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1/22/2015

Tu suis le narrateur du roman d'Éric Pessan... "Le Démon avance toujours en ligne droite"

Tu suis le narrateur du roman de Pessan.

Tu le suis, suivant son démon, son père, son grand-père.

Tu le lis lentement. Tu te forces à le lire lentement, pour le suivre plus longtemps, t'imprègnes de chaque phrase, de chaque idee, de chaque émotion.

Tu sais, depuis bien avant avoir commencé la lecture, que tu as un très bon roman entre les mains. C'est pour cela que tu le poses. Pour y penser, y repenser, t'en imprégner, ne pas le dévorer goulûment.

Celui-là, ce n'est pas une lenteur de "Je n'aime pas trop", de "Je n'arrive pas à me passionner", ou de "Je n'ai aucun autre livre sous la main". C'est une lenteur de "J'aime bien", de "Je m'imprègne d'une atmosphère", une lenteur de La littérature pense, alors je prends le temps de penser avec elle".

Peut-être est-ce pour cela que tu fais toujours tes notes de lecture en cours de lecture et jamais ou presque après la lecture. Parce que tu lis en chercheur, en penseur, pensive, en amateur, qui aime et qui savoure. C'est là ta liberté de lecteur, de lecteur-écriveur. On parle parfois des écrivains-voyageurs. Ceux qui t'intéressent sont des écrivains-penseurs. Tu n'est pas fanatique de littérature d'évasion. Tu ne cherches pas à t'évader du réel. Tu cherches à le comprendre. Même si cela est difficile. Et dans ce roman, le miracle de la lecture est là. Ce n'est pas difficile. Tu sais que tu pourras le recommander à d'autres qui n'ont pas ta propre passion, ton propre démon. Tu sais que tu aurais probablement pu le dévorer en une journée. Mais tu sais aussi que tu n'en aurais rien fait, qu'il aurait glissé sur toi, passant, ne laissant plus aucune trace en toi, sinon que celle de te souvenir que tu avais bien aimé sans savoir pourquoi. 

Tu réfléchis au temps de la lecture, à la boulimie, à la frénésie, de lire, d'écrire, de vivre, des passions. Tu privilégies les affects joyeux. Penser en bonne compagnie te fait du bien. Penser ne signifie pas épouser les idées du narrateur qui dit "Je". C'est simplement le lire, l'écouter et réfléchir à ce qu'à travers lui te susurre l'auteur, peut-être même à son insu. Il ne te connaît pas, il ne savait pas que ce qu'il écrirait ferait écho à tes interrogations sur la paternité. Tu ne savais même pas que tu avais des interrogations sur la paternité. Tu es une femme. Pourtant, tu t'es toujours demandé ce que c'était d'être un homme. Par la lecture, tu accèdes à l'altérité radicale de la masculinité (tu n'as pas dit de la virilité, mais bien de la masculinité, du fait d'être homme plutôt que femme). Tu parviens à t'identifier à ton alter ego masculin, un autre humain, d'un genre différent dans une société qui, comme toutes les sociétés, remarque et marque une identité différente quand tu as toujours voulu voir une communauté humaine. Unique. Homogène. Avec ses différences existantes, et ses différences socialement et culturellement construites.

Alors, tu retournes lire l'histoire de cet homme qui ne veut pas être père, qui suit et poursuit le démon de son père, de son père, de son histoire patrilinéaire, avec la trouille au ventre de la reproduction du démon. Voilà qui te parle. D'homme à homme.

Si tu le lis plus vite que moi, dis, sois gentil, ne me raconte pas la fin. Je me fiche de la fin. Ce qui m'intéresse, c'est le voyage dans la tête de cet homme, ce narrateur, de cet autre homme, cet auteur. Tu sais bien qu'il est délicat de distinguer l'un de l'autre, tant pour le lecteur que pour l'écrivain. Tu admires l'écriture d'un écrivain. Tu ne tombes pas amoureuse d'un homme. Tu es dans l'admiration d'une écriture. Tu t'es convaincue de réfréner ton envie de lire vite. Tu viens de te convaincre, en écrivant cela que tu avais fait le bon choix. Il n'y a jamais aucune raison de se hâter.

