Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est Style. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Style. Afficher tous les articles

1/22/2015

Tu suis le narrateur du roman d'Éric Pessan... "Le Démon avance toujours en ligne droite"

Tu suis le narrateur du roman de Pessan.

Tu le suis, suivant son démon, son père, son grand-père.

Tu le lis lentement. Tu te forces à le lire lentement, pour le suivre plus longtemps, t'imprègnes de chaque phrase, de chaque idee, de chaque émotion.

Tu sais, depuis bien avant avoir commencé la lecture, que tu as un très bon roman entre les mains. C'est pour cela que tu le poses. Pour y penser, y repenser, t'en imprégner, ne pas le dévorer goulûment.

Celui-là, ce n'est pas une lenteur de "Je n'aime pas trop", de "Je n'arrive pas à me passionner", ou de "Je n'ai aucun autre livre sous la main". C'est une lenteur de "J'aime bien", de "Je m'imprègne d'une atmosphère", une lenteur de La littérature pense, alors je prends le temps de penser avec elle".

Peut-être est-ce pour cela que tu fais toujours tes notes de lecture en cours de lecture et jamais ou presque après la lecture. Parce que tu lis en chercheur, en penseur, pensive, en amateur, qui aime et qui savoure. C'est là ta liberté de lecteur, de lecteur-écriveur. On parle parfois des écrivains-voyageurs. Ceux qui t'intéressent sont des écrivains-penseurs. Tu n'est pas fanatique de littérature d'évasion. Tu ne cherches pas à t'évader du réel. Tu cherches à le comprendre. Même si cela est difficile. Et dans ce roman, le miracle de la lecture est là. Ce n'est pas difficile. Tu sais que tu pourras le recommander à d'autres qui n'ont pas ta propre passion, ton propre démon. Tu sais que tu aurais probablement pu le dévorer en une journée. Mais tu sais aussi que tu n'en aurais rien fait, qu'il aurait glissé sur toi, passant, ne laissant plus aucune trace en toi, sinon que celle de te souvenir que tu avais bien aimé sans savoir pourquoi. 

Tu réfléchis au temps de la lecture, à la boulimie, à la frénésie, de lire, d'écrire, de vivre, des passions. Tu privilégies les affects joyeux. Penser en bonne compagnie te fait du bien. Penser ne signifie pas épouser les idées du narrateur qui dit "Je". C'est simplement le lire, l'écouter et réfléchir à ce qu'à travers lui te susurre l'auteur, peut-être même à son insu. Il ne te connaît pas, il ne savait pas que ce qu'il écrirait ferait écho à tes interrogations sur la paternité. Tu ne savais même pas que tu avais des interrogations sur la paternité. Tu es une femme. Pourtant, tu t'es toujours demandé ce que c'était d'être un homme. Par la lecture, tu accèdes à l'altérité radicale de la masculinité (tu n'as pas dit de la virilité, mais bien de la masculinité, du fait d'être homme plutôt que femme). Tu parviens à t'identifier à ton alter ego masculin, un autre humain, d'un genre différent dans une société qui, comme toutes les sociétés, remarque et marque une identité différente quand tu as toujours voulu voir une communauté humaine. Unique. Homogène. Avec ses différences existantes, et ses différences socialement et culturellement construites.

Alors, tu retournes lire l'histoire de cet homme qui ne veut pas être père, qui suit et poursuit le démon de son père, de son père, de son histoire patrilinéaire, avec la trouille au ventre de la reproduction du démon. Voilà qui te parle. D'homme à homme.

Si tu le lis plus vite que moi, dis, sois gentil, ne me raconte pas la fin. Je me fiche de la fin. Ce qui m'intéresse, c'est le voyage dans la tête de cet homme, ce narrateur, de cet autre homme, cet auteur. Tu sais bien qu'il est délicat de distinguer l'un de l'autre, tant pour le lecteur que pour l'écrivain. Tu admires l'écriture d'un écrivain. Tu ne tombes pas amoureuse d'un homme. Tu es dans l'admiration d'une écriture. Tu t'es convaincue de réfréner ton envie de lire vite. Tu viens de te convaincre, en écrivant cela que tu avais fait le bon choix. Il n'y a jamais aucune raison de se hâter.

