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4/14/2016

23 #CPR Carnets de Petits Riens : Ce matin, Un Petit Rien Tout Chagrin est venu me rendre visite. Il était Tout Timide, il n'osait pas me déranger. Mais il n'a pas pu s'empêcher de venir se lover contre Moi. Cela faisait très longtemps que je ne l'avais pas vu, ce Petit-Là. Alors, je lui ai dit : "Entre ! Entre ! Mon Petit ! Je t'attendais."

23 #CPR Carnets de Petits Riens : Ce matin, Un Petit Rien Tout Chagrin est venu me rendre visite. Il était Tout Timide, il n'osait pas me déranger. Mais il n'a pas pu s'empêcher de venir se lover contre Moi. Cela faisait très longtemps que je ne l'avais pas vu, ce Petit-Là. Alors, je lui ai dit : « Entre ! Entre ! Mon Petit ! Je t'attendais ! ».

Ce matin, Un Petit Rien Tout Chagrin est venu me rendre visite. Il était Tout Timide, il n'osait pas me déranger. 

Mais il n'a pas pu s'empêcher de venir se lover contre Moi. 

Cela faisait très longtemps que je ne l'avais pas vu, ce Petit-Là. Alors, je lui ai dit : « Entre ! Entre ! Mon Petit ! Je t'attendais ! ».

C'est un Petit Rien Un Peu Chagrin. Il est Très Indépendant. Il n'aime pas être dérangé. Je le laisse venir à Moi. Et quand il vient, c'est le bonheur, avec Mon Petit Rien Indépendant Et Parfois Tout Chagrin. Il veut n'en faire qu'à sa tête. 

Non qu'il soit, bête ! Non, non, non ! Mais c'est un Petit Rien Du Genre « Moi Tout Seul ! ».

On a très vite compris qu'avec lui, on n'arriverait à Rien sous la contrainte. On le laisse faire comme il veut. Oh ! Il y a bien sûr des règles, vous pensez bien ! Avec Tous Ces Petits Riens, on n'arriverait à Rien si on laissait chacun faire ce qui lui chante, à sa manière, à n'importe quelle heure ou même n'importe où. 

C'est une sorte de liberté surveillée. Dit comme cela, cela paraît bien effrayant, cela pourrait même être totalement terrifiant, mais il suffit de voir comme ils sont heureux Mes Petits Riens, de pouvoir se manifester ensemble ou tout seul, selon l'humeur du moment. Ils ne se sentent jamais laissés pour compte. Il y a de la place pour chacun. Et puis, comme cela, ils apprennent à grandir, seuls et ensemble, ensemble et seuls, à deux, à trois, en bande ou en solo, au gré du vent des envies. Ils apprennent à faire un bon usage de leur liberté de Petits Riens. 

S'il est bien Un Vrai Droit Universel Des Petits Riens, c'est bien de n'apparaître que quand on est prêt, quand on en a très envie, sinon Rien.

Ce matin, Mon Petit Rien Indépendant avait besoin d'attention. Je me suis penchée vers lui et, sans un mot, pour ne pas le faire fuir, je l'ai pris dans mes bras, l'ai câliné, L'Air De Rien. On croit toujours que tout se règle par la parole. Qu'il faut parler, parler, parler, toujours tout expliquer, toujours tout chercher à comprendre.

Mais tu n'y comprends Rien, si tu crois cela !

Le Silence Des câlins, c'est toujours bien. 

As-tu déjà vu un vrai câlin spontané qui soit maladroit, un petit câlin blessant, un gros câlin de Rien mal interprété ? Un Vrai Câlin, bien sûr ! 

Moi, non.

Le câlin silencieux, c'est aussi bien que le câlin en chantonnant. Tu sais, ce qui compte, dans le câlin, c'est la tendresse qui s'échappe, impromptue, Zoup ! Comme ça ! Sans penser à Rien ! Les yeux dans le vague et le cœur au chaud.

Justement. On était bien là, au chaud, tous les deux, sous ma couette. 

Il faisait bon, on était bien.

Il s'est laissé câliner longtemps, longtemps, bien au chaud, bien à l'abri dans le creux de mes bras, tout contre mon corps encore un peu endormi.

Puis, sans un mot, il est reparti, pas tout à fait comme il était arrivé. Il s'en est allé en sautillant, plein d'entrain, guilleret, tout plein de sa provision de tendresse. Il en avait pris tant qu'il allait en avoir pour longtemps ! Celui-là, je n'allais pas le revoir avant longtemps.

À moins...

À moins...

Il se pourrait bien qu'il me rapporte un bouquet de pâquerettes confectionné de ses petites mains. 

Là, je le vois, jouer au loin dans le jardin. Il est bien.

Je suis bien.

On est bien avec De Petits Riens.

Tiens, mais qui revoilà, Les Mains Pleines De Pâquerettes Éparpillées, D'Herbes Folles Et D'Une Grande Fleur De Pissenlit ?

Oh ! Mon Grand !... 
Oh ! 
Ooooh !...

Mais Quel Joli Bouquet !

© Simone Rinzler | 14 avril 2016 - Tous droits réservés

Même Les Petits Riens Les Plus Indépendants Ont Besoin De Câlins À L'Atelier de L'Espère-Luette



4/13/2016

22 #CPR Carnets de Petits Riens : Jeter tes Petits Riens ! Mais tu n'ypenses pas !...

22 #CPR Carnets de Petits Riens : Jeter tes Petits Riens ! Mais tu n'y penses pas !...

Jeter tes Petits Riens ! Mais tu n'y penses pas !... Non, mais où avais-je la tête quand j'ai dit cela ?
Ah ! Ne me réponds pas "Dans l'cul, Lulu !", parce que là, il y a des limites à ne pas dépasser ! Bon, ça me fait rire, alors c'est bon signe. Signe que c'est bien !

J'ai bien essayé de jeter des Petits Riens, par-ci, par-là, mais je n'arrive pas à m'y tenir. Et tu sais pourquoi ?

Parce que j'y tiens.

Parce que j'ai peur qu'un jour, tout s'en aille jusqu'aux Petits Riens. Parce que je trouille qu'un jour, Les Petits Riens m'abandonnent et que là, ce soit La Fin. 

La Fin De Quoi ? Des Haricots ? Et bien, on prendra des fèves, du riz ou n'importe quoi ! 
Et on en refera, des Petits Riens. D'Autres Riens. 
Même des Moins Que Rien, Tiens !, Si Tu Veux !

Oh, la, la ! Tu t'en fais des Nœuds Pour Rien. Des Guirlandes De Nœuds ! 

Des Guirlandes de Nœuds ! Tiens, tu me donne une idée ! Je vais faire des Guirlandes De Nœuds. Comme ils sont de toutes les couleurs, Mes Petits Nœuds, ça fera joli. Ce sera Un Nouveau Petit Rien à la place de Vieux Petits Riens Qui Ne servent Plus à Rien. 

Et hop ! Recyclage ! 
Au compost, les Petits Riens !

Avec du Vieux, on fait du Neuf.
Ni vu, ni connu.

Attends !, Attends !, tu crois que j'ai attendu l'écologie pour faire du neuf avec du vieux ! Mais tu ne sais pas d'où je viens, toi !

Je garde Tout. Enfin. Pas tout à fait tout, sinon, ce serait la décharge ici ! Je conserve, dans mon Petit Cagibi De Rien Tout ce qui pourrait servir un jour, faire un heureux, un dépannage, Un Petit Bricolage De Rien.  C'est plein de gamineries, de trucs pour enfants, petits et grands. Caché derrière mes gros livres de théorie et de philosophie ou en plein devant mon nez, pile à hauteur d'yeux et à portée de main. Oui. Au même endroit ! Parfaitement ! Parce que Sans Petits Riens, On est Moins Que Rien et qu'il faut se le rappeler régulièrement si on ne veut pas exploser une durite mentale quand on travaille trop du chapeau ou du ciboulot et des Maux des Mots, Momo !

Tiens, pas plus tard qu'hier, je me suis fait un Petit Rien. Oh ! Un Tout Petit Rien De Rien Du Tout. Une Surprise. Mais surtout, un Petit Rien, Rien Que Pour Moi. 

Enfin, je dis ça parce que je vois bien que c'est surtout à moi que cette idée a bien plu. Mais je sûre et certaine que cela a contribué, Oh, D'un Rien, à l'ambiance de fête des ballons accrochés aux chaises et au lustre pour La Fête D'Anniversaire Des Bébées Qui ne sont Pas Rien, Mais Qui Sont Tout, Avec Tous Les Autres.

