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mercredi 19 février 2014

Prix Libraires en Seine 2014 : "Lettre à Helga"

La Lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson

Petit livre génial traduit de l'islandais par Catherine Eyjólfsson aux éditions Zulma teminé tout à l'heure (enfin, hier soir... Le Blog, ce n'est pas encore ma vraie spécialité pour l'instant). C'est le deuxième livre des six à découvrir pour le Prix Librairies en Seine 2014.

Une très belle surprise de lecture. Beaucoup de sensibilité sans niaiserie.
Quelques incursions philosophiques qui se moquent gentiment de notre philosophie continentale avec une fraîcheur tout à fait réjouissante.

Comme toujours, se méfier des petits livres simples en apparence. Ils ont bien plus de profondeur qu'on ne le croit. Ils ont cette capacité à nous emmener exactement là où ils veulent, pendant que nous baissons notre garde critique emplie du cynisme de notre propre culture, même si nous ne nous croyons pas cyniques.

L'impression, de bout en bout est très positive, même si ce texte n'a pas la force, ni la poignance thématique de Kinderzimmer de Valentine Goby.

Je me doutais que les livres seraient difficiles à départager : ils sont si différents, et je déteste tant évaluer (une vie entière à noter, évaluer le travail de mes élèves et de mes étudiants avait fini par me dégoûter de la chose).

L'intérêt de cette expérience, vécue pour la deuxième fois, réside dans la nécessité que je m'impose, de lire des livres que je n'ai pas choisis moi-même ou qui ne sont pas "au programme" ou indispensable pour un quelconque travail.

Cela m'oblige à aller vers des territoires littéraires qui ne sont pas nécessairement mes lieux de prédilection.

Je n'en dis qu'assez peu sur ces livres. Seule compte mon impression. Dans un premier temps, ma première réaction, encore un peu à chaud, sans une analyse fouillée, pour commencer.

Noter mes premières pensées devrait me permettre de les fixer, pour mieux m'en débarrasser et pour pouvoir aller plus avant dans l'analyse et l'argumentation par la suite.

Je prends très à cœur ce projet. La littérature mérite que l'on s'y intéresse d'autant plus qu'elle paraît un peu inutile dans une société préoccupée par la rentabilité et l'utilité.

C'est l'inutilité même de la littérature qui la rend si précieuse et radicalement indispensable.

J'ai déjà commencé la lecture du troisième roman, dans l'ordre où j'avais projeté de lire ces livres afin de m'assurer que je ne négligerai pas ceux qui me semblaient être moins à mon goût.

Pour une fois, donc, et contrairement à ce que je fais pour la nourriture, je ne garde pas ce que je crois être le meilleur pour la fin. J'ai pris l'ordre exactement inverse après avoir lu les premières pages de chaque texte.

Je me réserve la possibilité de relire, en entier, en partie ou en diagonale, ceux qui semblent dès à présent être mes favoris. Et je me réserve donc la surprise... d'être surprise, en bien, à contre-désir.

Il ne faut jamais minimiser sa propre capacité à se laisser envoûter contre son gré, de bon gré.