Rechercher dans ce blog

mercredi 6 janvier 2016

20160106 #DQ4 2-101 Prologue : Quelque chose résiste. Quelque chose résiste à la fiction. Quelque chose insiste. Quelque chose réfute lasimplicité de l'évasion.

20160106 #DQ4 2-101 Prologue : Quelque chose résiste. Quelque chose résiste à la fiction. Quelque chose insiste. Quelque chose réfute la simplicité de l'évasion. 

Quelque chose résiste. Quelque chose résiste à la fiction.
Quelque chose insiste. Quelque chose réfute la simplicité de l'évasion.

Évasion impossible. Tourment de la fiction.

Quelque chose insiste. Le réel ne peut, ne veut, se mettre à l'unisson.

La langue se dérobe. La simplicité de l'évasion n'est pas de mise. 

Le réel fait retour, incessant. Le réel se dérobe. Il ne veut pas qu'elle l'enrobe.

Elle s'installe à son bureau, dans l'atelier de la pensée. Enfile sa vieille robe. Son vieux costume de scène. Elle ne remet pas l'instant à plus tard. Il est temps. Temps de s'y atteler. De se mettre sous le joug de la fiction, de malaxer le réel, de s'y enfoncer sans s'y complaire. De fouiller sa mémoire, ses faiblesses, ses erreurs. Ses forces de faible. Ses forces de survivant. Il n'est plus temps de remettre. 

Elle est installée devant sa tablette. Elle écrit sous la dictée de son inconscient. Elle ne ressent pas le besoin d'écrire. Ne le ressent plus. C'est le moment d'y aller. Sans rechigner. Sans reculer. C'est le temps d'affronter ce qui bloque. C'est l'heure d'éviter l'évitement. Elle y va. Elle y est. 

Elle sent qu'il faut qu'elle s'organise. Elle ne peut dépendre de l'extérieur. C'est à elle que revient le récit de ces heures. Personne ne peut le faire à sa place. C'est à elle de mettre de l'ordre dans le fouillis de l'esprit, dans le chaos de la vie, dans les souvenirs oubliés qui, tant racontés, lui ont déjà échappé. C'est elle qui dictera l'ordre des choses, prendra la responsabilité de ses écrits. Elle ne se dérobera pas. L'enquête de la quête a commencé.

Elle cherche déjà par où commencer.

Elle ne sait pas. Elle se sent si fragile, si frêle. Elle ressent toujours la même peur au début d'un chantier de la pensée. Elle a peur d'elle-même. Ses yeux roulent vers le haut, à gauche. Elle s'imagine se regardant et ne se trouvant pas si effrayante. Qui donc, quoi donc, lui a mis en tête qu'elle pourrait être un monstre ? Elle le sait. Depuis toujours. Elle sait aussi qu'elle n'est pas le monstre. Elle est l'enfant de monstres, l'enfant d'enfants brutalisés par des monstres dans la folie du monde. Ils ont eu foi en elle. Elle ne peut pas les trahir. Elle doit avancer. Terrasser son monstre.

L'heure de se mettre en route a déjà commencé. Elle est assise, devant sa table de travail. Elle organise son monde. Elle est déjà partie. Elle n'est plus là. Elle est là-bas.

© Simone Rinzler | 6 janvier 2016 - Tous droits réservés.