On est partageurs, chez nous ! On aime bien être ensemble et faire la fête avec Un Rien.

Je n'avais Rien préparé. J'étais Invitée Chez Moi, Comme Souvent; J'adore ça. Quand je suis fatiguée. je continue, mais chez moi. Ce n'est pas parce que j'ai Un Petit Rien Tout Raplapla qu'il faudrait que la vie s'arrête. Ça continue. Chez Moi. Et si je suis fatiguée, je m'assieds, je m'allonge, je regarde, je profite du bruit de la vie.

Donc, hier, les ballons avaient été gonflés, installés au dossier de chaque chaise, puis j'ai eu l'idée d'en accrocher plein après Le Grand Lustre Super Contemporain au-dessus de la table de la salle à manger. Enfin, Plein..., à l'image des Petits Riens, quand même ! Il n'était pas question de refaire toute la déco du salon Rien que pour ça !

Puis, le temps que la préparation se continue ailleurs, je me suis retrouvée seule dans la maison. J'ai cherché, cherché, cherché, fouillé, farfouillé dans mon cagibi, derrière mes romans américains et français, lus, pas encore lus, derrière les textes de Lecture à Voix Haute en anglais de Mon Ancien Atelier, j'ai remué paquets de livres après paquets de livres et Rien. Je ne retrouvai pas Le Petit Rien Qui ne sert à Rien et que je n'avais jamais pu utiliser, tellement c'est gamin ! 

Comme je ne trouvais Rien, je suis redescendue à la cuisine. Puis je suis allée à la cave, récupérer le rouleau de tulle d'un mariage récent récupéré lors d'un déménagement encore plus récent. J'ai ajouté quelques Nœuds sur le parc, une chaise et la poignée de la porte-fenêtre, à coté d'un ballon blanc. Ces Nœuds, il ne fallait pas en mettre plus de trois. Ça faisait Nœuds-Nœuds ! Point trop n'en fallait. Juste un Petit Clin D’Œil De Rien, Une Participation Minuscule. C'était juste pour prendre part, chacun à sa mesure, à l'ambiance des préparatifs.

Mais, ça m'énervait de ne pas retrouver mon Petit Rien que j'avais déjà cherché. Je suis montée, décidée à chercher jusqu'à ce que je le retrouve. 

C'est comme cela que tu sais si tu es bien À La Pêche Au Bon Petit Rien. Si, revenue bredouille une première fois, tu y retournes, Ce Petit Rien, Il Te Le Faut, Tu Y Tiens; quoi qu'il t'en coûte, de temps, de recherche et de déménagement de bazar et parfois, de poussière.

Partie comme cela, j'étais presque certaine de retrouver, mais quoi donc, à la fin ?...
Eh bien, Ma Guirlande De Fleurs Artificielles Orange et Verte.  
Ma Guirlande ? Une Seule ? Non, mais tu rêves !...
Mes Guirlandes, tu veux dire. 
Car pour faire bon poids, il en fallait bien trois. 

Trois Guirlandes De Fleurs Et De Feuilles D'un Magnifique Orange Et Vert, La Gaité Incarnée, vous-dis-je !

Patiemment, et non sans difficulté, j'ai décoré la double porte d'entrée du salon. Une guirlande de chaque côté sur les portes ouvertes, un peu recourbée, et une accrochée au milieu, au chambralen, en une grande vaguelette.

Bon, il faut le dire, côté beauté, côté déco, c'était super miteux. mais Ça Faisait Fête !

Et ça, Faire Fête, je sais Faire, même quand je ne peux rien faire ou presque.

A la fin de la journée, on a pris en photos Les Amoureux, les Bébées, Les Mamies, Les Mémées, La Mamie Zinzinette, La Tata, les ZiZines sous le décor d'opérette. 

Comment ça, j'exagère un peu !... 
C'est vrai. tout le monde n'a pas voulu ! 

Ah ! Ah ! Ah ! Que De Facéties, Tous Ces Petits Riens De Rien !

Ah ! Qu'elles sont belles, nos photos Bollywood ! Tu sais quoi ? Ils ont une étincelle dans les yeux que tu n'as pas Sans Rien.

Que de belles couleurs !

Que de Joie !

C'est du kitsch provisoire. C'est rigolo. Le soir même, tout était dépendu. Ces Petits riens-Là, il ne faut pas que ça traîne. Il faut vite les ranger, les jeter, les ressortir de la poubelle, les remiser, les faire disparaître, Hop ! Hors de la vue ! Longtemps..., Longtemps... Ils sont fugaces, le temps de la réjouissance, et puis, paf ! comme les ballons, il faut les crever et passer vite au suivant, dès que l'occasion ou l'envie reprendra. Et ainsi de suite.

Nous reste aujourd’hui  le souvenir du Double Portrait Bollywood et les Lumières dans les yeux des Bébées, encore trop jeunes pour apprécier les guirlandes, mais fascinées par les ballons au-dessus de la table du goûter.

Ah ! Quelle Belle Journée, Les Amis !

© Simone Rinzler | 13 avril 2016 - Tous droits réservés 
Les Petits Riens S'Enguirlandent Dans La Joie Et La Bonne Humeur À L'Atelier de L'Espère-Luette

Un An À Deux, Ce N'Est Pas Rien (12-13 avril 2016)



4/11/2016

21 #CPR Carnets de Petits Riens : Tu ne veux vraiment pas nous dire ce que tu fais entre Deux Petits Riens ?

21 #CPR Carnets de Petits Riens : Tu ne veux vraiment pas nous dire ce que tu fais entre Deux Petits Riens ?

- Tu ne veux vraiment pas nous dire ce que tu fais entre Deux Petits Riens ?

- Ah ! Mais... Tu es bien curieuse !... Mais c'est qu'il n'y a Rien. Rien pour Toi, ni Toi, ni Toi. Rien qui ne mérite de sortir de là, de chez moi. Mais alors, franchement Rien De Rien.

- Vraiment Rien ?

- Qui te concerne ? Non. Rien. Inutile d'insister, tu n'arriveras à Rien et tu ne te fais pas du bien. Pourquoi cela t'intéresse-t-il autant de chercher à savoir ? Il n'y a pas de secret, tu sais. Juste Rien de très interessant pour toi.

Ah ! Je vois bien !

Moins je t'en dis et plus tu veux savoir, c'est ça ?

Ça t'intrigue et tu te racontes des histoires, hein ?

Tu crois qu'il y a de gros secrets, des histoires cachées, et tout ça ?

Et bien tu as raison, tiens ! Cherche donc, ça me fera du repos, pendant ce temps. Et ça me laissera le temps de ranger Mes Petits Riens. C'est qu'à force, j'en ai tout plein, et je ne sais plus où les mettre.

Tiens, pas plus tard qu'hier, j'étais encore en train de faire du tri dans Mes Petits Riens. Il y en a un qui commence à être très ancien et que j'avais complètement oublié. Et voilà qu'il me revient alors que je jette un œil par la fenêtre. Je constate qu'il n'y a que des bourgeons sur mon cerisier et que le printemps est plus tardif que l'an passé. 

Et voilà que s'impose à moi cette sensation oubliée d'Un Petit Rien Évanoui. 

Moi, marchant seule, à Washington, sous des cerisiers en fleurs. Un bonheur inouï.

Me vient alors une violente envie de fleurs de cerisiers, de rêves de Japon. Je chasse l'idée. 

Ce n'est pas Un Petit Rien, c'est un souvenir qui m'est revenu à cause d'une fonction du Grand Réseau Bleu Moche De Chez Moche qui montre aux curieux ce qu'ils postaient ou aimaient à la même date il y a un, deux ou trois ans. Le cerisier était en fleurs l'an passé au début d'avril. J'ai vu cela il y a un ou deux jours déjà.

Mais ce voyage à Washington remonte à plusieurs dizaines d'années ! 

Pourtant, je ne peux m'empêcher d'y repenser. Ni d'aller jeter un coup d'œil à mon cerisier encore endormi. Cette vision, ce rappel de cette sensation, est-ce Un Petit Rien, ou bien ? Quoi ? Un souvenir heureux ? Un artefact mémoriel causé par un programme informatique ?

Peut-être bien un peu de tout cela. Un souvenir causé par une fonctionnalité que je n'avais que peu utilisé, préférant privilégier le présent et l'avenir au passé.

Une Mémoire De Petit Rien, peut-être. 

