Rechercher dans ce blog

5/29/2016

5 #EB Écrire du Bien : Le besoin d'Ecrire du Bien s'est tari.L'écriture continue. J'aime tant écrire dans mes moments de solitude.Mais le besoin, le craving, le besoin irrépressible est passé. Seulreste le plaisir, plus rare, de ne pas se jeter à corps et à espritperdu.

5 #EB Écrire du Bien : Le Besoin d'Écrire du Bien s'est tari. L'écriture continue. J'aime tant écrire dans mes moments de solitude. Mais le besoin, le craving, le besoin irrépressible est passé. Seul reste le plaisir, rare, de ne pas se jeter à corps et à esprit perdus.

Le Besoin d'Écrire du Bien s'est tari. L'écriture continue. J'aime tant écrire dans mes moments de solitude. Mais le besoin, le craving, le besoin irrépressible est passé. Seul reste le plaisir, plus rare, de ne pas se jeter à corps et à esprit perdu.

Le besoin d'évacuer est passé. Le besoin de mettre loin derrière soi ce qui fait ou a fait souffrir a disparu. L'écriture-évacuation s'en est allée. Seule reste l'habitude. L'habitude du plaisir, la gourmandise d'écrire. 

L'envie d'écrire un Grand Roman m'a quittée. Je ne puis que m'en féliciter. Cette envie me gâchait la vie. Cette envie disait le vide de ma vie, suintait le manque. 

Craving

Craving d'Écriture. Irraisonné. Fou. Intense. 

L'intensité s'est calmée. Plus de trois ans déjà. Trois ans de désintoxication au poison du Craving

Exit la passion objective qui ne se peut maîtriser. 

Enter la passion objective, l'âge de raison.

Ce matin, j'ai sept ans. L'âge de raison, dit-on. 

Plus besoin de se jeter à fond dans le grand bain. Je sais que je sais nager. Je n'ai plus besoin de me le prouver. L'exigence de la découverte a perdu son attrait. Il est maintenant temps de travailler cette écriture. Dans le calme et la raison. Prendre le temps de puiser ce qui vient, ce qui revient, départie de l'importunité de la passion objective, celle qui soumet et dirige.

Il est temps de faire place à la passion subjective. D'en jouir. De la laisser s'épanouir.

© Simone Rinzler | 29 mai 2016 - Tous droits réservés 

Ailleurs ou À L'Atelier de L'Espère-Luette





5/24/2016

4 #EB : Écrire du Bien : Écrire du Bien, c'est un acte de résistance.Résistance à la bêtise, résistance à la méchanceté, résistance à lavacuité des conversations convenues. C'est résister à l'air du tempsmauvais.

4 #EB : Écrire du Bien : Écrire du Bien, c'est un acte de résistance. Résistance à la bêtise, résistance à la méchanceté, résistance à la vacuité des conversations convenues. C'est résister à l'air du temps mauvais.

Écrire du Bien, c'est un acte de résistance. Résistance à la bêtise, résistance à la méchanceté, résistance à la vacuité des conversations convenues. C'est résister à l'air du temps mauvais.

Écrire du Bien, c'est lutter contre le marmonnement de mécontentement, mettre de la couleur dans sa vie, résister au temps glaciaire de l'ère. 

Écrire du Bien, c'est un engagement. 

Écrire du Bien, c'est politique.

Écrire du Bien, c'est une réaction, épidermique, endémique, une éthique. Et toc !

Écrire du Bien, c'est réparer les morts-vivants, donner espoir en l'humanité, chercher la petite bête qui rend heureux, c'est cesser de critiquer, cesser de commenter. 

Écrire du Bien, c'est agir sur le monde. En langage. Par le langage. En tant que Sujet, Sujet ressentant et Sujet pensant.

Écrire du Bien, c'est croire en l'effet-monde du langage.

Écrire du Bien, c'est croire en l'effet-langage du monde.

Tu m'expliques ? Parce que là, ça devient un peu sombre ton histoire...

Oh ! Ce n'est pas une histoire. Je n'aime pas les histoires. Je ne suis pas une fille à histoires. Je suis une fille d'action. Je m'engage. Je passe avant de trépasser. C'est important de ne pas faire que passer, passer par-là, sans rien faire, comme ça, pour Rien, parce qu'il a de la lumière, parce qu'on aime se promener. 

Bien sûr qu'on aime se promener, qu'on aime passer, par ici, et puis par là, passer parce qu'il y a de la lumière, de la chaleur humaine, qu'on aime activer ses jambes et que ça fait du bien de se promener sans se hâter. 

Il n'y a pas de lieu de se hâter. 

Passer, regarder, humer, sentir, ressentir. Prendre le temps de passer, de regarder, de humer, de sentir, de ressentir. Puis repartir. Non sans avoir passé. Passé son envie d'aimer sa vie, passé son goût de ne pas se lamenter, fêté son retour à la vie simple, facile, heureuse. 
Compter ses bonheurs, ses joies jusqu'à en oublier ses peines, ses craintes, ses angoisses. Se bien traiter. Se faire du Bien. Semer du Bien.

Le politique serait toujours agressif ?

Que nenni !

Le politique, c'est l'Agir. L'Agir bien. L'Agir Juste. L'Agir selon son cœur, selon son corps, selon son esprit. C'est penser à, non pas ses cinq sens, non, mais bien ses six sens, réunis : le goût, l'odorat, la vue, l'ouïe, le toucher et l'intellect aussi. Le sixième sens, oh non, ce n'est pas le pressentiment. Celui-ci dérive du déjà-connu. Ce n'est pas un sens, comme le dit le langage communément répandu, c'est un réflexe, un réflexe acquis, un apprentissage intériorisé comme une seconde nature (Daniel Kahneman), mais la nature n'y est pour rien. C'est l'apprentissage de la vie qui laisse sa trace. C'est l'apprentissage oublié qui se manifeste. Ce n'est pas un sens.

Ce qui est un sens, en revanche, c'est l'intellect. C'est faire marcher son intelligence pour son bien, pour celui des autres. C'est refuser de séparer les cinq sens traditionnels de la marche du cerveau. C'est accueillir la reflexion, la provoquer. C'est tracer un chemin avec ses cinq sens et son cerveau. C'est vivre de ses six sens : goûter, sentir, voir, entendre, toucher, penser. C'est équilibrer ses six sens, sans jamais laisser l'un prendre le pas sur l'autre. C'est harmoniser réflexion, sentiments, sensations, ressentis. C'est croire à ce que l'on goûte, croire à ce que l'on sent, croire à ce que l'on voit, croire à ce que l'on entend, croire en ce que l'on touche, croire en ce que l'on pense et prendre le temps de penser ce qui ne semble pas aller de soi, ce qui ne semble pas être en harmonie, ce qui se choque, ce qui dissone, ce qui bringuebale, mais qui toujours-déjà avance, rarement en ligne droite.

C'est constater que le langage a un effet sur le monde et que le monde a un effet sur le langage

C'est cela, l'effet-monde du langage (Barbara Cassin) et l'effet-langage du monde (Simone Rinzler). Il faut croire en les deux pour pouvoir écrire du Bien.

Il n'est pas difficile de constater que le langage façonne notre « vision », métaphorique, du monde, que dans telle ou telle langue, tel mot semblant « manquant » empêche la survenue quasi spontanée de certaines idées, quand celles-ci s'expriment couramment autrement, dans une autre langue, dans une autre « vision » du monde, dans une autre civilisation, pas nécessairement lointaine. 

Il n'est pas difficile non plus de constater que malgré les « mots manquants », on a toujours pu tout exprimer, dans n'importe quelle langue. Il n'y a pas de langue supérieure et des langues inférieures. Il y a des langues de vainqueurs, anciens ou nouveaux et des langues de vaincus, anciens ou nouveaux aussi. 

Le langage n'est pas une compétition. 

Le langage façonne notre monde. C'est son effet-monde (Cassin).

Certes.