Tu te souviens aussi des soutenances auxquelles tu as assisté en tant que public et des exercices d'admiration dont tu pensais qu'ils s'apparentaient à des déclarations d'amour. Tu viens de comprendre (puisque tu n'es jamais passée par cet exercice autrement que pour de rares soutenances de Master ou de DEA) ce qu'est la matière de cet exercice d'admiration d'une pensée qui se développe avec cohérence. 

La lecture de loisir devrait-elle donc se faire comme une lecture professionnelle, en s'arrêtant pour noter ses impressions ? Tu le sais bien, toi qui annote si souvent tes livres, écris sur eux, y pense dans les marges, effectuant des liens. Cette fois, tu n'as pas encore saccagé le livre. Comme tu n'enseignes plus, tu n'auras pas besoin d'en racheter un neuf pour en photocopier des passages et le faire étudier à tes étudiants. D'ailleurs là, ce qui t'intéresse, ce n'est plus la grammaire de l'anglais, ni la langue française, mais le plaisir de lecteur quand la littérature pense et te fait penser avec elle.

On ne devrait jamais lire trop vite.

On devrait pouvoir avoir le temps de prendre son temps, de profiter de l'otium, du loisir de lire et de ne plus lire, puis de relire et de ré-arrêter de lire. Tu as eu la chance de te choisir un métier tardif d'enseignant-chercheur après avoir été enseignant tout court qui a nécessité que tu prennes le temps de te plonger dans les détails. Tu sais désormais t'arrêter à temps quand tu perçois qu'avec un livre, il est temps de s'arrêter à temps pour prolonger le temps de la lecture, le temps de l'entrée et de la pérégrination dans le monde textuel, curieux miroir du monde réel. Tu repenses à la théorie des mondes textuels. Tu enrages, oh !, très doucement, de ne pas l'avoir suffisamment travaillée à fond. Cela n'a guère d'importance pour ce que tu fais là. Tu vas rentrer dans le détail, dans les détails où, dit-on, se cache le diable, tu vas poursuivre l'auteur poursuivant son narrateur sur les trace du démon, en ligne droite.

En attendant, ce titre "Le Diable avance toujours en ligne droite" , avec son "toujours" t'inquiète terriblement. C'est très réussi. Ce titre t'intrigue et te donne envie aussi, de découvrir, au-delà d'une pensée du réel, une intrigue de l'humanité.

Tu remarques qu'habituellement, tu n'aimes pas trop cette (nouvelle ou relativement récente ?) tendance à prendre des phrases complètes, ou des segments de phrase comme titre de livre, d'émission de télévision ou de radio et de marques de vêtements. Ça a d'ailleurs dû commencer par des vêtements. Tu penses à des "Comme des garçons", des anciens "Fruit of The Loom" des T-shirts de ton adolescence dans les seventies. À la radio, te revient "Là-bas si j'y suis" et l'envoyer-promener dont les enfants autrefois se faisaient gratifier prestement : "Va voir là-bas si j'y suis", aussi élégant et explicite que "Dégage" et "Fous-moi" ou "Fiche-moi l'camp" (sous-entendu "d'ici").

Tu notes que la phrase du titre ne coule pas bien en tant que titre. Tu ne l'aurais pas remarqué à l'intérieur du roman, sauf peut-être en cas de micro-lecture. Tu remarques que quelque chose accroche. Ce toujours, comme de trop. Privant le titre de l'équilibre d'une phrase à huit pieds (octosyllabe). Tu y vois une forme de figural (Laurent Jenny), mais tu peux te tromper. Tu as un titre qui fait style. Tu dis bien qui "fait style" et non qui fait "staïïle, qui fait "genre". Non. Tu fais face à un titre qui fait style au sens de "Tu reconnais que tu es face à un style". 

