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5/02/2015

L'injonction à ne jamais prendre du repos

L'injonction à ne jamais prendre du repos

Introduction : comment poser la question

Parfois, la question semble la même, mais la manière de poser de poser la question oriente nécessairement la diversité des réponses possibles.

Présenter une question sous une approche féministe donne, dans une société encore fortement ancrée dans un modèle patrilinéaire, des réponses immanquablement teintée de réflexes acquis patriarcaux, y compris chez un grand nombre de femmes que le féminisme et ses représentations mentales agressives y compris chez la majorité des femmes.
Ma démarche consistera à élargir le propos du féminisme à la question de l'utilité sociale. La question de société en jeu devient alors un élément de réponse au sentiment d'abandon ressenti par une population épuisée, vidée, qui se vivant comme inutile dans un contexte où seule l'efficacité de l'action est prise en compte, ressent un violent sentiment d'illégitimité qui nuit au sentiment d'appartenance, seule condition à même de faire société.

Qu'est-ce que faire société 

Ce qui est à la racine de ce qui ne fait plus société répand le risque de violences et de réactions imprévisibles, parfois extrêmes et mettant en péril ce qui permet de "faire société". Une société qui ne donne plus de possibilité à chacun de prendre part à sa façon s'éloigne de la civilité, dans un climat de tension permanente des uns et des autres, indépendamment du bon vouloir et de l'authentique bienveillance et compréhension mutuelle. S'éloignant chaque jour davantage de ce qui est susceptible de faire société, elle prend le chemin vers un retour à une forme de barbarie toujours en sommeil et prête à surgir en cas d'extrême tension. 
Le corps social ne réagit pas différemment des corps individuels. Ce que peut un corps est humain et dépend de programmations tant génétiques que sociétales, à des degrés divers selon que l'on pense que l'un prime sur l'autre. Or, il ne s'agit pas ici de choisir entre une option plutôt qu'une autre, entre le tout génétique, le tout inné, et le tout sociétal, le tout acquis. C'est le délicat mélange des deux tendances, existantes toutes les deux, qui crée une troisième tendance, distincte de tout choix binaire, réactivant des réflexes de mise en opposition dans un forme de lutte, d'agōn, inconsolable car incontrôlé, faute de l'avoir pensé.
Il faut penser la binarité pour s'en extirper et refuser de faire le choix du binaire. Je m'appuie ici sur les travaux de ce que l'on a appelé l'École de Palo Alto et plus particulièrement ceux de Paul Watzlawick, disciple et condisciple de Gregory Bateson.
Le refus du choix entre deux options passe par le choix de ne pas faire de choix, comme la Femme de Bath dans Les Contes de Canterbury de Geoffrey Chaucer et par se tirer d'un mauvais pas en se tirant hors du marais où l'on se trouve englué en se tirant soi-même par les cheveux, comme l'avait fait, dans un conte, le facétieux Baron de Münchhausen (Watzlawick).

En appliquant cette solution individuelle, appliquée à des corps et des êtres humains individuels à un corps social, la solution de sortie de crise sociétale passe par le refus du choix du binaire et le choix de faire société en se tirant hors de la mare par la queue de cheval. La proposition semble farfelue. Elle ne l'est pas. Que symbolise cette queue de cheval que portait le Baron foutraque est un véritable sujet de réflexion. Elle correspond à un proverbe chrétien "Aide-toi et le Ciel t'aidera" repris par les tenants du libéralisme avides de gracieuses métaphores sportives "Allez, les gars, on se sort les doigts du cul !"  avec une dureté telle que le message ne peut être entendu, faute d'être compris.
Faire société n'est pas une évidence.


© Simone Rinzler | 31 mars 2015 - Tous droits réservés

La pensée est de retour à L'Atelier de L'Espère-Luette

3/04/2015

Tu fais ton pilulier...

Tu fais ton pilulier...

Tu t'arranges pour le faire quand il n'y a personne à la maison. Pour ne pas te tromper. Ce n'est pas toujours le cas. Il t'est arrivé, ces dernières années, d'avoir tant à faire que tu as fini par ne plus le faire quelques jours à l'avance et te retrouver, par deux fois, devant la course aux médicaments "manquant fournisseur". 

Mais ce n'est pas de la glace à la fraise ! 
(Tu n'aimes pas cela d'ailleurs et tu peux d'autant plus t'en passer). 

Ce sont des médicaments au long cours pour des affections pour lesquelles il est très périlleux de dérégler un dosage qui te permet de vivre en équilibre, sans tachycardie, ni brachycardie, sans bouffées de chaleurs, ni frissonnements glaciaires, sans excitation, ni ataraxie, sans dérèglements intestinaux, bref, sans tous les petits et grands emmerdements contradictoires des maladies auto-immunes, ces maladies dites de système, conjugués à une tendance anxieuse et un vieux fond dépressif qui peut pourtant te laisser en paix pendant des années et qui est venu se rappeler à toi ces quelques dernières années où tu avais fini par devenir désespérée.

Voilà maintenant plus de vingt ans que tous les mois, tu fais tes quatre piluliers pour le mois à venir.