Nous façonnons aussi notre monde par notre usage du langage. Nous façonnons notre monde en actes. Et en langage aussi. Nous le façonnons alors en « Actes de langage » ou « Speech Acts ». 

Nous sommes responsables de nos actes de langage comme de nos actes. Ils sont notre trace, la trace de notre passage dans le monde. Il sont l'émanation de notre être, l'émanation de notre « Être-au-monde », de la manière dont nous sommes au monde, dans le monde, en tant que Sujet, Sujet pensant et Sujet sentant, ressentant, avec nos six sens : les cinq sens corporels, que nous partageons avec nombre d'animaux et ce que j'appelle, pour l'être humain, le premier sens, le sens de l'intellect

Le sens de l'intellect est le sens primordial du sujet doté du langage. 

Si l'être humain possède les cinq sens, il maîtrise aussi ce que l'on appelle le « langage articulé », distinction subtile dont l'adjectif articulé désigne la capacité, autre qu'animale, de s'exprimer, de penser, de parler, (voire d'écrire et de lire pour les civilisations de l'écrit), d'envisager l'avenir, le non-réel, le non advenu et l'hypothétique. Cette fonction du langage articulé est l'apanage de la condition humaine.

Par le langage, par sa maîtrise — et ce, qu'elle soit bonne en termes de « correction » linguistique ou non — l'être humain à la capacité de changer le monde, de rêver le monde, de repenser au passé, d'envisager ce qui est « à venir », ce qui n'est encore pas, ce qui n'a jamais été et ne sera jamais, d'inventer des histoires, la capacité de façonner le monde par ses  « Actes de langage » ou « Speech Acts ».

Alors, oui, Écrire du Bien est un acte politique, un acte de résistance, un acte d'être humain, un acte d'humanité.

Un acte pour façonner le monde à sa guise, en direction de ce qui fait du Bien, de ce qui est Bien au sens de ce qui est, non pas le contraire du Mal, mais de ce qui est Juste.

Juste. Écrire du Bien.

Écrire du Juste.

Juste écrire.

Écrire juste.

Voilà pourquoi je ne sais pas raconter d'histoires. Entre autres.

La recherche de la Justesse ne m'est, pour l'instant seulement peut-être, pas compatible avec le tissage d'une histoire. 

Il faut savoir attendre.

© Simone Rinzler | 24 mai 2016 - Tous droits réservés
(Texte susceptible de subir des modifications après relecture)

L'atelier de la pensée est revenu À L'Atelier de L'Espère-Luette





5/19/2016

3 #EB Écrire du Bien : Écrire du Bien toucha sa fin. L'envie d'écrire en silence a pris le dessus. Remplacée par l'envie de tracer les couleurs de la vie.

3 #EB Écrire du Bien : Écrire du Bien touche à sa fin. L'envie d'écrire en silence a pris le dessus. Remplacée par l'envie de tracer les couleurs de la vie.

Écrire du Bien touche à sa fin. L'envie d'écrire en silence a pris le dessus. Remplacée par l'envie de tracer les couleurs de la vie. Elle savait bien que si elle ouvrait sa boîte d'aquarelles tenue si longtemps fermée, elle mettrait en route une nouvelle chasse. La chasse aux couleurs. La chasse aux formes. La chasse au paysage. La chasse au monde silencieux auquel elle a toujours aspiré. 

Tracer son chemin dans l'eau, quelle drôle d'idée, n'est-ce pas ? Tracer la lumière au pinceau, étendre la couleur, la lumière, traquer la luminosité des jours, elle savait bien qu'un jour, elle y viendrait. Elle n'a rien décidé par avance. Le temps est venu seul, sans décision. C'était le moment de prendre le temps, de s'installer.

Poser une vieille nappe en plastique, bien propre, nettoyée de son humidité sur une grande moitié de la table de la cuisine, lieu de tous les ateliers d'intérieur. Sortir les godets mal emballés d'une boîte pour débutant qui ne se referme pas. Tester les pinceaux pour se rendre compte qu'aucun n'a vraiment de pointe et que c'est par là qu'il faudra commencer les achats pour faire un travail convenable.

Se documenter sur l'aquarelle dans ses livres, puis dans des vidéos du Grand Réseau. Se promener à vélo en terrain plat, sans se fatiguer, en regardant les détails, les scènes possibles. Observer les ombres et les clartés, les changements de couleur d'un même talus, d'une route goudronnée. Voir que le relief est suivi par l'ombre, comme le disent les manuels. Repérer comment peindre un talus de bord de route, avec ses creux et ses remontées. Voir le talus se fondre dans la grande haie d'arbres en bord de chemin. Être déjà au chevalet symbolique pendant la promenade à Pégase Électrique. Lire peinture. Penser peinture, voir peinture. Changer ses sujets de reflexion, insensiblement. Passer de l'écriture à la peinture par quelques essais d'apprivoisement de la lumière à l'aquarelle.

Se réveiller avec l'idée de peindre, non plus à la gouache, mais à l'aquarelle un vitrail. Chercher le sujet du vitrail, le médium pour en dessiner les gros traits au plomb.

Découvrir que l'aquarelle est la meilleure des thérapies pour se délester du besoin de contrôler le monde qui entoure, pour accepter que ce qui se fera se fera, apprendre à modifier légèrement en prenant en compte les caprices de l'eau, des pigments, du papier et la maladresse de la débutante.

Ne plus pouvoir lire ni écrire. Penser aquarelle, penser composition, penser remplissage, penser ouvertures libres. 

Même processus que celui de l'écriture.

Non plus écrire le Bien.

Tracer le Bien.

Au pinceau.

Sans un mot.

Emplir le silence de sa trace, adapter la trace nouvelle à la trace ancienne, harmoniser, chercher le rythme des couleurs, se perdre inutilement dans les détails. L'aquarelle est un art de la suggestion. Résister à son envie de détail. Observer comment les détails se fondent dans l'eau. S'émerveiller de sa production. Mesurer ce qui doit encore être amélioré. Passer la semaine à penser en peintre et non plus en écrivain. Rester artiste de sa vie. Coloriste de sa vie. Traceuse de traces sur papier.

Laisser sécher.

Sécher sur l'écriture du Bien. Le tour de la question a été fait. Sentir qu'il est temps de passer à autre chose. L'écrire. Écrire en peintre. Écrire la vie à l'aquarelle. Rendre compte d'une vie aquarelle

Lumineuse.

Aérienne.

Douce.

Se sentir bien.

Tracer le Bien.

C'est bien.

Ça fait du bien.

Le silence de la paix intérieure.

Repenser au chant.

Le chant choral, activité silencieuse s'il en est. Personne ne parle en chantant. Harmonie du silence des conversations. Harmonie des notes, des touches, des couleurs vocales.

Écrire les touches, les harmonies, les couleurs, la chaleur et la liberté de créer, de s'émerveiller, de se faire du Bien indifféremment du temps qu'il fait. Tenir le Point. Le Point de l'Art. Le Point de l'Amour. 

Constater que peu importe le moyen, l'effet recherché est toujours le même. Apaiser un cœur prompt à l'agitation, chercher le moyen, les moyens. Au fil du temps, s'apercevoir que n'importe lequel parmi ceux qui tentent est celui qui va bien, pour l'instant, pour le moment. Se rendre compte que le choix est toujours un choix du sensible. 

Tracer le sensible pour supporter l'insupportable, pour se sentir bien.

Et écrire.

Encore.

Toujours.

© Simone Rinzler | 19 mai 2016 - Tous droits réservés 

Comprendre sa résistance à être publiée, pour être toujours-déjà dans la prochaine œuvre À L'Atelier de L'Espère-Luette


5/11/2016

2 #EB Écrire du Bien : Écrire du Bien. Que veut dire cette expression ? Est-ce bien ?

2 #EB Écrire du Bien : Écrire du Bien. Que veut dire cette expression ? Est-ce bien ?

Écrire du Bien. Que veut dire cette expression ? Est-ce bien ?