Tu aimerais que les éditeurs prennent l'habitude d'écrire explicitement qui a été l'éditeur d'un livre et non juste la marque de la maison d'édition. Tu ne sais pas si le titre est de l'auteur ou d'un agencement collectif d'énonciation économico-littéraire, le résultat d'une négociation ou une imposition anonyme entre commerce et littérature. Mais cela est un tout autre sujet.

Tu retourneras à ta lecture à la poursuite, cette fois, non plus seulement du démon du narrateur mais aussi du style de l'auteur. 

Ah ? Bah ! Et l'intrigue, dans tout ça ?

T'inquiète pas. Ce n'est pas de la lecture pour, de la lecture pour travailler, de la lecture pour étudier, de la lecture pour réfléchir. C'est juste de la lecture. Le plaisir de la lecture. 

C'est ta vraie lecture d'évasion, hors du monde réel, dans un monde textuel, qui te ramène, sans cesse au réel de l'autre, par identification avec toi et rencontre avec l'altérité de l'autre. Conjointement. Cela fait littérature. Cela est littérature.

© Simone Rinzler | 22 janvier 2015 - Tous droits réservés 

NB : Tu as repensé, à la fin de l'écriture de ce texte au titre de Marcel Proust "À la Recherche du temps perdu".
NB bis : Cette réflexion fait référence à de très nombreux travaux sur le langage et sur la littérature qui ne peuvent tous être cités et commentés ici. Je fais référence notamment au chapitre 3 de "L'Emprise des signes - Débat sur l'expérience littéraire" intégralement rédigé par Jean-Jacques Lecercle (in Lecercle & Shusterman), une lecture éclairante que je recommande vivement.

12/12/2014

"Le Dernier Gardien d'Ellis Island" de Gaëlle Josse

"Le Dernier Gardien d'Ellis Island" de Gaëlle Josse : un livre à découvrir 

J'ai une attirance particulière pour Ellis Island, cette île où les immigrants arrivaient dans le Nouveau Monde, fuyant la pauvreté et la peur.

Je l'ai souvent retrouvée en littérature. Avec Georges Perec, bien sûr. Et puis, dans de nombreux documentaires, le plus souvent sur Arte ou sur la 3.

Je l'ai visitée aussi, le coeur serré par un chagrin indicible. 

Mes grands-parents paternels n'avaient pu faire le chemin jusque là. Le numerus clausus avait frappé. On n'accueillait plus les étrangers, question de quotas. 

[On se réfèrera au très drôle "Fuck America" d'Edgar Hilsenrath pour comprendre la difficulté à obtenir l'autorisation d'aller émigrer aux États-Unis.]

Alors, ma famille paternelle s'est installée en France, mon père a rencontré ma mère quelques années après la guerre, et je suis née. 

Ni de là-bas, ni vraiment complètement d'ici, j'ai par la suite fait des études d'anglais. Je gardais un attachement pour cette île rêvée que mes grands-parents, mon père et sa sœur n'ont jamais pu atteindre. S'ils l'avaient pu, je ne serais pas là, avec cet attachement ineffable, sans raison apparente.

Mais il n'est pas besoin de raison pour expliquer un attachement à ce qui n'a pas été.
Je suis irrémédiablement attachée à Ellis Island.

Il y a quelques temps, j'ai vu que paraissait le dernier livre de Gaëlle Josse, auteur que je ne connaissais pas, et tout de suite, mon intérêt a été éveillé par le résumé du livre. 

Alors que le centre d'accueil d'Ellis Island doit fermer ses portes, celui qui en fut le dernier gardien, écrit les mémoires de sa vie là-bas, sa vie avec sa première femme, décédée, son histoire avec une immigrante dont le petit frère, simplet et malade, ne peut débarquer à Manhattan.

Le hasard de l'ordre des lectures a fait le reste. Je venais de voir le film "The Immigrant" de James Gray, avec Marion Cotillard dans le rôle principal.

Les scènes du roman dans le livre de Gaëlle Josse font écho au film qui m'a servi de toile de fond. Les histoires, bien que différentes, disent toutes les deux la même détresse, le même attachement à la sœur ou au frère malade.

