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10/07/2015

#23CR Carnets de retraite : Rien à dire, rien à écrire. Écrire quand même. Même peu.

#23CR Carnets de retraite : Rien à dire, rien à écrire. Écrire quand même. Même peu.

Rien à dire, rien à écrire. Écrire quand même. Même peu.

Dans l'entre-deux de la découverte de deux livres de Charles Juliet, Lambeaux, émouvant, profond, bouleversant et "L'Annee de l'éveil" que j'ai moins aimé, qui m'a parfois lassée, sur lequel j'ai parfois calé.

Rencontre avec l'auteur lors d'une dédicace en librairie à la fin de la semaine dernière.

Une sympathie immédiate pour l'homme, pour son écriture.

Un homme lumineux, simple, magnifique, bien moins austère que la lecture de "Lambeaux" ne pourrait le faire croire.

Un sombre hymne à la vie de l'homme-oxymore qui a appris à s'aimer, par l'écriture de soi.

J'ai aimé sa simplicité, sa chaleur, et notre brève complicité. J'ai aimé quand il m'a serré la main.

Je ne parviens pas à lire d'une traite un troisième tome : "L'Inattendu", que je trouve plus décousu.

Je comprends en lisant ces trois livres pourquoi et comment on écrit toujours le même livre. Je comprends que j'aurais toujours écrit la même chose, que je ne peux me rêver autre que je suis.

Je poursuis mon chemin d'écriture.

Une vieille amie m'a contactée par mail aujourd'hui, s'étonnant de ne plus avoir de nouvelles depuis des mois. Je pensais souvent à elle. Je lui ai donné de mes nouvelles, par écrit. C'était l'heure où elle devait encore travailler. C'est comme si j'avais vidé tout mon carnet de retraite du jour. J'ai hâte de la revoir. Les deux amies de lundi et de mardi m'ont fait faux bond. Je me faisais une joie de les revoir. Partie remise. 

Ma benjamine s'en amuse. Elle constate que ce ne sont plus seulement les jeunes qui remettent les rendez-vous et changent de programme à la dernière minute.

Il me semble que ce n'est pas une question de jeunes ou de vieux. Les vies que nous menons épuisent les corps. Nous en faisons trop. 

Je ne cesse de me féliciter d'avoir pris ma retraite plus tôt que je ne l'avais jamais souhaité. Pour fêter cela, je me suis fait belle pour aller me promener sans but dans la ville voisine. J'envisageais de lire à une terrasse avant d'aller faire quelques achats lourds au supermarché. J'ai séché le réapprovisionnement des denrées non périssables. 

Sans gravité. Avec légèreté. On pourrait encore presque tenir un siège à la maison. Nous ne manquons jamais de rien. C'est un état d'esprit. Même quand nous avions peu, nous ne manquions jamais. Nous sommes des prévoyants, des fourmis travailleuses. Et même si j'ai été fort aise de chanter pendant plus de vingt ans, je n'ai jamais oublié la leçon du père La Fontaine. 

S'arranger pour ne jamais manquer de rien, ce n'est pas avoir besoin de beaucoup. C'est aussi prendre plaisir à ce que l'on a au moment où on l'a.

J'ai joué avec mes petites-filles ce midi et ce soir, avec celui que parfois j'appelle Mon Prince, etc. Nous avons plaisanté, regardé un film qui l'a vite ennuyé. Je lui ai demandé de ne pas me gâcher mon plaisir. Il a vaqué à je ne sais quoi. Je l'ai rejoint au lit.

Pas grand-chose à ajouter. Je ne veux tout raconter. Le silence de l'écriture suffit à la compréhension. 

Ma question reste : Que lire ? Que lire ?

Après "Lambeaux" et l'impact de la découverte de Charles Juliet sur ces presque deux semaines, je ressens comme le besoin de laisser un sas sans lecture. À moins que je ne me laisse emporter par le fort prometteur "Archives du vent" de Pierre Cendors commencé tout à l'heure. 

Mais je ne me sens pas encore prête au choc de cette lecture. Je crois que j'ai besoin de légèreté ou de lecture philosophique.

Je me souviens de ma promenade sans but en cette fin d'après-midi. C'est un effort en banlieue pavillonnaire. Un effort qui ne coûte ni en centre ville, ni à la campagne. Pour sortir se promener à partir d'un quartier pavillonnaire, il faut une énergie phénoménale. Mais il faut bien refaire les premiers pas. 

C'était plus amusant en vélo l'autre jour. On va plus loin plus vite. De chez nous, il faut soit longer les pavillons pendant de longues minutes, soit prendre sa voiture ou son vélo pour s'en dégager. J'ai toujours eu horreur des zones pavillonnaires. Mais aucune plainte tant que l'on n'a pas envie de sortir. On y est bien, au calme. C'est une zone d'entre-deux : ni la ville, ni la campagne, une peu des deux, mais vu de l'extérieur, tellement ennuyeux.

