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2/01/2016

03 #Je #ÉveilDEssence : Ça ne sent plus rien. Je ne sens plus rien. Je n’entends rien. Je ne sens rien.

03 #Je : Ça ne sent plus rien. Je ne sens plus rien. Je n’entends rien. Je ne sens rien.

1er février 2016
Ça ne sent plus rien.
Je ne sens plus rien.
Je n’entends rien.
Je ne sens rien.

Il n’y a plus de petit vent. Cela ne sent plus rien de chaud. Cela ne sent plus rien de doux.

Je sens une petite odeur douce, cependant. Je ne sais pas ce que c’est. C’est une odeur sur mon ¿¡corps, peut-être. Ou une odeur ailleurs. Dans la pièce où je suis. Ça sent très légèrement. Ça ne s’arrête pas. Je sens bien cette odeur. Je la reconnais.

C’est une odeur qui ne fait pas de bruit. Pas de petit vent. Pas de chatouille. Rien. Ça n’est pas rigolo. Ça n’est pas gênant. C’est là tout le temps. Et ça s’en va peu à peu. Parfois, c’est plus fort. C’est plus fort quand je sens une caresse sur mes ¿¡joues. C’est une légère odeur qui arrive d’un coup et qui reste après la caresse sur ma ¿¡peau.

Et puis, peu à peu, c’est une odeur que je ne sens plus. Ça fait corps avec moi. Ça fait corps avec mon ¿¡corps. Ça fait corps avec ma ¿¡peau.

Moi ¿¡Peau.
Moi ¿¡Corps.
Moi ¿¡Je.

Tiens ?

© Simone Rinzler | 1er février 2016 - Tous droits réservés

[Voir les épisodes précédents sur le blog]

Une odeur sur ma peau À L'Atelier de L'Espère-Luette

1/30/2016

02 #Je #ÉveilDEssence : Je ne sais rien. Je ne sais même pas que je ne sais rien. Mais je sens que je sens. Je sens que je ressens.



02 #Je : Je ne sais rien. Je ne sais même pas que je ne sais rien. Mais je sens que je sens. Je sens que je ressens.

24-30 janvier 2016
Je ne sais rien.
Je ne sais même pas que je ne sais rien. Mais je sens que je sens. Je sens que je ressens.
Je sens l’air sur mon ¿¡corps, parfois. Je sens l’air sur mon ¿¡visage. L’air est chaud. Parfois, l’air est frais. Parfois, l’air souffle sur mon ¿¡visage. Je sens l’air sur mon ¿¡visage. Je ne sais pas que j’ai un ¿¡visage. Je sens l’air sur mon ¿¡visage. Je sens la chaleur et le froid sur mon ¿¡visage. Je sens l’air qui circule. Parfois. Ça me chatouille. C’est chaud. C’est agréable. C’est tout doux. C’est tout chaud. C’est rigolo. Ça souffle tout doucement. Ça chatouille.
Ça chatouille. Ça chatouille. Ça chatouille !
Ça chatouille délicatement. C’est tout chaud. Ça sent bon. Je suis bien. Ça me dérange. Ça m’étonne. Ça me dérange et ça m’étonne. Ça m’amuse. C’est rigolo. C’est gênant. Parfois. Et puis, c’est rigolo. Encore. Ça fait tout chaud. Ça fait tout bon. Ça fait tout doux. Mes ¿¡yeux se ferment doucement à chaque coup de ce petit vent. Ma ¿¡tête s’abaisse dans le creux de mes ¿¡épaules. Qui se soulèvent. Je sens le petit vent doux soulever mes ¿¡cheveux doucement. Je frémis de plaisir. C’est rigolo, ce petit vent. Ça souffle tout doucement. C’est tout doux. Ça me chatouille tout doucement. Mes ¿¡yeux se ferment à chaque coup de ce petit vent. Ma ¿¡tête se rentre dans mes ¿¡épaules. C’est rigolo. Ça me chatouille. Ça m’amuse. Je souris. Je ris. Je plisse les ¿¡yeux de doux plaisir. Je tourne la ¿¡tête. Je ne sais pas quel est ce petit vent. Ça me dérange. Ça m’amuse. Ça me chatouille. Ça me chatouille délicieusement. Vive le, vive le, vive le petit vent. Petit vent qui souffle sur mon ¿¡front.

Ça sent bon. Ça sent bon quand il y a ce petit vent. Ça sent bon le parfum, le savon, la souffline. Ça sent bon l’amour. Je ne sais pas ce que c’est que l’amour, mais je sais que ça sent bon. Ça sent bon tout le temps. Ça sent bon le café. Ça sent bon le frais. Ça sent bon le chaud. Ça sent bon la chaleur. Ça sent bon la douceur. Je ne sais pas le nom des odeurs. Ça sent bon le différent. Ça chatouille mes ¿¡narines. Ça sent bon quand c’est tout près. Ça sent bon le chaud. Ça sent bon le froid. Ça sent bon le douillet. Ça sent bon les gros câlins. Ça sent bon la douceur. Ça sent bon l’émerveillement. Ça sent. Ça. Ça. Ça. Ça sent bon tout le temps.
Ça, ça. Tout ça, je le sens.
Je le sens et je le sens.
Je le ressens.

© Simone Rinzler | 24-30 janvier 2016 - Tous droits réservés 
Ça sent ça À L'Atelier de L'Espère-Luette




1/26/2016

01 #Je #ÉveilDEssence: Je ne sais pas. Je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas pourquoi on m'a mis là. Je ne sais pas pourquoi on m'a mis là, posé, sans bouger. Je ne sais pas. Je... Je.. Je.

01 #Je : Je ne sais pas. Je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas pourquoi on m'a mis là. Je ne sais pas pourquoi on m'a mis là, posé, sans bouger. Je ne sais pas. Je... Je.. Je.

Je ne sais pas. Je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas pourquoi on m'a mis là. Je ne sais pas pourquoi on m'a mis là, posé, sans bouger. Je ne sais pas. Je... Je.. Je. 

Je ne sais pas. Je ne dis rien. Je ne fais rien. Je suis là.