Écrire du Bien, ça ne veut rien dire. Ça ne veut dire que ce l'on veut. Ce que l'on veut, c'est se faire du Bien. Faire du Bien. Faire le Bien. Ce qui est Juste Bien. Bien pour Soi. Bien pour Les Autres. C'est sentir que c'est Bon. Bon pour Soi. Bon pour Les Autres.

Écrire du Bien, c'est refuser le Mal. Refuser d'écrire du Mal. Refuser le Mal. Se construire Son Cocon, bien, bien bon. Bien pour Soi. Bon pour Soi. Bien pour Les Autres. Bon pour Les Autres.

C'est Résister À L'Air DuTemps, À L'Aire Du Mal, L'Ère De La Critique Négative Destructrice. C'est chercher sans relâche ce qui fait du Bien. Pour Tenir. Pour Soi. Pour Les Autres.

C'est convoquer la douceur d'être où elle se trouve, la chercher, fouiller et farfouiller, quoiqu'il arrive. Pour Soi. Pour Les Autres.

C'est refuser de céder sur son désir. De plénitude. De calme. De tranquillité.

C'est se donner Le Mal De Chercher, sans se faire mal. Ni à Soi, Ni Aux Autres.

C'est éveiller la gentillesse, la bonté, s'ouvrir au monde de ses rêves, le rendre réel.

C'est un acte politique invisible. La bonté, la générosité, la douceur sont des objectifs politiques invisibles. Une revendication muette qui ne se dit pas. Qui se fait. Dans les faits. Au Jour Le Jour.

Commencer par Se faire du Bien. Pour Soi. Puis, dans la foulée, Pour Les Autres.

C'est offrir ce que l'on a de Bien, de Bon. Pour Soi. Puis Pour Les Autres.

C'est ne pas s'arrêter quand cela devient plus difficile, quand arrivent tourmentes et tourments. C'est maintenir sa quête, toute son existence. Savoir se faire du Bien. Pouvoir en transmettre un petit bout aux autres. Prêter le flanc au bonheur.

C'est refuser la colère, l'énervement. C'est apprendre à contrôler ses frustrations, ses élans mauvais, faire savoir ce à quoi l'on tient, sans trépigner. Avec aplomb. Sans méchanceté. Avec constance.

Constance du BIen. Constance de la Douceur. Pour soi. Pour Les Siens. Pour Les Autres.

C'est tout cela, écrire le bien.

Si tu savais comme ça fait du bien.

© Simone Rinzler | 14 mai 2016 - Tous droits réservés 

La Constance De La Douceur s'enracine À L'Atelier de L'Espère-Luette




5/09/2016

1 #EB Écrire du bien : Écrire pour se faire du bien. Il n'y a pas demal, tu le sais bien.

1 #EB Écrire du bien : Écrire pour se faire du bien. Il n'y a pas de mal, tu le sais bien.


Écrire pour se faire du bien. Il n'y a pas de mal, tu le sais bien. 

- Bien sûr que je le sais !

- Alors, pourquoi tu ne le faisais pas, avant ?

- ...

Réflexion. Un long moment.

C'est difficile à dire, et surtout difficile à croire. Je croyais qu'il fallait se donner du mal. Pas se faire du mal, non, bien sûr ! Il ne faut tout de même pas pousser le masochisme aussi loin. Mais je croyais, enfin, je pensais, ou plutôt, je ne pensais pas et donc je croyais, comme on croit à une croyance répandue qui ne se conteste jamais, je croyais qu'il fallait se donner du mal, un mal de chien pour écrire.

Mais ! Mais !...

Écrire m'a toujours été naturel ! Ou presque. C'est devenu une seconde nature, depuis le temps que tu écris.

Alors ?

Pourquoi donc se donner tant de mal ?

Ah !... Cela va être difficile à expliquer. 

Non pas parce que c'est difficile, mais parce que tu es en train d'aller au fond d'une de tes croyances, au fond de ton  impensé qui t'a rendu la vie bien plus difficile qu'elle n'était en réalité. Et tu sais bien qu'une fois que l'on commence à questionner ses croyances, universellement admises au point de devenir invisibles, on finit de croire, on finit par ne plus croire. On est. On est Sujet pensant. On advient comme Sujet. On n'est plus l'Objet de Rien. On se sent Bien.

C'est vrai. Écrire ne m'est pas difficile. 

J'écris comme je respire. 

Je respire quand j'écris. 

J'aime écrire. Comme j'aime respirer. C'est tout. Cela m'est indispensable. J'aime questionner le réel, la vie. J'aime en rendre compte. 

Peut-être pour laisser ma trace ? Peut-être bien. Un peu. 

Mais pas nécessairement une trace indélébile. 
Ça, c'est débile. 
Tu le sais bien. 

Bien sûr que je le sais bien !

C'est même ce que j'ai toujours accepté quand j'enseignais. 

Je pensais que l'enseignant devait avoir la modestie de s'effacer tout en laissant une trace, à peine visible, mais pérenne, une trace qui se suit à la trace, la trace d'un humain qui vous fait du bien en s'intéressant à vous, en donnant ce qu'il a de meilleur à donner, sans attendre en retour. 

Mais bien content quand le retour se faisait bien, bien sûr. 

Et il se faisait, ce retour, 
Plus souvent qu'à son tour. 
Juste assez pour avoir envie de continuer. 

Sauf peut-être vers la fin, la grande fin des fins, quand tout a commencé à basculer et que se préparait ce que je ne connaissais pas encore. 

Mais l'heure n'est plus aux jérémiades passées. 

Tout va bien maintenant. 

L'air est à la détente, la vraie. 

La détente d'une vie de labeur, d'une vie de labour, de sillons tracés dans la glaise lourde du temps.

Tu te rêvais écrivain. Tu écris. Tu es bien. 

Tu donnes à qui veut recevoir. Tu n'es plus contrainte de donner à qui ne souhaite rien recevoir. Tu es libérée de tes chaînes du travail. Tu as accepté ta retraite, ton âge, demain 62 ans, une bien belle jeune vieille. 

Tu es contente. 

Voilà, c'est ça. 

Tu peux dire, comme le disaient tes amis Allemands : Ich bin zufrieden. Ich freue mich... 

Tu as remarqué comme en français, ça semble étrange ? Étrange. Étranger, même.  
Le sentiment de réjouissance est un sentiment absent de la culture française.
C'est pour cela, très certainement, que tu avais ressenti le besoin d'aller voir ailleurs. 

C'est dans l'anglais et l'allemand que tu l'avais trouvé, ce sentiment de réjouissance, étranger à ta culture de Française francophone . Ce n'est pas tant dans la langue elle-même que tu l'as trouvé, ce sentiment de réjouissante étrangeté. La langue, les langues, tu les aimais car tu aimais les sons étrangers, musicienne que tu étais sans le savoir encore. Les langues et le langage n'ont rien à voir avec cela. 

La réjouissance, ce n'est pas la langue qui la procure. 

On peut se réjouir en n'importe quelle langue. 

En revanche, c'est le contexte culturel d'une langue qui affecte celle-ci, tout comme la langue peut donner une impression qui ne provient pas que d'elle, mais d'une multiplicité de facteurs langagiers et non-langagiers. 

Tu as aimé ce sentiment étrange et étranger à ton pays, ton éducation. 

Le Sentiment De Réjouissance

La réjouissance est tellement peu française que tu ressens comme un manque linguistique. 

Dire Je suis contente, Je suis ravie, je suis satisfaite te donne l'impression d'une perte de sens. Cette perte de sens provient de ta découverte de la réjouissante étrangeté de la langue étrangère, des langues, étrangères à ton nid de naissance. 

Ce n'est pas tant que la langue française ne puisse pas te permettre de dire Je suis heureuse ! Je suis heureux ! Je suis content, je suis contente que la manière dont l'incongruité du propos résonne aux oreilles françaises. Le sentiment n'est pas lié à la langue française, mais à la culture dans laquelle elle s'est développée et se développe en France, loin d'être le seul pays francophone au monde

Langues et cultures sont tellement imbriqués que l'on s'est habitués à tout mélanger, sans distinguer ce qui est possible ou impossible. 