Cependant, dans "Le Dernier Gardien d'Ellis Island", tout se passe sur l'île. L'atmosphère d'étouffement et de peur est bien rendue. L'histoire du gardien force à une belle réflexion sur le rôle des gardiens d'état et mènent le lecteur à penser à ce que la notion de "devoir accompli" pour le compte d'un État peut avoir de déshumanisant.

Je conseille aux lecteurs de ne pas lire le résumé de la quatrième page de couverture ou certaines critiques que j'avais lues ailleurs sur le web.

La découverte de ce beau roman mérite une approche tout en douceur.

Je n'ai pas pu lire d'autre livre pendant quelques jours après la lecture de celui-ci, preuve que bien après la lecture, il résonnait encore en moi.

Une belle lecture, facile, agréable, dans un style limpide qui, de mon point de vue, convient tout autant aux grands lecteurs qu'à ceux qui lisent peu, ce qui, pour moi, est une grande qualité littéraire.

11/12/2014

J'ai enfin lu et aimé "La Très Bouleversante Confession de l'homme qui a abattu le plus grand fils de pute que la terre ait porté" d'EmmanuelAdely, une lecture que je me réservais pour l'apprécier comme il se doit (et j'ai gagné le concours du titre le plus long, à défaut de jour le plus long, bien qu'il s'agisse d'armée américaine)

Une écriture qui fouette qui vibre qui bande qui chie dans son froc qui s'adrénaline sans point sans arrêt sans arrêt qui avance prête à l'attaque prête au combat affûtée comme un soldat enfiévrée éperdue bavarde crue réaliste sûre d'elle sûre d'aller

jusqu'au bout de la lutte pour l'écraser ce fils de pute ça tire ça pense ça chiale

ça chiale pas ça réfléchit pas 

ça pense à y aller tout de go droit devant dans ses godillots
ça gicle ça venge ça tire ça s'intimide ça se faufile ça s'insinue ça n'en finit pas ça court ça monte ça vole ça caracole ça s'agite 

ça a du mal avec la vie simple ça urge ça y va va va

vas vite crever ce fils de pute

ça s'appelle "La Très Bouleversante Confession de l'homme qui a abattu le plus grand fils de pute que la terre ait porté" c'est palpitant ce style te porte aussi vite que l'action et c'est une belle lecture chez Inculte de Emmanuel Adely.

À noter aussi la super couv' qui tire le livre à toi, le titre clair qui intrigue quand même et surtout le style adapté essoufflé essoufflant palpité palpitant époustouflé époustouflant flabbergastant 

Lire aussi et surtout la très belle note de lecture de Charybde 2, libraire indépendant mais non solitaire, à Librairie Charybde, 129, rue de Charenton, 75012 Paris, Métro Gare de Lyon :

http://www.charybde.fr/emmanuel-adely/la-tres-bouleversante-confession-de-l-homme-qui-a-abattu-le-plus-grand-fils-de-pute-que-la-terre-ait-porte




7/23/2014

"Urbs" de Raphaël Meltz aux Éditions Le Tripode

Ah ! Oui ! Tiens... #Littérature !

Tu as raison, Frédéric Martin. 

On n'oublie surtout pas "Urbs" de Raphaël Meltz aux Éditions Le Tripode.

Une de mes lectures bienaimées de la rentrée passée.

Il faudra bien un jour que j'écrive ce que ce livre m'a inspiré. J'ai adoré son originalité, sa petite folie douce, ses histoires décousues si bien ficelées, ce petit goût de revenez-y d'un Club des Cinq qui aurait grandi et décidé de faire la révolution dans la métro. Une légèreté grave, un petit air de ne pas y toucher... Et même une intertextualité balzacienne que je n'ai pu goûter faute de connaître un certain livre de Balzac. 
Une jolie petite gourmandise littéraire, moins innocente, moins naïve et moins foutraque qu'elle n'en a l'air. 
Une véritable richesse stylistique, un jeu et un amour du style, du Langage, des histoires et de l'histoire, du Texte et des interactions Auteur / Narrateur / Lecteur : le régal récréatif des amateurs de théorie littéraire, et tout cela avec jeu, sans pesanteur. 