Qu'est-ce qu'ils attendent. Je ne sais pas ce qu'ils attendent. Je ne sais pas si j'attends. Je ne sais pas si j'attends quelque chose. Je ne sais pas si j'attends quelque chose ou quelqu'un. Je ne sais pas. Je ne sais pas ce qu'est attendre. Je ne sais pas si j'attends ou si je n'attends pas. 
Je... Je.. 
Je.

Je.
Je suis.
Je suis là.
Je ne sais pas si j'attends.
Je ne sais pas si je fais quelque chose.
Je.
Suis.
Là.

J'ai conscience.
J'ai ma conscience.
J'ai conscience d'être.
J'ai conscience d'être là.
Je suis.
Je suis là.

Là.
Ici.

Je suis ici.

Ici.

Je suis.

© Simone Rinzler | 24 janvier 2016 - Tous droits réservés
Je suis ici, et Simone aussi, à L'Atelier de L'Espère-Luette

1/14/2016

#CM 3 : Elle se sent toute essoufflée. Elle vient de se remettre à l'apprentissage de la flûte a bec. Elle n'a pas tout a fait tout oublié...

#CM 3 : Elle se sent toute essoufflée. Elle vient de se remettre à l'apprentissage de la flûte a bec. Elle n'a pas tout a fait tout oublié...

Elle se sent toute essoufflée. Elle vient de se remettre à l'apprentissage de la flûte à bec. Elle n'a pas tout a fait tout oublié. Sa langue sait encore faire le "t", "t", "t". Ses doigts ont partiellement su se mettre en position. Le son n'est pas beau. Elle suit la méthode. Elle s'entraîne sans passer à l'apprentissage d'une nouvelle note tant que la première note, le Si ou A (ou H en allemand) n'est pas maîtrisée. Ses mains se placent difficilement. Le pupitre est trop haut pour les verres progressifs. Elle tente d'écarter la flûte de son corps, comme le lui indique la méthode. Elle fait confiance à la méthode. C'est une bonne méthode avec laquelle elle avait autrefois appris à jouer. Elle maîtrise enfin le Si, le A, le H. Elle apprend le nom des notes en anglais et en allemand en même temps. Elle les connaissait. Elle les a oubliés. elle révise, sans mesurer la perte. Elle ne mesure pas la perte, elle n'en n'y le temps, ni l'idée. Elle la comble. Elle la réduit, comme on réduit une fracture. Elle réduit la fracture de la musique abandonnée. Elle reprend. Finit, à force d’insistance, par maîtriser le Si, le A, le H. Elle passe au La. Trop vite. Elle n'a pas retenu le nom en anglais et en allemand. un effort, bon sang, se dit-elle, alors qu'elle retrace son exercice du matin. Si Si est A. cela devrait lui revenir. elle avait bien vu que c'était contigu.

Voilà. Elle s'est trompée. Si n'est pas A, mais B. Sa piètre mémoire vient de lui jouer un tour. Mais elle réapprend à se concentrer. Si elle ne pouvait pas descendre l’alphabet après A comme on descend la gamme, c'est que Si n'était pas A, mais bien B en anglais (et H en allemand, cela elle en est sûre, à cause de la la Messe H moll, la Messe en Si mineur de Jean-Sébastien Bach. La Messe à Schmoll !). Donc, puisque la deuxième note apprise, la note du long étouffement provisoire de la nouvelle élève, est un La, qui se dit A en allemand, la Si ne pouvait être autre qu'un B. Elle n'a jamais eu bonne mémoire. c'est pour cela qu'elle avait toujours choisi de se spécilaiser ce qui nécessitait un empilement de connaissance mais dont la plupart pouvait se retrouver par une déduction logique. C'est ainsi qu'elle avait appris les langues étrangères, la grammaire, et même les mathématiques, autrefois. Elle a besoin que les choses s'articulent logiquement pour les retenir.

Elle reprend son récit.

Elle voudrait faire de la flûte Alto, mais elle n'a la méthode que pour la flûte Soprano. Qu'importe. Il lui faut retrouver les gestes. Des mains. Des doigts. Du corps. Du souffle maîtrisé. 

Elle sont que son souffle est plus difficile à maîtriser. Pas étonnant que sa voix déraille si facilement. 

Elle doit réapprendre à maîtriser son souffle, à canaliser son souffle, à reprendre sa respiration pour ne pas jouer comme une noyée.

Elle s'est un peu noyée. Si peu. À peine. Sans peine. Sans grande peine. Avec application. Avec joie. Elle reprend la maîtrise de son souffle. La maîtrise de sa vie. À elle. Elle doit réapprendre à reprendre son souffle sans s'essouffler. Elle n'a jamais été vraiment joueuse de flûte à bec. Elle a été chanteuse. Peut-être n'est-ce pas tout à fait la même technique ? En plus de sa respiration, elle doit contrôler ses doigts, bien les positionner, penser à tout. Elle est dans l'enfance de l'apprentissage. Elle aime apprendre.

Aurait-elle dû attendre de trouver la même méthode pour la flûte alto qu'elles a pratiquement jamais jouée, faute de méthode à sa disposition ? La flûte Alto est plus grande. L'effort de souffle n'en sera que plus intense. 

Elle a toujours voulu apprendre la flûte Alto pour jouer elle-même ses partitions, directement dans sa tessiture. Elle s'est toujours sentie une piètre déchiffreuse, même si avec la pratique, elle déchiffrait de mieux en mieux.. Elle veut déchiffrer seule, être autonome, pouvoir jouer sa musique comme elle l'entend, comme elle la sent. La musique de son corps. La musique de son être.

Son souffle n'est pas revenu. Alors qu'elle tient son carnet de musique, elle s'aperçoit qu'elle a oublie le plus important.

Le réveil du corps.

L'échauffement corporel.

Sans échauffement, pas de souffle. Sans souffle, pas de note juste.

Elle n'a pas commencé par le commencement. Elle a commencé. C'est tout.

Elle avait sorti les flûtes, les méthodes 1 et 2 depuis quelques semaines. Elle avait cherché la veille une méthode pour flûte alto chez un marchand de partitions et d'instruments. Elle n'avait pas trouvé. S'était promis de chercher.

Ce matin, elle ne remet plus au lendemain. La musique l'attend. Elle attend de faire résonner la musique en elle, dans son corps. Avec son corps.

