit ailleurs. Son corps serait resté, immobile. Elle aurait expiré, inspiré, expiré, machinalement, en silence.

Ses oreilles auraient tinté. Elle aurait pris conscience du bruit du silence. Écoulement liquide du réfrigérateur, souffle léger de la chaudière, discret deuk-deuk de l'horloge radiocommandée désynchronisée du tic-tic régulier de la petite horloge à pile au design géométrique désuet. L'acouphène de son oreille droite se serait fait entendre. Discrètement, sobrement, puis plus audible. Elle aurait cherché celui de l'oreille gauche, toujours un peu plus doux, murmure imperceptible.

Elle aurait fixé le vide, la tête légèrement penchée vers la droite, en direction de la grande fenêtre lumineuse, sans accommoder son regard nulle part. Elle aurait perçu le rouge de la percale du rideau, aurait ressenti une douce chaleur.

Elle était bien, là, assise.
Sa tête se tourna vers la petite fenêtre sur sa gauche, du côté plus sombre en cette fin d'après-midi d'automne radieux. La tête tendue vers le haut, à gauche, elle reprit ses esprits.

Elle se rendit compte que sans même le savoir 'elle était déjà en train d'écrire, là, sur son fauteuil de repos, sans bouger. Le regard fixe se remobilisa, la tête se tourna consciemment vers la fenêtre, à droite, à nouveau. Elle se regardait ne rien faire. Elle avait commencé à écrire, à son insu, l'histoire de cette femme sans mémoire, sans tête, au regard vague, l'esprit ailleurs et le corps posé, là.

Elle chercha quand cela avait commencé. Cette capacité à s'abstraire du réel qui l'aurait fait passer pour une démente à cet instant même si elle n'avait été seule dans sa grande pièce. Elle avait toujours chéri cette capacité-là. Elle lui avait permis d'avoir une riche vie intérieure quand la vie extérieure ne l'intéressait pas ou ne la sollicitait pas de ses danses royales des aulnes, quand elle se laissait aller à laisser aller, à laisser filer, le temps, la vie, le bouillonnement extérieur et qu'aucune crue intérieure ne la remuait dans son symphonie, son aphasie, dans le tourbillon de son siphon sans fond, font, font, les petites marionnettes...

Un rare moment de calme profond, imperturbé, ineffable, l’enroba. Le moment lui sembla doux. Elle ressentit une chaleur inconnue. La chaleur de la reconnexion avec quelque chose de profond, tapi, là, au tréfonds, qui ne l’avait jamais quittée et qu’elle avait oublié. Une douceur d’être. Seule. Bien. Indérangée. À l’instant même où elle s’interrogeait sur son état mental, elle sentait quelque chose se rebrancher sans mouvement, sans effort. C’était là, avec elle, en elle. C’était elle. Vraiment elle. Pas le personnage social qu’elle s’était confectionné, jour après jour, rôle après rôle, tâche après tâche. Elle ne le perçut pas aussi clairement à ce moment-là. Elle se contentait d’être là. Présente. À l’état, sinon naturel, du moins, hors de son état social, actuel ou ancien. Elle ne savait pas, ne savait plus qu’elle était son état social. Elle savait qu’elle était là. Elle se sentit bien. Bien là. À sa place. La sienne. Celle qu’elle s’était aménagée à grand peine.

Sans que les traits de son visage ne fissent aucun mouvement, elle se sentait sourire de l'intérieur, alanguie dans une douce chaleur. Elle était bien. Sans écran, ni papier, elle était là, présente à elle-même. Elle écrivait l'histoire de cette femme. Elle y était. Elle était à nouveau entrée en écriture, comme d’autres entrent en scène ou en cuisine. Elle était à son bureau mental, dans son atelier de l’être et de la pensée, sans même avoir pris la peine d’y penser. Elle était mieux que prête. Elle y était déjà. Elle sentit la douceur d’être après avoir tant couru après la clameur de l’être.

Quelque chose, elle ne se souvient plus quoi, la secoua de sa rêverie sans pensée. La pensée se mit en route. Ce soir, elle écrirait. Elle savait qu'elle avait la main, qu'elle avait la tête. À ça. Même quand elle n'y était pas depuis des jours et des semaines. Elle n'avait jamais paniqué. Elle savait que cela reviendrait. Elle savait que cela revenait. Le récit venait de s'imposer. Quelques lignes un peu floues, inécrites, informulées, resteraient accrochées à son esprit le temps qu'il faudrait jusqu'à ce qu'elle ait le temps et le loisir de s'y remettre. Elle n’avait pas perdu la main. Elle n’avait pas perdu la tête. À sa tête pas même défendante, la main et la tête, perdues peut-être, s’étaient retrouvées liées, dans l’immobilité du calme reconquis dans la solitude et le silence.

Elle ne sait plus ce qu'elle fit ensuite. Si elle se leva ou resta là, encore, un instant, où longtemps. Elle ne sait plus ce qu'elle fit ensuite. Si elle resta là, encore un instant, ou longtemps, ou si elle se leva.

Elle se leva.

Elle ne sait plus ce qu'elle fit ensuite. Si elle se leva ou si elle resta là encore longtemps.

Elle resta assise. Elle ne sait plus.

Elle se leva.