Mais cette mémoire, vivace, qui me poursuit au point que je dois résister à aller piocher dans les clichés rangés à la cave, qui me revient plusieurs fois dans la journée n'est pas Un Petit Rien. C'est une petite nostalgie qui s'installe, sur laquelle on peut s'arrêter un instant, le temps de projeter de tourner un jour à Washington ou de découvrir le Japon, un jour, aux alentours de Pâques. 

Le souvenir est agréable, tenace. 

Mais ce n'est en Rien un Petit Rien. 

Le Petit Rien, c'est au présent qu'il fait du bien. Quand il est là. Tout frais. Tout nouveau. Tout neuf. Un Petit Rien, ce n'est pas du réchauffé. C'est du bonheur instantané, sur l'instant, comme cette photo reçue aujourd'hui d'une jolie famille joyeuse, au soleil d'avril, dans un square du Champ de Mars, tout près de la Tour Eiffel. Tu n'y étais pas. Ce que tu as vu t'a fait du bien. 

C'est Un Tout Petit Rien de Rien. 

Du reste, tu ne sauras Rien De Plus, curieuse ! Je ne t'en dirai pas davantage.

Et d'abord, pourquoi tu ne t'es pas encore mise à La Pêche Aux Petits Riens, Aux Tiens ? Il suffit d'essayer tu sais. Même avec un mauvais matériel au début. Peu importe que tu utilises une vieille canne à pêche ou un filet à papillons tout mité. 

Le tout, c'est de trouver un endroit où les mettre, pour les garder un peu. 

Ça fait tant de bien, La Pêche Aux Petits Riens. Tu devrais essayer, tu sais, au lieu de chercher des secrets inexistants.

Bon, en attendant, demain, j'essaie d'attaquer vraiment Le Grand Tri des Anciens Petits Riens Qui Ne Servent Plus À Rien, si je ne veux pas succomber sous le poids de l'accumulation de Petits Riens.

Pour l'instant, je n'arrive encore à Rien De Bien. 

Jeter. Jeter. Jeter. 
Pour continuer. 
Faire de la place Aux Nouveaux Petits Riens. 
Ne pas s'encombrer. 

Voyager léger.

Car c'est bien joli, tout ça, mais Trop De Petits Riens Tuent Le Petit Rien. 

On ne s'y retrouve plus bien.

Bon, ce n'est pas le tout. Ce n'est pas l'heure des Petits Riens. Il est temps de se rendormir. 

Allez !

Au lit !

Et à demain !

Si vous le voulez bien !

Toi, ça ne te dis Rien, mais moi, ça me fait sourire, tiens !

© Simone Rinzler | 11 avril 2016 - Tous droits réservés

Les Souvenirs Heureux s'incrustent dans Les Petits Riens À L'Atelier de L'Espère-Luette


4/09/2016

20 #CPR Carnets de Petits Riens : Eh quoi ? Tous ces Petits Riens ? Tun'as donc Rien de plus Grand ? Si. Bien sûr que si ! Mais tu vois, ça,ça ne se partage pas. Ça se garde pour soi. Ça s'appelle l'intimité.

20 #CPR Carnets de Petits Riens : Eh quoi ? Tous ces Petits Riens ? Tu n'as donc Rien de plus Grand ? Si. Bien sûr que si ! Mais tu vois, ça, ça ne se partage pas. Ça se garde pour soi. Ça s'appelle l'intimité.


- Eh quoi ? Tous ces Petits Riens ? Tu n'as donc Rien de plus Grand ? 

- Si. Bien sûr que si ! Mais tu vois, ça, ça ne se partage pas. Ça se garde pour soi, ou pour ses amis, ses intimes, tu vois. Ça s'appelle l'intimité. Et l’intimité, ce n'est pas l’intime. C'est un peu difficile à expliquer, mais je vais te montrer.

Quand je te raconte Mes Petits Riens, c'est de l'intime. Ce sont Mes Petits Riens À Moi. Rien Qu'À Moi. Je peux en faire ce que j'en veux. Ce sont les miens, je ne les partage avec personne. J'en suis La Créatrice, La Matrice, La Mère. Ce sont Mes Enfants De Papier. Je peux en faire ce que j'en veux. Comme il me chante. Au gré de mes bons grés, oh gué !

Ils n'engagent personne d'autre, tu vois. 

Ils sont singuliers. 

Ce sont les miens. Mais je les offre en cadeau au vent qui passe. Ils prennent leur élan, courent, s'élancent, s'envolent et partent loin de moi, à la rencontre de Qui Sait Les Attraper. 

Ils ont une portée universelle car tout le monde, un jour ou l'autre, est susceptible de s'y retrouver. Cet intime-là contient une part d'universel, essentielle. Il n'y a Rien de personnel dans cet intime-là, même si ce sont mes Petits Riens À Moi Et Rien Qu’À moi. C'est le cadeau de ma vision de la vie, à un moment donné, fugace, fugitif, pérennisé par l'écriture.

C'est Une Bulle De Vie, Une Bulle de Fugacité, Un Petit Souffle De Vie À Partager, entre amis. Rien De plus. Rien De Moins.

Je m'envole et tu t'envoles avec moi. Un instant.

Puis nous reprenons nos vies. Séparées. Diverses. Multicolores. Si Différentes. Avec Ce Petit Point Commun. Ce Tout Petit Rien En Partage, l’histoire d'un instant passé ensemble, au loin. Une Fraternité de papier, d'encre et d'écrans. Pas une nouba à tout casser. Juste Un Petit Rien. Comme ça. L'Air De Rien. Parce que C'Est Bien, Ça Fait Du Bien.

Un Petit Clin D'Œil Entre Humains. Un Signe de Reconnaissance. 

Toi Et Moi, on est bien pareils, malgré nos différences. 
 Quelque chose nous lie, nous retient, nous maintient. 
Ensemble.

L'intimité, ce serait de parler de ma vie, de celle de ma famille, de mes amis, de mes anciens ennemis, même, ces Moins Que Rien ! Voire ! Je l'ai déjà fait. En partie. Très mince partie. 

Je ne le fais plus. Que par Petites Touches De Rien. Il N'En Faut Pas Plus. Ça suffit bien. Pour Toi, comme pour Moi.

Personne n'a besoin de Rien De Plus Que De Petits Rien, ici, en ce moment. Pour les Grands, Moyens, c'est ailleurs que tu les trouveras. Pas chez Moi. Pas Ici. Pour l'instant. 

Je Suis La Femme D'Une Seule Passion À La Fois. Je cultive Les Petit Riens comme j'ai cultivé la musique, le langage, à fond, jusqu'aux tréfonds. Je m'en embaume, m'y roule et m'y prélasse. Sans Fin.

Pardonne-moi. Je n'y peux Rien. 

En ce moment, j'élève Mes Petits Bouts De Riens. 
Pour le reste, tu devines bien ou tu n'imagines Rien. 
Qu'importe.

L'essentiel, c'est que nous soyons bien avec Ces Petits Riens.

Je Trouve Ça Bien. 

Ça Me Va Bien.

Au Teint.

© Simone Rinzler | 9 avril 2016 - Tous droits réservés 

Les Petits Riens de L'Intime s'envolent À L'Atelier de L'Espère-Luette






4/08/2016

19 #CPR Carnets de Petits Riens : J'étais en train d'arpenter le boulevard à la rencontre de Mon Petit RienTout Perdu quand je fus prise d'une attaque sourde. Une inquiétude commençait à me tarauder depuis la veille. Si Un Petit Rien peut se perdre, pourrais-je un jour perdre Tous Mes Petits Riens. Toi, tu souffres encore d'une belle angoisse de mort, me dis-je in petto. On se dit toujours des trucs in petto, tu as remarqué ?

19 #CPR Carnets de Petits Riens : J'étais en train d'arpenter le boulevard à la rencontre de Mon Petit Rien Tout Perdu quand je fus prise d'une attaque sourde. Une inquiétude commençait à me tarauder depuis la veille. Si Un Petit Rien peut se perdre, pourrais-je un jour perdre Tous Mes Petits Riens. Toi, tu souffres encore d'une belle angoisse de mort, me dis-je in petto. On se dit toujours des trucs in petto, tu as remarqué ?

J'étais en train d'arpenter le boulevard à la rencontre de Mon Petit Rien Tout Perdu quand je fus prise d'une attaque sourde. Une inquiétude commençait à me tarauder depuis la veille. Si Un Petit Rien peut se perdre, pourrais-je un jour perdre Tous Mes Petits Riens. 