Un instrument de souffle.  

Animus, Anima retrouvés.

Ensemble.

Elle cherche son souffle. Son deuxième, son troisième, son quatre-vingt-quatorzième souffle. Elle ne les compte plus. Elle les fait, ces reprises de souffle, de deuxième souffle. C'est comme un réflexe acquis. Ça revient tout seul, le retour à la vie.

Le retour d'animus/anima, imbriqués.

Si. Si. Si
B. B. B.
La. La. La.

Si ! Si ! Si !
Belles Bébées
Là ! Là ! Là !
La Voilà.
La Mamie Zinzinette,
La Mamie Musiquette.

Encore une note et tu auras une berceuse dans ta musette à musiquette.

© Simone Rinzler | 14 janvier 2016 - Tous droits réservés

C'est l'heure musicale à L'Atelier de L'Espère-Luette



1/11/2016

35 #CR Carnets de retraite : Mon dernier poussin prend son envol définitif aujourd'hui. Il y a comme un air de fête.

35 #CR Carnets de retraite : Mon dernier poussin prend son envol définitif aujourd'hui. Il y a comme un air de fête.

Mon dernier poussin prend son envol définitif aujourd'hui. Il y a comme un air de fête. Depuis longtemps, l'envol définitif loin du nid se préparait. C'est aujourd'hui que se fait le gros du départ. 

Papa Wazo aide Wazillon à transporter tout, tout de suite, pour ne pas faire de voyage à vide et vient d'impulser le vrai grand déménagement hors du nid. 

Maman Wazo est fière de sa petite Wazillone, en train de devenir une grande et belle Wazotte, libre et heureuse.

Il y a de la fête dans l'air.

Papa et Maman Wazo ont bien travaillé.

Bientôt la crémaillère chez les Grands Petits Zoziaux !

Les petites Wazillettes sont chez leur autre Mamie Waza-Waza-Waza-Wazi-Wazo qui profite d'elles pendant qu'elle est proche du nid de son Petit Zoizo à Elle.

C'est la fête du bonheur dans les nids du quartier !

© Simone Rinzler | 11 janvier 2016 - Tous droits réservés

C'est l'envol à L'Atelier de L'Espère-Luette

1/06/2016

20160106 #DQ4 2-101 Prologue : Quelque chose résiste. Quelque chose résiste à la fiction. Quelque chose insiste. Quelque chose réfute lasimplicité de l'évasion.

20160106 #DQ4 2-101 Prologue : Quelque chose résiste. Quelque chose résiste à la fiction. Quelque chose insiste. Quelque chose réfute la simplicité de l'évasion. 

Quelque chose résiste. Quelque chose résiste à la fiction.
Quelque chose insiste. Quelque chose réfute la simplicité de l'évasion.

Évasion impossible. Tourment de la fiction.

Quelque chose insiste. Le réel ne peut, ne veut, se mettre à l'unisson.

La langue se dérobe. La simplicité de l'évasion n'est pas de mise. 

Le réel fait retour, incessant. Le réel se dérobe. Il ne veut pas qu'elle l'enrobe.

Elle s'installe à son bureau, dans l'atelier de la pensée. Enfile sa vieille robe. Son vieux costume de scène. Elle ne remet pas l'instant à plus tard. Il est temps. Temps de s'y atteler. De se mettre sous le joug de la fiction, de malaxer le réel, de s'y enfoncer sans s'y complaire. De fouiller sa mémoire, ses faiblesses, ses erreurs. Ses forces de faible. Ses forces de survivant. Il n'est plus temps de remettre. 

Elle est installée devant sa tablette. Elle écrit sous la dictée de son inconscient. Elle ne ressent pas le besoin d'écrire. Ne le ressent plus. C'est le moment d'y aller. Sans rechigner. Sans reculer. C'est le temps d'affronter ce qui bloque. C'est l'heure d'éviter l'évitement. Elle y va. Elle y est. 

Elle sent qu'il faut qu'elle s'organise. Elle ne peut dépendre de l'extérieur. C'est à elle que revient le récit de ces heures. Personne ne peut le faire à sa place. C'est à elle de mettre de l'ordre dans le fouillis de l'esprit, dans le chaos de la vie, dans les souvenirs oubliés qui, tant racontés, lui ont déjà échappé. C'est elle qui dictera l'ordre des choses, prendra la responsabilité de ses écrits. Elle ne se dérobera pas. L'enquête de la quête a commencé.

Elle cherche déjà par où commencer.

Elle ne sait pas. Elle se sent si fragile, si frêle. Elle ressent toujours la même peur au début d'un chantier de la pensée. Elle a peur d'elle-même. Ses yeux roulent vers le haut, à gauche. Elle s'imagine se regardant et ne se trouvant pas si effrayante. Qui donc, quoi donc, lui a mis en tête qu'elle pourrait être un monstre ? Elle le sait. Depuis toujours. Elle sait aussi qu'elle n'est pas le monstre. Elle est l'enfant de monstres, l'enfant d'enfants brutalisés par des monstres dans la folie du monde. Ils ont eu foi en elle. Elle ne peut pas les trahir. Elle doit avancer. Terrasser son monstre.

L'heure de se mettre en route a déjà commencé. Elle est assise, devant sa table de travail. Elle organise son monde. Elle est déjà partie. Elle n'est plus là. Elle est là-bas.

© Simone Rinzler | 6 janvier 2016 - Tous droits réservés.

12/17/2015

#CM 2 Carnets de musique : Écouter sa musique intérieure, la musique du bonheur...

#CM 2 Carnets de musique : Écouter sa musique intérieure, la musique du bonheur...

Écouter sa musique intérieure, la musique du bonheur.

Écrire en musicienne, en chanteuse confirmée, remplacer la voix éraillée du temps par la voix intériorisée du souffle reconquis, ne pas s'en lasser, s'en délecter, s'y adonner en mode grand majeur...

Écrire en musicienne, en chanteuse confirmée, remplacer la voix éraillée du temps par la voix intériorisée du souffle reconquis, ne pas s'en lasser, s'en délecter, s'y adonner en mode grand majeur.