N'importe quelle langue peut tout dire. Absolument tout. Quitte à faire un détour, faute de mot ou de tournure grammaticale adéquate. 

Seul le contexte culturel permet l'émergence ou l'étouffement d'une pensée qui sort de l'ordinaire, de la banalité du quotidien, de la banalité du langage commun.

C'est cette acceptation des pays anglo-saxons, bien davantage que leur langue, que tu as tant aimée.

Tu as aimé le calme germanique, la douce folie britannique et le fond de l'air américain, béatement positif, comme un air de liberté. 

Tu aimes la satisfaction, largement protestante - et juive aussi, d'ailleurs - de se dire que l'on est content de ce que l'on fait, de ce que l'on a fait, de ce que l'on fera, loin de la contrition forcée et de l'empêchement de jouir des jours, de jouir des nuits des catholiques romains et du fond culturel français.

Tu n'aimes pas le regarde forcé sur le Mal, sur le Passé, sur le Mal Que Tu Aurais Fait Dans Le Passé qu'impose la culture dont tu es issue et dans laquelle tu te sens bien aussi, parce que c'est aussi chez toi.

Mais, comme chez toi, tu peux aménager ce qui ne te plait pas, jeter ce qui ne te satisfait pas, réorganiser pour voir, regarder et profiter de ce que tu aimes bien.

Cette liberté-là, tu l'as gagnée en cessant de travailler à la transmission d'un idéal qui fut le tien pendant toute ta vie salariée au service des Petits et Grands Enfants de la République.

Tu aimes la satisfaction aussi de ne pas se plaindre tout le temps et d'apprécier ce qui est bien, ce qui vient, comme ça vient. 

Comme tout cela te manquait dans ton environnement francophone et français d'antan. 

Mais ce n'est pas le cas dans l'environnement familial actuel, celui que tu t'es construit, peu à peu, de jour en jour et de nuit en nuit. Quoique français, ton mari, ton ami, ton amant est toujours content.
Il se réjouit de ce qui est bien. 

Cela te fait tant de bien.

Sans y penser, tu sais que tu peux toujours retomber, bien trop facilement dans l'insatisfaction, par inadvertance. 

On ne change pas son environnement culturel en entier. 

Jamais. 

Il nous imprègne.

Alors, comme pour cultiver son amour comme on cultive son jardin, avec attention, patience et bel arrosage à profusion, tu cultives la satisfaction. Tu te désimprègnes des réflexes acquis non réfléchis, tu tentes de penser tes impensés, tu t'entraînes à de nouveaux réflexes, de nouvelles habitudes, de nouvelles attitudes. 

Ton monde s'en trouve changé, même si aux alentours, rien ne semble encore vouloir changer.

Alors, tu cultives, tu jardines, tu fais pousser de la satisfaction en jardinières, en pleine terre, et même en bouquets.

Ce n'est pas naturel ? 

Pas plus que de se plaindre à longueur de journée, de ressasser à s'en lasser.
Oui, c'est factice, ce n'est pas naturel. Et puis quoi, encore ? Ce ne serait pas bio ?
Mais, bien sûr que si !
Jamais rien vu qui ne soit aussi bio, aussi naturel, que se faire plaisir et irradier de bonheur, fabriqué, cultivé, patiemment, abondamment arrosé de rosée volontaire, recueillie comme une douce pluie.

C'est bien vrai qu'il y existe de la Satisfaction Naturelle. Comme les fleurs des champs, les petites Fleurs de Rien qui ne se cultivent et pas et apparaissent ici et là, au regard de qui veut bien les regarder.

Mais cela ne suffit pas.

La Satisfaction, c'est comme l'Amour, comme l'Amitié. Ça se cultive.

Il faut apprendre à se forcer, comme, enfant ou jeune adulte, on apprend à goûter de nouveaux plats, des goûts inconnus et même, à les aimer, parfois au prix d'un apprentissage pas du tout naturel. Il faut parfois se faire violence, violenter son confort et son envie de ne s'en tenir qu'à ce que l'on aime vraiment bien. Et combien de fois ne se rend-on pas compte que l'effort en valait la peine ? 

Camembert puant, âpre roquefort, cantal au goût de vache, à l'odeur doucereuse d'étable, acides citrons et amers chicons, premier sucré-salé soulevant le cœur, nous avons tous ces souvenirs de ces choses que nous avons apprises à aimer après avoir ressenti un premier réflexe de dégoût. 

La langue et la culture ne font pas exception à cette règle de L'Habitude Acquise. Il faut se forcer pour aimer. Puis cultiver ce et ceux que l'on aime.

Pour en garder le goût.

Saveur pérenne de la réjouissance cultivée.

Douceur de l'écriture facile.

Apprise.

Seconde nature.

Naturellement belle.

[Attention, fabriqué dans un environnement francophone français. Peut contenir quelques traces de masochisme et de colère rentrée. En cas d'allergie au bonheur, prévenir le Centre des Antis et des Poisons. Merci de lire les Conditions Générales d'Utilisation. La maison décline toute responsabilité en cas d'abus de bonheur altruiste involontaire.]

© Simone Rinzler | 9 mai 2016 - Tous droits réservés 

La Réjouissante Étrangeté De La Satisfaction Bienheureuse S'Épanouit Au Jardin d'Épicure Face À L'Atelier de L'Espère-Luette




5/03/2016

34 #CPR Carnets de Petits Riens : Il n'y aura Plus De Petits Riens. Ça, je l'espère bien ! Les Petits Riens sont nés, sans que je le sache, d'un petit problème de santé parfaitement résolu. Au Revoir, Les Petits Riens ! Je Vous Aimais Bien !

34 #CPR Carnets de Petits Riens : Il n'y aura Plus De Petits Riens. Ça, je l'espère bien ! Les Petits Riens sont nés, sans que je le sache, d'un petit problème de santé parfaitement résolu. Au Revoir, Les Petits Riens ! Je Vous Aimais Bien !

Il n'y aura Plus De Petits Riens. Ça, je l'espère bien ! 

Les Petits Riens sont nés, sans que je le sache, d'un petit problème de santé assez long, relativement ennuyeux et proprement énervant parfaitement résolu. 

Au Revoir, Les Petits Riens ! 

Je Vous Aimais Bien !

J'ai joué avec vous, vous m'avez amusée, vous avez ému tant de lecteurs par votre jolie simplicité. 

Vous m'avez tenue éveillée, amusée, attendrie, alors que je devais attendre le retour programmé du bien-être habituel. À peine avais enfin dit au revoir à Ma Petite Dépression que vous êtes venus me tenir compagnie pour que je ne me retrouve pas seule lorsque j'étais seule ou lorsque, accompagnée, je ne pouvais Vraiment Rien Partager, faute de forces. 

Si je vous avais connus, autrefois, je me serais bien moins ennuyée, bien moins Secouée Pour Rien.

Les Petits Riens De La Patiente Devenue Patiente Laissent Passer L'Attente Avec Un Seul Projet vraiment Grand. Enfin, Juste Bien.

Juste Bien !

Comme dans L'Histoire De Boucles D'Or Et Des Trois Ours ?

Ah ! Mais, c'est que revoilà Boucles D'Argent, Et Ses Amies Le Petit Chaperon Rouge Et Noir Et Or et Alice Aux Pays des Vermeilles Dans La Grande Forêt Des AnHumaisn qui ne cessent de pointer leur nez...

Enfance, quand tu nous tiens.

Je me retire sur la pointe des pieds.

Tu sais quoi ? J'ai plein de choses à faire, et maintenant, je tiens bien debout !

Youpi !

- Bah ? Et Pouf, alors ? Et Églantine ? Et Noiraud ? 

Tu les as oubliés ?

- Que nenni !

J'ai vais aller les chercher pour la photo de fin.

C'est la fin.

Au revoir...