C'est devenu un rituel. Involontaire. Tu ne voulais pas que cela devienne un rituel. Mais toute chose que tu fais chaque mois, sans interruption, régulièrement, toutes les quatre semaines depuis plus de vingt années, c'est forcé que ça devienne un rituel, même contre ton gré. 

Tu prépares tout. Sur la table d'abord. 

À gauche, toutes les boîtes de médicaments que tu dois utiliser. 

À droite, toutes celles que tu viens d'utiliser. 

Sur la chaise, à gauche, tu déposeras tous les déchets, boîtes vides, blisters métalliques et plastiques, notices, bouchons et boîtes que tu ne gardes pas. 

Devant, les boîtes plastiques, petites ou grandes, solides, hermétiques, vides, que tu garderas pour y ranger des clous, des vis, des babioles, et même des bouchons d'oreille pour voyager, supporter des concerts trop bruyants, entendre mieux dans un bruit ambiant, parfois quelques comprimés supplémentaires en cas de besoin. 

Juste devant toi, les quatre semainiers d'une couleur différente. Un bleu, un jaune, un blanc transparent et un orange. Pour savoir où tu en es de ton traitement. 

Tes semaines sont rythmées par ces couleurs qui s'enchaînent. 

Depuis quelques mois, tu ne respectes plus le code couleur. L'ordre n'a plus d'importance. Tu ne travailles plus, tu as davantage le temps de faire attention. Tu peux contrôler ce qui t'est vital un peu plus régulièrement. 

Tu ne ressens plus l'obligation d'une organisation quasi militaire. Tu te souviens que tu es fille de fille de militaire, elle-même fille de fille de militaire. La lignée maternelle t'a imposé l'organisation militaire des hommes de ta famille. Tu n'y penses même plus. Tu ne saurais pas vivre sans organisation. Tu serais perdue. Tu n'aurais jamais rien foutu.

L'intérêt de savoir s'organiser, sans avoir même à y penser, c'est que tu y penses une fois, une bonne fois pour toutes, sauf si tu te rends compte qu'il faut apporter des modifications pour que cela soit plus rapide, plus pratique, plus efficace, pour y penser encore moins, ne pas se vivre comme malade. C'est peut-être pour cela que tu as toujours fait beaucoup plus de choses et vécu infiniment plus d'expériences que la moyenne des gens. Mais là aussi, tu peux te tromper.

Tu es organisée comme si tu devais mener un jour une guerre sur le terrain. 

Tu ne savais même pas que tu étais tout le temps prête à la guerre.

Tu fais juste comme on t'a appris à faire. C'est devenu comme une seconde nature. 

Tu n'y penses même plus. 

Surtout maintenant que tu ne travailles plus. Ton problème serait plutôt "Que faire maintenant de tout ce temps dégagé ?". 

Mais tu as trouvé. 

Tu as le temps d'écrire, puisque tu ne passes pas ton temps à chercher ou à organiser des choses. Voilà peut-être pourquoi il faut apprendre l'organisation aux enfants quand ils sont tous petits, pas comme un truc obligatoire, mais chaque fois que tu leur apprends quelque chose, tu ranges toujours au fur et à mesure et tu exiges qu'ils le fassent eux aussi. 

Une chose qui n'est pas rangée est une chose perdue chez quelqu'un qui, comme toi, a vécu sous l'impératif catégorique de guerre : 

"Chaque chose à sa place et une chose à chaque place". 

Au moment d'écrire, un doute orthographique te vient à l'esprit : "À sa place" ? Avec un  "à accent grave" ? À moins que ce n'ait été un "a" sans accent, du verbe "avoir", comme un constat d'appartenance : "Chaque chose a sa place", sous-entendu, "là où elle doit être mise, être placée et replacée après utilisation" ?

C'est un précepte oral. Tu n'as jamais réfléchi à son orthographe ni à sa grammaire. Tu as toujours pensé cela en termes d'état de fait. 

À bien y réfléchir, en linguiste, ce ne peut être écrit qu'avec un à avec accent grave : la deuxième partie "et une chose à chaque place" en comporte un aussi. Les sentences et maximes privilégient la symétrie grammaticale. Pas de verbe avoir, pas de a sans accent, donc.

Ce précepte maternel, c'est comme un proverbe, une maxime cardinale qui t'accompagne depuis toujours, plus ou moins à ton insu : 

Chaque chose à sa place".

Cela doit être comme cela, il faut qu'il en soit ainsi.

Ainsi-soit-il. 

Amen.

Pour ce qui est de la deuxième partie, "une chose à chaque place", là, tu as fait ta rebelle.

Ou tu as tiré parti des enseignements paternels silencieux. On peut entasser.

Et des dégoûts maternels aussi. Il fallait qu'il y ait de la vie dans la maison. La salle à manger ne devait pas ressembler à celle un marchand de meubles, vide, sans vie. 

De ce côté-là, te voici protégée. 

Tu as d'ailleurs conservé la même petite manie, partagée à des degrés divers avec celui qui accompagne ta vie. Si l'organisation est ton fort, tu es une redoutable organisatrice, ou plutôt, tu l'étais, tu as quand même quelques réticences et es un peu en délicatesse avec l'ordre. À tous les sens du terme.

L'organisation personnelle, oui, l'ordre, euh...

Tu verras cela un autre jour.