Écouter sa voix intérieure, sa voie musicale, la composer comme sa propre symphonie, se laisser envoûter de son harmonie personnelle sans un regard, sans une oreille pour le brouhaha du monde terrifié par le chaos de la vie.

Faire place à la vie intérieure, au chant de ses harmoniques, les faire vibrer, résonner, s'en délecter, l'oreille interne affûtée.

Repérer les résonances, prêter attention aux notes qui se répondent, s'enrichissent, se complètent, entendre les harmoniques du désir et de l'amour comblé. S'y plonger, laisser sonner, résonner, réverbérer jusqu'à saturation du son. Laisser la musique filer, s'envoler, envelopper l'atmosphère douillette et profonde, penser la musique de l'intérieur sans partition aucune. Laisser chaque note s'épanouir, s'évanouir, préparer la prochaine, composer le subtil carillon léger du bonheur délié. S'envoler à tire d'ailes à la poursuite des cloches lointaines, oublier les acouphènes, les dompter, les maîtriser. Écouter sa musique intérieure, la musique du bonheur.

© Simone Rinzler | 17 décembre 2015 - Tous droits réservés 

La musique résonne À L'Atelier de L'Espère-Luette

#CM 1 Carnets de musique : S'arracher à la littérature comme à une maladie de jeunesse...

S'arracher à la littérature comme à une maladie de jeunesse...

S'arracher à la littérature comme à une maladie de jeunesse. Se faire violence. Entrer dans la danse. Des vivants. Qui n'ont pas peur de la mort.

Chanter. Danser. Embrasser qui on voudrait. Chantonner. Composer des airs nouveaux, des chants insus, inconnus. 

Danser mi-nu devant sa glace. Danser habillé. Esquisser trois pas de danse. Entendre la musique dans sa tête. Écrire le son, le chant, écrire le bonheur. Vivre le bonheur. 

Se dandiner sur le bord de sa chaise, le corps souple et plein d'allant au rythme de sa musique intérieure. Visage impassible et corps dansant. 

Gratter une démangeaison sans y penser. Rouler du corps, le torse souple, dégagé de toute entrave. Expirer fort. De contentement. Sans même y prendre garde. Ne pas même sentir que sa respiration se fait ample, généreuse, profonde.

Aimer sa vie.

Aimer la vie.

Oui !

Goûter l'air frais du matin à midi, s'enivrer de de petit rien qui fait tout, de ce petit rien de rien du tout qui est revenu comme il était parti, humer longuement l'air du temps qu'il fait à l'intérieur rieur, attendre le moment de la rencontre renouvelée avec les tous petits-êtres aimés, n'en plus pouvoir d'attendre, attendre, attendre, la respiration accélérée, entendre les doux babils s'approcher, l'écrire encore et encore et en jouir, s'en parfumer, s'en délecter, patienter encore, le cœur plein de bonheur. Être en amour. Être amour. Amours de ma vie.

Oui.

S'occuper, gentiment, s'activer, lentement, expirer, profondément. Rêve de chant, de chanteuse, d'expireuse. 

Plénitude de la matinée avancée. La musique dans le corps, installée, ne veut se déloger. Plus rien n'a d'importance. Vivre sa vie sans se préoccuper. Goûter le plaisir retrouvé. Entendre le petit jappement de son petit chat. Esquisser un sourire. Bientôt la serrer dans ses bras, se plonger dans son sourire, regarder son sourire, son regard s'illuminer. Anticiper le bonheur de les retrouver, de les sentir, de les choyer, de les envelopper de tendresse, de sourire, de chanson, de musique de la vie est belle.

Laisser tomber son clavier.

Inspirer une dernier fois encore.

Goûter son plaisir d'être seule, bien entourée.

Aimer.

© Simone Rinzler | 17 décembre 2015 - Tous droits réservés 

Aimer À L'Atelier de L'Espère-Luette

12/11/2015

13 #AA Anamnèse de l'amnésie : Il se lève de très bonne heure. Il fait encore nuit. Précautionneux, il prend garde de ne pas la réveiller.

13 #AA Anamnèse de l'amnésie : Il se lève de très bonne heure. Il fait encore nuit. Précautionneux, il prend garde de ne pas la réveiller

Il se lève de très bonne heure. Il fait encore nuit. Précautionneux, il prend garde de ne pas la réveiller. Il allume la machine à café à la cuisine, se rase méticuleusement comme tous les jours, se douche et applique un déodorant peu parfumé. Il ajoute quelques pschitts du parfum gourmand qu'elle préfère. Il retourne dans la chambre et sans bruit, revêt ses vêtements qu'elle lui choisit lors de grands achats groupés tous les deux ans ou tous les ans, parfois plus souvent, pour qu'il soit séduisant sans être guindé, ni vieux, ni ringard. Il se moque de son apparence extérieure. Cela n'a jamais compté pour lui. Il ne voit jamais l'enveloppe. Il voit l'être enveloppé. C'est un homme bon, ouvert. 

Il révise ce qu'il fera pour son travail dans la journée. C'est sa manière de se préparer pour se sentir bien, pour être à la hauteur de sa tâche. Il n'aimerait pas ne pas se préparer. Il se prépare toujours. Il ne laisse pas le hasard décider pour lui. Il suit sa routine quotidienne, la routine qui lui permet de continuer, d'aller de l'avant sans jamais se poser de questions. Il sait que quand il faut y aller, il faut y aller. S'il ne révisait pas la préparation de sa journée effectuée auparavant, il ne supporterait pas d'avoir à improviser. Il aime que le travail soit planifié, que les obligations soit vite expédiées. Il est du genre "Fais tes devoirs, tu joueras après". C'est un homme posé.

C'est un homme reposant. Un homme rassurant.

À cette heure-là, ce n'est pas l'heure des petites folies, pas l'heure de la détente. 

Ce sera pour après. 

Quand tout sera fini. Il ne laisse rien traîner. Il traite. Ce qu'il y a à traiter. Dans les temps. 

Dans le silence de la maison, il fait son grand café express et le boit en révisant, devant son classeur ouvert. Il prévoit ce qu'il va dire, ce qu'il va faire.

Il effectue tout cela dans le plus grand des silences. 

Il ouvre et referme la porte d'entrée à clef sans un seul bruit. Il sort à pas de chat.