© Simone Rinzler | 3 avril 2016 - Tous droits réservés 

Ne Pleure Pas, Il Restera Encore Bien Des Petits Riens, Pour Trouver Le Juste Bien À L'Atelier De L'Espère-Luette


4/30/2016

33 #Carnet de Petits Riens : Le Petit Rien Du Jour c'est loin d'être Rien, mais qu'est-ce que c'est bien. Ce n'est pas bucolique, mais c'est bien pratique.


33 #Carnet de Petits Riens : Le Petit Rien Du Jour c'est loin d'être Rien, mais qu'est-ce que c'est bien. Ce n'est pas bucolique, mais c'est bien pratique.

Le Petit Rien Du Jour c'est loin d'être Rien, mais qu'est-ce que c'est bien. Ce n'est pas bucolique, mais c'est bien pratique.

C'est le retour de la force, du courage, et tiens-toi bien, oui !, même du ménage qui fait du bien.

Oh ! Pas Le Tout Petit Ménage de Rien. 

Le Petit Rien Du Petit Déclic Des Grandes Claques À La Paresse Des Corps Endormis, Atrophiés, Estropiés.

Un Tout Petit Rien et Une Grande Chaîne De Causalité. 

Le Retour Du Neuf, Du Propre, Le Retour Du Nouveau Du Renouveau.

C'est Quelques Petits Riens Par Jour, Un Peu Plus Chaque Jour, puis Le Retour De L'Envie, De L'Entreprise de Grands Travaux De Rénovation, Par Tous Petits Bouts, De Jour En Jour, De Rien en Un Peu Plus Que Rien, De Un Peu Plus Que Rien à Encore Une Peu Plus Que Rien.

Hier déjà, tout a commencé sans être prémédité.

Au moment de saisir une poignée mille fois agrippée, je ressens une sensation bizarre dans la main gauche. Comme une structure légèrement caoutchouteuse, quelque peu grumeleuse, comme un sorte de pâte collante un peu désagréable au toucher.

Misère et Castrafiore !

Mais c'est de la crasse...

De la vieille crasse incrustée, de cette crasse qu'on ne voit plus, tant elle vous appartient. Je tente de la nettoyer. La crasse se désincruste lentement. Il est temps de nettoyer du côté de ce placard-là.

Vite ! Vite ! 

Aller chercher tous les produits d'entretiens stockés dans le vieux cabinet du dehors.

Une aide inattendue. Chouette ! Immédiatement, toutes les poignées se dévissent. Toutes. Je n'ai plus qu'à briquer. Un nettoyage approprié à mon piètre corps aisément lassé de bien trop bouger. Plus aucun recoin inaccessible. 

Nettoyer. Nettoyer. Briquer. Faire briller. 

À la fin de la journée, les poignées en laiton remontées, les placards nettoyés en leur façade, la pièce semble rajeunir.

Moi aussi. Entre temps, courses de produits d'entretien. C'est Le Grand Ménage Qui Reprend. 

Toute la journée, je crains pour Mes Petits Riens. je n'ai plus le temps d'y penser. 

Je brique, je frotte, je me repose, je brique, je frotte, je me repose. Je brique, je me repose. Je me repose. Je me repose. Je re-frotte encore. Et devine quoi ?

Bref, le but, c'est de pouvoir se reposer et ne pas trop se fatiguer. J'ai encore le Pégase Ailé de la veille dans les pattes. Et pourtant, l'énergie est là, tout autant que l'envie. Mais le corps rechigne. Alors, je le trompe, un peu, beaucoup, à coups de Petits Riens De Repos. Un par un. Un placard après l'autre. Parfois, juste un demi. C'est le corps qui décide, mais la tête tient bon. 

Allez ! Allez !

Frotte encore Un Petit Rien. 

Ici ! 

Ici ! 

Et là !

Tout ne revient pas à l'état de neuf absolu. Le but n'est pas de passer de l'autre côté, du côté de la maniaquerie qui empêche de vivre.

Le plus gros est parti. Toute la crasse est partie. Tant pis pour ce qui a quelque peu teinté telle ou telle poignée. C'est de la tâche propre ! Ça fera rustique. Et ça tombe bien. 

J'arrête avant de me dire : « Ça craint ! ».

Nous avons nettoyé, emportés par un élan conjoint, heureux de briquer la maison familiale, pour les tous prochains visiteurs et surtout pour nous refaire un petit nid chaleureux où on peut s'asseoir sans risque de se cradouiller un peu plus que nous ne le sommes déjà quand nous sommes ici et là dans la gadoue du coin.

C'est la campagne, certes. Mais là, ça devenait franchement La Cour Des Miracles.

Profitant des courses consacrées aux produits d'entretien, détour de l'un, puis de l'autre chez le coiffeur du coin.

Là aussi, un petit coup de propre, un petit coup de jeune !

Anda !

On ne s'arrête plus.

Je te laisse. Je dois finir de nettoyer un vieux canapé moisi. Tu ne me croirais pas ! Il est bientôt comme neuf.

Fin de la pause de Rien.

Je retourne au turbin.

© Simone Rinzler | 30 avril 2016 - Tous droits réservés

Le Dépôt Des Années s'enlève En Un Rien À L'Atelier de L'Espère-Luette





4/28/2016

32 #CPR Carnets de Petits Riens : Les Petits Riens Du Jour ont été si nombreux que je ne sais par lequel commencer. Bien sûr, il y eut la longue promenade à Pégase avec Mon Prince Des Démonts et Émerveilles.

32 #CPR Carnets de Petits Riens : Les Petits Riens Du Jour ont été si nombreux que je ne sais par lequel commencer. Bien sûr, il y eut la longue promenade à Pégase avec Mon Prince Des Démonts et Émerveilles.

Les Petits Riens Du Jour ont été si nombreux que je ne sais par lequel commencer. 

Bien sûr, il y eut la longue promenade à Pégase avec Mon Prince Des Démonts et Émerveilles. 

Les nuages, blancs, et gris et anthracites, même. Les innombrables fleurs bleues ou violettes qui tapissaient les bords de la route et même certains sous-bois. Les champs de colza jaune brillant dans le soleil du printemps. Les collines, les pentes dévalées, et plus souvent freinées jusqu'au bout du plastique des tampons de freins, les côtes montées avec aisance, puis à grand peine. 

L'arrivée dans un village au joli nom composé en bas d'une descente d'un côté et en haut d'une côte de l'autre, l'arrêt de l'assistance du Pégase Ailé, le retour vers le village à l'église toujours ouverte où je ne manque jamais de m'arrêter, quand le temps le permet, pour y vocaliser à mon aise, profitant de l'acoustique flatteuse. L'attente de la voiture venue me rechercher à l'église de ce beau village au carrefour de quatre ou cinq chemins, près d'un ancien maquis souterrain de la seconde guerre mondiale. 

Les petites fleurs blanches du bord des routes. 

Cette impression d'être en vacances alors même que je suis en vacances éternelles. 

L'émerveillement des fleurs bleues ou violettes au bord de la route, comme devant les premières agapanthes lors du premier voyage à Madère, en août 2011. 

La certitude que le bonheur peut être n'importe où. Les pensées en pédalant. La fierté d'y être allée une fois encore, malgré les courbatures aux cuisses de l'avant-veille et la fatigue de nuits plus écourtées récemment.

Que mettre en avant quand il y en a tant ?

La profusion du Petit Rien nuirait-elle à son chérissement est une question bien trop existentielle pour ces quelques lignes badines, tapées allongée, éreintée mais heureuse, régénérée et flottant sans rien pouvoir faire depuis le retour.

Ne rien faire. 

Être bien.

Ne plus chercher Le Petit Rien.

S'être donné le moyen d'avoir Un Luxe De Petits Riens.

Rester à ne Rien Faire. 

Sinon relever la vitre de l'insert, réchauffer ses cuisses à la flamme du foyer rougeoyant.

Jongler entre veille et pas vraiment sommeil, dans un doux entre-deux de bien-être indéfinissable.

Se souvenir qu'en pédalant, on imaginait, pédalée après pédalée, que raconter, quoi se souvenir et à l'arrivée, ne plus avoir Rien et s'en moquer comme de ses premières vieilles chaussettes jetées.