« Toi, tu souffres encore d'une belle angoisse de mort ! », me dis-je in petto

On se dit toujours des trucs in petto, tu as remarqué ? Moi, cette histoire de pets de l'âme, brusques, intérieurs et sans appel, ça m'a toujours fait mourir de rire. Intérieurement, bien sûr ! Je sais bien que cela n'a pas de rapport avec quelque type de flatulence de l'intellect, mais quand même, c'est toujours comme cela que je l'ai vu. 

Enfin, peut-être pas aussi clairement qu'aujourd'hui, parce que je ne l'avais jamais écrit et je n'avais jamais eu, de ce fait, à m'y attarder pour préciser ce Petit Rien D'Humour Pata-Linguistique.

Pourtant, ces Petits Riens Du Langage, ces fausses interprétations, ces remotivations, comme je le disais en langage savant de la linguistique, nous les connaissons tous. Et nous les aimons ! Elles nous font mourir de rire. Intérieurement, quand on devient Une Grande Personne, Sérieuse Et Sage Et Adaptée, et elles nous font rire tout haut, avec les copines et les copains, dans des goûters, dans la rue ou dans la cour de récréation, quand on est Encore Tout Petit et que l'on s'étonne encore du langage.

Mon Petit Rien Linguistique m'avait détournée de Mon Angoisse De Mort De Mes Petits Riens. C'est bien à ça que cela sert, Tous Ces Petits Riens. À se rappeler qu'on est vivant pour encore longtemps et qu'il faut en profiter Avant La Grande Catastrophe Qui N'Existera Pas, car nous, pendant ce temps-là, nous seront Bien Trop Occupés Avec Nos Petits Riens pour nous lamenter. On sera occupés à les protéger, à les mettre à l'abri, avec nous, en attendant La Fin De L'Alerte Ou La Fin Du Grand Chambardement Et Le Retour À La Douceur D'Être.

Mais quoi de plus normal, que de craindre pour La Vie De Ses Petits Riens ! 

Ils sont vivants, tu sais ?

Et tout ce qui vit est appelé à mourir. Tu le sais bien, pourtant, Ma Grande ! 

Alors, tu es repartie, ragaillardie, à grandes enjambées sur le boulevard, sous la bourrasque citadine, à la rencontre de Ton Petit Rien Tout Perdu De la Veille Et De Son Papa Et Sa Maman. Tu avais le sourire intérieur aux joues. Tu sentais tes pommette remonter. Et tu savais que tout le reste allait suivre. Cela te faisait très certainement plisser le nez et pétiller des yeux sous tes paupières biologiques, 100% non trafiquées, larges et gonflées comme de vieux gants de toilette plein d'eau ! 

Quand tu rencontres Un Petit Rien, comme ça, inopinément, ça te fait toujours cela. 

Ça change ton visage de l'intérieur et ça se voit à l'extérieur. 

Sauf tes yeux, plissés à fond, qui deviennent invisibles, mais pétillent de l'intérieur, rien que pour toi. Tu es dans Ta Bulle De Bonheur, Tes Paillettes Sont Intérieures, tu te transformes à Boule À Paillettes Sur Pattes et tu rayonnes de plaisir. Ton dos se redresse. Ton souffle est régulier, aisé. Tu es bien.

- Ben, tu vois !

- Quoi !

- Ben, tu vois bien, quoi ?

- Bien sûr que je vois ! Je vois bien que je ne serai jamais à court de Petits Riens et que c'est bien. Il y en a tant. 

Profitons-en ! 
Profitons-en ! 
Avant qu'on invente un Ministère Des Droits Des Petits Riens. 

Ils sont libres. Ils sont bien. 
Nous sommes libres. Nous sommes bien. 
Ensemble. 
Pas besoin de réguler ce qui marche bien. 

Diable m'en garde et que Le Dieu me patafiole ! 

Foi De Moi ! 

Foi De Mère De Petits Riens !

- Dis donc ! Tu ne te prendrais pas un peu pour Dieu, là ?

- De Dieu des Petits Riens, tu veux dire ? Non, non, non et Que Nenni ! La Maman de ce qui s'appelle Le Dieu des Petits Riens, je te l'ai déjà dit, c'est la romancière indienne Arundhati Roy, enfin ! 

Moi, je suis La Maman Des Miens ! Et tu sais, ça m'occupe déjà à temps plein.

Tu le sais bien, enfin !

Je repris ma route, ou plutôt, car Rien ne m'avait arrêtée, je continuai par route sur le trottoir gris et brillant, le soleil dans le cœur, à la poursuite de La Rencontre Avec Mes Nouveaux Amis, de Nouveaux Petits Riens Et De Leurs Parents.

Et, comme qui tu sais dans un grand récit d'aventures plus ébouriffantes et proprement incroyables les unes que les autres, eh bien, je vis que cela était bien. 

© Simone Rinzler | 8 avril 2016 - Tous droits réservés 

Parfois, on a Des Petites Angoisses De Rien À L'Atelier De L'Espère-Luette


4/07/2016

18 #CPR Carnets de Petits Riens : Ce matin, je me suis réveillée bien tôt et de fort belle humeur. J'ai rassemblé des outils dont je ne me sers jamais pour réparer de Vieux Petits Riens. Oh, ce n'était pas grand-chose. Ce n'étaient que de Tous Petits Riens. Mais il fallait bien leur redonner vie.

18 #CPR Carnets de Petits Riens : Ce matin, je me suis réveillée bien tôt et de fort belle humeur. J'ai rassemblé des outils dont je ne me sers jamais pour réparer de Vieux Petits Riens. Oh, ce n'était pas grand-chose. Ce n'étaient que de Tous Petits Riens. Mais il fallait bien leur redonner vie.


Ce matin, je me suis réveillée bien tôt et de fort belle humeur. J'ai rassemblé des outils dont je ne me sers jamais pour réparer de Vieux Petits Riens. Oh, ce n'était pas grand-chose. Ce n'étaient que de Tous Petits Riens. Mais il fallait bien leur redonner vie. Ils traînaient là, dans un vide-poche, et un autre et un autre encore. Depuis le temps, il fallait absolument faire quelque chose.

Alors, je suis allée dans le garage chercher Les Pinces À Réparer Les Petits Riens. J'en ai choisi plusieurs. Une pour ouvrir, une pour tenir, une pour resserrer de petits objets. J'espérais que ça allait marcher pour Mes Petits Riens Cassés.

Ignorant mes propres consignes pour ne pas abîmer la table neuve du salon, je quittai vite la table de la cuisine pour me faire aider sur la table sans même penser à la protéger. Ce n'était pas l'heure de demander de l'aide, mais je voulais avoir quelques conseils, car ce n'est jamais moi qui répare à la maison. Cela ne sert à Rien, car Le Papa de Mes Petits Riens le fait si bien, si vite et avec tant d'enthousiasme que j'aurais été bien bête de m'y coller la plupart du temps.

Mais là, c'était différent. je voulais apprendre à savoir me resservir de mes dix doigts pour autre chose que pour tenir un livre ou taper sur un ordinateur ou une tablette. Et surtout, je voulais prendre soin moi-même de Mes Petits Riens.

C'est vrai, à la fin, on ne peut pas toujours déléguer les travaux manuels aux autres au prétexte que l'on est trop occupé. D'autant plus que je ne suis plus aussi occupée, ni préoccupée qu'avant et que j'ai envie de me resservir de Mes Dix Doigts, comme j'avais su le faire autrefois. Mais pas avec des pinces. Pas avec des outils. 

Comme encore beaucoup de filles de ma génération (mais plus tant que cela quand même), j'avais appris la couture, la broderie, la couture, le tricot. Je n'avais échappé que de justesse à la mode du macramé ! 

Mais, Mère De Famille Nombreuse De Petits Riens, j'avais cependant développé beaucoup de sens pratique. Il faut dire que j'avais été élevée comme cela. Une femme devait savoir tout faire. j'étais Une Fille Et Une Petite Sœur Des Premières Féministes Visibles En France. Je n'avais même pas eu à y penser. 

Mes Grandes Sœurs avaient commencé le boulot avant, je n'avais plus eu qu'à me couler dans le moule, tout en continuant Mon Apprentissage De Jeune Fille De Bonne Famille Que Je N'Étais Pas Tant Que Cela. 

Tous ces travaux féminins, ça m'agaçait. surtout au lycée. Pour les travaux manuels, filles et garçons étaient séparés. Aux filles, les aiguilles, aux garçons, l'apprentissage de la reliure de beaux livres. J'étais verte de jalousie de ne pas pouvoir aller à l'atelier de reliure et de devoir apprendre à savoir faire toutes les étapes de la confection d'une robe de petite fille de deux ans, du dessin du patron jusqu'à la dernière boutonnière minuscule. Les enfants, ça ne m'intéressait pas, et en plus, comme ma mère voulait que j'apprenne, elle ne m'aidait pas et je me tapais des sales notes en couture. En plus, la robe était terriblement moche. Une robe de petite fille de bonne famille. Ce n'était vraiment pas un truc pour moi, ça !