Une fois arrivée dans le centre ville de la banlieue limitrophe, l'envie de m'attabler à une terrasse de café m'a quittée. Que la banlieue chic est triste. Alors j'ai marché, découvert des rues inconnues, une nouvelle librairie. Mon projet de commencer "Le Roman de Bolaño" s'est effacé. Je me garde le temps de lire ces deux livres projetés pour un moment où j'aurais décidé de prendre mon temps.

Pour l'instant, toujours l'entre-deux, entre nuit et matin.

Peut-être dormir serait bien.

Qui sait ?

...

À la réflexion, j'aime bien cet entre-deux. 
Je m'y suis souvent sentie à l'aise. 

Entre deux mondes, entre deux chaises, entre deux livres, entre deux émotions, entre deux lieux, entre deux temps, sans jamais choisir l'un plutôt que l'autre. 

J'ai tellement aimé ce Conte de La Femme de Bath, je crois, dans les Contes de Canterbury : faire "le choix de ne pas faire de choix" m'a souvent semblé être le meilleur choix. Le refus de la binarité, le refus du choix imposé, le refus de la limitation. Ne pas choisir, ce n'est pas laisser le hasard choisir. C'est se donner les moyens d'avoir une vie riche, d'expérimenter, de tâtonner, de tester et de continuer à découvrir sans se forcer à l'étriqué.

La légèreté des jours passés m'a quitté dans l'écriture. Elle a fait place à la plénitude. 

Je prends conscience en écrivant tout cela que la paix de l'écriture semble parfois triste au lecteur. C'est l'expérience que j'ai faite de la lecture de "Lambeaux" puis de la rencontre avec Charles Juliet. Il existe une illusion de l'écriture et de la lecture qui transforme l'écriture de la plénitude en lecture d'un texte qui semble triste. Le texte n'est pas gai. Je me sens pleine. La plénitude ne fait guère de raffut. Elle se tait. Je fais de même.

Je viens d'esquisser un sourire de contentement en me relisant. 

Je demeure là, le léger sourire béat resté accroché un instant.

Intérêt de l'écriture sans inspiration.

© Simone Rinzler | 6 octobre 2015 - Tous droits réservés

Écriture toujours À L'Atelier de L'Espère-Luette




Charles Juliet - 2 octobre 2015 - © ? (page FB de Librairie Dédicaces) 

10/06/2015

#22CR Carnets de retraite : Désespoir de Virginia

#22CR Carnets de retraite : Désespoir de Virginia

Désespoir de Virginia.

Elle s'enfonça dans la rivière, des cailloux dans les poches. 
Elle esthétisa jusqu'à sa propre mort, dans une mise en scène cinématographique, scénographiant sa fin de vie, voulue.

Pauvre Virginia.

J'écris dans ma chambre, dans notre chambre. Il dort à mes côtés, le corps chaud et doux à ma portée. J'entends son souffle régulier. Je ne suis pas seule. Je partage sa couche, son souffle, son odeur.

Je n'ai pas besoin d'une chambre à moi pour écrire. 

J'ai besoin de temps à moi. 

Ce temps que je vole à la nuit, je le rattraperai demain matin, quand il sera parti au labeur. Je dormirai seule. Je veille avec lui auprès de mon flanc. Douceur de l'écriture de nuit, auprès de mon amant, mon ami, mon mari, auprès de mon élu, l'élu de mon cœur, l'élu de mon cul. Nous n'avons pas fait l'amour. Nous avons ri, parlé, vaqué à nos occupations séparément. Il travaille encore. Moi pas. Je peux enfin voler du temps à moi sans mettre mon corps et mon esprit en danger. Je dormirai demain matin. Ce soir, je lis, j'écris, je lirai peut-être encore.

J'ai le temps pour moi.

J'ai du temps à moi.

Un luxe que n'a pas connu Virginia.

Elle a laissé une œuvre, fasciné des générations de femmes jalouses de leur indépendance radicale. 

Le désespoir de Virginia est son erreur.

Croire à l'espace davantage qu'au temps, au confort matériel davantage qu'à la simplicité de l'intangible.

Les femmes que j'ai connues qui aimaient Virginia Woolf traînaient toutes la même ambition dévorante, la même tristesse pérenne, la même jalousie des autres femmes, la même violence rentrée, toujours prêtes à dégainer. 

Sauf une. 

Car elle ne faisait pas de fixation sur Virginia, pas exclusivement. Pas plus que moi. Ou peut-être tout juste un peu plus. Bien davantage même. Ce qui l'intéressait était la phrase de Virginia. Pas son message explicite. Elle s'intéressait à sa syntaxe, pas à sa thématique. Elle ne soignait pas sa détresse auprès de Virginia. Elle ne respirait pas la détresse.