Mollassonner en attendant l'heure du repas, de la soupe réconfortante, en pensant à l'heure du coucher, de la détente totale, sans avoir Rien à faire.

Faire semblant de paniquer à l'idée de n'avoir Rien photographié quand on a choisi de ne pas s'arrêter en chemin pour ne pas briser l'instant présent, puis s'en moquer comme de sa première boule à neige.

Continuer à énumérer quand on ne souhaite plus que s'arrêter.

S'arrêter, parce que c'est bien, parce qu'on est bien, et que c'est comme cela Les Petits Riens.

Convoquer le présent, s'en délecter et laisser filer jusqu'à l'instant suivant.

Se repaître de la bonne fatigue physique qui guérit tout, sauf les genoux.

Tout cela, c'est bien.

Mais je ne suis plus tout à fait sûre que ce soient de Petits Riens. 

Demain, je le saurais bien.

Peut-être.

Nul ne sait.

© Simone Rinzler | 28 avril 2016 - Tous droits réservés 

Se Demander Si Trop De Petits Riens Tueraient-Ils Les Petits Riens À L'Atelier de L'Espère-Luette




31 #CPR Carnets de Petits Riens : Aujourd'hui n'a pas été une journée très prolifique en Petits Riens. J'eus beau chercher toute la journée, Rien ne venait vraiment. Bien sûr, j'avais toujours le recours possible à l'invention au fil de l'écriture, mais j'avais commencé la journée à l'envers du point de vue des Petits Riens.

31 #CPR Carnets de Petits Riens : Aujourd'hui n'a pas été une journée très prolifique en Petits Riens. J'eus beau chercher toute la journée, Rien ne venait vraiment. Bien sûr, j'avais toujours le recours possible à l'invention au fil de l'écriture, mais j'avais commencé la journée à l'envers du point de vue des Petits Riens.

Aujourd'hui n'a pas été une journée très prolifique en Petits Riens. 

J'eus beau chercher toute la journée, Rien ne venait vraiment. 

Bien sûr, j'avais toujours le recours possible à l'invention au fil de l'écriture, mais j'avais commencé la journée à l'envers du point de vue des Petits Riens.

J'avais commencé la journée en regardant Mon Petit Vase En Poterie Vernissée et je voyais mes petites violettes s'étioler. L'autre fleur, inconnue, s'était en revanche épanouie.

Puis, je n'y repensai plus.

Dans le courant de la journée, mon œil fut attiré par la belle lumière du jour alors que je bataillais avec de multiples problèmes informatiques dont aucun ne semblait avoir de solution sur l'instant. Le genre d'agacement que peuvent produire des dysfonctionnements de réseau et de branchements n'est pas propice à La Chasse Aux Petits Riens. Une sorte de contrôle lié à la logique nécessaire de la technique  perturbe l'état de détente nécessaire à la rencontre de ces Petits Riens Qui Me Vont Bien.

Il se mit à faire beau. Le ciel s'éclairait. Je me levai de ma chaise, pris un verre et allai à l'évier me servir un grand verre de l'eau fraîche du pays. 

Je découvris à nouveau Le Petit Vase Et Son Joli Bouquet Simple. 

La lumière était parfaite. Je cherchai le bon angle de prise de vue, travaillant en quelque sorte ce que je connaissais déjà en photographie et ce j'avais relu de la composition d'une image esthétique pour la préparation d'une scène à l'aquarelle.

Je pris une photo. 

Une seule. 

La bonne. 

Du premier coup, comme toujours autrefois pendant les quelques deux années où j'avais fait une photo sur téléphone par jour, retravaillée sur une application de photographie.

Je travaillai immédiatement le cliché numérique du Joli Petit Bouquet Tout Simple. La composition était bonne, quoiqu'un peu déséquilibrée. Je décidai, contre tout purisme photographique, de rogner la photo vers le haut afin d'obtenir un meilleur équilibre et de prévoir une mise en valeur optimale de la prise de vue vers la gauche de la fenêtre. 

Je choisis ensuite les réglages afin de modifier l'aspect d'origine du cliché. 

Les fleurs bleues et violette sont toujours plus difficile à traiter. 

L'optique de mon téléphone dénature la couleur réelle des fleurs bleues ou bleutées d'une manière assez peu satisfaisante. J'allais tirer la photo le plus possible vers le violet en ajoutant un peu de rose et un peu de chaleur pour adoucir le froid du carrelage.

Sans le savoir. Toujours le souvenir des mes jacinthes bleues achetées faute de jacinthes roses, il y a plus d'un mois, au tout début des Petits Riens.

Je fus satisfaite du résultat. Voilà longtemps que je ne m'étais pas remise à mon exercice de La Photo Du Jour et la décision d'assortir chacun de Mes Petits Riens d'une illustration (jamais appropriée et en général, bien trop banale) ne me satisfaisait pas depuis toutes ces dernières semaines. Mais ce qui n'est pas bien est déjà Quelque Chose et n'est pas Rien De Rien. 

Le Quelque Chose peut toujours être amélioré. 

Le Rien Du Tout, jamais.

Je fus contente d'avoir enfin la photo en avance. Une photo qui commence enfin à me plaire. Pour accompagner Mes Petits Riens.

Mais, hasard ou nécessité ?, je ne saurais dire, le changement dans l'ordre des choses bloqua la composition Du Petit Rien Du Jour. 

Peut-être devrais-je me résoudre à ce qu'il n'y en ait pas aujourd'hui. 

Après tout, compte tenu de ce que j'avais écrit la veille, il n'était pas bien grave de ne pas écrire aujourd'hui.

Mais j'avais hâte de poster dès ce jour cette photo composée qui enfin me satisfaisait.

Je continuai malgré tout à penser à Mes Petits Riens Indistincts toute la journée, quand je n'avais pas l'esprit occupé par quelque autre tâche nécessitant mon attention. 

J'avais des légumes à éplucher. La tâche ne m'amusait pas. J'en profitai pour écouter la bande son d'une série américaine medicale mille fois repassée à la télé pour le plaisir d'entendre parler anglais. 

Impossible dès lors de réfléchir aux Petits Riens. J'écoutais distraitement, mais j'écoutais quand même. Je reste habituellement dans le silence quand je suis seule dans la journée, sauf les jours où je décide d'écouter de la musique, ce qui n'est plus très fréquent à nouveau depuis quelques mois. J'ai été bien trop occupée à chanter moi-même pour de bon ou à faire de jeux de rythmes.

J'ai fini par aimer le silence que je n'aimais pas autrefois. On s'entend penser. On s'entend écrire. On se repose d'une vie de labeur, qui plus est consacrée au langage, à la phonation et au chant.

J'avais donc trouvé l'activité silencieuse dont j'avais besoin pour chasser une contrariété qui me tenait encore le cerveau en vilaine ébullition.

Photo ce fut. Écriture ce ne fut pas.

L'inversion de l'ordre de ce qui était devenu un rituel, une sorte de routine quotidienne, une hygiène créative légère, sans prise de tête, avait bousculé le processus d'écriture tel que j'aimais le pratiquer.

J'avais bien pensé à anthropomorphiser à nouveau Mes Petits Riens, mais une bulle de chagrin dans la poitrine gênait la création mentale préparatoire en amont de la prise du clavier. 

Il aurait été question de vieilles chaussettes abandonnées, transformées en marionnettes, rigolotes mais le cœur n'y était pas. 

Ou de pédalage dans les sous-bois sous une pluie de grêlons sous un dôme de verre ou de plastique translucide, comme la boule à paillettes de l'autre fois. 

Mais, là encore, la légèreté n'était pas là. 

Je ne parvenais pas à la convoquer. 

Elle résistait. 

En revanche, l'avance technique de l'ancienne routine photographique faisait l'affaire. De toute la journée, sans compter de bonnes nouvelles personnelles et la réception de photos et de vidéos magnifiques tant attendues, le reste ne relevait en rien du Petit Rien. 