Elle ne se souvient plus de ce qui se passa. De qui arriva, de ce qui arriva. Bien sûr, elle se souvenait du plus important. De sa visite quotidienne, de sa grande joie. Elle avait des tressaillements. Plusieurs bouffées lui échauffèrent le visage. Elle se rassit à chaque fois. Son corps était mal. Encore endolori de la douleur. Encore un peu souffrant. Elle senti le sel de sa peau en passant la langue au-dessus de sa lèvre supérieur. Elle vérifia. Elle avait été en nage. Sa peau était salée. Elle n'avait pas rêvé ces échauffements soudains. Elle vérifia qu'elle n'avait pas davantage de fièvre que la veille.

Elle se posa, se reposa, se releva, discuta un peu avec ceux qui passèrent dans la pièce. Elle se sentait dans un état étrange, un peu second. La mauvaise nuit avait un peu endommagé sa journée. Elle se sentait fatiguée. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait plus de mauvaises nuits. Ce matin, en repartant de chez le dentiste, elle avait vacillé, titubé comme une femme ivre dès le lever. Le manque de sommeil donnait à toute chose une coloration irréelle, une sensation d'engourdissement et de subtils achoppements. Elle n'aurait pas dû porter de si hauts talons pour passer au cabinet du Docteur C. Elle se crut obligée de se justifier. Elle ne voulait pas qu'il pense qu'elle avait bu de bon matin. Elle avait titubé de fatigue et du manque d'habitude de si hauts talons en se relevant du fauteuil technique si profond. Elle s'en était extirpée avec aisance, contente du beau travail dans sa bouche étincelante au possible compte tenu de son âge. La nouvelle prothèse était invisible, accordée au blanc jauni par les années de sa belle dentition autrefois carnassière. À la demande du professionnel de l’art dentaire, elle avait contemplé son nouveau sourire, adouci, lavé de son aspérité. Elle venait de faire cacher son unique dent de lait dont elle était si fière. Elle était toujours là, dessous, cachée sous la discrète jaquette neuve. Elle pouvait rester fière de sa bonne santé dentaire de bien portante. Le sourire de vieille sorcière que sa minuscule quenotte d’enfant brunie par le temps avait peu à peu fait apparaître, insensiblement, avait disparu depuis quinze jours déjà, sous l’amalgame provisoire. Elle ne se préoccupait pas de son sourire. La chose était entendue depuis bien longtemps déjà. Elle avait franchi le pas de la réparation cosmétique qu’elle s’était toujours juré de ne jamais franchir.
Au moment de se pencher vers le portemanteau, son corps fut attiré dans le mouvement vers le mur où pendaient sa belle écharpe floconneuse et son nouveau manteau flamboyant. Tituber ainsi, voilà qui gâchait l'illusion. Elle eut conscience qu'elle se devait de justifier son étourdissement passager. Elle ne buvait pas. Elle n'avait pas bu. Il n'était pas encore midi. Elle croit même qu'elle eut un peu honte de son corps qui la trahissait soudainement. Elle ne s'en morfondit pas. Elle rentra chez elle, lentement. Elle ne faisait pas confiance à ce corps épuisé par une nuit sans sommeil. Sans sommeil mais sans problème. Elle savait qu'après avoir dormi plus de deux jours, son corps endolori par un refroidissement, son corps, son dos, courbaturés, l'avaient lâchée. Il n'y avait pas lieu de s'inquiéter. Elle rentra à la maison, vaqua à ses occupations, prépara le déjeuner et déjeuna en bonne compagnie, attendant le moment de pouvoir s'étendre pour réparer le manque de sommeil total qui venait à nouveau de la frapper, mais sous un mode différent de ce qu’elle avait connu auparavant. Elle bavarda pendant le déjeuner, sans se lancer dans de grandes discussions. Elle savait qu'elle n'aurait pas la concentration nécessaire. Elle allait bientôt se retrouver seule pour l'après-midi. Il lui suffisait de patienter, à l'économie.

Elle se releva de sa sieste, barbouillée. Elle se sentait encore dans un état étrange, différent, inhabituel. Il lui sembla qu'elle n'avait pas bien digéré. Elle ne s'en formalisa pas. Ce soir, elle mangerait léger, une fois n'est pas coutume. Elle serait seule ce soir. Ce serait facile.

En essayant de reconstruire le passé de cette journée, elle pensa que ce fut après cette sieste lourde, échaudée, échauffée, enchaleurée,peu reposante, qu'elle se retrouva ainsi, assise, inerte, inanimée, perdue dans une absence de pensée.

Elle ne se doutait pas qu'elle venait de recommencer à écrire. Sans heurt. Sans douleur. Sans même y penser. Sans même tenir de stylo, ni tapoter sur un clavier. L'écriture était revenue à son insu.

Les acouphènes avaient bien sûr disparu, sauf lorsqu'elle y repensa en l’écrivant. Son oreille consciente entendit les deux légers sifflements. Ils disparaîtraient dès qu'elle se lèverait pour préparer son très léger souper.

Elle souperait d'une soupe, d'un gros quignon de pain un peu sec et d'un grand verre d'eau, pour commencer.

Elle se leva et préparer ce qui était une réjouissance annoncée. Pouvoir manger ce qui la tentait, ni plus, ni moins. Le vrai délice épicurien du juste bien.

La blonde Boucles d’Argent se leva et se dirigea vers la cuisine.

© Simone Rinzler | 3-4 novembre 2015 - Tous droits réservés 

[Document de travail. Susceptible de modifications, dont corrections des coquilles, notamment]

Mémoire de la pensée À L'Atelier de L'Espère-Luette