Une très jolie facétie littéraire qui me hante encore.

Ah ! Bah ! Tiens...
C'est fait.

© Simone Rinzler | 23 juillet 2013


7/21/2014

Comment Rien

Comment.

Comment rendre compte de sa dépression.

Comment ne pas en rendre compte.

Comment survivre sans vivre tout en vivant.

Comment mettre tant de temps à lire un livre qui plaît et désole en même temps.

Comment rendre justice à Rien. À "Rien (qu'une affaire de regard), premier roman de Philippe Annocque, publié de nouveau dans une version remaniée aux Éditions Quidam.

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Elle se dit qu'elle ne le peut pas, qu'elle n'en a pas le droit. Elle se dit que ce livre a le mérite d'exister, qu'il mérite d'exister, que son auteur a le mérite de l'avoir écrit avec ce que le journaliste du Figaro à appelé en 4ème de couverture "Une écriture blanche, acérée. Un style sec, sans afféteries." Elle pense à ce que pense, ce que penserait l'auteur de ce qu'elle a à en dire. Elle se dit que, de toute façon, il peut bien penser ce qu'il veut, ce qu'il peut, ou ne penser rien du tout. Qu'il a déjà publié. S'est exposé. Qu'elle ne sait pas le faire, ne peut pas le faire, ne veut pas le faire et le fait quand même, sans y penser, en ne cessant jamais d'y penser. 
Elle se demande comment elle est entrée dans l'esprit de cet auteur. Comment elle a souhaité en sortir, allant, venant, ailleurs, loin de l'activité de lecture, d'écriture. Comment elle se dit que cette rencontre du blog de Philippe Annocque à été une vraie rencontre avec un écrivain, avec un humain, avec un homme simple, délicat, tendre. Elle se dit qu'elle le compare à un jumeau de son adolescence, de sa maturité. Qu'elle comprend sa difficulté à conjuguer et à décliner le mode amoureux par le langage et que, comme elle, il sait si bien en parler sans avoir l'air de rien. Rien. L'air de Rien. Qu'il avance son petit bonhomme de chemin. Qu'elle le suit et qu'elle l'annote, l'Annocque nouveau, l'air de rien. Qu'elle a ressorti son stylo, son encre marron, qu'elle a racheté un stylo-plume en allant faire les courses. Que spontanément, après y avoir inséré les cartouches "Terre de Sienne", elle s'est installée à son fauteuil de lecture et a commencé à annoter. À aimer. À se demander comment elle avait bloqué sur ce texte, comment elle avait pu le laisser tomber, y renoncer. Elle repensait à son "Reader's Block", son angoisse de la page noircie par d'autres, son incapacité à se concentrer, son impuissance à lire, à écrire, et à compter dans le monde, sur le monde et avec le monde. Elle s'est dit qu'elle pensait trop, qu'elle n'agissait pas assez. Qu'elle retombait toujours dans le même travers. 

Elle s'est dit qu'elle en avait assez des tergiversations de ce petit puceau impuissant, elle l'écrivaine pucelle impuissante, incapable de publier en son nom propre pour une raison qui lui échapperait toujours. 

Elle se dit qu'elle devrait bien aller le voir, le remercier, le père d'Herbert, le père de ce jeune homme impuissant dont la comparaison entre "conjugaison" et "déclinaison" (pages 178-179) lui inspire des réflexions autres que purement stylistiques. Con-jugare : être sous le même joug (?) ensemble ? Déclinaison : pénienne ? Pen : plume et sexe, impuissance créatrice et impuissance physique. Ses "avortements sentimentaux" : son impuissance physique, oui ! Oh !  Non ! Pas d'impuissance de l'esprit qui toujours tourne sans frein, freinant le corps qui ne sait se dire, ne sait que se taire. Son esprit, toujours en analyse, sans répit, qui le mène à son but, un but qu'il ne connaît pas encore mais subodore et auquel, il parviendra. Ce livre, bientôt terminé en est le témoin.