Alors, comme les travaux manuels féminins, cela ne m'avait pas toujours amusée - je pense surtout aux "arts" ménagers, comme on les appelait - mais, bon..., comme je suis plutôt bonne fille, bon an, mal an, bon gré, mal gré, j'avais fini par m'habituer. 

Puis, par déléguer. 

Dès que j'avais pu.

Dans tous les domaines où je pouvais.

Pour me livrer à Mes Grandes Occupations, Mes Grands Touts, comme je les appelle, ou plutôt, les écrit.

C'est dire si La Réparation Des Petits Riens allait être L'Affaire Du Début De La Journée.

Et puis, je ne devais pas trop traîner, car je sortais encore ce soir et je comptais bien préparer Un Petit Rien pour Mon Petit Rien Tout Perdu D'Hier. Je voulais absolument passer le revoir aujourd’hui, comme promis, plutôt que mercredi prochain. Avec Les Petits Riens, il ne faut pas attendre. Ils sont Si Petits. Ils n'ont pas la même mémoire que nous et je ne voulais pas que ma visite sente le réchauffé. Elle n'aurait plus servi à Rien. Il faut battre Le Petit Rien tant qu'il est chaud. Enfin, vous me comprenez, hein ? Il n'est pas question de châtiments corporels, mais bien d'attention bienveillante et chaleureuse.

Alors, Vite !, vite, vite, vite, j'ai réparé Deux Petits Riens qui devaient être rafistolés avec des pinces. 

Je ferais plus tard ceux qu'il fallait réparer avec un fil et une aiguille. 

Enfin, quand je dis que j'en ai réparé deux, je n'ai pu en réparer qu'un. Pour l'autre, le premier auquel je m'étais attelée, j'allais devoir me faire aider et Mon Expert En Réparation de petits Riens qui, de toutes façons, n’avait pas de temps à nous consacrer, à Mes Petits Riens Et À Moi, et qui de plus, pensait que Le Petit Rien Qui M'Avait Résisté Et S'Était Cassé Peu Après Sa Venue Chez Moi ne serait probablement pas réparable. 

Le Petit Rien Cassé resta donc en sursis, à demi-réparé sur la table, en attendant Le Retour Du grand Magicien De La Réparation Des Petits Riens.

Il ne me restait plus beaucoup de temps. Il fallait que je pense à Mon Petit Rien De Cadeau Surprise Pour Mon Petit Rien Tout Perdu D'Hier. Il e fallait pas qu'il soit trop gros. J'allais passer beaucoup de temps à confectionner Un Tout Petit Rien Câlin Et Rigolo.

Et comme j'avais cessé, peu à peu de Ne Rien Faire, j'allais commencer à devoir faire attention au temps que je passas avec chaque Petit Rien.

Il y en avait tant !

Fini La Glande ! J'enclenchai la troisième et partis, mais pas encore à fond de train, vaquer à D'Autres Petits Riens De La Journée.

Et..., comme le temps m'est désormais compté, je ne pourrai pas te dire de quoi il s'agit. Sinon que ce sont De Petits Riens. Et qu'ils m'attendent déjà avec impatience.

Je les entends ! Ils sont déja réveillés !

Au boulot, Ma Grande !

C'est que c'est fini, Le Grand Rien.

© Simone Rinzler | 7 avril 2016 - Tous droits réservés 
On répare Les Petits Riens À L'Atelier de L'Espère-Luette
 
 
 
 



17 #CPR Carnets de Petits Riens : Ce soir, en rentrant, j'ai croisé dans la rue un Petit Rien Perdu. Il ne savait pas où il était, il pleurait. Il avait perdu sa Maman. Alors, je l'ai pris par la main et je lui ai dit : « Ne t'inquiète pas, mon petit bonhomme, on va la retrouver, ta Maman ».

17 #CPR Carnets de Petits Riens : Ce soir, en rentrant, j'ai croisé dans la rue un Petit Rien Perdu. Il ne savait pas où il était, il pleurait. Il avait perdu sa Maman. Alors, je l'ai pris par la main et je lui ai dit : « Ne t'inquiète pas, mon petit bonhomme, on va la retrouver, ta Maman ! ».

Ce soir, en rentrant, j'ai croisé dans la rue un Petit Rien Perdu. Il ne savait pas où il était, il pleurait. Il avait perdu sa Maman. Alors, je l'ai pris par la main et je lui ai dit : « Ne t'inquiète pas, mon petit bonhomme, on va la retrouver, ta Maman ! ».

Mais j'étais rudement ennuyée. Et si on ne la retrouvait pas ? Que ferais-je de lui ? J'ai déjà tant à faire avec les miens, de Petits Riens. Je ne vais pas non plus accueillir tous les Petits Riens Du Monde non plus ? 

J'avais honte d'avoir pensé cela, mais je ne pouvais rien y faire. En bonne égoïste, je l'avais bel et bien pensé. Et je savais bien que ce qui a déjà été pensé ne peut pas être dé-pensé. Il allait falloir que je fasse avec.

Et puis, pourquoi se désoler ? 

Après tout, j'avais été la seule à m'arrêter le long du boulevard. Les autres aussi l'avaient bien vus aussi, quand même ! Un Petit Rien Qui Pleure, le soir, au coin du boulevard, ça ne passe pas aperçu, tout de même ?

Et puis, je me sentais fatiguée, j'étais pressée de rentrer. C'était ma première sortie depuis plus d'un mois, et il fallait que ça m'arrive comme ça, à moi, là, comme ça, maintenant.

Décidément, j'avais le chic pour les attraper, Les Petits Riens, même quand je ne les cherchais pas.

Mais voilà. J'étais là. Je m'étais arrêtée. 

Et il était là, tout seul et tout chagrin sur le trottoir mouillé. 

J'ai sorti Mon Mouchoir Magique, un joli petit mouchoir en papier tout propre et j'ai tamponné ses petits yeux tous fripés par les larmes. Puis, j'ai mouché son Petit Nez. Je lui ai dit : « Souffle, mon petit chat, souffle ! Comme ça ! » et en même temps, j'ai fait « Pffflouh ! ».

Le Petit Rien a eclaté de rire. 
On avait tous les deux la morve au nez. 
Je me suis mise à rire aussi. 

On a ri, on a ri ! On a ri !

On a ri si fort que le Papa du Petit Rien nous a entendus. Il était descendu ventre à terre pour partir à la recherche de son Tout Petit Rien qui avait échappé à la surveillance de sa Maman. 

J'ai poussé un soupir de soulagement. « Ouf ! ». Plus de peur que de mal.

Mais, je n'avais plus de mouchoir et toujours Ma Grosse Goutte Au Nez. Le Petit Rien riait et pleurait en même temps. Enfin, il ne pleurait plus, mais il lui restait encore de gros sanglots qui le secouaient de temps en temps, entre deux éclats de rire.

Le Papa du Petit Rien m'a tendu un Joli Mouchoir De Lune Qui Brillait La Nuit. Je me suis mouchée, toujours en riant, et en reniflant, moi aussi, car ce Pauvre Petit Rien m'avait émue et que je peinais à me remettre de mes émotions nocturnes impromptues.

Pour une fois que je parvenais à mettre le nez dehors, abandonnant Mes Petits Riens à la maison, et sans plus penser à Rien, voilà que je m'étais trouvée à la fois coupable et héroïque et que, je ne sais pas si ça vous aurait fait ça à vous aussi, ce Petit Rien Inattendu avait touché une corde sensible longtemps oubliée et tout cela m'avait un peu tourneboulée.

C'est que c'est une chose que d'aller, selon Son Bon Vouloir, à La Chasse Aux Petits Riens, mais ça secoue drôlement d'en rencontrer par hasard, au coin d'une rue, la nuit, quand on ne s'y attend pas et que l'on meurt d'envie de rentrer se mettre à l'abri, bien au chaud, chez soi. 

C'est qu'il fait encore frais, en ce moment, et qu'on n'a pas très envie de rester à traîner dans les rues, loin de chez soi.

Alors, cette surprise de La Rencontre Involontaire Avec Un Tout Petit Rien Inconnu Tout Perdu, ça m'avait toute chamboulée.