Tu te souviens aussi des soutenances auxquelles tu as assisté en tant que public et des exercices d'admiration dont tu pensais qu'ils s'apparentaient à des déclarations d'amour. Tu viens de comprendre (puisque tu n'es jamais passée par cet exercice autrement que pour de rares soutenances de Master ou de DEA) ce qu'est la matière de cet exercice d'admiration d'une pensée qui se développe avec cohérence. 

La lecture de loisir devrait-elle donc se faire comme une lecture professionnelle, en s'arrêtant pour noter ses impressions ? Tu le sais bien, toi qui annote si souvent tes livres, écris sur eux, y pense dans les marges, effectuant des liens. Cette fois, tu n'as pas encore saccagé le livre. Comme tu n'enseignes plus, tu n'auras pas besoin d'en racheter un neuf pour en photocopier des passages et le faire étudier à tes étudiants. D'ailleurs là, ce qui t'intéresse, ce n'est plus la grammaire de l'anglais, ni la langue française, mais le plaisir de lecteur quand la littérature pense et te fait penser avec elle.

On ne devrait jamais lire trop vite.

On devrait pouvoir avoir le temps de prendre son temps, de profiter de l'otium, du loisir de lire et de ne plus lire, puis de relire et de ré-arrêter de lire. Tu as eu la chance de te choisir un métier tardif d'enseignant-chercheur après avoir été enseignant tout court qui a nécessité que tu prennes le temps de te plonger dans les détails. Tu sais désormais t'arrêter à temps quand tu perçois qu'avec un livre, il est temps de s'arrêter à temps pour prolonger le temps de la lecture, le temps de l'entrée et de la pérégrination dans le monde textuel, curieux miroir du monde réel. Tu repenses à la théorie des mondes textuels. Tu enrages, oh !, très doucement, de ne pas l'avoir suffisamment travaillée à fond. Cela n'a guère d'importance pour ce que tu fais là. Tu vas rentrer dans le détail, dans les détails où, dit-on, se cache le diable, tu vas poursuivre l'auteur poursuivant son narrateur sur les trace du démon, en ligne droite.

En attendant, ce titre "Le Diable avance toujours en ligne droite" , avec son "toujours" t'inquiète terriblement. C'est très réussi. Ce titre t'intrigue et te donne envie aussi, de découvrir, au-delà d'une pensée du réel, une intrigue de l'humanité.

Tu remarques qu'habituellement, tu n'aimes pas trop cette (nouvelle ou relativement récente ?) tendance à prendre des phrases complètes, ou des segments de phrase comme titre de livre, d'émission de télévision ou de radio et de marques de vêtements. Ça a d'ailleurs dû commencer par des vêtements. Tu penses à des "Comme des garçons", des anciens "Fruit of The Loom" des T-shirts de ton adolescence dans les seventies. À la radio, te revient "Là-bas si j'y suis" et l'envoyer-promener dont les enfants autrefois se faisaient gratifier prestement : "Va voir là-bas si j'y suis", aussi élégant et explicite que "Dégage" et "Fous-moi" ou "Fiche-moi l'camp" (sous-entendu "d'ici").

Tu notes que la phrase du titre ne coule pas bien en tant que titre. Tu ne l'aurais pas remarqué à l'intérieur du roman, sauf peut-être en cas de micro-lecture. Tu remarques que quelque chose accroche. Ce toujours, comme de trop. Privant le titre de l'équilibre d'une phrase à huit pieds (octosyllabe). Tu y vois une forme de figural (Laurent Jenny), mais tu peux te tromper. Tu as un titre qui fait style. Tu dis bien qui "fait style" et non qui fait "staïïle, qui fait "genre". Non. Tu fais face à un titre qui fait style au sens de "Tu reconnais que tu es face à un style". 

Tu aimerais que les éditeurs prennent l'habitude d'écrire explicitement qui a été l'éditeur d'un livre et non juste la marque de la maison d'édition. Tu ne sais pas si le titre est de l'auteur ou d'un agencement collectif d'énonciation économico-littéraire, le résultat d'une négociation ou une imposition anonyme entre commerce et littérature. Mais cela est un tout autre sujet.

Tu retourneras à ta lecture à la poursuite, cette fois, non plus seulement du démon du narrateur mais aussi du style de l'auteur. 

Ah ? Bah ! Et l'intrigue, dans tout ça ?

T'inquiète pas. Ce n'est pas de la lecture pour, de la lecture pour travailler, de la lecture pour étudier, de la lecture pour réfléchir. C'est juste de la lecture. Le plaisir de la lecture. 