Il respecte son sommeil. Il la respecte. Il l'aime. 

Ce n'est pas l'heure des effusions. Il vient de partir travailler.

Il laisse la maison retomber dans le silence.

Elle dort.

© Simone Rinzler | 11-12 décembre 2015 - Tous droits réservés 

Il ne fait aucun bruit À L'Atelier de L'Espère-Luette

12/09/2015

34 #CR Carnets de retraite : La littérature m'a abandonnée. J'ai abandonné la littérature. J'ai retrouvé...

34 #CR Carnets de retraite : La littérature m'a abandonnée. J'ai abandonné la littérature. J'ai retrouvé...

9 décembre 2015

La littérature m'a abandonnée. J'ai abandonné la littérature. J'ai retrouvé le plaisir. J'ai retrouvé la joie, j'ai retrouvé la musique. J'improvise. Je chante. Je compose. Dans ma tête, faute de m'y mettre vraiment. J'ai retrouvé la vie. La vraie.

Il n'est pas question de littérature de l'exultation. Le corps exulte. Le verbe non. Il n'exulte plus. Il est plein, il est rond, il est bien. Il n'a l'air de rien. Il n'est pas factice. Il est sans malice. Il est.

C'est la fin des recherches stylistiques. Le style de la vie est revenu. Badin, câlin, mutin. C'est le style de l'équilibre revenu. Un style en équilibre. Un style sans filet. Un style sur le fil, ténu, de la vie.

J'écoute le Boléro de Ravel. Il boucle, en boucle, tourne dans ma tête, monte et monte maintenant. Je me laisse aller. La musique devient de plus en plus puissante. L'air serein, l'air de rien ne peut disparaître. Il est là. Il est bien là. Il est bien. Là. Ici. 

L'orchestre s'emballe. Les instruments entrent un à un. la pâte sonore s'amplifie. j'attends l'arrivée des cuivres. ce n'est pas encore le moment. j'attends. J'attends. Des cuivres sont déjà entrés, ils se sont joint aux cordes, aux percussions. Là. Là. Ça va être là. Non pas encore. Les dissonances s'amplifient. Le son ne monte pas. L'intensité ne cesse de monter. Allez, maintenant ! Maintenant, les cuivres. Et les caisses claires. Vite. Vite. Les cuivres. 

Ça y est. Ils sont là !

Orgasme.

Résolution. 

Silence.

Long silence.

Très long silence.



Puis, enfin, applaudissements.

Toujours aussi laids en version enregistrée.

Ce Bernstein est un magicien. Le magicien de Gershwin. 

Hébétée par cet orgasme musical.

La machine me propose une entrée de chœur sur orchestre. C'est doux. C'est beau. Ça poursuit le bonheur sans tâche. Je n'ai pas encore reconnu le morceau. Ma tête est ailleurs. Je jette un coup d’œil au titre. Pas étonnant que cela me berce. C'est mon Requiem de mon Fauré adoré. De quoi me bercer des heures entières. Retour à la musique vocale. Ma source des sources.


© Simone Rinzler | 9 décembre 2015 - Tous droits réservés 

Adieu à la littérature, bonjour à la vie À L'Atelier de L'Espère-Luette

12/07/2015

33 #CR Carnets de retraite : J'ai envie de bouger, j'ai envie dedanser, rire, baiser...

33 #CR Carnets de retraite : J'ai envie de bouger, j'ai envie de danser, rire, baiser

 

2 décembre 2015

Modifié le 7 décembre 2015 


Mon calendrier n'est pas fondé sur l'actualité. Je ne sais s'il l'a jamais été et cela n'a guère d'importance. 

Ce que je sais, c'est que ma joie ou ma peine ne sont plus que très rarement fondées sur celle des autres. À force de cultiver ma différence, car je me suis toujours sentie différente de prime abord, je suis devenue indépendante sans en prendre jamais conscience. Ce n'est d'ailleurs pas tant que j'aie cultivé ma différence. J'ai fini par m'y habituer. Nuance.

Cette différence qui me faisait mal a cessé de me faire souffrir depuis si longtemps et en un processus si long que je suis incapable de la dater précisément. C'est le bienfait d'une heureuse nature, rétive aux dates et aux anniversaires du passé.

Au souvenir, j'ai toujours préféré vivre le présent, regarder vers l'avenir. J'y ai été aidée par un passé sombre, les drames de mon adolescence et de mon enfance et même ceux d'avant mon enfance.

Le drame, j'en ai soupé. Les visites dans les cimetières, j'en ai bavé, j'ai bien donné, j'en suis gavée à vie.

Aimer la vie, c'est aimer les vivants.

Un jour, un de mes enfants me l'a reproché opportunément. Il était temps de s'occuper des vivants. Alors, oui, c'est redevenu ma nature, celle qui m'avait quittée, je ne sais plus quand. 

Aimer la vie, c'est aimer les vivants. Vivre avec eux. Sentir avec eux.  Respecter les morts-vivants, les laisser tranquilles. Mais ne pas danser le menuet avec eux. Qu'ils s'amusent entre eux. C'est leur danse. Pas la mienne. J'ai déjà donné. Je n'aspire pas à y retourner tant que je n'y aurais pas été invitée par les agents de la Régie Autonome des Trépassés Paladins de mon entourage. Le plus tard sera le mieux. Passé le moment de l'annonce d'un choc, j'ai appris à ne pas me laisser entraîner dans des conduites à risque.

Je n'aime pas le risque.

J'aime le confort.

L'adrénaline, à petite dose.

Et du repos entre chaque dose.

Je ne me goinfre pas d'adrénaline, bonne ou mauvaise. Ce qui semble un tempérament de feu est en réalité une vie équilibrée. Je me suis si souvent sentie au bord du déséquilibre que je ne peux le rechercher. Je suis une prudente, une endurante, une durante, une fille de survivants, une survivante, une résiliente. Rien ne me plait davantage que durer, perdurer, même s'il me faut endurer.

Aujourd'hui, je me suis réveillée et souvenue d'un rêve que je faisais au moment de mon réveil. C'est assez rare pour que je le mentionne. J'étais dans une piscine. Je nageais. Mal. J'avais du mal à nager.