"Demain est un autre jour" à aussi accompagné ta jeunesse.

Tu n'es pas obligée de tout dire ici aujourd'hui. "Gardes-en pour demain !"

Oui... Ça aussi.

"Eh ! Mais que voilà un bel agencement épicuro-spinozien !, penses-tu d'un coup. Ne pas se goinfrer, le véritable épicurisme et privilégier les affects joyeux de ton cher Spinoza. 

La philosophie te manquerait-elle ?

Oui.

Et non.

Elle ne t'a plus jamais quittée depuis que... 

Elle fait partie de ton projet littéraire, en sous-main, en sous-marin, en catimini, en tout petit mimi. Tu sais que "La Littérature Pense". Cela tombe bien. Toi aussi. C'est cette littérature-là que tu veux écrire.

Une littérature qui pense, qui pense le monde, le langage et les humains, à partir de petit faits, tous petits, aux grands effets.

Que ne ferais-tu dire au remplissage d'un pilulier ?


© Simone Rinzler | 10 février 2015 - remanié le 5 mars 2015 - Tous droits réservés 

2/06/2015

Baiser ou Faire l'amour...

Un premier texte de Joachim Sin démarre sur FB une discussion sur le thème "Baiser ou faire l'amour" en parlant du "point Godwin d'une discussion à propos de cul".

Le texte m'interpelle.

Le voici :

"Baiser ou faire l'amour.
Le point godwin d'une discussion à propos de cul.
La culpabilité judéo-chrétienne qui prononce dans ta bouche des nuances dont tes pulsions animales n'ont strictement rien à carrer.
Il y a bien quelques tarés qui vont voir les putes pour se faire tailler des pipes parce qu'ils respectent trop leur femme pour les traiter de la sorte. Pensez bien, ce serait dégradant pour elle, qui embrasse le front des enfants, de sucer une queue.
Bon, mais cette espèce mise à part, pour la plupart des gens, baiser et faire l'amour c'est plus une question de vocabulaire qu'une différence dans les actes. De l'hypocrisie bon marché pour mémère et pour soi-même.
D'ailleurs le sexe, c'est le lieu de toutes les hypocrisies, de tout les non-dit, de tous les mensonges.
On en parle pour s'exciter entre amis, parce qu'on y pense, souvent, mais pas pour se dire la vérité.
Vous imaginez ? Raconter ses loupés, ses maladresses, ce qu'on n'ose pas faire, ce qu'on fait mais dont on sait que l'autre s'interdit ?
Non les discussions sur nos fantasmes ne sont pas libres.
Sinon les hommes lâcheraient des bombes et les femmes en trembleraient d'excitation qu'elles dissimuleraient sous une juste colère ! Un sacré bordel !
Il est un fait peu colporté par exemple qui nuirait grandement à l'entente de nombreux couples.
Tout homme honnête avec lui même sait au fond de son âme que s'il en avait le choix il esquiverait le plus possible la pénétration vaginale pour deux autres options bien plus stimulantes. Mais faut en passer par là. C'est le deal. C'est pénible mais c'est comme ça.
Il faut vraiment aimer quelqu'un pour s'extasier dans un vagin. Il faut que le contact d'une peau vous scotche et qu'une odeur suffise à vous faire fermer les yeux.
C'est peut-être ça d'ailleurs la différence entre baiser et faire l'amour.
Peut-être fait on l'amour quand on se sent aussi bien qu'ailleurs dans la chatte de sa femme."

Je lis les commentaires sous le texte.

Thomas Kundera répond :

"Tu écris bien, tu as ton avis, mais je ne le partage pas.

D'abord sur le plan physiologique; une bonne pipe, c'est un apéritif qui m'est agréable, mais pour moi c'est juste ça; un amuse-gueule, pas un festin. De même que la petite porte est un fantasme plaisant, tentant (et tenté ;) dont, il me semble que l'intérêt principal, au delà de l'excitation provoqué par la transgression, réside dans la grande confiance et complicité requise par les amants pour y venir avec la douceur nécessaire à leur plaisir.

Avant d'en venir au jardin des délices, une parenthèse nécessaire: autant glisser son membre ici ou là est finalement, pour l'homme, assez équivalent, autant, pour la femme, c'est très différent. Et c'est le point aveugle de ton texte de négliger cela. La bouche n'étant pas une zone très érogène, elle peut rester maître d'elle-même et contrôler totalement le plaisir de son partenaire par ses jeux de langues. C'est, contrairement à une vision répandu, une position de domination pour elle, car elle choisi à chaque instant ce qu'elle donne et comment, et souvent elles aiment jouer de cela pour notre plus grand plaisir. Plus rares sont les femmes qui jouissent grandement du plaisir anal, mais pour certaines, c'est la porte privilégiée du plaisir, je ne connais pas d'homme pour qui ce choix soit aussi tranché. Les différences sont donc plus pour elle que pour moi.

Pour ce qui est de l'entrée du paradis, de l'origine du monde, du jardin parfumé, c'est l'endroit plus merveilleux ou venir se nicher. C'est une douce chaleur humide et vivante, qui se contracte et se relâche au rythme de son plaisir, dont la couleur, le parfum, la texture change à chaque instant suivant son trouble et ses émotions.