C'est ta vraie lecture d'évasion, hors du monde réel, dans un monde textuel, qui te ramène, sans cesse au réel de l'autre, par identification avec toi et rencontre avec l'altérité de l'autre. Conjointement. Cela fait littérature. Cela est littérature.

© Simone Rinzler | 22 janvier 2015 - Tous droits réservés 

NB : Tu as repensé, à la fin de l'écriture de ce texte au titre de Marcel Proust "À la Recherche du temps perdu".
NB bis : Cette réflexion fait référence à de très nombreux travaux sur le langage et sur la littérature qui ne peuvent tous être cités et commentés ici. Je fais référence notamment au chapitre 3 de "L'Emprise des signes - Débat sur l'expérience littéraire" intégralement rédigé par Jean-Jacques Lecercle (in Lecercle & Shusterman), une lecture éclairante que je recommande vivement.

7/21/2014

Comment Rien

Comment.

Comment rendre compte de sa dépression.

Comment ne pas en rendre compte.

Comment survivre sans vivre tout en vivant.

Comment mettre tant de temps à lire un livre qui plaît et désole en même temps.

Comment rendre justice à Rien. À "Rien (qu'une affaire de regard), premier roman de Philippe Annocque, publié de nouveau dans une version remaniée aux Éditions Quidam.

------------------------------------

Elle se dit qu'elle ne le peut pas, qu'elle n'en a pas le droit. Elle se dit que ce livre a le mérite d'exister, qu'il mérite d'exister, que son auteur a le mérite de l'avoir écrit avec ce que le journaliste du Figaro à appelé en 4ème de couverture "Une écriture blanche, acérée. Un style sec, sans afféteries." Elle pense à ce que pense, ce que penserait l'auteur de ce qu'elle a à en dire. Elle se dit que, de toute façon, il peut bien penser ce qu'il veut, ce qu'il peut, ou ne penser rien du tout. Qu'il a déjà publié. S'est exposé. Qu'elle ne sait pas le faire, ne peut pas le faire, ne veut pas le faire et le fait quand même, sans y penser, en ne cessant jamais d'y penser. 
Elle se demande comment elle est entrée dans l'esprit de cet auteur. Comment elle a souhaité en sortir, allant, venant, ailleurs, loin de l'activité de lecture, d'écriture. Comment elle se dit que cette rencontre du blog de Philippe Annocque à été une vraie rencontre avec un écrivain, avec un humain, avec un homme simple, délicat, tendre. Elle se dit qu'elle le compare à un jumeau de son adolescence, de sa maturité. Qu'elle comprend sa difficulté à conjuguer et à décliner le mode amoureux par le langage et que, comme elle, il sait si bien en parler sans avoir l'air de rien. Rien. L'air de Rien. Qu'il avance son petit bonhomme de chemin. Qu'elle le suit et qu'elle l'annote, l'Annocque nouveau, l'air de rien. Qu'elle a ressorti son stylo, son encre marron, qu'elle a racheté un stylo-plume en allant faire les courses. Que spontanément, après y avoir inséré les cartouches "Terre de Sienne", elle s'est installée à son fauteuil de lecture et a commencé à annoter. À aimer. À se demander comment elle avait bloqué sur ce texte, comment elle avait pu le laisser tomber, y renoncer. Elle repensait à son "Reader's Block", son angoisse de la page noircie par d'autres, son incapacité à se concentrer, son impuissance à lire, à écrire, et à compter dans le monde, sur le monde et avec le monde. Elle s'est dit qu'elle pensait trop, qu'elle n'agissait pas assez. Qu'elle retombait toujours dans le même travers. 

Elle s'est dit qu'elle en avait assez des tergiversations de ce petit puceau impuissant, elle l'écrivaine pucelle impuissante, incapable de publier en son nom propre pour une raison qui lui échapperait toujours. 

Elle se dit qu'elle devrait bien aller le voir, le remercier, le père d'Herbert, le père de ce jeune homme impuissant dont la comparaison entre "conjugaison" et "déclinaison" (pages 178-179) lui inspire des réflexions autres que purement stylistiques. Con-jugare : être sous le même joug (?) ensemble ? Déclinaison : pénienne ? Pen : plume et sexe, impuissance créatrice et impuissance physique. Ses "avortements sentimentaux" : son impuissance physique, oui ! Oh !  Non ! Pas d'impuissance de l'esprit qui toujours tourne sans frein, freinant le corps qui ne sait se dire, ne sait que se taire. Son esprit, toujours en analyse, sans répit, qui le mène à son but, un but qu'il ne connaît pas encore mais subodore et auquel, il parviendra. Ce livre, bientôt terminé en est le témoin.