Quelque chose m'a toujours dérangée chez Virginia et ses zélatrices. Je n'avais pas compris quoi.

Je ne le sais toujours pas.

Ce que je crois savoir, à cette heure de la nuit, alors que j'écris auprès de l'aimé, c'est que la question n'est pas celle de l'espace, de l'immobilier, un luxe de bourgeoise, mais celle du temps et de l'importance que l'on accorde aux choses et aux êtres.

L'erreur de Virginia fut peut-être d'avoir cru à la matérialité du bâtiment bien davantage qu'à la matérialité du sentiment. Ce n'était pas une erreur. Ce fut un désespoir de ne pas accéder à l'immatérialité du temps, à la matérialité des corps aimants.

Immatérialité du sentiment.

© Simone Rinzler - 6 octobre 2015 - Tous droits réservés 

Simone veille cette nuit À L'Atelier de L'Espère-Luette



10/04/2015

#20 CR Carnets de retraite : Anamnèse 1 Je me souviens de mes premiers rêves de romancière. Jétais enfant. j'inventais un type nouveau de roman.

#20CR Carnets de retraite : 

Anamnèse 1 : 

Je me souviens de mes premiers rêves de romancière. J'étais enfant. J'inventais un type nouveau de roman....


Je me souviens de mes premiers rêves de romancière. J'étais enfant. J'inventais un type nouveau de roman. Je pense que je devais être encore à l'école primaire. J'avais envie d'être romancière. J'imaginais un roman qui passerait d'un personnage à l'autre, au gré des rencontres dans la rue.

Sans le savoir, j'étais déjà dans une démarche proche de celle de l'OuLiPo et, sans le savoir, Pérec, Le Lyonnais et Queneau m'avaient déjà plagiée par anticipation, selon la formule oulipienne consacrée.

Ensuite, les souvenirs sont plus flous. Avais-je sur-le-champ inventé l'histoire de la puce qui saute de personne en personne comme elle saute de chien en chien, ou l'histoire de la puce, trouvée ailleurs dans des blagues dont j'étais friande, s'est-elle superposée sur ce qui était mon idée de roman, je ne saurais le dire.

J'imaginais une histoire, histoire sans fin, d'une histoire qui sauterait de personnage en personnage. Je n'avais pas d'idée précise de ce que raconterait cette histoire.

Depuis que j'écris (quand je dis "J'écris", je veux toujours dire que j'écris dans le cadre d'un projet littéraire et non plus universitaire), depuis que j'écris, voici plus de deux ans maintenant, je sens bien que ce que je ne savais pas être mon projet de roman se concrétise sous la forme d'une écriture du fragment.

De l'éparpillement des observations du monde surgit une image du monde, de mon monde, tel que je le vois.

Le monde tel que je le vois n'est LE monde. C'est la vision que j'ai du monde, attachée à ma propre perception de (petite) personne. Ce n'est pas LA vérité du monde, c'est la Justesse du monde tel que je le vois, tel que je l'envisage.

Or personne ne garde jamais la même vision du monde. Les circonstances, ce que l'on vit ou a vécu, ce que l'on attend, espère ou craint colore notre vision du monde. Je ne fais pas exception à ce qui me semble être une vérité universelle (et ne l'est donc probablement pas pour tout le monde). Ce n'est pas une vérité universelle. Ce qui compte n'est pas le vrai, mais ce qui est juste. Je devrais alors parler de Justesse universelle, mais je crains de tomber dans le pompeux et de faire perdre patience à mes lecteurs. 
Il paraît que j'en ai. 
Ce qui me ravit et combe mon rêve de petite fille qui se rêvait écrivain, mais ne s'était jamais rêvée Professeur d'université...Peut-être une des autres raisons de l'échec dans la toute dernière ligne pas si droite ? Je n'en avais jamais vraiment rêvé. je n'étais pas prête à tout pour être Professeur des universités, dans les conditions actuelles. Vous savez, ce refus que l’on peut avoir à collaborer à quelque chose qui nous fait horreur... Ma fibre politique, qu'on la prenne par le bout de l'Humanisme, du Communisme, de l'Anarchisme, du Christianisme ou de la Judéité, me dictait de ne pas collaborer. Certes, j'aurais pu continuer à faire ce que j'avais toujours fait. Rester et résister. Mais mes forces de résistances s'étaient épuisées. J'étais arrivée tout au bout d'un processus dont le but n'était pas de publier des livres, de devenir Professeur d'Université, mais bien de continuer mon chemin d'homme de sexe féminin.
Cette digression, fort à propos, me ramène à mon sujet. Je suis une femme du fragment, de la vie fragmentée. Mon travail d'écrivain est de donner une cohérence à cet ensemble de fragments. Non pour écrire vrai. Mais pour écrire juste

Et non plus, juste pour écrire, sans but.