Pour l’apprécier vraiment,  pour la ressentir pleinement, il ne faut évidemment pas s'en isoler derrière un film plastique qui coupe l'essentiel de ces sensations. À ce sujet, et pour ajouter à ta réponse, si ce n'est une condition suffisante, c'est en tout cas une condition nécessaire: on ne peut partager l'amour derrière un préservatif, même si l'on peut baiser avec. Cela implique bien sur une grande confiance, ou du moins une forme d'inconscience, tous deux indispensable à l'amour.

Et cette confiance et cette inconscience, cette folie, cette présence dans l’abandon, tout cela rend la rencontre très différente, fait que dans un cas nous partageons de l'amour, alors que dans l'autre nous ne ferions que baiser."

Je like les deux textes, pourtant si différents.

Ma réponse :

"Liker une position, en liker une autre, différente, faire l'amour ou baiser, tout cela n'est qu'une question de contexte. On peut aimer tout, mais pas tout le temps, être plus doux ou plus douce, plus puissant ou plus caressant, rapide et féroce ou lent et alangui, homme ou femme, c'est cela qui est bien. Il n'y a pas deux manières "baiser" ou "faire l'amour". Il y a des moments pour ci et des moments pour ça, parfois d'un moment à l'autre, rien ne se répète jamais. C'est pour cela que l'on ne s'en lasse jamais. Le reste n'est qu'une distinction sociale qui se trahit et/ou s'épanouit dans le langage qui porte la trace de nos conditionnements sociaux et moraux. L'intimité pour chacun des membres du couple qui s'accouple n'est déjà pas la même pour l'un et l'autre et pourtant ils s'accordent, même s'ils n'ont pas la même perception mentale, intellectuelle et morale de ce qu'ils font. Mais, à ce, parfois long, parfois court moment, il le font ensemble, en quelque sorte, côte à côte, même si, physiquement, ils sont l'un dans l'autre ou l'un sur l'autre. Un bon moment, très bon moment, d'extase, pure. L'extase, ou ex-stasis, c'est la sortie (ex-) de soi, la sortie de son corps. Elle n'est pas uniquement religieuse, cette extase dont on parle davantage pour les saints que pour les baiseurs et les faiseurs d'amour. C'est pourtant elle que l'on recherche, avec l'autre, parce que tout seul, ça a beau être bon, ce n'est tout de même qu'un pis-aller, sauf peut-être au moment de la découverte de son corps, découverte solitaire avant de tenter la découverte avec l'autre, son autre, son différent, son complément, son compagnon, sa compagne de jeu.

Vous permettez que je cite votre texte à tous les deux, avec ou sans votre nom, suivi de mon texte, sur mon blog ?
De toutes façons, je posterai peut-être mon texte quand même, seul. Mais, à deux, avec deux larrons supplémentaires, l'écriture, c'est mieux. Ça avance plus loin. Pour des raisons évidentes, vous vous doutez bien que je n'en dirai pas davantage sur ma vie personnelle. Je suis résolument monogame de longue date et la multiplicité des partenaires ne fait pas partie de mes jeux effectifs."

© Simone Rinzler en compagnonnage avec Joachim Sin sur son journal FB et Thomas Kundera  - 6 février 2015 - Tous droits réservés.

Le nom Thomas Kundera est un pseudo, Pour Joachim Sin, je ne sais pas. Par ailleurs, je vous épargne la totalité de la discussion avec d'autres participants. Elle est publique, mais pas sur mon blog où je sélectionne ce que je choisis de publier ou de commenter. Mon but premier est toujours de travailler à l'atelier de la pensée.

1/23/2015

Découvrir, redécouvrir la puissance de la musique orchestrale...

Découvrir, redécouvrir la puissance de la musique orchestrale.

France Musique vient de diffuser Pacific 751 d'Arthur Honegger, probablement pas réécouté depuis ce cours de musique facultative au lycée, avec Mme Dedieu, probablement.

Écouter les explications d'Honnegger sur la transcription de la vitesse.

Écouter l'œuvre. Être trop distraite par la vie qui passe et repasse autour pour savoir si l'œuvre entendue est complète. Elle semble bien brève pour une œuvre complète. Peut-être un mouvement, seulement. Impossible de vérifier dans la discothèque personnelle. Cette œuvre orchestrale n'y figure pas. Peu d'œuvres intégralement orchestrales y figurent. La passion de la voix humaine et l'attachement adulte pour la voix a remplacé la découverte des grandes œuvres orchestrales du XXe siècle de l'adolescence flamboyante, vibrante et sensible.

Une vie de musique, bien plus que de littérature, à bien y regarder. Musique des mots. Musique de la langue, musicalité de la langue anglaise britannique standard au creux du choix personnel de l'étude de l'anglais, avant la découverte des accents, du monde anglophone.

Écriture sous Dutilleux. Quelle belle pièce. Titre non entendu. Sans importance. Le plaisir se passe d'étiquette. Amour de la radio trop peu nourri dernièrement, depuis trop longtemps. Amour de la découverte de ce qui n'a pas besoin d'être choisi par soi-même. Accepter le cadeau de ce qui est offert par le hasard d'un bouton poussé un certain jour, une certaine heure, sur une certaine onde. Se régaler du Brahms qui démarre.

