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6/23/2016

9 #Écrire du Bien : Une perte de liberté acceptée de grand cœur et me voilà totalement transportée.

9 #Écrire du Bien : Une perte de liberté acceptée de grand cœur et me voilà totalement transportée.


Une perte de liberté acceptée de grand cœur et me voilà totalement transportée. 


Je savais que de la contrainte naît la liberté. L'horreur des contraintes m'a quittée. 


Je revis depuis trois jours. Encore mieux que mieux. Encore mieux qu'avant. Ça allait pourtant bien. Les instants étaient calmes et doux. La vie s'écoulait joliment, entourée de ceux que j'aime et les entourant de ma douceur regagnée. 


Le temps est venu de sortir de sa grotte et de reprendre le fil d'une vie pleine. Elle était déjà radieuse, mais toujours un peu cahotante, crachotante. 


Je travaille mes partitions du Requiem de Fauré depuis lundi. 


J'en ai écouté de très nombreuses versions.


Dans mes préférées, on entend les consonnes. Les attaques sont parfaites, certes, comme il doit. Mais les consonnes finales aussi sonnent aussi à l'unisson, à la fin de chaque phrase, de chaque mot terminé par une consonne.  Bien sûr, les alti  ont des voix rondes et chaudes. Elles ne sont pas présentés par défaut, dépitées de ne pas être sopranes. Elles colorent et enrichissent les accords fauréens.


J'ai travaillé mes parties « à la table », sans chanter. 


Je réentends ce Requiem aimé autrefois. Il était sorti de ma mémoire. Je ne l'avais jamais chanté.


Il m'accompagne à presque chaque instant depuis quelques jours.


Je n'ai pas encore pris le temps de le lire sans chanter, « à l'italienne ».


En venant de ma lointaine banlieue, je l'ai écouté à plusieurs reprises. Les réflexes de chanteuse sont revenus avec la joie de se rendre seule sur mes lieux de ce rendez-vous rêvé. J'exprime doucement mon souffle, joues gonflées, comme une paille entre les lèvres. 


Je n'ai toujours pas travaillé ma voix pour ne pas la fatiguer. Le travail de posture à été repris depuis hier. Celui du souffle, cette fin d'après-midi même. C'est un peu court. Privilège des envies irrépressibles de dernière minute. 


Je suis arrivée en avance dans le vieux quartier où j'ai fait mes années de prépa. Je suis en terrain connu, même si je ne connais personne. Je me connais. Cela suffit. Je me sens pleine et entière malgré la touffeur accablante de cette journée. 


Dans moins d'une heure, commencera l'échauffement vocal. 


Puis l'insatisfaction probable de ne plus avoir autant de facilité qu'autrefois. Treize ans déjà, je crois, que je ne chante plus autrement que très sporadiquement et le plus souvent seule. 


Ce soir, je refais un pas vers ce que je ne sais qualifier, sinon comme la fin d'une sorte d'isolement, même si je suis loin d'être complètement isolée. 


Je m'apprête à trouver une vie chaleureuse, une vie de « faire ».


Faire ensemble, dans le silence des paroles de bavardage creuses, au son de nos voix unies. 


Allons chanter les morts pour célébrer la vie ensemble. 


Je suis prête. 


À tout.


Quoiqu'il arrive. Déconvenue ou magie du retour au berceau des émotions vécues. 


© Simone Rinzler | 23 juin 2016 - Tous droits réservés


C'est l'attente joyeuse, enfiévrée, moite dans la touffeur de la voiture, À L'Atelier de L'Espère-Luette



6/22/2016

8 #EB Écrire du Bien : J'ai rejoint le maquis de la liberté, la prairiedes jours désinvoltes, les bosquets des moments heureux.

8 #EB Écrire du Bien : J'ai rejoint le maquis de la liberté, la prairie des jours désinvoltes, les bosquets des moments heureux.

J'ai rejoint le maquis de la liberté, la prairie des jours désinvoltes, les bosquets des moments heureux. J'ai renoué avec la liberté de l'enfance, de l'adolescence, avec le plaisir d'une vie peu programmée. J'ai laissé les instants se passer, s'imposer, passer, puis repasser. 

J'ai profité de l'impromptu, du décousu, de la rêverie éveillée. J'ai peu écrit, pédalé, paressé, soigné mes muscles endoloris, résisté à la pente de l'effervescence. J'ai réfléchi, souvent à vide, plus si avide de tout. Je me réjouis de ce que je provoque, de ce que je fais, du retour de la vie comme elle vient.