© Simone Rinzler | 21 juillet 2014
Avec la participation quasi (in)volontaire de Philippe Annocque.




7/10/2014

Teaser "Lava"

Teaser "Lava" (à paraître)

Tandis Que Le Petit Poussait Dans Les Entrailles De Lave d'Ava,
Le Petit Chaperon Rouge Et Noir Et Or Et Ses Amies Alice Au Pays Des Vermeilles Et Boucles D'Argent Perdues Dans La très Grande Forêt Des AnHumains Se Désespéraient.
Seuls Les Amis Du Petit Poussé En Tête de GondBoll Pourraient Voir Le Dessin De Ce Martin.
Ce Fut Un Grand Dormage Pour, Dieu Me Le Tripode, Tous Ceux Qui En Furent Exclus.

© Simone Rinzler | 18 juin 2014

(Publié le 10 juillet 2014)

4/09/2014

Language and Style: David Peace GB84 Incipit and Pastiche

Language and Style 

(incipit de GB84 de David PEACE et pastiche en anglais)

30 mars 2012, 09:20

L'original d'abord : (incipit de GB 84  de David Peace) :

The Argument       
Electricity
Harsh service station light. Friday 13 January, 1984 –
She puts a cigarette to her lips, a lighter to her cigarette.
A dog starv’d at his Master’s Gate –
He waits.
She inhales, her eyes closed. She exhales, her eyes open.
He picks at the solid red sauce on the plastic ketchup bottle.
‘early March,’ she says. ‘South Yorkshire.’
He rolls the solid red sauce into a soft bloody ball.
She stubs out the cigarette. She puts an envelope on the table.
He squashes the ball between his fingers and thumb –
Predicts the ruin of the State.
She stands up.
He shuts his eyes until she’s almost gone. The stink still here –
Power.


And now...
[roulement de tambour]
...

The "Le pastiche" 
À la manière de David PEACE :

Photo Août 2009
© Simone RINZLER
Photo Août 2009 © Simone Rinzler
"Photo moche - d'époque - en direct de mon bureau"
Série : Ne pas tricher sur le Réel


The Argument
Language
Light fading. Neck muscles howling with pain. Friday February 29, 2008 ‑.
She chews her nicotine gum, spits the gum, brings a mentholated cigarette to her lips, holds the lighter. Crrr… ‑ Crrr… She puts the unlit cigarette down. She bites her lips. She retrieves the half-chewed gum. She puts it back to her lips. She rolls soft and hard matter between thumb and index.
Chirp, chirp, chirp. Spring has stared early.
He remains silent. Reads in silence. Stops reading. He waits. He goes up. To-ing and fro-ing. Hall – garage ‑ hall.
No time for rest. No time to relax.
Her master’s voice unheard of –
Time for lunch.
She types. Control Z: undo. Types again. Control Z. Undoes again. Control Z – Control Z ‑ Out of control. That won’t do. That won’t do. That won’t do. Tap. Tap. Tap. Tapitty, tapppita, tappity, tap. Full stop.
That won’t do again. Hell! That will do!
“’ll be right down in a sec” she says. Types again. “Wait a mo‑ ‘m not over yet” Types again.
Tapitty, Tapitty, Tapitty, Tapitty, Tapitty, Tapitty, Tap. TAP. T – A – P.
Six to twelve. Time for lunch.
Why am I doing this? Why AM I doing this? Why am I doing this?
Language ‑ Control
Creek. He goes back to the garage.
She throws away her tasteless stomach-rending gum. Disgust. Hate. Fear.
Creek. Back to the house. He looks for his electric saw. Finds it. Goes back to garage. Door creeking.
Chirp, chirp, chirp. Spring. Lack of spring.
Why am I doing this? Why am I doing this? Why am I doing this?
WHY – AM – I – DO‑ING – THIS?
Chainsaw whining outside. Zeeeoooing.
He’s doing it. Said he would do it. Is doing it. Has done it.
She types. Goes on typing. She’s doing it. She is undoing it. She is doing it. She has not done it. She has not finished. Not yet. Wait. She has not made it.
Why am I doing this? Why am I‑? Why ‑?
The lecturer goes on with her assessment. Pretends she likes it. Hates it. Loathes it. Loves it. She’s done it. Over. To you.
Language ‑ out of control.
Research – out of control.
Politicslanguagesociety. Control: out of control.
Language – Control.
Language control.
Style.