Plaisir de l'écoute non programmée. Jour de sérénité. Jour de vie aussi. Un petit projet sympa en préparation. Accompagner la future mère chez le coiffeur, comme ça, aller faire salon, chez le coiffeur, pour le plaisir d'un moment mère-fille en attendant la venue des petites-filles. Voir passer les copains déménageurs pour meubler la nouvelle pièce. De petits riens. 

Se souvenir de la perte des petits riens sous l'effet d'un travail acharné, accablant, quoique si plaisant, et pourtant si pesant. Accueillir sa jeune, jeune, toute jeune vieillesse le sourire aux lèvres, le calme dans la peau. 

Repenser à cette phrase en enfance qui ne se voulait pas assassine : Elle a le diable dans la peau, quand elle n'avait que la vie dans le corps et que sa vie apparue mettait à terre sa matrilinéarité.

Repenser, encore, à l'avancée dans "Le Diable avance toujours en ligne droite" d'Éric Pessan, en cours de lecture lente, appréciée.

Pensée des lignées, de la production, de la reproduction, de la peur des reproductions.

Pensée de l'avancée sans peine, sans peur des reproductions.

Pensée de la vie qui va, comme elle veut, comme elle peut, à la va-comme-j'te-pousse, poussée par les corps désirants, non pensants, absents à la pensée de leurs désirs. Apprécier le blocage de la pensée, le laisser-aller, vivre sans plus se tourmenter, jusqu'à la prochaine tourmente.

Reporter le moment mère-fille chez le coiffeur. La proposition d'accompagnement suffisait motiver la visite seule chez un coiffeur plus proche, plus sympa, plus doué techniquement et plus économique. Le moment de complicité ne cesse d'exister, en pointillés joyeux. La musique se répand en fond sonore du bonheur d'être plus vieux, du bonheur d'être heureux.

Les petits riens remplacent les grands projets. Les anciens et nouveaux projets faramineux, pharaoniques, titanesques, sysiphiens. La face du monde n'en est nullement changée. La perception du monde l'est. Infiniment. La respiration profonde est revenue, profonde et légère, sans effort. 

C'est la fin du morceau. 

Le piano a fini de s'agiter.

Les cordes reprennent en douceur, mêmes les cuivres sont paisibles. Douceurs des cors, des cuivres, calmes. Quelle maîtrise des cornistes et autre cuivristes. Tant de force maîtrisée, tant de douceur. 

Pensée de la masculinité, de l'émoi de la douceur de la masculinité maîtrisée. Pensée du plaisir des corps enragés. Pensée du plaisir des corps maîtrisés pour ne pas blesser la chaire meurtrie. Pensée de la surprise postopératoire d'une douceur encore trop méconnue, trop imperçue. Pensée de l'attendrissement devant la force et la puissance maîtrisée. Pensée de la redécouverte de la force et de la puissance. 

Force et tendresse. Masculinité et féminité liées.

Pourquoi toujours opposer ce qui alterne, circule, se complète ne se pose pas, pas toujours, comme question. Penser une observation du monde dont la violence sait se calmer. Violence intérieure en paix.

Retour aux questions de fond. Apaiser sa propre violence intérieure. Un défi de Sysiphe. Le défi fait du bien. Il n'est pas arrivé par défi, par réponse, par envie. Il est venu de la tentative de calmer ses propres chevaux de bataille. Ne pas batailler contre soi serait une solution à chaque bataille personnelle. 

Le collectif commence par le singulier. 

Ne pas batailler contre soi serait une solution à chaque bataille existentielle. Apprendre à cesser de lutter contre soi. Tenter de l'enseigner, par l'écriture, seul terrain restant ici pour la transmission de l'apprentissage du calme intérieur.

Trouver son terrain, ce n'est pas rien.

Chacun son terrain. 

Un pour tous, 
Tous pour un ?

Il faudrait prendre le temps d'y penser.

D'y repenser.

Accepter aussi ce pour quoi on ne peut rien.

Faire ce que l'on peut, du mieux que l'on peut, c'est déjà bien, ce n'est pas rien.

Rien que de petits riens.

De grands biens.

© Simone Rinzler | 23 janvier 2015 - Tous droits réservés.

Ne pas lutter en vain contre la correction orthographique automatique et les erreurs humaines sur clavier de tablette. L'interface d'écriture n'y est pas propice. Accepter temporairement. Seuls ceux qui n'écrivent jamais, ou trop peu ne font jamais aucune faute. Merci de les signaler si vous en voyez encore traîner. Moquerie et médisance ne devraient pas avoir leur place ici. Savoir les juguler, comme sa propre violence, est un bon début 😉
Si aucun autre imprévu ne vient perturber l'esprit, évidemment, les fautes seront corrigées ultérieurement sur le site du blog, mais (pas de travaux de galérien inutiles) pas nécessairement sur la page FB à L'Atelier de L'Espère-Luette

Repenser sa pensée...

Se retrouver bloqué.
Repenser sa pensée.
Chercher ce qui l'empêche de s'exprimer, dans le texte non publié, comme explication de l'impossibilité de publier.
Trouver des pistes, des idées nouvelles.
S'émanciper de contraintes antérieures impossibles, contraintes passées, dépassées.