© Simone Rinzler | 21 juillet 2014
Avec la participation quasi (in)volontaire de Philippe Annocque.




3/22/2014

Planninge : ça plane pour moi (note de lecture de "Planning" de Pierre Escot

Planninge : ça plane pour moi

20140322 Planning Pierre Escot GamStyl ALADELE101

Éblouie par la lumière sombre de Pierre Escot.
(Passivoïde : PP + PAR + Det. + N Inan. + Adj CoulNuanc => [GN Oxy code 8])

048. "Planning", deuxième édition révisée. PPT/éditions - Paris, France, 2012.  

Prendre des notes.
Poser livre. Écrire.
Idée style mûrit.
Fait ses gammes 
Gammes stylistiques.
ProjBK ALADELE101

RETOUR SUR LECTURE
Refeuilleter le livre.
S'aperçoit que deux pages lues trop vite.
N'ai pas imprimé ce que mes yeux ont lu.
Ce que mes yeux lisent, mon cerveau ne lit pas.
J'ai lu, mais je m'entendais écrire pendant que je lisais. 

Esprit distrait par la richesse 
(Passivoïde + CA PAR + GN [Det. NInan Uncount Gen / Spec ? Code 9]

[Améliorer codes GN]

Page 007
Conquise
Le lirai dans la journée

Pas beaucoup de mots
Trop de réflexion 
Le lirai plus lentement

Pas assez attentive
Lire plus lentement.

Pour un critique intermédiaire du livre en cours de lecture dans le style de l'auteur : 
Pasticher n'est pas parodier (Hommage)

Découvrir l'original dans le merveilleux petit, Grand, livre de Pierre Escot "Planning" (cf. Ref. Supra).
Écrit sur Vélin Electronique, IPad 2, statut FB sans titre, 22 mars 2014.

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Pierre Escot me rappelle de suivre la prescription de sa dédicace du 19 mars.

Égarée hors prescription du Docteur Escot.
Rebelle à toute prescription.

"Le refus d'une prescription est l'obéissance à une prescription insue, invisible, oubliée. L'invisibilité de la doxa contemporaine est une idéologie* (Cf.NBP**) dont la puissance est d'autant plus forte et inévitable qu'elle nous est invisible et insue de nous en raison de sa trop visible prégnance, car nous en sommes tous participants, même (et probablement surtout) si nous croyons être des observateurs-participants. 
NBP :
*[Prendre/Comprendre "Idéologie"  au sens du terme. En russe, "Idéologie", signifie "Ensemble des croyances, habitudes et habitus dans une société donnée" et correspond à ce que les linguistes appellent "Shared Knowledge" ou "Connaissance partagée du monde" et Umberto Eco "Encyclopédie" et que l'on peut qualifier de "Contexte extra-linguistique", c'est-à-dire ce que j'appelle le "Macro-Contexte".]
** [NBP signifie Note de Bas de Page]

(Dr Simone RINZLER, MCF HDR, 20140322-15:02)

Double-Bind Assuré.
Double-Bind Assumé.
Prescription du Docteur Maille suivie par rejet de prescription antagoniste.

Injonction contradictoire résolue par la sortie du cadre.

Retour à la case écriture.
Photographier.
Glander.
Photographier.
Prêter des livres.
Lire sur tablette.

La guerre de la monographie n'aura pas lieu.

Avant fin mai.

S'appesantir sur son sort.
Visite de L.
Rires.
Joie.

Fatigue.
Repos allongée.
Vertiges.
Nausées.
Vérifier pharmacie.

Envoyer mail.
Lire d'abord. Envoyer mail après.

Réveil pas pâteux. Vertiges disparus.
RAS.

Demain.
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De la surprise à la méprise.
Point de mépris,
Mais Mé-Prise, "Misprision", mal pris, pris de travers, pas comme il le fallait.