Le Papa du Petit Rien était tellement content que je me sois occupée de son Petit Rien Tout Perdu qu'il m'a invité chez lui à boire le thé. 

« Oh ! Non ! Non ! Non ! Je ne veux pas vous déranger ! », ai-je protesté. En même temps, je, avais très envie. Mais le Papa Du Tout Petit Rien Perdu était un home fin et sensible. Il a bien vu que j'étais fatiguée. Il n'a pas insisté. Il m'a dit : si vous êtes encore sur Paris, repassez demain, après une bonne nuit de repos. Ou la semaine prochaine. Alors, j'ai tenu à lui faire une promesse. Une vraie. Pas une promesse en l'air ! Non ! Non ! Non ! Une Vraie Promesse En Bonne Et Due Forme.

Alors, je lui ai promis de revenir. 

Demain. Si je pouvais. Ou sinon, mercredi prochain. Sûr et certain.

Pourvu qu'il fasse bon, sur le boulevard, demain. Surtout que je resterai dehors, le soir. Et que je ne suis pas encore totalement d'aplomb. Pourvu, pourvu que, demain, tout aille bien. Il faut absolument que je passe une bonne nuit.

Mais...

J'ai le cœur tout réchauffé rien que d'y repenser. Et surtout à l'idée, dès demain, de retrouver Mon Nouveau Petit Rien, Mon Petit Rien D'Adoption, Mon Tout Premier Petit Rien Qui M'A Adoptée, Ensorcelée de ses larmes et de son rire. Tu as déjà entendu un Tout Petit rien Perdu Qui Pleure Et Qui Rit À La Fois ? Moi, c'était ma première fois. Et quelle histoire.

Demain, je l'espère bien, Je reverrai Mon Tout Nouveau Petit Rien et son Papa. Et je ferai connaissance avec sa Maman.

Et...

Ça tombe bien !

J'adore le thé à la menthe.

Hmmmm...

J'en rêve déjà, alors que mes paupières se ferment doucement, contente d'avoir été, une fois encore, une fille bien.

Ben quoi, je me suis arrêtée, non ?

Les mauvaises pensées ont vite été balayées, et Petit Rien a retrouvé son Papa, puis sa Maman. Elle aussi était toute retournée.

Quel cadeau vais-je apporter demain à Mon Petit Rien et à ses Petits Parents ?

La nuit porte conseil, dit-on. Je verrais bien.

Ah ! Tout de même, j'ai bien ri avec Mon Petit Rien Du Jour. On était beaux, tiens, avec Notre Petit Bout De Nez Tout Mouillé !

Ça faisait un bien bon bout de temps que je n'avais pas tant ri en étant si émue.

© Simone Rinzler | 7 avril 2016 - Tous droits réservés 

Ah ! On ne se mouche pas du coude À L'Atelier de L'Espère-Luette


4/05/2016

16 #CPR Carnets de Petits Riens : Tu sais que tu peux aussi tefabriquer des Petits Riens Impérissables Ou Presque ? Ce sont de ToutsPetits Riens. Des Petits Objets Souvenirs Vendus Aux Touristes. Maispas n'importe lesquels.

16 #CPR Carnets de Petits Riens : Tu sais que tu peux aussi te fabriquer des Petits Riens Impérissables Ou Presque ? Ce sont de Touts Petits Riens. Des Petits Objets Souvenirs Vendus Aux Touristes. Mais pas n'importe lesquels.


Tu sais que tu peux aussi te fabriquer des Petits Riens Impérissables Ou Presque ? Ce sont de Touts Petits Riens. Des Petits Objets Souvenirs Vendus Aux Touristes. Mais pas n'importe lesquels. Ces Petits Riens-Là, il faut très bien les choisir pour qu'ils soient vraiment bien. Sans ironie. Sans recul. Sans faux-semblants. Sans la distance que procure La Passion Du Kitsch. Il faut choisir ceux qui éveillent vraiment quelque chose en toi. Vraiment. Sans distance. Sans jugement. Juste une sorte de pulsion, quasi irrépressible et que tu as appris pendant toutes ces années à réprimer, pour ne pas avoir l'air bête, pour ne pas paraître infantile, pour te faire plus grosse, non pas que le bœuf, mais que tu n'es en vérité, au plus profond de toi.

Un objet qui fait vibrer quelque corde sensible dont tu n'as pas la raison, qui évoque un souvenir perdu, un souvenir peut-être jamais eu, peut-être refusé, au nom de « Tu es Grande, maintenant ! » ou de « Ils ne savent vraiment plus quoi inventer avec leurs merdes à touristes ! », au nom de « Je suis un être rationnel et intelligent, je ne vais tout de même pas m'abaisser à ça ! ».

Figure-toi que j'étais en voyage très, très loin, il n'y a pas si longtemps. J'ai déjà dit que j'avais fait le choix de tourister sans photographier, une expérience que je suis prête à recommencer. 

C'est ce que je faisais autrefois. 

Je voyageais sans photographier et nous achetions alors les cartes postales les plus belles prises par des professionnels bien meilleurs que nous. Et, à l'époque, comme les photographies étaient tirées sur papier, cela nous revenait beaucoup moins cher que de prendre nous-mêmes les photos des paysages, des monuments, des scènes de rue (qui n'étaient encore guère prisées), des spectacles de danse, des événements folkloriques typiques de l'endroit.

En ce temps-là, nous étions présents au voyage. Certes, comme nous n'en avons pas pris de clichés et que notre mémoire s'est entraînée à ne retenir que l'ultra-nécessaire, à savoir que nous avons eu une belle vie, Nous Ne Nous Souvenons De Rien De Tout Cela, faute de rappel récurrent à notre mémoire. Nous sommes sans mémoire des instants, des Petits Riens Du Temps Passé. Tout ce dont nous nous souvenons, c'est que C'Était Bien, et que, même si c'est très différent maintenant - et on ne saurait dire en quoi - c'est toujours aussi bien, mais que c'est très sûrement différent. En quoi, nous ne saurions dire, ni l'un, l'autre, pour des raisons probablement différentes pour l'un et l'autre probablement. Mais nous nous en moquons. Nous savons, ou plutôt, je sais, que nous avons eu Tout Plein De Petits Riens Et Que C'Était Bien, et nous savons, ou plutôt je sais, que nous aurons encore Tout Plein De Petits Riens Et Que Ce Sera Bien.

Le Petit Rien D'Aujourdhui, c'est à peine un Petit Rien À Partager. C'est que je n'ai pas été obligée de m'affaler dans mon lit au beau milieu du déjeuner, ni même à la fin, que je me suis fait belle dès le matin, même si je ne me suis pas maquillée et que mes cheveux auraient besoin d'être ravivés. C'est que Les Petits Riens De C'Est La Faute Aux Hormones, Simone ! sont en train de se terminer et que la bête reprend du poil de la bête. Pour toi, ce n'est Rien, mais pour moi, Ce N'Est Qu'Un Tout Petit Rien Qui Me Change La Vie. Et qui change ma vision du monde. Aujourd'hui, grâce à ce Tout Petit Rien Qui N'Est Rien Pour Toi, Mais Qui Est Tout Pour Moi, je reprends goût à la position Debout.

Alors forcément, Mes Petits Riens ne peuvent plus être les mêmes que lorsque j'étais clouée au lit, faible, affaiblie et faiblissante.

Mais avant d'être prise par Les Petits Riens Du Lit Inévitable, je me fabriquais déjà des Petits Riens, un peu factices, un peu aidés par le commerce.

Mais quoi ? Faudrait-il faire semblant de vivre autrement que l'on vit ? 

Ce serait manquer de beaucoup de recul sur ce qui fait un humain.

Unique. Complexe. Simple.

Car Les Petits Riens n'ont pas commencé au lit, sous le joug d'une nouvelle attaque de défaillance thyroïdienne. Ils ont commencé en voyage. En Inde. Au pays des Palais. Au Pays des Maharadjahs. Au Rajasthan. Et dans la Province de l'Uttar Pradesh. Dans le Pays d'Arundhati Roy, l'écrivaine d'un seul roman, Le Dieu des Petits Riens, celle que l'on avait comparée alors à l'inventeur du « Grand Roman Indien » avec Les Enfants de Minuit. Et dans le pays où avaient vécus le souvenir de Somerset Maugham dans les premières pages de Half a Life du Prix Nobel de Littérature V.S. Naipaul. Un souvenir de mes Petits Riens D'Avant, quand sous prétexte d'enseigner la bien sèche linguistique, je me faisais Passeur De Littérature Et De Cinéma. Mes Petits Riens D'Avant, l'étincelle dans les yeux des étudiants.