Y penser.
Comme interprétation possible.
Comme entrée dans le sujet.

Ne plus y repenser.
Laisser reposer.
Comme entrée dans sa propre pensée.

Tant de latence.
Tant de laitance.
Temps de latence.

Temps de l'absence à soi révolu.
Temps de tant.
Tant.

© Simone Rinzler | 23 janvier 2015 - Tous droits réservés 

1/18/2015

Tu écris que tu n'écriras pas...

Tu écris que tu n'écriras pas.

Tu n'écriras pas. Tu n'écriras pas. Tu n'écriras pas.


Tu n'écriras pas.
Tu ne posteras pas. 

Et puis quoi encore, que tu ne feras pas ?

Tu remarques que le futur change le présent :

Tu n'écriras pas.
Tu ne posteras pas. 

Tu remarques qu'écrire "Tu n'écriras pas" au futur change non seulement ton style mais aussi toute la teneur de ton propos.

Tu remarques que dire "Tu n'écriras pas" prend une résonance de commandement. 

Tu notes que l'effet de liste te donnerait presque l'impression qu'il en manquerait huit.

Tu te dis qu'il ne manquerait plus que ça.

Heureusement, tu as écrit. 

Tu as ecrit. Et tu viens d'écrire au passé composé. 

Tu composes avec le passé. Au passé composé. Dans le présent.

Tu poursuis ton travail de réflexion de linguiste. 

Tu te dis que tu as bien de la chance de savoir partir de la matérialité du langage pour Penser le monde et tenter de comprendre les relations incessantes, en un continuel va-et-vient entre Monde et Langage et Langage et Monde.

Tu comprends que tu as pris le temps de digérer ton propre travail universitaire de réflexion sur les contre-interpellations Langage-Monde, que ce travail t'habite et fait corps avec toi. Tu te sens apte à l'expliquer à nouveau clairement.

Tu sais que tu as repris les forces nécessaires pour continuer à avancer.

Tu écris.
Tu penses.
Tu partages.
Au présent.

Au Présent du Réel.

Le Réel du Présent.

© Simone Rinzler | 18 janvier 2015 - Tous droits réservés 

1/16/2015

Tu aimes les portraits de dos... Blason - Écrire le corps

Tu aimes les portraits de dos, les portraits de femmes de dos, les tableaux de Vilhelm Hammershøi, les photos des hommes de dos.

Tu te demandes pourquoi. Le dos ne mentirait pas ?

Tu te souviens de ces jours où, membre du jury d'un concours, tu déjeunais parfois seule, pour te reposer des interrogations du matin avant celles de l'après-midi. Tu regardais ces dos, ces bas de dos, des reins aux pieds. Ils te disaient ce qu'étaient ces femmes, ces hommes, ces adolescents. Un panneau t'empêchait de voir plus haut. Tu ne voyais que les enfants en entier. Mais pour les autres, rien d'autre que le bas de leur dos, leur démarche.

Culs affalés, culs pressés, fesses rondes, fesses plates, fesses mouvantes, fesses anonymes, inconscientes de leur existence. Regarder le monde par le côté des fesses. Pas des fesses érotiques. Du côté des fesses affairées. Des fesses innocentes. Des fesses déambulantes. Fesses hors représentation. 

Impréparé au spectacle de son exposition, le dos, le bas du dos, les jambes, les pieds te racontent leur histoire bien mieux que les visages.

Dévisager le corps, c'est lui ôter le visage, le sourire confectionné, la moue apprêtée, l'image sociale travaillée. 

Dé-visager le corps, c'est porter attention au corps. Le dos, les fesses, les mains, les pieds. Objets inconscients et animés.

Blasonner le corps dé-visagé. Regarder l'humanité passer. Offrir, aussi, au regard, son propre corps, dé-visagé, inapprêté, offert, inconscient de son effet.

Que disent nos corps que ne disent pas nos visages ?

Que disent les corps que ne disent pas les visages ?

© Simone Rinzler | 16 janvier 2015 - Tous droits réservés 

Note : Le blason est un art littéraire médiéval. Il encense le corps - de l'être aimé - partie après partie. On parle des blasonneurs du corps. Le poète François Villon en fut un. (De mémoire, parfois défaillante. Pour plus de précisions, le lecteur est prié de consulter une encyclopédie de son choix).

1/09/2015

Tu n'hésites plus... #JeSuisCharlie2

Tu n'hésites plus. Tu sais. Tu sais que tu avais raison et tu sais que tu dois continuer. Encore et encore. Plus fort. Tu sais que tu n'étais qu'endormie, anesthésiée par la mise au pas des universités qui t'a brisée, par ton histoire professionnelle qui s'est brisée sous les coups d'une mise en ordre que tu haïssais de toutes tes forces.

Tu n'avais pas abandonné la bataille. 

Tu reprenais des forces. 

Tu reprenais du poil de la bête après les coups de la bête que tu combattais depuis toujours, sans croire vraiment que tu serais un jour dans cette obligation, cette nécessité interne de t'y mettre, de t'y remettre.