[30 mars 2012 ou aout 2019 - à modifier après consultation des archives]


3/22/2014

Planninge : ça plane pour moi (note de lecture de "Planning" de Pierre Escot

Planninge : ça plane pour moi

20140322 Planning Pierre Escot GamStyl ALADELE101

Éblouie par la lumière sombre de Pierre Escot.
(Passivoïde : PP + PAR + Det. + N Inan. + Adj CoulNuanc => [GN Oxy code 8])

048. "Planning", deuxième édition révisée. PPT/éditions - Paris, France, 2012.  

Prendre des notes.
Poser livre. Écrire.
Idée style mûrit.
Fait ses gammes 
Gammes stylistiques.
ProjBK ALADELE101

RETOUR SUR LECTURE
Refeuilleter le livre.
S'aperçoit que deux pages lues trop vite.
N'ai pas imprimé ce que mes yeux ont lu.
Ce que mes yeux lisent, mon cerveau ne lit pas.
J'ai lu, mais je m'entendais écrire pendant que je lisais. 

Esprit distrait par la richesse 
(Passivoïde + CA PAR + GN [Det. NInan Uncount Gen / Spec ? Code 9]

[Améliorer codes GN]

Page 007
Conquise
Le lirai dans la journée

Pas beaucoup de mots
Trop de réflexion 
Le lirai plus lentement

Pas assez attentive
Lire plus lentement.

Pour un critique intermédiaire du livre en cours de lecture dans le style de l'auteur : 
Pasticher n'est pas parodier (Hommage)

Découvrir l'original dans le merveilleux petit, Grand, livre de Pierre Escot "Planning" (cf. Ref. Supra).
Écrit sur Vélin Electronique, IPad 2, statut FB sans titre, 22 mars 2014.

----------

Pierre Escot me rappelle de suivre la prescription de sa dédicace du 19 mars.

Égarée hors prescription du Docteur Escot.
Rebelle à toute prescription.

"Le refus d'une prescription est l'obéissance à une prescription insue, invisible, oubliée. L'invisibilité de la doxa contemporaine est une idéologie* (Cf.NBP**) dont la puissance est d'autant plus forte et inévitable qu'elle nous est invisible et insue de nous en raison de sa trop visible prégnance, car nous en sommes tous participants, même (et probablement surtout) si nous croyons être des observateurs-participants. 
NBP :
*[Prendre/Comprendre "Idéologie"  au sens du terme. En russe, "Idéologie", signifie "Ensemble des croyances, habitudes et habitus dans une société donnée" et correspond à ce que les linguistes appellent "Shared Knowledge" ou "Connaissance partagée du monde" et Umberto Eco "Encyclopédie" et que l'on peut qualifier de "Contexte extra-linguistique", c'est-à-dire ce que j'appelle le "Macro-Contexte".]
** [NBP signifie Note de Bas de Page]

(Dr Simone RINZLER, MCF HDR, 20140322-15:02)

Double-Bind Assuré.
Double-Bind Assumé.
Prescription du Docteur Maille suivie par rejet de prescription antagoniste.

Injonction contradictoire résolue par la sortie du cadre.

Retour à la case écriture.
Photographier.
Glander.
Photographier.
Prêter des livres.
Lire sur tablette.

La guerre de la monographie n'aura pas lieu.

Avant fin mai.

S'appesantir sur son sort.
Visite de L.
Rires.
Joie.

Fatigue.
Repos allongée.
Vertiges.
Nausées.
Vérifier pharmacie.

Envoyer mail.
Lire d'abord. Envoyer mail après.

Réveil pas pâteux. Vertiges disparus.
RAS.

Demain.
---------

De la surprise à la méprise.
Point de mépris,
Mais Mé-Prise, "Misprision", mal pris, pris de travers, pas comme il le fallait.

3/06/2014

Prix Libraires en Seine 2014 (la suite...)

Prix Libraires en Seine 2014 (suite)

Voilà des jours que je n'ai plus rien écrit sur mes lectures dans le cadre du Prix Libraires en Seine auquel je suis inscrite comme juré auprès de ma Librairie Dédicaces, 7, passage d'Arcole, 92500 Rueil-Malmaison.