Sauf La Photo Du Bouquet Tout Joli De La Fée Discrète Et Tendre De La Veille.

Pas de Petit Rien qui veuille se laisser inventer.

Plaisir d'une photo enfin réussie.

Mais ! Mais ! Le voilà, Ton Petit Rien !

Photo ce fut.

Photo serait Le Petit Rien.

Et ce serait bien.



Pour demain, on verrait bien.

Il est déjà vie tard et je suis déjà demain. 

Vite, vite ! Terminer !

Puis lire un peu.

Éteindre.

Dormir.

Je crois que Pégase m'attend demain.

Il faut que je sois en forme maintenant que j'ai récupéré de l'énergie (et pas seulement dans la batterie de Mon Pégase).

© Simone Rinzler | 27-28 avril 2016 - Tous droits réservés

La Photo S'Invite dans Les Petits Riens À L'Atelier de L'Espère-Luette


4/26/2016

30 #CPR Carnets de Petits Riens : Ce matin, je me suis levée bien tard. Comme j'avais trouvé difficilement le sommeil, j'avais lu dans la nuit un manuel d'aquarelle en me concentrant sur ce que je n'avais pas fait en me lançant sans modèle, ni ébauche, ni Rien.

30 #CPR Carnets de Petits Riens : Ce matin, je me suis levée bien tard. Comme j'avais trouvé difficilement le sommeil, j'avais lu dans la nuit un manuel d'aquarelle en me concentrant sur ce que je n'avais pas fait en me lançant sans modèle, ni ébauche, ni Rien.

Ce matin, je me suis levée bien tard. Comme j'avais trouvé difficilement le sommeil, j'avais lu dans la nuit un manuel d'aquarelle en me concentrant sur ce que je n'avais pas fait comme il le fallait en me lançant sans modèle, ni ébauche, ni Rien. 

Mais un manuel d'apprentissage pratique ne se lit pas comme un roman.

Mes manuels de dessin, de peinture, d'aquarelle, de perspective sont presque tous en anglais ou en néerlandais. Cela me permettait d'apprendre une langue nouvelle ou de connaître d'autres termes d'une langue bien connue en apprenant une technique qui me fascinait depuis toujours. L'anglais, je sais que je ne maîtrise pas trop mal... C'était ma spécialité.

Mais, je ne sais pas peindre en anglais (Pas plus qu accoucher, d'ailleurs) !

Et encore moins en néerlandais...

J'ai donc relu, une nouvelle fois encore, quelques pages supplémentaires de la petite méthode en anglais, mais pour la première fois, je la relisais après avoir pratiqué tout ce que j'avais déjà lu auparavant, plusieurs fois, dans l'intention de my mettre. Un jour.

Je me disais toujours que je me mettrais à la peinture, à la couleur, quand j'aurais du temps.

Vraiment du temps.

Ce temps est venu.

J'ai fait le choix de ne pas être une retraitée toujours affairée. 

Quitte à m'ennuyer, tourner un peu en rond, je préfère conserver des plages de liberté, de créativité, de pensée, et pour tout dire, de repos de ma vie bien trop active.

N'en déplaise à ceux qui pensent qu'on ne change jamais, on change. 

On peut changer. 

À condition de prendre le temps, le loisir et d'avoir l'envie profonde de changer quelque chose qui nous a fait parfois bien trop souffrir jusqu'au délire (symbolique, quand même ! Je crois bien être malgré tout toujours restée suffisamment sur terre, même si parfois j'ai eu peur que la folie m'approche quand tout paraissait sans espoir). 

On peut aussi tenter de ne pas tenter le Diable, même si l'on sait que celui-ci n'existe pas. 

Et éviter les retours de balancier en passant de Trop De Tout à Trop De Rien.

Mon erreur était de vouloir Trop de Tout et je ne voulais nullement avoir Trop de Rien. 

Je savais que c'était le même problème inversé.

Il me fallait retrouver l'équilibre de De Tout, Un Peu.

Le Miracle Des Petits Riens Littéraires, c'est que de Rien En Rien, On Parvient à Un Petit Tout De Tous Petits Riens. 

Ce n'est pas le plat principal de la vie. C'est ce qui lui donne goût. Ce qui la rend vivable, agréable, enviable.

Au bout de combien de temps Une Quête Des Petits Riens devient-elle une seconde nature ?

Point trop ne sais.

J'observe. J'agis. Je fais. J'écris. 

Je suis bien.

Parfois, la panique m'a un peu attrapée :

« Et si je ne trouvais Plus Rien ? »

Souvent, j'ai su maîtriser mon envie d'en écrire et d'en poster plus d'un le même jour.

Cette fois, contrairement à mon habitude, je n'avais pas fait de provisions pour l'hiver.

Il m'en a parfois manqué quelques-uns, soit parce que je n'en trouvais pas, que Rien Ne Relevait Du Petit Rien soit parce que j'étais occupée à Bien Plus Gros Qu'Un Petit Rien et qu'il ne fallait pas s'ôter ce plaisir, ou que, si c'était Un Petit Gros Problème, Il Fallait Y Mettre Les Moyens Et  S'Y Atteler Sans Regimber.

Je ne suis pas morte de L'Absence De Petits Riens, ni de La Profusion Inédite Et Inéditée De Trop De Petits Riens.

J'ai maintenu le cap des Petits Riens.

Les cinq semaines nécessaires au rééquilibrage de l'hormone qui déconne, Simone, sont passées presque comme une lettre à la Poste, sauf que je suis plus souvent qu'à mon tour du genre à laisser le courrier terrestre en Poche Restante. 

J'ai donc encore traîné quelques jours avec ces Petits Riens Littéraires Légers Comme Des Bulles De Patience, le temps que la vilaine attaque anti-thyroïdienne soit enfin sous contrôle. 

Quand les hormones sont contrôlées, vérifiées, équilibrées, Plus Rien n'est un problème.

Je peux à nouveau me lever, bouger, vaquer à mon gré.

Ce matin, avant de partir, Une Discrète Fée Attentionnée avait déposé deux fleurs de couleur violette différentes, dont une toute petite violette que je ne découvris qu'en m'approchant, dans Un De Mes Petits Vases En Poterie Vernissée sur le rebord de la fenêtre, face à l'évier. 

En sirotant mon café, je cherchais des yeux Mes Petites Poteries Vernissées en train de sécher sur la paillasse de l'évier. 

Elles n'y étaient plus.

Elles étaient arrivées toutes seules sur le rebord encore vide de la cheminée.

Douce Fée. 

Si Tendre. Si Attentionnée. Si Discrète.

Elle m'a gâtée à point nommé.

Nous nous apprêtions à passer un après-midi au goût mitigé. Le ciel, du. Coup s'est illuminé. Il faisait beau, malgré Les oracles Du Temps Qu'Il Fait.

Vite ! Vite !

Se préparer !

Sortir !

Pédaler !

Avant l'arrivée de la suite prévisible...

Je viens de faire un tour sur Mon Pégase Mobile Avec Mon Prince Des Démonts Et Des Émerveilles, sous la grêle. Je n'avais jamais pédalé sous les grains de glace. Nous étions chaudement habillés. Nous avons pédalé, pédalé, avancé, avancé, vu des centaines de points de vue qui se prêteraient bien à une petite ou une grande aquarelle.

Des champs aux fleurs blanches (apprendre à ne pas trop colorer, laisser du blanc pour respirer) ! 

Des nuages blancs énormes sur un beau ciel bleu d'un côté.

De l'autre, un ciel si tourmenté que tout le noir et l'anthracite de mes godets y passeraient si je me plaisais à les décliner, les délaver, puis les foncer de plus en plus.

Des chaumieres aux toits pleins de grêle encore fraîche sur les côtés ombragés.

Une route dans la petite forêt clairsemée, bordée de grêle, glissante comme une piste de ski, en son milieu fondant.