Tu sais qu'il ne faut pas s'imposer l'impossible. Tu sais que tu n'as pas de courage physique, que tes forces déclinent, que la vie ne t'as pas épargnée et pourtant t'a gâtée.

Tu repenses à toi, à ta petite histoire, toujours imbriquée dans la Grande Histoire et sa grande hache et ses milliers de petites kalachs.

Tu t'en veux un peu de penser à toi, mais tu sais qu'il faut le faire, malgré tout, malgré les évidentes critiques qui ne manqueront pas de se faire, qu'il faut avancer, encore et toujours.

Tu n'hésites plus. Tu sais que tu es condamnée. Condamnée à reprendre. Les chemins de résistance. Condamnée à continuer. Continuer à écrire, jour et nuit, inlassablement, simplement, clairement, pour ceux qui ne sont plus tes étudiants, mais tes lecteurs, depuis que tu as décidé que tu deviendrais, enfin, écrivain, et que tu tiens ton blog littéraire À L'Atelier de L'Espère-Luette. Condamnée à reprendre l'écriture de ton livre savant sur les manifestes, les paroles de combat et sur la parole manifestaire, la vraie, celle de la littérature, ton livre trop long au titre trop long La Parole manifestaire : manifestes et manifestations de revendication dans l'aire anglophone au XXe siècle. Condamnée à reprendre l'écriture de ton document de synthèse sur l'engagement, la transmission, le langage, le politique et l'intérêt de la philosophie du langage associé à l'étude de la micro linguistique grammaticale, sur ton engagement pour une macro-linguistique, une macro-stylistique qui prenne en compte l'histoire des idées, le politique, le contexte large de toute énonciation, à la manière dont Daniel Arasse, spécialiste de peinture... [Tu t'arrêtes là. Plus le temps. Plus de temps à perdre.]

Au passage : lire "On n'y voit rien", son génial bouquin, passionnant, érudit et facile à lire grâce à son style simple et inimitable et à sa passion de vrai passionné de peinture, d'humanité et de transmission.

Tu n'hésites plus.

Tu travailles.

© Simone Rinzler | 9 janvier 2015 - Tous droits réservés - mais peut quand même être partagé (je ne suis toujours pas juriste)

11/18/2014

Laisse-moi. Juste. Être. Cette fille-là...

Laisse-moi. Juste. Être.

Cette fille-là, elle est ingérable.

Laisse-moi juste être.

Cette fille-là, elle est admirable.

Laisse-moi, Juste, être.

Cette fille, l'est super-baisable.


Laisse-moi.

Juste.

Laisse-moi être.

Juste.

Juste qui je suis.

Juste ce qui luit.

Juste ce qui frémit.

Laisse-le être.

Cette fille-là,

Laisse-la donc être.

Tu ne veux pas qu'elle s'enfuie.


Laisse-la.

Ne l'envoie pas paître.

Laisse-la juste...

.... Être.

© Simone Rinzler | 18 novembre 2014 - Tous droits réservés 

En direct de L'Atelier de L'Espère-Luette

11/17/2014

Réflexion sur l'écriture où le chant s'est invité


Sur FB, je réfléchis. Sur mon blog atelier, je réfléchis. Chez des amis, je réfléchis. 
Dans les lieux d'attente, je réfléchis. Aussi.

Je réfléchis partout.  Ici, là, surtout ailleurs. 
Aucun lieu n'est impropiceimpropre à la réflexion.
Aucun topos, aucun locus n'écarte topostupos, ni logos
Langage, logique s'entremêlent
En musique aussi.

Je lis, j'écris, je réfléchis.
Je lis, j'écris, je réfléchis. 
Je lis, je lis, je chante aussi.

Une amie FB écrit ce matin :

"Si la vie donne du sens à ton écriture, l'écriture donne du sens à ta vie."

Je lis. J'écris. Je réfléchis. 
Je lis. J'écris. Je réfléchis.
Je chante.
Aussi.

Je me souviens, je me souviens, de cet écrit, de ce bouquin, de la chanteuse, et prof de chant, Yva, Yva Barthélémy et de cette phrase, cette phrase heureuse, jamais oubliée...
Elle disait, elle disait, ...en substance, elle disait, elle disait :

"On ne chante pas parce qu'on est heureux,
On est heureux parce qu'on chanté."

Les mots, les mots, peuvent être dissemblables, les mots, les mots, restent les mots.

La citation, approximative, de la mémoire, ne reste que le sens, parfois la musique, quand il y en a une, mais là, mais, là, il n'y en avait pas. J'en ai ajouté, raccommodant, et ravaudant, les mots, les mots, les mots et pensées, les mots, affects, à mon atelier.

En ce temps, bien longtemps, je pratiquais, assidûment, nécessairement avec passion, le chant, chanter, de tout, de rien, et encore, le chant, le chant, de tous les corps, le chant, le chant, reprend sa forme, le chant, le chant, guide ma réflexion. Longtemps, longtemps, il l'avait mise, mise en prison. C'était une prison, dorée, je ne le savais, j'y étais heureuse, mais dépendante. Je ne savais, je ne savais, encore composer, voilà que ça y est.