Au fur et à mesure de l'écriture, s'instaure une écriture du monde. Juste comme je le vois. Juste et juste.

Je ne peux écrire sans partir de moi.

Pour donner une vision juste du monde, comme je le vois, à ce moment d'écriture-là.
© Simone Rinzler | 4 octobre 2015 – Tous droits réservés
Je suis retournée à l'atelier de la pensée à L'Atelier de L'Espère-Luette
 
 


5/07/2015

04 FEMMES Femmes affolées. Femmes envolées. Femmes perchées.Femmesenfollées.

04 FEMMES Femmes affolées. Femmes envolées. Femmes perchées. Femmes enfollées.

Femmes affolées. Femmes envolées. Femmes perchées. Femmes enfollées.

Femmes affligées. Femmes immergées. Femmes éplorées. Femmes encroûtées.

Femmes influentes. Femmes pensantes. Femmes amantes. Femmes en attente.

Femmes brisées, mal caressées, bien mal aimées, très délaissées.

Femmes de ma vie. Femmes de nos cœurs. Femmes de malheur. Femmes de bonheur.

Femmes à hommes et femmes à femmes, femmes à enfants, femmes à amants,
Femmes d'intrigants, femmes de grands hommes, de petits hommes.

Femmes de la vie. Femme de noceurs. Femmes et nos sœurs. Femme de la rage, de voie de garage, femme enragée, femme déchaînée.

Femmes de ma vie. Femmes de nos cœurs, femmes-enfants, femmes bonnes-sœurs,

Femmes de couilles. Femmes de cœur. Femmes sans cueilles. Femmes sans cœur.

Qui sont vos hommes ? Où sont vos hommes ? Qui sont vos frères ? Qui sont vos sœurs ?
Femmes de bosseur, femme de boxeur, femme d'intérieur, femme d'extérieur.

Femme de ma vie. Femmes de nos cœurs. Femmes, et vos hommes, qu'en faites-vous ?
Des petits branleurs, des assoiffées, des affameurs, des contrôleurs, des profiteurs, des castrateurs, démolisseurs, entreprenants entrepreneurs.

Femmes cessez d'vous lamenter, cessez, cessez donc de pleurer. Ne pleurez pas sur les berceaux. Vos petits enfants, ils font dodo. Épargnez-leur tous vos tourments, toutes vos aigreurs, vos ressentiments. Réjouissez-vous de la vie hors de vous. Aidez, aidez, les petits de chez vous, à devenir à leur tour, des hommes et des femmes, des humains, vraiment.

© Simone Rinzler | 7 mai 2015 - Tous droits réservés.

Femmes composent et femmes chantent, et femmes inventent petites bluettes, penchées au-dessus de leur établi en leur atelier, de La Belle Luette, à L'Atelier de L'Espère-Luette

5/02/2015

L'injonction à ne jamais prendre du repos

L'injonction à ne jamais prendre du repos

Introduction : comment poser la question

Parfois, la question semble la même, mais la manière de poser de poser la question oriente nécessairement la diversité des réponses possibles.

Présenter une question sous une approche féministe donne, dans une société encore fortement ancrée dans un modèle patrilinéaire, des réponses immanquablement teintée de réflexes acquis patriarcaux, y compris chez un grand nombre de femmes que le féminisme et ses représentations mentales agressives y compris chez la majorité des femmes.
Ma démarche consistera à élargir le propos du féminisme à la question de l'utilité sociale. La question de société en jeu devient alors un élément de réponse au sentiment d'abandon ressenti par une population épuisée, vidée, qui se vivant comme inutile dans un contexte où seule l'efficacité de l'action est prise en compte, ressent un violent sentiment d'illégitimité qui nuit au sentiment d'appartenance, seule condition à même de faire société.

Qu'est-ce que faire société 

Ce qui est à la racine de ce qui ne fait plus société répand le risque de violences et de réactions imprévisibles, parfois extrêmes et mettant en péril ce qui permet de "faire société". Une société qui ne donne plus de possibilité à chacun de prendre part à sa façon s'éloigne de la civilité, dans un climat de tension permanente des uns et des autres, indépendamment du bon vouloir et de l'authentique bienveillance et compréhension mutuelle. S'éloignant chaque jour davantage de ce qui est susceptible de faire société, elle prend le chemin vers un retour à une forme de barbarie toujours en sommeil et prête à surgir en cas d'extrême tension. 
Le corps social ne réagit pas différemment des corps individuels. Ce que peut un corps est humain et dépend de programmations tant génétiques que sociétales, à des degrés divers selon que l'on pense que l'un prime sur l'autre. Or, il ne s'agit pas ici de choisir entre une option plutôt qu'une autre, entre le tout génétique, le tout inné, et le tout sociétal, le tout acquis. C'est le délicat mélange des deux tendances, existantes toutes les deux, qui crée une troisième tendance, distincte de tout choix binaire, réactivant des réflexes de mise en opposition dans un forme de lutte, d'agōn, inconsolable car incontrôlé, faute de l'avoir pensé.
Il faut penser la binarité pour s'en extirper et refuser de faire le choix du binaire. Je m'appuie ici sur les travaux de ce que l'on a appelé l'École de Palo Alto et plus particulièrement ceux de Paul Watzlawick, disciple et condisciple de Gregory Bateson.
Le refus du choix entre deux options passe par le choix de ne pas faire de choix, comme la Femme de Bath dans Les Contes de Canterbury de Geoffrey Chaucer et par se tirer d'un mauvais pas en se tirant hors du marais où l'on se trouve englué en se tirant soi-même par les cheveux, comme l'avait fait, dans un conte, le facétieux Baron de Münchhausen (Watzlawick).