Des myriades de fleurs violette - campanules ou jacinthes des bois ou autres, je ne sais -  jaunes et blanches, toutes au nom inconnu, des fleurs humbles jamais étiquetées nulle part, désertées des fleuristes et Du Grand Marché De La Nature.

Aucune ne fut cueillie. 

Ce n'était pas le moment.

Un seule chose à la fois, le plaisir de l'instant.

Puis soudain, ta voix qui s'élève, à l'insu de ton plein gré (ça, c'est à coup sûr l'effet cycliste petit-guignolesque !).

Sans savoir pourquoi, les notes s'égrènent. Tu n'avais pas prévu de chanter. Le chant est venu à tes lèvres. Les notes se sont précisées.

Puis comme toujours, les paroles sont venues en dernier :

« ..... marchand de bonheur... le marchand de bonheur.... Je suis le vagabond, le marchand de bonheur !  »

Sans prévenir, une apparition sonore, à tue-tête, Les Compagnons de la Chanson.

Puis, inseparable, Piaf dans ta tête, en silence.

L'enfance qui revient en silence par les paroles :

« ...... une cloche sonne, sonne...... Jean-Francois Nicot...... »

Ça ne chante plus.  Les mots reviennent, sans chanter, pas même dans ta tête. Le chante d'arrêt pour laisser place à la pensée.

Tu penses.Tu réfléchis au retour inopiné de l'enfance, un bonheur oublié, saccagé, dont presque tout, jusqu'au souvenir même, t'avait échappé, et qui te revient, Petit Rien Par Petit Rien.

Tu raccommodes ton passé dans l'instant présent. 

Tu en es toute étonnée.

Tu es rentrée. Tu te réchauffe à la cheminée.

Tu es bien.

Malgré.

De Bon Gré.

© Simone Rinzler | 26 avril 2016 - Tous droits réservés 

La Présence Au Présent Attise Le Bonheur Du Passé Oublié À L'Atelier de L'Espère-Luette







29 #CPR Carnets de Petits Riens : En rangeant la vieille maison, nous avons jeté des vieilleries immondes que nous ne voyions plus, tant elles faisaient partie du paysage intime. Nous les avons remplacées par quelques nouveautés, plus pratiques, bien plus jolies. C'était une bien jolie semaine, Pleine de Touts Petits Riens Du Changement Qui Fait Du Bien.

29 #CPR Carnets de Petits Riens : En rangeant la vieille maison, nous avons jeté des vieilleries immondes que nous ne voyions plus, tant elles faisaient partie du paysage intime. Nous les avons remplacées par quelques nouveautés, plus pratiques, bien plus jolies. C'était une bien jolie semaine, Pleine de Touts Petits Riens Du Changement Qui Fait Du Bien.

En rangeant la vieille maison, nous avons jeté des vieilleries immondes que nous ne voyions plus, tant elles faisaient partie du paysage intime habituel de cet endroit très rustique. Nous les avons remplacées par quelques nouveautés, plus pratiques, bien plus jolies. 

C'était une bien jolie semaine, Pleine de Touts Petits Riens Du Changement Qui Fait Du Bien.

On a bien raison de dire qu'il faut changer ses habitudes, son environnement. La légèreté qui s'en dégage est assez étonnante. 

Je n'aime ni jeter, ni trier. Ce retour sur le passé semble toujours gêner la progression vers l'avenir. Mais il arrive un moment où il faut passer à l'action. Vider, ranger, nettoyer, passer l'aspirateur, même !

Aie ! Ouille !
Quelle horreur !
Les mains dans la poussière toute la journée.

Toute la journée ?

Voyons, voyons ! Tu exagères encore, toi !... À moi, on ne l'a fait pas. Puisque Toi, c'est Moi !

Non, pas toute la journée, voyons, mais tu vois, pour moi, ça me paraît une éternité dès qu'il faut ranger, laver, nettoyer. Comme je déteste cela !

Et pourtant, ce fut l'occasion de récupérer la liberté d'un espace rangé, clair, agréable, joliment décoré, nettement moins rustique, certes, mais bien plus agréable.

Qui sait ?

Ces changements ont peut-être été à l'origine de l'avancée vers la couleur transparente de l'aquarelle, si longtemps reportée que moi-même, je ne croyais plus qu'un jour je me lancerai à y aller.

Cela faisait si longtemps pourtant, que je disais que j'avais envie de faire moi aussi des  « croûtes » et de les exposer chez moi, comme tous ceux qui peignent et dessinent et accrochent d'infâmes tableaux de fleurs, de paysages et de chaumieres perdues au fin fond de la campagne, forcément verdoyantes.

Voilà, j'ai saute le pas des Petits Riens Colorés.

Certes, j'ai travaillé sans modèle, sinon le souvenir d'une photo un peu ratée prise au détour d'un chemin alors que j'avais perdu mes compagnons d'équipée sauvage à vélo pour cause de motorisation de Mon Pégase vélocipédique grimpeur de côtes.

Cette photo n'était pas mal cadrée, mais le ciel en était désespérément gris étal. Pas même un relief argenté. Alors, de retour à la masure modernisée d'année en année, et après m'être reposée de ce pédalage effectif malgré l'assistance, une fois la caverne rangée, décorée, modernisée, les invités, amis et petits-enfants et enfants d'ami repartis, j'ai profité de mon premier jour de liberté pour colorier le monde trop gris, me faire Un Petit Rien De Ciel Rosé, Orangé, Bleuisé, Aquarellisé, Ma Première Croûte D'Aquarelle.

Et là, quel bonheur !

Un Petit Rien n'arrivant jamais seul quand tu forces le destin, je me suis même décidée à tenter de ne travailler qu'un fond d'aquarelle pour comprendre comment le pigment se dilue, se mélange, se foncé ou s'éclaircit. Ce fut mon deuxième essai, abstrait, donc sans aucune faute de composition du paysage, puisqu'il n'y en avait pas.

Après un instant d'hésitation, un petit déca de réflexion, le pli était pris. Je n'allais pas m'arrêter là. J'avais encore Un Autre Petit Rien D'Aquarelle À Tenter. Plus simple. Juste une maison, quelques pins et buissons, un ou deux massifs de fleurs ou de graminées, et surtout le travail de l'ombre, des couleurs de la maison et de son toit.

J'en étais déjà à mon Troisième Petit Rien De La Journée. C'était Bien Plus Que Rien. Une activité calme, tranquille, sans langage, une activité vraiment reposante, de la détente sans contrainte autre que technique ou plutôt, d'absence de révision de la technique.

Aujourd'hui, pas de peinture. Nouvelle arrivée. La maison est rarement longtemps vide.

Mais après avoir fait découvrir les magnifiques changements à nos visiteuses, je suis remontée dans notre chambre pour y rechercher quelques minuscules vases en poterie. Des Vases À Petits Bouquets De Rien.

La semaine dernière, dans un coin sombre de la forêt avoisinant le village où nous avons fait une pause pour le goûter, nous avons découvert des tapis de violettes.

Depuis l'épisode des jacinthes roses, je rêvais de me faire, comme autrefois, Un Très Joli Petit Bouquet Rond De Violettes et un Tout Petit Bouquet De Coucous. Mais, dans le pré à côté, il n'y avait que quelques pales violettes d'un bleu délavé et trop eu de coucous pour ne pas appauvrir le paysage de mon réveil.

Pou pouvoir aller cueillir ces violettes et faites ces bouquets, en y ajoutant aussi un bouquet de pâquerettes jolies, il me fallait ressortir mes minuscules vases en poterie vernissée.

Le Petit Rien Du Jour, mais, ça a été le lavage de ces vaselets pour tous petits bouquets, bien sûr.

La cueillette des violettes attendra l'occasion qui se présentera.

Dès demain, Mes Toutes Petites Poteries trôneront sur la cheminée.

Et ce sera bien.

© Simone Rinzler | 26 avril 2016 - Tous droits réservés 

C'est dans les Toutes Petites Poteries De Rien Que Se Font Les Jolis Bouquets de Petites Fleurs Toutes Simples À L'Atelier de L'Espère-Luette