Une étrange prof de natation m'a incitée à prendre un cours avec elle.

J'ai bien sûr refusé, comme toujours, quand je me vois proposer une offre commerciale que je n'ai pas sollicitée.

Mais j'ai ensuite change d'avis. J'ai accepté l'offre.

Elle ne me proposait pas qu'un cours, me semblait-il.

Quelque chose dans son attitude ressemblait à une main tendue, pratiquement désintéressée. Je me suis dit que cela ne m'engageait à rien et que si le service ne me convenait pas, rien ne me contraignait à poursuivre l'expérience.

Ce n'était qu'un essai.

Ce n'était pas la première fois que je testais des choses et que je ne les poursuivais pas, parce que cela ne me convenait pas. La femme avait un aspect étrange, pas très dynamique, un peu dérangé, même peut-être.

Peut-être est-ce même cela qui m'a fait infléchir ma décision de ne pas. Abandonnant mon complexe de Bartleby, je répondais à nouveau à la main tendue, comme je l'avais si souvent fait. Quitte à ne pas suivre si cela ne me convenait pas.

Très vite, j'ai senti que cela ne me conviendrait pas. Que je ne poursuivrai pas l'expérience dans cette piscine inconnue, mal pratique, au sol glissant et aux vestiaires et toilettes collectifs un peu sales.

Cet environnement, ce n'était pas pour moi.

Je tentai pourtant de nager.

La pauvre fille était une piètre enseignante.

C'était elle qui avait besoin d'aide.

Son comportement n'était pas celui des maîtres-nageurs habituels, attentifs ou surdirectifs.

Elle semblait ne pas vouloir être dans l'eau toute seule.

Je l'ai accompagnée dans le liquide pâle.

J'avais froid. Je brassais de l'eau, mais je n'avançais pas, pas assez vite à mon gré.

Je me rendais compte que ce n'était plus vraiment cela et que j'avais vraiment perdu, même si je n'avais jamais été d'un niveau digne de compétition, ce qui tombait bien, car j'avais horreur de la compétition, de la confrontation.

Je n'aspirais qu'à une vie douce.

Je m'étais toujours arrangée pour me faciliter la vie, y passant parfois des heures et des jours entiers, voire des années, pour organiser la facilité de ma vie. Là était ma seule obsession. Me faire mon trou, mon nid, mon coin pour y être tranquille, à l'abri, confortable.

J'ai laissé mon rêve à l'abandon. N'ai pas écrit pendant plusieurs jours. Ni publiquement, ni dans le secret de l'atelier.

Je ne pouvais plus ni lire, ni écrire.

La littérature m'avait abandonnée.

Peut-être est-ce moi qui avais abandonné la littérature ?

Je m'en tenais à ce seul constat.

J'ai envie de bouger, j'ai envie de danser, rire, baiser.

J'avais envie de bouger, de danser, de faire l'amour.

J'ai vécu, j'ai bougé, j'ai baisé, j'ai câliné, j'ai chanté, j'ai dansé.

Cela ne change pas le monde.

Je ne vis pas dans l'illusion de pouvoir changer le monde.
Dans celle de l'aménager. Oui.
Pour qu'il soit vivable.
Un peu plus respirable.

Aménager le monde, c'est changer son rapport au monde, c'est donner son apport au monde.


Je suis revenue au calme de la vie agréable, privilégiée, celle que je me suis construite, peu à peu, à grandes enjambées activées de grand lévrier ou à petits pas trottinants de souris grise, contre vents et marées, contre vermines et marâtres, contre vermeilles et parâtres, envers et contre tout, à l'envers et contre tous. Toujours. Du côté. De la vie. La mienne. Celle que je me suis choisie. Que je me suis confectionnée. Que je me suis décorée. Avec amour.

Et tendresse.
Retrouvée.

Et voilà que me revient ce que j'avais dit une fois à un collègue :

"Si j'étais dans une cellule, je ferais tout pour la repeindre en rose."

Ça ne change pas la cellule, mais quand même, c'est plus gai !

© Simone Rinzler | 2-7 décembre 2015 - Tous droits réservés 

La littérature serait en perte de vitesse À L'Atelier de L'Espère-Luette

12/01/2015

# English: Then, it dawned on me: I was missing something, or someone, but couldn't find what or who. Then, it dawned on me.

#English : Then, it dawned on me. 

I was missing something, or someone, but couldn't find what or who. 

Then, it dawned on me.

I thought I was missing my job. I was missing it. I was. But not that much. I could do without. I had been fed up with it all.

As I was preparing myself to spend the night without taking care of my two baby grand-daughters, a thought came to my mind in English. I was writing a text in English. 

I have forgotten what the text was, by now, but have found a stunning discovery.

All these months, I had been missing English. Writing in English. Reading in English.

It came to me as I was watching the end of an enth old episode of Grey's Anatomy.

I was missing English. I was feeling worried, guilty. I could not find what worried me, what made me feel guilty. I was scraping my mind hard with usual psychological explanations - my family, my kids, my parents, my grand-children, seeing again my friends and former colleagues - to no avait.

I was missing English, novels in English, thinking in English. I had given up English, its countries, its civilisations, is cultures, its culture. Its strength. Its effect on me.

I needed a break with French. At once. Right now. English had always been my solace, my confort. I had forgotten it in the mes of my last years at uni.

I needed its distance, its proximity, its sound in my mind, its effect on my body, its you know what, even if you don't. I do. That's enough.

English ! English !

I'm back !

Back in English. 

That was the long way back to English that was.

HHhheeere I a-a-am !

Again.

Whole.

© Simone Rinzler | December 1st 2015 - All rights reserved 

English is back À L'Atelier de L'Espère-Luette

11/30/2015

12b #AA Anamnèse de l'amnésie : Il rentrerait à la maison. Elle ne l'entendrait pas. Elle ne le regarderait pas. Elle ne le regarderait plus.

12b #AA Anamnèse de l'amnésie : Il rentrerait à la maison. Elle ne l'entendrait pas. Elle ne le regarderait pas. Elle ne le regarderait plus.

Il rentrerait à la maison. Elle ne l'entendrait pas. Elle ne le regarderait pas. Elle ne le regarderait plus. Pas un mot. Pas un regard. Elle ne bougerait pas. Elle aurait le regard vide. Le regard perdu. 