En appliquant cette solution individuelle, appliquée à des corps et des êtres humains individuels à un corps social, la solution de sortie de crise sociétale passe par le refus du choix du binaire et le choix de faire société en se tirant hors de la mare par la queue de cheval. La proposition semble farfelue. Elle ne l'est pas. Que symbolise cette queue de cheval que portait le Baron foutraque est un véritable sujet de réflexion. Elle correspond à un proverbe chrétien "Aide-toi et le Ciel t'aidera" repris par les tenants du libéralisme avides de gracieuses métaphores sportives "Allez, les gars, on se sort les doigts du cul !"  avec une dureté telle que le message ne peut être entendu, faute d'être compris.
Faire société n'est pas une évidence.


© Simone Rinzler | 31 mars 2015 - Tous droits réservés

La pensée est de retour à L'Atelier de L'Espère-Luette

2/06/2015

Baiser ou Faire l'amour...

Un premier texte de Joachim Sin démarre sur FB une discussion sur le thème "Baiser ou faire l'amour" en parlant du "point Godwin d'une discussion à propos de cul".

Le texte m'interpelle.

Le voici :

"Baiser ou faire l'amour.
Le point godwin d'une discussion à propos de cul.
La culpabilité judéo-chrétienne qui prononce dans ta bouche des nuances dont tes pulsions animales n'ont strictement rien à carrer.
Il y a bien quelques tarés qui vont voir les putes pour se faire tailler des pipes parce qu'ils respectent trop leur femme pour les traiter de la sorte. Pensez bien, ce serait dégradant pour elle, qui embrasse le front des enfants, de sucer une queue.
Bon, mais cette espèce mise à part, pour la plupart des gens, baiser et faire l'amour c'est plus une question de vocabulaire qu'une différence dans les actes. De l'hypocrisie bon marché pour mémère et pour soi-même.
D'ailleurs le sexe, c'est le lieu de toutes les hypocrisies, de tout les non-dit, de tous les mensonges.
On en parle pour s'exciter entre amis, parce qu'on y pense, souvent, mais pas pour se dire la vérité.
Vous imaginez ? Raconter ses loupés, ses maladresses, ce qu'on n'ose pas faire, ce qu'on fait mais dont on sait que l'autre s'interdit ?
Non les discussions sur nos fantasmes ne sont pas libres.
Sinon les hommes lâcheraient des bombes et les femmes en trembleraient d'excitation qu'elles dissimuleraient sous une juste colère ! Un sacré bordel !
Il est un fait peu colporté par exemple qui nuirait grandement à l'entente de nombreux couples.
Tout homme honnête avec lui même sait au fond de son âme que s'il en avait le choix il esquiverait le plus possible la pénétration vaginale pour deux autres options bien plus stimulantes. Mais faut en passer par là. C'est le deal. C'est pénible mais c'est comme ça.
Il faut vraiment aimer quelqu'un pour s'extasier dans un vagin. Il faut que le contact d'une peau vous scotche et qu'une odeur suffise à vous faire fermer les yeux.
C'est peut-être ça d'ailleurs la différence entre baiser et faire l'amour.
Peut-être fait on l'amour quand on se sent aussi bien qu'ailleurs dans la chatte de sa femme."

Je lis les commentaires sous le texte.

Thomas Kundera répond :

"Tu écris bien, tu as ton avis, mais je ne le partage pas.

D'abord sur le plan physiologique; une bonne pipe, c'est un apéritif qui m'est agréable, mais pour moi c'est juste ça; un amuse-gueule, pas un festin. De même que la petite porte est un fantasme plaisant, tentant (et tenté ;) dont, il me semble que l'intérêt principal, au delà de l'excitation provoqué par la transgression, réside dans la grande confiance et complicité requise par les amants pour y venir avec la douceur nécessaire à leur plaisir.