J'ai fini, assez péniblement, la lecture du troisième volume dans l'ordre de lecture que j'avais déterminé à partir de quelques a priori liés à l'âge du capitaine et plus particulièrement, l'idée que je me faisais des livres à partir de leur éditeur, de la quatrième de couverture, de l'idée que je me faisais de quelques auteurs dont j'avais déjà entendu parler avec grandiloquence par des lecteurs extasiés (vous comprenez bien que c'était un a priori négatif qui primait là, pour Sylvie Germain et Arturo Perez-Reverte : je ne sais pas pour vous, mais quand des lecteurs francophones français en ont plein la bouche du style d'un auteur dont ils sont littéralement fanatiques, je sens, je sais, que je ne vais pas aimer, que le roman va se vouloir poétique, que cela va se voir, que le style oubliera de se faire oublier et que je vais me faire chier épais, épais. 

Pardon my French, comme on dit en anglais quand on vient de mal parler, de jurer ! 

Alors, j'ai péniblement fini, par tous petits bouts Petites Scènes capitales de Sylvie Germain chez Albin Michel, comme on doit finir sa soupe quand on est petit et qu'on n'aime pas trop ça, mais que ça passe quand même. 

On n'en est tout de même pas aux grands hauts-le-cœur, mais, bon, voilà, on n'aime pas trop, ce n'est pas son plat préféré et il faut bien finir quand même, il faut savoir aussi manger un peu de tout.

Ça ne peut tout de même pas être tous les jours ce que l'on préfère, il y a aussi le goût des autres, et puis, des fois, on finit par s'habituer, pas tout à fait par aimer, mais, bon, ce n'est finalement pas si mauvais. 

Et puis un jour, on se rendra compte que finalement, ce n'était pas si mal. 

Qu'on a bien fait de nous forcer, même si on détestait ça, d'être forcé. 

Qu'on aime encore mieux ce qu'on aime parce qu'on a aussi goûté plein d'autres choses, ce qui fait qu'au bout du compte, on aime bien aussi s'être forcé, malgré soi, parce que comme ça, on sait vraiment ce qu'on aime vraiment.

Voilà l'effet que m'a fait la lecture de Petites Scènes capitales

Je me suis forcée. Je n'ai pas gerbé. J'ai même fini par trouver ça pas mal. Mais je suis toujours encore en guerre, oh !, une guerre somme toute assez pacifique, on n'est pas là pour s'entretuer quand même, mais pour partager le plaisir de la lecture et de l'écriture, et dans mon cas, pour dire mon goût du style, et plus singulièrement, du style neutre (qui n'est pas spontanément le mien), "Neutre" au sens du concept de Neutre de Barthes dans le séminaire Le Neutre, publié et annoté par mon collègue de littérature française et écrivain (rencontré dans deux séminaires à Nanterre, Thomas Clerc)

Et voilà que je me rends compte, ce matin, que tout ce que j'ai ajouté cette nuit pour préciser ma pensée a disparu, que je ne l'ai pas enregistré avant de fermer l'échoppe de l'atelier. Tout cela passera, hélas, aux pertes et profit de va vie de bâton de chaise, ma vie de lectrice et d'écrivain au lit et olé, olé !
Alors, comme toujours, tant pis, et "Zou !"

Envoi ! 

Publier ! (Oui, toujours comme on dit "Champagne !")

NB : Ça m'ennuie quand même sacrément d'avoir perdu ce que j'avais ajouté.
J'essaierai de modifier, mais le temps n'est pas extensible et ce qui est perdu est perdu.
Si je ne modifie pas ici, la question du style reviendra ailleurs.
C'est une vraie marotte chez moi. Ça a été mon travail
toutes ces dernières années dans le domaine anglophone. Je l'applique maintenant à mes lectures en français.

3/05/2014

Lectures : L'Affaire est dans le sac

Lectures : L'Affaire est dans le sac !

Un petit tour à Saint-Ouen, à la librairie "Folies d'encre", et hop !...

...L'Affaire est dans le sac !, 
et les trois nouveaux livres passeront bientôt du sac de transport à :
  • la PAL ou Pile A Lire (mais laquelle ?, car il y en a plusieurs...)
  • la RAL ou Rangée A lire (Il n'y en a qu'une, hors bibliothèque et hors bureau, bien sûr...),
  • le SAL ou Sac A Lire (mais, là encore, lequel, car il y en a aussi plusieurs).

    Suspense, suspense...