J'ai balayé l'ennui, tantôt dessinant et commençant à tester la transparence de l'aquarelle, tantôt contemplant des travaux d'aiguilles, rêvant de m'y mettre aussi, de m'y remettre, enfin, volontairement.

J'ai fait des rêves de couleurs, de vêtures, d'ouvrages et de broderies à mon goût, sans le faire, sans les mettre sur l'établi de mon atelier. Le pli du loisir est pris. 

Malheur à qui tente de m'en détourner. 

La vie m'est douce, même si. La vie me traverse, en dépit. 

Je m'éjouis de ma vie, de guingois, trébuchante, tâtonnante. 

Je sirote le calme des jours de bonheur retrouvé, juste assez sucré, sans écœurement, ni haut-le-cœur. 

Je passe rapidement sur ce qui me désole, n'y prête guère d'attention, ignorante bénévole de la misère du monde. Je me fais Reine Midas, transformant ce que je touche en bonheurs des petits instants, insensible à la peine de l'autre qui m'impuissante. Je décore ma vie de petits moments de joie partagée et de bonheur isolé.

J'ai retissé mon cocon protecteur autour de mon cœur. Ma peau écrevisse cicatrise doucement. Je prends plaisir à cuisiner, nettoyer, ranger, à mon rythme, lent et sûr. 

J'ai délaissé les chemins du chaos et de l'empressement. Je vais, je viens, lentement. Je prends mon temps. La douceur m'est revenue. Elle m'attendait patiemment.

Je reprends le temps qui est mien, le rythme qui me convient, et tant pis pour les gens pressés. Je me suis habituée à ma nouvelle lenteur qui ne me cause pas que des désagréments. Je suis mon tempo, largo, larghetto, ma non troppo.

J'ai retrouvé ma musique intérieure en travaillant pendant trois jours une partition d'un Requiem aimé que je n'ai jamais chanté, opus 48 de Gabriel Fauré.

Je travaille à la table, sans chanter, le temps de trouver le temps de mettre mon corps en forme pour tenter les premières émissions vocales sur cette œuvre que je ne possède pas encore physiquement. Je travaille, j'écoute, je me mets la mélodie en tête, le tempo dans le corps, le rythme dans l'esprit. 

La partition des altos est parfois difficile à entendre sur les enregistrements. Avec ses modulations, elle est plus difficile à exécuter que celle des ténors et des sopranos. Je suis habituée à ce travail de mise en valeur de l'harmonie générale par les alti et les basses.

La ligne de l'alto n'est qu'assez peu audible. C'est un travail de contretemps, de richesse harmonique, de mise en valeur de la mélodie des voix hautes. J'aime ce travail de fourmi musicale. Je me fait enluminure vocale, par la pensée, chantant dans ma tête comme on lit un livre. 

Je renoue avec la lecture de partitions.

Je me prépare à un éventuel retour au chant, malgré mes capacités vocales perdues par le manque de pratique, les soucis, la fatigue, passés.

Je suis un peu fébrile à l'idée de me réengager dans un travail de groupe. 

Il est pourtant temps d'y passer, de penser à s'y mettre.

Le travail et l'écoute apaisent la fébrilité, la peur du retour au contact avec un groupe, autre que ceux que j'ai déjà fréquentés et fréquente encore, mais si peu, trop peu, bien trop peu.

Comme il me sera difficile de me lever vendredi matin pour cette journée de chant plaisir au Choeur Vittoria d'Île de France de Michel Piquemal. 

L'annonce m'avait fair envie. Je l'avais laissée de côté. 

L'annonce m'est revenue. J'ai aimé la démarche proposée. Venir ch,Ayer une journée, pour le plaisir de chanter.

Je m'expose à ne pas être acceptée. J'avais déjà autrefois postulé dans ce grand chœur, avant de découvrir Dix de Choeur puis Sotto Voce.

Plus forte d'expérience musicale, je me sais aussi plus faible vocalement désormais. Je me prépare, sérieusement, pour mettre toutes les chances de mon côté. Et surtout pour retrouver le plaisir du chant choral, non pas en spectateur auditeur, mais dans les rangs d'un grand chœur.

Depuis trois longues années, je ne pratique plus vraiment d'activités en commun. Ces temps de création commune me manquent terriblement. 

Il est temps de s'y mettre. 

De s'y remettre. 

Une journée.

Au moins.

Voilà qui tient ma semaine de fête.

© Simone Rinzler | 21-22 juin 2016 - Tous droits réservés 

Le retour de la fête, du démon, de la musique, au hasard des rencontres virtuelles, mais... Bien sûr ! C'est À L'Atelier de L'Espère-Luette