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3/06/2014

Prix Libraires en Seine 2014 (la suite...)

Prix Libraires en Seine 2014 (suite)

Voilà des jours que je n'ai plus rien écrit sur mes lectures dans le cadre du Prix Libraires en Seine auquel je suis inscrite comme juré auprès de ma Librairie Dédicaces, 7, passage d'Arcole, 92500 Rueil-Malmaison.

J'ai fini, assez péniblement, la lecture du troisième volume dans l'ordre de lecture que j'avais déterminé à partir de quelques a priori liés à l'âge du capitaine et plus particulièrement, l'idée que je me faisais des livres à partir de leur éditeur, de la quatrième de couverture, de l'idée que je me faisais de quelques auteurs dont j'avais déjà entendu parler avec grandiloquence par des lecteurs extasiés (vous comprenez bien que c'était un a priori négatif qui primait là, pour Sylvie Germain et Arturo Perez-Reverte : je ne sais pas pour vous, mais quand des lecteurs francophones français en ont plein la bouche du style d'un auteur dont ils sont littéralement fanatiques, je sens, je sais, que je ne vais pas aimer, que le roman va se vouloir poétique, que cela va se voir, que le style oubliera de se faire oublier et que je vais me faire chier épais, épais. 

Pardon my French, comme on dit en anglais quand on vient de mal parler, de jurer ! 

Alors, j'ai péniblement fini, par tous petits bouts Petites Scènes capitales de Sylvie Germain chez Albin Michel, comme on doit finir sa soupe quand on est petit et qu'on n'aime pas trop ça, mais que ça passe quand même. 

On n'en est tout de même pas aux grands hauts-le-cœur, mais, bon, voilà, on n'aime pas trop, ce n'est pas son plat préféré et il faut bien finir quand même, il faut savoir aussi manger un peu de tout.

Ça ne peut tout de même pas être tous les jours ce que l'on préfère, il y a aussi le goût des autres, et puis, des fois, on finit par s'habituer, pas tout à fait par aimer, mais, bon, ce n'est finalement pas si mauvais. 

Et puis un jour, on se rendra compte que finalement, ce n'était pas si mal. 

Qu'on a bien fait de nous forcer, même si on détestait ça, d'être forcé. 

Qu'on aime encore mieux ce qu'on aime parce qu'on a aussi goûté plein d'autres choses, ce qui fait qu'au bout du compte, on aime bien aussi s'être forcé, malgré soi, parce que comme ça, on sait vraiment ce qu'on aime vraiment.

Voilà l'effet que m'a fait la lecture de Petites Scènes capitales

Je me suis forcée. Je n'ai pas gerbé. J'ai même fini par trouver ça pas mal. Mais je suis toujours encore en guerre, oh !, une guerre somme toute assez pacifique, on n'est pas là pour s'entretuer quand même, mais pour partager le plaisir de la lecture et de l'écriture, et dans mon cas, pour dire mon goût du style, et plus singulièrement, du style neutre (qui n'est pas spontanément le mien), "Neutre" au sens du concept de Neutre de Barthes dans le séminaire Le Neutre, publié et annoté par mon collègue de littérature française et écrivain (rencontré dans deux séminaires à Nanterre, Thomas Clerc)

Et voilà que je me rends compte, ce matin, que tout ce que j'ai ajouté cette nuit pour préciser ma pensée a disparu, que je ne l'ai pas enregistré avant de fermer l'échoppe de l'atelier. Tout cela passera, hélas, aux pertes et profit de va vie de bâton de chaise, ma vie de lectrice et d'écrivain au lit et olé, olé !
Alors, comme toujours, tant pis, et "Zou !"

Envoi ! 

Publier ! (Oui, toujours comme on dit "Champagne !")

NB : Ça m'ennuie quand même sacrément d'avoir perdu ce que j'avais ajouté.
J'essaierai de modifier, mais le temps n'est pas extensible et ce qui est perdu est perdu.
Si je ne modifie pas ici, la question du style reviendra ailleurs.
C'est une vraie marotte chez moi. Ça a été mon travail
toutes ces dernières années dans le domaine anglophone. Je l'applique maintenant à mes lectures en français.

2/19/2014

Prix Libraires en Seine 2014 : "Lettre à Helga"

La Lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson

Petit livre génial traduit de l'islandais par Catherine Eyjólfsson aux éditions Zulma teminé tout à l'heure (enfin, hier soir... Le Blog, ce n'est pas encore ma vraie spécialité pour l'instant). C'est le deuxième livre des six à découvrir pour le Prix Librairies en Seine 2014.

Une très belle surprise de lecture. Beaucoup de sensibilité sans niaiserie.
Quelques incursions philosophiques qui se moquent gentiment de notre philosophie continentale avec une fraîcheur tout à fait réjouissante.

Comme toujours, se méfier des petits livres simples en apparence. Ils ont bien plus de profondeur qu'on ne le croit. Ils ont cette capacité à nous emmener exactement là où ils veulent, pendant que nous baissons notre garde critique emplie du cynisme de notre propre culture, même si nous ne nous croyons pas cyniques.

L'impression, de bout en bout est très positive, même si ce texte n'a pas la force, ni la poignance thématique de Kinderzimmer de Valentine Goby.

Je me doutais que les livres seraient difficiles à départager : ils sont si différents, et je déteste tant évaluer (une vie entière à noter, évaluer le travail de mes élèves et de mes étudiants avait fini par me dégoûter de la chose).

L'intérêt de cette expérience, vécue pour la deuxième fois, réside dans la nécessité que je m'impose, de lire des livres que je n'ai pas choisis moi-même ou qui ne sont pas "au programme" ou indispensable pour un quelconque travail.

Cela m'oblige à aller vers des territoires littéraires qui ne sont pas nécessairement mes lieux de prédilection.

Je n'en dis qu'assez peu sur ces livres. Seule compte mon impression. Dans un premier temps, ma première réaction, encore un peu à chaud, sans une analyse fouillée, pour commencer.

Noter mes premières pensées devrait me permettre de les fixer, pour mieux m'en débarrasser et pour pouvoir aller plus avant dans l'analyse et l'argumentation par la suite.

Je prends très à cœur ce projet. La littérature mérite que l'on s'y intéresse d'autant plus qu'elle paraît un peu inutile dans une société préoccupée par la rentabilité et l'utilité.

C'est l'inutilité même de la littérature qui la rend si précieuse et radicalement indispensable.

J'ai déjà commencé la lecture du troisième roman, dans l'ordre où j'avais projeté de lire ces livres afin de m'assurer que je ne négligerai pas ceux qui me semblaient être moins à mon goût.

Pour une fois, donc, et contrairement à ce que je fais pour la nourriture, je ne garde pas ce que je crois être le meilleur pour la fin. J'ai pris l'ordre exactement inverse après avoir lu les premières pages de chaque texte.

Je me réserve la possibilité de relire, en entier, en partie ou en diagonale, ceux qui semblent dès à présent être mes favoris. Et je me réserve donc la surprise... d'être surprise, en bien, à contre-désir.

Il ne faut jamais minimiser sa propre capacité à se laisser envoûter contre son gré, de bon gré.