    Deux lectures très attendues :
    • Virginie LOU-NONY et son essai Ce qui ne peut se dire - L'Atelier d'écriture à l'épreuve du silence (Actes Sud) 
    • Antoine WAUTERS Nos Mères (Verdier), 
    extraites de ma liste de LAC (Livres-z'à Acheter ChezUnDeMesLibrairesAdorés), trouvées sur place et une surprise, qui m'attendait là, la revue "FEUILLETON Numéro 10" d'Adrien BOSC avec un extrait en français du roman de Ben Marcus The Flame Alphabet / L'Alphabet de flammes...
    Les beaux hasards de la journée...
    ...et les belles lectures du retour de la rentrée.

    Les vacances sont belles, et bien, et bonnes, 
    et bel et bien finies... Au boulot, Simone !

    NB : Je milite pour les points de suspension d'avant...
    ...tout le monde comprend très bien à quoi ça sert. Ça sert, c'est tout. Si on comprend, c'est bien que ça sert.

    NB +1 : Je milite aussi pour d'autres choses : je suis très pointilleuse sur la ponctuation : un point c'est tout. 

    Ordoncques : je milite AUSSI pour l'enchâssement des deux points, préliminaires explicatifs (ou préparation à une énumération) en langue française. A ne pas confondre avec les deux points en anglais, mais ça, c'est une très longue histoire, ces questions de ponctuation du discours.

    Et oui : Je sais bien qu'on ne doit pas mettre de Majuscules juste après les deux points, sauf que, moi, (oui, moi - c'est-à-dire La Tenancière de L'Espère-Luette [Mâme Simone, en quelque sorte]), je préfère quand il y en a. Question d'esthétique et d'éthique de la mise en discours. On voit bien que ça commence vraiment là où apparaît la majuscule.

    Pour les autres militances, on verra ça un autre soir, si vous le voulez bien. 
    ...Et même si vous ne le voulez pas non plus, d'ailleurs...
    et bon... j'ai AUSSI acheté - ou plutôt racheté - un manuel de couture.

    Pour m'y remettre après plus de trente ans d'arrêt.

    ...Et pourquoi pas ?...

    Ne suis-je pas La Fille du Vaillant Petit Tailleur ?

2/24/2014

Tu écris un roman, Simone ?

Une amie me demande : "Tu écris un roman, Simone ?"


J'ai commencé à écrire en janvier 2003. Je poste ces anciens écrits sur mon tout nouveau blog commencé la semaine dernière. Et j'ai commencé à travailler sur mon gros projet de roman vers la rentrée de septembre-octobre 2013. 

J'y travaille lentement mais assidûment, comme je l'ai fait pour ma monographie sur les manifestes que je n'ai pas réussi à publier encore pour l'instant car elle est trop longue et que je me suis écroulée d'épuisement et de désespoir en mai dernier. Mais je reprends du poil de la bête, et les choses se mettent en place très vite. Le rythme de la belle vie est en train de reprendre. Je ne suis pas mécontente de ce qui m'arrive. Je ne croyais pas que je me remettrais finalement si vite de mes déconvenues universitaires. 

Tout ceci est à suivre sur ce qui a été, sans que je le sache encore, mon journal de fin des années d'errance dans les griffes de la linguistique linguisticienne. Je suis enfin revenue à la maison, et à mes vraies amours : la littérature, la lecture, l'écriture, en français, ma vraie langue maternelle, le tout incroyablement enrichi par mon passage pas la case linguistique, stylistique, philosophie du langage et par une connaissance et une analyse approfondie de la langue anglais, du monde anglo-saxon et de la parole manifestaire.


Voilà qu'à nouveau, tout me semble redevenu possible !


Tu peux suivre mes aventures de l'année passée et les balbutiements actuels sur mon blog :
alatelierdelespereluette.blogspot.fr 
(j'espère que l'adresse est la bonne. Le plus simple est de passer par ma page FB L'Atelier de L'Espere-Luette pour laquelle je n'arrive pas à l'instant à faire le lien...)


Mais ce n'est plus la technique qui m'arrêtera, ni rien d'autre.

Le style du roman, pour ce qui est déjà commencé et envisagé est déjà très différent de ce qui est sur le blog, du moins dans l'intention. 

Mais l'auteur ne connaît jamais vraiment son style lui-même. J'ai assez travaillé là-dessus pour ne pas me faire d'illusions inutiles sur le sujet.