Avant d'en venir au jardin des délices, une parenthèse nécessaire: autant glisser son membre ici ou là est finalement, pour l'homme, assez équivalent, autant, pour la femme, c'est très différent. Et c'est le point aveugle de ton texte de négliger cela. La bouche n'étant pas une zone très érogène, elle peut rester maître d'elle-même et contrôler totalement le plaisir de son partenaire par ses jeux de langues. C'est, contrairement à une vision répandu, une position de domination pour elle, car elle choisi à chaque instant ce qu'elle donne et comment, et souvent elles aiment jouer de cela pour notre plus grand plaisir. Plus rares sont les femmes qui jouissent grandement du plaisir anal, mais pour certaines, c'est la porte privilégiée du plaisir, je ne connais pas d'homme pour qui ce choix soit aussi tranché. Les différences sont donc plus pour elle que pour moi.

Pour ce qui est de l'entrée du paradis, de l'origine du monde, du jardin parfumé, c'est l'endroit plus merveilleux ou venir se nicher. C'est une douce chaleur humide et vivante, qui se contracte et se relâche au rythme de son plaisir, dont la couleur, le parfum, la texture change à chaque instant suivant son trouble et ses émotions.

Pour l’apprécier vraiment,  pour la ressentir pleinement, il ne faut évidemment pas s'en isoler derrière un film plastique qui coupe l'essentiel de ces sensations. À ce sujet, et pour ajouter à ta réponse, si ce n'est une condition suffisante, c'est en tout cas une condition nécessaire: on ne peut partager l'amour derrière un préservatif, même si l'on peut baiser avec. Cela implique bien sur une grande confiance, ou du moins une forme d'inconscience, tous deux indispensable à l'amour.

Et cette confiance et cette inconscience, cette folie, cette présence dans l’abandon, tout cela rend la rencontre très différente, fait que dans un cas nous partageons de l'amour, alors que dans l'autre nous ne ferions que baiser."

Je like les deux textes, pourtant si différents.

Ma réponse :

"Liker une position, en liker une autre, différente, faire l'amour ou baiser, tout cela n'est qu'une question de contexte. On peut aimer tout, mais pas tout le temps, être plus doux ou plus douce, plus puissant ou plus caressant, rapide et féroce ou lent et alangui, homme ou femme, c'est cela qui est bien. Il n'y a pas deux manières "baiser" ou "faire l'amour". Il y a des moments pour ci et des moments pour ça, parfois d'un moment à l'autre, rien ne se répète jamais. C'est pour cela que l'on ne s'en lasse jamais. Le reste n'est qu'une distinction sociale qui se trahit et/ou s'épanouit dans le langage qui porte la trace de nos conditionnements sociaux et moraux. L'intimité pour chacun des membres du couple qui s'accouple n'est déjà pas la même pour l'un et l'autre et pourtant ils s'accordent, même s'ils n'ont pas la même perception mentale, intellectuelle et morale de ce qu'ils font. Mais, à ce, parfois long, parfois court moment, il le font ensemble, en quelque sorte, côte à côte, même si, physiquement, ils sont l'un dans l'autre ou l'un sur l'autre. Un bon moment, très bon moment, d'extase, pure. L'extase, ou ex-stasis, c'est la sortie (ex-) de soi, la sortie de son corps. Elle n'est pas uniquement religieuse, cette extase dont on parle davantage pour les saints que pour les baiseurs et les faiseurs d'amour. C'est pourtant elle que l'on recherche, avec l'autre, parce que tout seul, ça a beau être bon, ce n'est tout de même qu'un pis-aller, sauf peut-être au moment de la découverte de son corps, découverte solitaire avant de tenter la découverte avec l'autre, son autre, son différent, son complément, son compagnon, sa compagne de jeu.

Vous permettez que je cite votre texte à tous les deux, avec ou sans votre nom, suivi de mon texte, sur mon blog ?
De toutes façons, je posterai peut-être mon texte quand même, seul. Mais, à deux, avec deux larrons supplémentaires, l'écriture, c'est mieux. Ça avance plus loin. Pour des raisons évidentes, vous vous doutez bien que je n'en dirai pas davantage sur ma vie personnelle. Je suis résolument monogame de longue date et la multiplicité des partenaires ne fait pas partie de mes jeux effectifs."

© Simone Rinzler en compagnonnage avec Joachim Sin sur son journal FB et Thomas Kundera  - 6 février 2015 - Tous droits réservés.

Le nom Thomas Kundera est un pseudo, Pour Joachim Sin, je ne sais pas. Par ailleurs, je vous épargne la totalité de la discussion avec d'autres participants. Elle est publique, mais pas sur mon blog où je sélectionne ce que je choisis de publier ou de commenter. Mon but premier est toujours de travailler à l'atelier de la pensée.

1/11/2015

Quelques pistes de réflexion. Recueillement. #JeSuisCharlie4

"Il faut penser ce qu'ont pensé les nazis pour en éviter le retour" disait, en substance Alain Badiou dans "Le Siècle".