Prendant ce voyage, je ne prenais peut-être pas de photos, peut-être étais-je affaiblie par une énorme bronchite commençante, mais mon cerveau avait travaillé de Petits Riens Littéraires en Petits Riens Littéraires, jusqu'à arriver à ces Carnets de Petits Riens Dont Le Titre N'est Pas Rien.

Tout cela parce que je me suis acheté, Pour Moi, Et Pour Moi Seule, Ma Première Boule À Neige Qui Est En Vérité Une Boule À Paillettes Argentées Du Taj Mahal.

Quand il ne se passe Rien, il me suffit de la secouer, de la retourner, de la shaker Un Grand Coup, Indian Shake ! et Tout Mon Petit Monde Magique Apparaît.

Et tout de suite me revient le regard ébloui de La Petite Fille, Ma Petite-Fille & Ma Petite-Fille, la première fois que chacune d'entre elles a découvert cette beauté Encore Plus belle que Le Taj Mahal Lui-Même. Les Paillettes Dans La Boule. Les Paillettes Dans Les Yeux. Les Leurs. Et, je le sens, Les Miens.

Avant de clore ce texte, je plonge mon regard dans Ma Boule De Petits Riens. Les Paillettes sont éparpillées au sol. Il me suffit d'un geste pour animer le bonheur. Je ne vois pas un affreux souvenir en plastique pour touriste débile. Oui. Si j'y pense bien... Eh bien... Toute ma vie est dans Ma Boule Magique.

Ma Boule À Petits Riens.

Fabriqués.

Engrangés.

Collectionnés.

Et demain, je te parlerai peut-être, si tu es sage, de La Chasse Échevelée A La Poursuite De La Vraie Minuscule Fontaine En Laiton Qui Fait Vraiment Couler De L'Eau Quand Tu actionnes La Pompe, un autre souvenir miniature qui nous a fait courir au petit trot, échevelés, en sueur, riant comme des enfants, jusqu'en haut d'un fort indien, face à un magnifique Temple Jaïn. Un Petit Rien. Toujours sous ma main. Et devant mes yeux, quand j'écris à la cuisine.

Et C'Était Bien.

Tu verras bien.

Demain.

Et Ce Sera Bien.

Quel que soit Le Petit Rien.

Peut-être même qu'il n'y en aura Aucun.

Qui sait ?

Pas Moi, en tous cas !

© Simone Rinzler | 5 avril 2016 - Tous droits réservés 

Il Pleut de Jolies Paillettes de Petits Riens À L'Atelier de L'Espère-Luette


4/04/2016

15 #Carnets de Petits Riens : Tu sais, si tu attends sans Rien Faire Du Tout, les Petits Riens ne viendront pas à toi tous seuls. Il faut que tu apprennes à les apprivoiser.

15 #Carnets de Petits Riens : Tu sais, si tu attends sans Rien Faire Du Tout, les Petits Riens ne viendront pas à toi tous seuls. Il faut que tu apprennes à les apprivoiser.

- Tu sais, si tu attends sans Rien Faire Du Tout, les Petits Riens ne viendront pas à toi tous seuls. Il faut que tu apprennes à les apprivoiser. 

- D'accord, je crois que je comprends bien. Mais, pour les apprivoiser, dis-moi, il faut quand même bien qu'ils soient là ? Et moi, de là où je suis, je n'en vois pas.

- Tu n'en vois pas ?!? Mais ils sont là, partout, comme de Gentils Petits Gremlins. Ce sont tes Anges Gardiens et tu ne les vois pas ?

- Non. Pas même La Queue D'Un Tout Petit Rien...

- Ah. 

Alors là, ça va être un peu plus long que prévu. 

Mais j'ai l'habitude de la Chasse Aux Petits Riens. 

Tu te souviens des cloches de ton enfance ? Quand tu entendais les cloches, tu te précipitais dans le jardin. Tu ne restais pas Là À Ne Rien Faire, tout de même !

- Non. Bien sûr ! Je courrais, je courais, je courais !

- Ah ! Bah, tu vois bien que tu sais courir après tous les Petits Riens ! 

Une poule remplie d'œufs à la liqueur, couchée près des primevères, pourtant, ça peut attendre ! Ça ne bougera pas, surtout quand il ne pleut pas et qu'il ne fait pas encore trop chaud.

Te souviens-tu de quand tu as perdu ta vivacité, du jour où des jours qui t'ont fait dire : « Oh ! Laisse tomber. Je suis trop grande pour ça, je suis un grand garçon maintenant ! » ? T'en souviens-tu ?

- Du jour exact, tu veux dire ? Non. Je ne me souviens pas. Ce n'est pas venu d'Un Seul Coup D'Un Seul.

- Tu veux dire que tu as travaillé à grandir, à être un homme, enfin, une femme, une adulte, une vraie.

Eh bien, figure-toi que c'est le même travail à l'envers. Ton travail d'humain. Si tu as pu apprendre à devenir grand, enfin à devenir grande, tu peux très bien réapprendre à t'émerveiller du monde comme quand tu n'étais Pas Grand. Oui, Grande, c'est pareil ! Enfin..., tu me comprends. Je veux dire, enfin, moi, je me comprends.

Alors je vais te dire...

Tu te fais Tout Petit, Un Tout Petit Chasseur De Petits Riens, et quand tu entends les cloches ou que tu entr'aperçois tout autre petit signal, Cours, Cours, Cours Et Va Cueillir Ton Petit Rien !

Oh ! Bien sûr, au début, tu auras un peu de mal. On ne redevient pas Petit Comme Ça Quand On Est Déjà Grand. Ça demande une attention, oh, peut-être pas de tous les instants, on est grands, maintenant, quand même !, et notre métier d'humain n'est plus de nous émerveiller de tout ce que l'on découvre. On est un peu rouillés, on n'a plus l'habitude. 

C'est ça, avec le temps, on perd l'habitude, et puis un jour, sans même s'en apercevoir, on a carrément perdu le truc. Et alors, c'est là que tout est recommencer.

Alors, on recommence. On s'y met, on s'y attelle, il faut y aller. Mais, figure-toi que ce ce n'est pas du tout facile. Car nous Porto,s tous en nous Le Plus Grand Ennemi Des Petits Riens Que La Terre Ait Porté.

Et ouais. C'est en nous. C'est Toi qui t'empêche de voir, d'entendre ou de sentir Tes Petits Riens.

Car, mais ne le répète pas, c'est un secret et il ne faut pas que Tes Petits Riens nous entendent, mais le pire, Le Pire Ennemi Des Petits Riens, c'est La Peur D'Être Bête. 

Oui ma fille !

Oui, ma belle !

Oui da, Madame !

La Peur D'Être Bête. La Peur De Régresser. La peur de perdre tout ce que l'on a gagné, avec parfois tant d'insistance, de vaillance et de difficultés. La Peur D'Être Jugé. En Mal ! La peur de ne pas être assez admiré pour son adresse, son intelligence, son savoir-faire.

Mais Les Petits Riens, mais ils s'en moquent ! Comme de leur première clochette ! Ça leur en bouge une sans bouger l'autre ! Ils rigolent, cabriolent, batifolent, sans souci du Candiraton, le vilain Raton-Laveur Qui Voulait Être Beau.

Ne t'inquiète pas. Tu ne perdras rien. Tu vas reconquérir Tes Petits Riens. Tu es bien Assez Grand pour comprendre cela. Tu ne perdras Rien. Mais alors, Rien De Rien. Rien que Le Temps De La Reconquête Des Petits Riens. Rien que Le Temps De La Bredouille.

Allez !

Viens !

Mets ton imper, il peut pleuvoir sur le chemin. Moi, je prends Mon Petit Panier D'Osier À Petits Riens et toi, tu prends le tien.

Comment ça ? 

Mais tu n'as Rien pour Faire La Chasse Aux Petits Riens ? Mais... Si tu en rencontres plein  ?

Bon, ça va pour aujourd'hui. Je les mettrai dans le mien. Mais il faut absolument que tu commences par faire de la place pour Tes Petits Riens. Une étagère vide, un coin de table ou de meuble où poser Ton Petit Monde De Petits Riens. De la place quoi !

Et impérativement, que tu te procures Un Panier À Petits Riens. Ça, c'est le plus important. Comment peux-tu imaginer partir à La Chasse Aux Petits Riens si tu n'as pensé à Rien pour les ramener ? Enfin, je me comprends, pour les rapporter. Parce que, si tu n'en à qu'un, tu peux très bien le ramener, en le prenant, comme de juste, par la main ! 