Où serait-elle partie ? 
Son corps serait présent. Son esprit, ailleurs. Il aurait disparu. Elle ne bougerait pas. Elle ne bougerait plus.

Il la saluerait.
"Bonjour !"
Pas un sursaut. Elle ne répondrait pas. Sa surdité ne s'améliorerait pas. Elle ne le verrait pas. Elle ne le voit plus.

Il lui parlerait ce soir. Que lui arriverait-t-il ? Pourquoi serait-elle comme cela ? Elle aurait pu faire un effort. 

Il rentrerait du travail. La maison serait silencieuse. La maison serait morte. Son cœur serai mort. Elle ne bougerait plus. Il lui parlerait.

Elle lui demanderait de parler plus fort. Elle ne l'entendrait pas". Elle le ferait exprès. Elle l'ignorerait. Il n'existerait plus pour elle. Qu'aurait-il fait ? Que n'aurait-il pas fait ? Elle ne bougerait plus. Elle ne parlerait plus. Elle ne rirait plus. Elle serait devenue méchante. Elle serait acariâtre. Il aimerait tant être accueilli par son bon sourire. Elle ne sourirait plus. Elle ne rirait plus. Il ne compterait plus.

Il se ferait un café. Elle irait se coucher. Il boirait son café. Seul. Il resterait seul dans la salle à manger. Il regarderait les informations télévisées. Elle ne s'intéresserait plus au monde. Plus rien ne l'intéresserait. Ils ne partageraient plus rien. Il l'aurait perdue. Il serait perdu sans elle.

Ce soir, il lui parlerait. Il parlerait à son corps. Il la caresserait. Peut-être accepterait-elle de faire l'amour ? Elle n'aimerait plus faire l'amour.

Il serait transparent. Il s'ennuierait au travail. Elle ne le verrait plus. Il monterait travailler. Il travaillerait jusqu'à l'heure du dîner. Elle oublierait encore l'heure du dîner. Il lui rappellerait l'heure du dîner.

Il vivrait en couple. Il serait seul. Il serait transparent. 

Il se sentirait encore vivant. 

Pour combien de temps ?

© Simone Rinzler | 30 novembre 2015 - Tous droits réservés 

Des nouvelles de "Lui" À L'Atelier de L'Espère-Luette

12a #AA Anamnèse de l'amnésie : Je rentre à la maison. Elle ne m'entend pas. Elle ne me regarde pas. Elle ne me regarde plus.

12a #AA Anamnèse de l'amnésie : Je rentre à la maison. Elle ne m'entend pas. Elle ne me regarde pas. Elle ne me regarde plus.

Je rentre à la maison. Elle ne m'entend pas. Elle ne me regarde pas. Elle ne me regarde plus. Pas un mot. Pas un regard. Elle ne bouge pas. Elle a le regard vide. Le regard perdu. 

Où est-elle partie ? 
Son corps est présent. Son esprit est ailleurs. Il a disparu. Elle ne bouge pas. Elle ne bouge plus.

"Bonjour !"
Pas un sursaut. Elle ne répond pas. Sa surdité ne s'améliore pas. Elle ne me voit pas. Elle ne me voit plus.

Je lui parlerai ce soir. Que lui arrive-t-il ? Pourquoi est-elle comme cela ? Elle pourrait faire un effort. 

Je rentre du travail. La maison est silencieuse. La maison est morte. Son cœur est mort. Elle ne bouge plus. Je lui parle.

Elle me répond : "Parle plus fort, je ne t'entends pas". Elle le fait exprès. Elle m'ignore. Je n'existe plus pour elle. Qu'ai-je fait ? Que n'ai-je pas fait ? Elle ne bouge plus. Elle ne parle plus. Elle ne rit plus. Elle est devenue méchante. Elle est acariâtre. J'aimerais tant être accueilli par son bon sourire. Elle ne sourit plus. Elle ne rit plus. Je ne compte plus.

Je me fais un café. Je le bois. Seul. Je reste seul dans la salle à manger. Je regarde les informations télévisées. Elle ne s'intéresse plus au monde. Plus rien ne l'intéresse. Nous ne partageons plus rien. Je l'ai perdue. Je suis perdu sans elle.

Ce soir, je lui parlerai. Je la caresserai. Peut-être acceptera-t-elle de faire l'amour ? Elle n'aime plus faire l'amour.

Je suis transparent. Je m'ennuie au travail. Elle ne me voit plus. Je monte travailler. Je travaillerai jusqu'à l'heure du dîner. Elle oubliera encore l'heure du dîner. Je lui rappellerai l'heure du dîner.

Je vis en couple. Je suis seul. Je suis transparent. 

Je me sens encore vivant. 

Pour combien de temps ?

© Simone Rinzler | 30 novembre 2015 - Tous droits réservés 

Des nouvelles de "Lui" À L'Atelier de L'Espère-Luette

11/29/2015

#OuGramPo : Vous, Passé composé à Valeur de Bilan dans le présent, Présent, Sens passif : Attentifs ensemble. Vous êtes sorti de votre zone de confort.

#OuGramPo : Vous, Passé composé à Valeur de Bilan dans le présent, Présent, Sens passif : Attentifs ensemble. Vous êtes sorti de votre zone de confort. 

Attentifs ensemble. 
Vous êtes sorti de votre zone de confort. Vous avez dépassé la limite autorisée. Vous errez dans une zone d'inconfort. 
Vous êtes prié de rentrer dans votre zone de confort.

Attentifs ensemble. 
Vous êtes sorti de votre zone de confort. Vous avez dépassé la limite autorisée. Vous errez dans une zone d'inconfort. 
Vous êtes prié de rentrer dans votre zone de confort.

Attentifs ensemble.
Vous êtes...

Vous êtes apeuré. Les haut-parleurs vous cassent la tête, les annonces sonores vous stressent. Vous êtes fatigué. Vous avez envie de rentrer à la maison. Vous êtes déjà à la maison. Vous êtes coincé. Vous avez votre processus engagé. Vous ne pouvez plus vous dégager. 