Lire aussi Viktor Klemperer "LTI, La Langue du IIIe Reich", travail de réflexion sur le langage, la langue totalitaire.

Écouter Boris Cyrulnik (14 minutes) http://www.tv7.com/point-de-vue-de-boris-cyrulnik-neuropsychiatre_3979593465001.php, le lire aussi.

Marcher ou ne pas marcher, ne pas juger.

Mais surtout aider à faire réfléchir les plus démunis de la société, ceux qui ne peuvent le faire.

(référence au  "parler pour..." d'Artaud, longuement pensé par le philosophe Gilles Deleuze)
 
Visionner "L'Abécédaire de Gilles Deleuze", également en libre accès sur la Toile.

Entrée dans le recueillement.

© Simone Rinzler | 11 janvier 2015 - J'aime, Je partage

11/17/2014

Réflexion sur l'écriture où le chant s'est invité


Sur FB, je réfléchis. Sur mon blog atelier, je réfléchis. Chez des amis, je réfléchis. 
Dans les lieux d'attente, je réfléchis. Aussi.

Je réfléchis partout.  Ici, là, surtout ailleurs. 
Aucun lieu n'est impropiceimpropre à la réflexion.
Aucun topos, aucun locus n'écarte topostupos, ni logos
Langage, logique s'entremêlent
En musique aussi.

Je lis, j'écris, je réfléchis.
Je lis, j'écris, je réfléchis. 
Je lis, je lis, je chante aussi.

Une amie FB écrit ce matin :

"Si la vie donne du sens à ton écriture, l'écriture donne du sens à ta vie."

Je lis. J'écris. Je réfléchis. 
Je lis. J'écris. Je réfléchis.
Je chante.
Aussi.

Je me souviens, je me souviens, de cet écrit, de ce bouquin, de la chanteuse, et prof de chant, Yva, Yva Barthélémy et de cette phrase, cette phrase heureuse, jamais oubliée...
Elle disait, elle disait, ...en substance, elle disait, elle disait :

"On ne chante pas parce qu'on est heureux,
On est heureux parce qu'on chanté."

Les mots, les mots, peuvent être dissemblables, les mots, les mots, restent les mots.

La citation, approximative, de la mémoire, ne reste que le sens, parfois la musique, quand il y en a une, mais là, mais, là, il n'y en avait pas. J'en ai ajouté, raccommodant, et ravaudant, les mots, les mots, les mots et pensées, les mots, affects, à mon atelier.

En ce temps, bien longtemps, je pratiquais, assidûment, nécessairement avec passion, le chant, chanter, de tout, de rien, et encore, le chant, le chant, de tous les corps, le chant, le chant, reprend sa forme, le chant, le chant, guide ma réflexion. Longtemps, longtemps, il l'avait mise, mise en prison. C'était une prison, dorée, je ne le savais, j'y étais heureuse, mais dépendante. Je ne savais, je ne savais, encore composer, voilà que ça y est.

Le chant est revenu, cette dernière semaine, le chant est revenu, je compose, et que j'aime. Je chante dans ma tête, je chante avec mon corps, la musique, est-ce bête ?, était ici, encore.
Je chante, je chante. Je chante et je compose. Je chante, j'écris, je compose...

Comme la musique de l'écriture était présente, insistante, hors de ma tête, elle est sortie
Hors du larynx, par salves ou gorgées, salve après salve, elle ne m'a plus quittée.

L'écriture a appelé, appelé, appelé. 
Le chant, endeuillé, s'est réveillé. 
Le chant, le chant, le corps et la tête, le chant, le chant, réconciliés.

Le chant, le chant, le chant et toujours l'autre,
Le chant, le chant, la voix..

La joie, 
Naturellement. 

C'est la musique, oui, la musique. Oh, La musique rythme mes écrits. 
C'est la musique, oui, la musique, enfin, La musique 
La musique est de retour. 
Musique de la vie. Musique de l'envie.
Musique Retrouvée. 

Le reste est privé.

Simone
Au gueuloir
Selon la
Prophétique
Dédicace
De Claro

MadMan,
Claro ?
Creo que no.
Le ho visto.

Doublement heureuse.