Le chant est revenu, cette dernière semaine, le chant est revenu, je compose, et que j'aime. Je chante dans ma tête, je chante avec mon corps, la musique, est-ce bête ?, était ici, encore.
Je chante, je chante. Je chante et je compose. Je chante, j'écris, je compose...

Comme la musique de l'écriture était présente, insistante, hors de ma tête, elle est sortie
Hors du larynx, par salves ou gorgées, salve après salve, elle ne m'a plus quittée.

L'écriture a appelé, appelé, appelé. 
Le chant, endeuillé, s'est réveillé. 
Le chant, le chant, le corps et la tête, le chant, le chant, réconciliés.

Le chant, le chant, le chant et toujours l'autre,
Le chant, le chant, la voix..

La joie, 
Naturellement. 

C'est la musique, oui, la musique. Oh, La musique rythme mes écrits. 
C'est la musique, oui, la musique, enfin, La musique 
La musique est de retour. 
Musique de la vie. Musique de l'envie.
Musique Retrouvée. 

Le reste est privé.

Simone
Au gueuloir
Selon la
Prophétique
Dédicace
De Claro

MadMan,
Claro ?
Creo que no.
Le ho visto.

Doublement heureuse.

© Simone Rinzler | 17 novembre 2014 - Tous droits réservés 
[Écriture en cours. Texte. Sujet. À Modifications]
Allez, allez, Momone
Fais pas ta conne,
Envoie ta partoche, fais pas ta valoche,
Allez, allez, lecteur,
Fais pas ton voyeur
Laisse pas dans ta poche, 
Partage, partage 
Partage dès maintenant.
Les mots, les mots, les mots, et les choses,
Les mots, les mots, les mots de L'Atelier de L'Espère-Luette

10/18/2014

Philosophie stylistique : "Sozaboy - A Novel in Rotten English" de Ken Saro-Wiwa (en français)

Quand L'Espère-Luette était encore dans l'enfance de l'art, elle écrivait, sous le nom de Simone Rinzler,
de la philosophie stylistique, notamment sur des livres écrits intégralement en anglais non-standard.

Non, le style n'est pas l'homme, comme on le répète souvent. Le style est l’histoire. Le style est politique.

Voici un premier article en ligne sur le racisme langagier.

Et pour ceux que la théorie rebute...
...ou qui préfèrent se faire leur avis eux-mêmes, voici les références du livre étudié :

"Sozaboy - A Novel in Rotten English" est un excellent livre livre à découvrir, en anglais, 

ou l'excellente traduction française chez Babel :

 "Sozaboy (Pétit Minitaire) - Roman écrit en "anglais pourri", traduit par Samuel Millogo et Amadou Bissiri.

"Candide au Nigéria", "Fabrice à Dukana", ce livre est l'histoire d'un enfant-soldat, perdu dans la guerre au Nigéria. 

Ken Saro-Wiwa fut un inlassable militant qui a manqué de peu le Prix Nobel de littérature. 

Il a été exécuté (voir article pour tous les détails).


NB : "Sozaboy" est une corruption de "soldier boy" et "Pétit Minitaire" de "petit militaire" ou "enfant-soldat.
Belles lectures à tous !

L'Espère-Luette, aka Simone Rinzler

9/12/2014

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Sortir, sortir du conditionnement.
Sortir sans la case folie,
Sortir sans le vouloir vraiment,
Sans s'en apercevoir.

Sortir, sortir du monde des survivants,
Sortir sans la case vide,
Sortir en le voulant vraiment,
Sans se perdre.

Entrer dans le monde fait pour soi,
Avoir du mal à y trouver sa place,
Ni jardinière, ni cuisinière,
Ni même Mémère, quoique grand-mère. 

Traverser le miroir des travaillants,
Se trouver désœuvré, sans œuvre imposé,
Ouvrager à sa guise, à l'heure qui s'invite,
Hors rendez-vous obligé. 

Plus jamais, ne me rendrai.
Plus jamais, ne m'imposera. 
S'écrire vieillir, rejeter l'aigrir. 


© Simone Rinzler | 12 septembre 2014
(Quand Sophie Calle, Solange Klein, mon double littéraire, prend la relève)


Je t'ai bien eu !

2/22/2014

Power Thinking : "Vouloir, c'est pouvoir" : les modalités du "pouvoir"


À propos de ma photo  © "Power Thinking - Winston-Salem"


© Simone Rinzler "Power Thinking - Winston-Salem"

(déjà posté sur le groupe FB OuLiPo)

Strofka dit :
"Vouloir, c'est pouvoir"

L'Espère-Luette précise :

Vouloir n'arrive qu'en 9.
Il faut d'abord ne pas vouloir, en 1.
Ne pas pouvoir en 2.
Être dans l'indétermination en 3.
Dans le désir en 4.
Dans la curiosité en 5.
Dans la pensée de réalisation possible en 6.
Dans l'idée d'une réalisation possible en 7.
Dans la pensée du possible en 8.
On arrive à la détermination du vouloir en 9.
Et à l'étonnement et à la joie de la réalisation en 10.
Cours sur la modalité en anglais : 
Penser les auxiliaires modaux et l'être-au-monde. La grammaire à la rescousse !

Allez, on se la regarde une deuxième fois, 
en commençant par le bas :


© Simone Rinzler "Power Thinking - Winston-Salem"