Attention, ensemble.
Vous avez retrouvé votre zone de confort. Vous avez encore du forfait. Vous avez rencontré des amis. Vous êtes sorti de votre zone d'inconfort.
Vous êtes prié de continuer.

Attention, solitaire.
Solidaire, ensemble.
Vous avez noué des liens salutaires. Vous êtes solidaire du chagrin de votre ami. Vous ne pensez pas qu'à vous. Vous vous mettez en danger de vie.
Attentifs ensemble.

Attentif, on semble.
Attentionné, on est.

Vous avez fait preuve d'empathie. Vous avez rencontré vos amis. Vous êtes en danger de vie. Vous êtes prié de rentrer vos mouchoirs. Vous êtes prié de laissez tout choir. Il vous est donné ordre de vous disperser.

Ensemble, dispersés.
Vous avez rencontré des amis. Que savez-vous d'eux ? Depuis combien de temps ne les aviez-vous pas vus ? Saviez-vous ce qu'ils étaient devenus ? Vous avez parlé avec eux. Vous avez ri. Vous êtes en danger de vie. Il vous est conseillé de retourner dans votre zone d'inconfort. Vous êtes en danger de vie. Attentifs ensemble.

Attentifs ensemble.
A' t'en semble en sous-tif 
Attentemble en tifs
A' sensible, en tremble...

© Simone Rinzler | 29 novembre 2015 - Tous droits réservés 

[texte de travail susceptible de recevoir des modifications]

L'OuGramPo se la joue parano avec ses contraintes grammaticales À L'Atelier de L'Espère-Luette

11/28/2015

11 #AA Et puis, elle se terrait, le temps de fuir l'hiver... Elle se terrait, ou courrait ventre à terre, elle aurait du ventre. Son ventre la ralentirait. Elle ne pourrait pas, pas, courir.

Et puis, elle se terrait, le temps de fuir l'hiver... 

Elle se terrait, ou courrait ventre à terre, elle aurait du ventre. Son ventre la ralentirait. Elle ne pourrait pas, pas, courir.  Elle s'essoufflerait. Alors, elle marcherait, droite, debout, ventre aux genoux, des petits gâteaux secs émiettés dans les poches. 

Elle ne les mangerait pas. 

Elle marcherait, marcherait, marcherait, s'affinerait. 

Elle aurait cessé de se goinfrer sans bouger. 

Elle ne s'ennuierait plus. Elle irait, se baladerait, s'en irait avec ses pieds. Sa tête lui reviendrait. Elle n'aurait plus d'absences. Elle serait absente de son trou. Elle serait présente, à la vie, au jour. 

Elle ne se rendrait même pas compte de sa joie. Elle aurait oublié sa détresse. 

Elle ne saurait pas comment elle aurait fait. 

Elle aurait fait. Quelque chose. Elle aurait posé un acte. N'importe. Lequel. 

Elle n'aurait plus d'absences. Elle ne s'en étonnerait même pas. 

Elle ne serait plus inquiète. Ne se souviendrait même plus qu'elle avait été inquiète. 

Elle serait, là, les deux pieds bien campés dans le sol, l'œil regardant les nuages sans les rejoindre. Sa tête serait au-dessus de ses pieds, à l'aplomb. 

Elle serait d'aplomb. Plon !

© Simone Rinzler | 28 novembre 2015 - Tous droits réservés 

Merci à Patrice Denhard pour son idée (la première phrase en italiques) qui lui en aurait donné une autre.

Elle enregistrerait sa réponse sur le blog, mais ça, ce serait une fin. 
Or, elle n'aurait pas encore décidé de finir. Elle n'en aurait pas fini avec son Anamnèse de l'amnésie À L'Atelier de L'Espère-Luette

11/27/2015

10 #AA 33 #CR Anamnèse de l'amnésie : Elle s'emmerderait. Sévère. Ne voudrait pas se l'avouer. Mais elle s'emmerderait en mode majeur, en mode mineur et même en mode dodécaphonique.

10 #AA 33 #CR Anamnèse de l'amnésie : Elle s'emmerderait. Sévère. Ne voudrait pas se l'avouer. Mais elle s'emmerderait en mode majeur, en mode mineur et même en mode dodécaphonique.

Elle s'emmerderait. Sévère. Ne voudrait pas se l'avouer. Mais elle s'emmerderait en mode majeur, en mode mineur et même en mode dodécaphonique. Elle se ferait chier sévère. Ne trouverait pas sa place. Ne saurait plus où est sa place. Elle essaierait toutes les places. Ici, elle serait trop à l'étroit, là, elle serait engloutie dans un lieu trop vaste pour elle. Elle aurait perdu le juste bien

Il serait temps que Boucles d'argent ressorte en fuyant de La Maison Des Trois Ours Au Milieu De La Forêt Des AnHumains.

Alors, comme un bébé qui s'ennuie, elle emmerderait son monde, ferait tout pour se rendre intéressante, appèlerait sans cesse à l'aide, crierait "Au Loup !" à la moindre crainte. Elle serait un bébé fille, une toute petite bébée insatiable, jamais rassasiée de câlins, de douceur, de confort et de tendresse. Elle aurait peur du vaste grand monde. Elle retomberait en enfance. Elle aurait peur du monde. Elle ferait chier son monde. Elle se croirait suprême. Elle serait un problème.

Elle se lèverait et irait s'occuper d'elle, et rien que d'elle. Elle serait encore bien trop petite pour prendre soin des autres. Elle ne saurait plus s'occuper d'elle. Heureusement, il lui resterait la littérature, l'écriture, l'amour, l'amitié, la famille, les copains, les copines. Elle penserait à s'acheter une chaise haute, à sa propre taille, rien que pour elle. Elle réaménagerait son salon, repenserait sa maison, s'occuperait de ses oignons. Peut-être même en planterait-elle. De beaux oignons de crocus violets, des perce-neige, pour égayer son printemps à venir.

Elle en aurait assez de l'automne. Elle préparerait son printemps.

Ce serait la fête en son jardin de la pensée.

On dirait qu'elle se dirait que ce serait vrai.

© Simone Rinzler | 27 novembre 2015 - Tous droits réservés 

Guillerette, elle préparerait le printemps À L'Atelier de L'Espère-Luette