© Simone Rinzler | 17 novembre 2014 - Tous droits réservés 
[Écriture en cours. Texte. Sujet. À Modifications]
Allez, allez, Momone
Fais pas ta conne,
Envoie ta partoche, fais pas ta valoche,
Allez, allez, lecteur,
Fais pas ton voyeur
Laisse pas dans ta poche, 
Partage, partage 
Partage dès maintenant.
Les mots, les mots, les mots, et les choses,
Les mots, les mots, les mots de L'Atelier de L'Espère-Luette

11/14/2014

Réflexion sur l'écriture en réponse à mon amie de cœur, écrivaine

Écrire pour lire ce qu'on n'a pas lu.
Écrire autre chose que ce que l'on voudrait.
Écrire pour se dire ce qu'on ne dit pas, ce qu'on ne vit pas.
Écrire à l'aveugle, précédé par sa plume ou ses doigts ou ses mains sur le clavier.
Se laisser entraîner par son écriture pour faire connaissance avec celle que l'on ne connaît pas et qui nous emmène où elle veut et pas où l'on veut.
Écrire autrement que ce que l'on a toujours écrit.
Expérimenter son écrire et se rencontrer différente de son personnage social et de sa personne interne.
Accéder à l'inconnu de soi.
Pourquoi lutter ?
J'ai décidé de me laisser aller.
J'ai assez bataillé.
Expérimenter le flux de l'écriture, se laisser surprendre. 
Trouver sa douceur, enfouie, sous les paroles de combat.
Se rassurer de l'absence de silence et de la présence inconnue.
Se réjouir de sa bonne nature.
Et se dire qu'on ne (se) racontera peut-être plus jamais d'histoire(s).

S'adonner, s'adonner à l'exigence de la facilité, sans contrainte externe, poussée par son envie interne est la solution (de facilité) à laquelle j'ai commencé à m'adonner. 
Écrire, non plus pour plaire aux autres, aux représentations que l'on voudrait avoir de soi, mais juste pour le plaisir de se plaire, de se faire sourire, de se faire rire, de jouir de la vie, comme ça, pour soi. Enfin.

Bonne soirée, mon amie de plume !

Peut-être ne serait-je jamais, comme toi, écrivain. Je me voulais tragédienne, profonde et sérieuse. Toujours, toujours, la vie, la fantaisie, reprend le dessus. Il faudra que je m'y fasse. Je suis, décidément, bien. Bien. Une fantaisiste. Bien.

Bon, bon, bon...

© Simone Rinzler | 15 novembre 2014 - Tous droits réservés 

6/18/2014

Tu...



Tu hésites. Tu tempêtes. Tu t'emportes.

Tu lis. Tu Cliques. Tu claques.

A petit Feu. Nourri.

Tu Tournes. En Rond. En Carré. En Trois D.

Tu Sautes. D'Humeur. En Mode Majeure infantile.

En La. En Si. En Si mineur.

Jamais. Aux Grands. Jamais. En Ré # Majeur.

Tu Tergiverses. Tu Te bouleverses. Tu Te traverses.

Tu, Tutu tu. Turlute. Tu Te Tues. Chappe Eau. Pointue.

Tu Cherches. Tu Fais Semblant. Sans Prendre De Gants.

Je Te Le Dis. Tu Perds Ton Temps.

Tu T'y Mets. Ou Tu T'y Mets Pas.

Tu Suis Ta Trace. Ou Tu Dégages.

Tu N'Y Vas Pas. Par Quatre Câlins.

Tu Fonces. Tu T'Y Enfonces. Ou Bien Tu Pionces.

Alors, Tu Te Décides.

Comment Je Me Décide. 


Je N'Ai Pas Besoin De Toi Pour Décider.

Je N'Ai Pas Besoin De Décider. Je Fais. C'est Tout.

T'As Pas De Projet. T'as Pas D'Idées. T'as Que Du Style. Tu Crois Que Ça Suffit.

Ferme-La. Ca Suffit. C'Est Assez Barguigné, Assez Blablaté, Assez Castré. A La Schlague.

Tu Vois Pas Que J'Y Suis. Tu Vois Pas Que je te Fuis. Tu Vois Pas Que Tu M'Ennuies.

Tu Sais Pas Encore Que je Me Débrouille Sans Toi. Que Je Dérouille Avec Toi.

T'As Pas Fini De M'Emmerder Avec Ton Babillage Incessant, Inconsistant, Inédifiant.

Je Te Tue.

© Simone Rinzler | 18 juin 2014





4/12/2014

Le temps de l'habitude. Adaptation

Le mythe des 21 jours pour prendre une habitude.
Le plus important : commencer.
Puis suivre le processus.
Chacun s'adapte en fonction de ses capacités, de son intérêt, avec quelques achoppements, plus ou moins nombreux.
Chant, musique, lecture, écriture, photographie, dessin, apprentissage d'une langue, du tricot, de la broderie, de la mécanique, de la plomberie, de l'électricité ou de la marche, chacun a son rythme. Le tout est de s'y mettre. Et de suivre le rythme de ses progrès et de ses piétinements, qui tous font partie du processus d'adaptation.

Cela s'appelle vivre et découvrir, tout simplement.

© Simone Rinzler | 12 avril 2014

http://www.huffingtonpost.fr/james-clear/combien-de-temps-faut-il-pour-prendre-une-habitude-selon-la-science_b_5131357.html