Tout part du Rêve Du Panier À Petits Riens. Je ne te l'avais pas dit, déjà ? Possible. Parfois, je me répète. Bref. Un panier, te dis-je !

Pour Le Filet À Petits Riens, il te suffira d'y penser. Avant ou après, comme tu veux. C'est toi qui doit penser à la manière de t'organiser pour te sentir à l'aise, à ta main.

Comment penses-tu que tu pourras attraper Tes Petits Riens si tu n'as pas de Filet À Petits Riens ? 

Tu sais, ils sont si petits parfois. 

Il ne te faudra pas des mailles trop larges. 

Enfin, ne t'inquiète pas. Tu auras le temps. 

C'est dans la préparation que résident Tes Touts Premiers Petits Riens de Grand. 

Tu verras. Il suffit déjà d'y penser. 

Et un jour, au moment où tu t'y attends le moins, Paf !, ça te cueille ! Et, Bing !, voilà que, sans t'apercevoir, tu as déjà cueilli Ton Petit Rien.

Et tu vois, là, c'est tout Le Paradoxe Des Petits Riens. 

Tu te prépares à les cueillir, et Hop !, ce sont Eux Qui Te cueillent.

Il faut donc te préparer à La Cueillette. Par la pensée, d'abord.

En attendant, moi, là, j'ai envie de me dégourdir les jambes. 

Assez parlé. On y va !

Bon, alors, tu viens ?

© Simone Rinzler | 4 avril 2016 - Tous droits réservés

La Cueillette Des Petits Riens se prépare activement À L'Atelier de L'Espère-Luette




14 #CPR Carnets de Petits Riens : Le meilleur des Petits Riens n'est pas très photogénique. Il est malaisé d'en parler. Le toucher, la caresse sont largement sous-évalués. Et pourtant. Que ne ferait-on sans ces Petits Riens ?

14 #CPR Carnets de Petits Riens : Le meilleur des Petits Riens n'est pas très photogénique. Il est malaisé d'en parler. Le toucher, la caresse sont largement sous-évalués. Et pourtant. Que ne ferait-on sans ces Petits Riens ?

Le meilleur des Petits Riens n'est pas très photogénique. Il est malaisé d'en parler. Le toucher, la caresse sont largement sous-évalués. Et pourtant. Que ne ferait-on sans ces Petits Riens ? 

Une main qui s'avance, une caresse dans le dos après l'amour, un tapis de mousse dans un sous-bois, la joue d'un enfant, le sexe dru d'un homme aimé, tout cela fait partie des Petits Riens que je ne quitterais pour rien au monde. 

J'aime ces Petits Riens. La douceur du toucher, la douceur de toucher, d'être touchée, tout cela me touche, infiniment. Le toucher amical, amoureux, affectueux. 

Un art du toucher est à réinventer. Les sciences et les techniques, les discours, les écrans évitent le toucher. 

Quelle perte ! Quel gâchis ! Quelle vilénie !

Quel bonheur, pourtant que la caresse d'une main. Sur une autre main. Sur une cuisse ou un ventre défraîchi. Peu importe l'aspect de la peau. La caresse est douceur, pour peu qu'elle ne soit pas intrusive.

J'aime caresser et être caressée. Je ne peux m'en passer. Le jeu des peaux contre les peaux, jeunes peaux, vieilles peaux, toutes peaux qui s'aiment et se le disent, par le toucher.

Caresser un jeune enfant, l'aimer sans pouvoir s'empêcher de le caresser, de lui faire sentir sa présence bienveillante, réconfortante, protectrice.

La caresse qui rassure. La caresse qui assure de sa présence. La caresse comme remède à l'indifférence. 

Le sujet est devenu délicat. Parler de la caresse, écrire une ode à la caresse est devenu suspect. 

Quoi ? Caresser un enfant ! 
Comment ? Caresser un sexe tendu ! 
Mais tu n'y penses pas, tout de même !?!

Oh ! Que si !

J'y pense avec ravissement, des lumières dans mes yeux fermés, pour mieux sentir la délicatesse qui m'enveloppe, la douceur qui me revient.

Quoi ? Tu n'aimes pas la caresse, toi ?

Serais-tu de bois ?

Pour moi qui suis humaine, la caresse du vent, d'une main aimée, d'une joue de bébé, les bisous baveux d'un grand en transpiration, les mains collantes de sucreries d'une pré-adolescente encore dans l'enfance, ce n'est vraiment pas Rien. 

C'est de la vie en barre. 

De la vie à l'état pur. 

Tout a commencé avec le toucher. L'aurais-tu oublié ?

Entre la vue d'une fleur à peine éclose et la caresse de la mousse, aujourd'hui, je n'ai pas hésité. J'ai caressé la mousse des prés, enfonçant ma main dans la matière souple. J'ai regardé mes pas s'enfoncer dans l'épaisse mousse du champ, à l'endroit où s'écoule l'eau en souterrain. 

S'il n'avait pas fait si humide et un peu frais, je crois bien que j'aurais ôté bottes et chaussettes, moi qui autrefois ne me déchaussais jamais.

Sens-tu le sol sous tes pieds ?

Oui. C'est un peu sale. J'en conviens. Ce n'est pas très civilisé. 

Mais toi, dis-moi, tu n'as jamais marché sur la mousse des bois et des prés ?

Moi, j'ai appris à me déchausser, pour me faire caresser le dessus du pied par un homme dont je ne savais pas encore que je l'aimerais. Ah ! Le souvenir de cette caresse de mes pieds, si nouveau, n'est pas près de disparaître. Pour un peu, j'en tremblerais encore de plaisir, rien qu'à y repenser. Ces caresses aux pieds ont éveillé quelque chose qui jamais plus ne s'est éteint. La chaleur de la douceur d'un homme. L'homme avec qui je vieillis, peau contre peau. 

As-tu déjà remarqué que si la peau des mains s'abîme au travail, celle du pénis reste aussi douce qu'au premier jour ? Merveille de ce Petit Rien de peau, si doux, si beau, jardin de nos Petits Riens À Deux.

Parfois, on dit aux vieux qu'ils font peur aux bébés. Tu as déjà vu un jeune bébé refuser la caresse de son aïeul ? Moi pas. 

Le bébé n'a pas encore appris à détester les vieux. Il sait, il sent, que la caresse est douce, affectueuse. L'enfant sent l'amour par le toucher. Le toucher de ses parents, de ses aïeux.

La semaine dernière, j'ai fait du pied à pied avec les bébés de mon ancien bébé devenue grande. On a souri, on a ri. On était bien. 

Bientôt, je les emmènerai caresser la mousse du pré. Ce sera l'été de leur enfance et le printemps de ma vieillesse.

Ma vieille peau aime toujours le toucher. Vrai. Elle est moins tendue, moins ferme. Mais elle n'a rien perdu de ses terminaisons nerveuses. Ma peau aime le toucher. Ma peau aime être touchée. Ma peau aime toucher. Ma peau est faite pour caresser et être caressée. 

N'en déplaise à ceux qui se choquent ou s'offusquent d'un Rien. 

Une caresse, ce n'est qu'un Petit Rien. Un Petit Rien qui fait tant de bien.

Caresse du vent, caresse des mains, caresse du feu, de la chaleur.

Caresse de la vie.

Viens ! Donne-moi la main !

© Simone Rinzler | 4 avril 2016 - Tous droits réservés 

On se caresse, et ce n'est pas Rien À L'Atelier de L'Espère-Luette




4/02/2016

13 #CPR Carnets de Petits Riens : Ne crois pas que les Petits Riens soient si faciles à apprivoiser. Un Rien les effarouche. Un Rien les fait fuir. Certains sont même si craintifs que c'est à peine si tu peux les approcher. Alors, les capturer dans les mailles de ton filet de lune, c'est toute une expédition !

13 #CPR Carnets de Petits Riens : Ne crois pas que les Petits Riens soient si faciles à apprivoiser. Un Rien les effarouche. Un Rien les fait fuir. Certains sont même si craintifs que c'est à peine si tu peux les approcher. Alors, les capturer dans les mailles de ton filet de lune, c'est toute une expédition !

Ne crois pas que les Petits Riens soient si faciles à apprivoiser. Un Rien les effarouche. Un Rien les fait fuir. Certains sont même si craintifs que c'est à peine si tu peux les approcher. Alors, les capturer dans les mailles de ton filet de lune, c'est toute une expédition !

Ce n'est pas parce qu'ils sont petits qu'ils ne sont pas agiles. Certains sont maîtres dans l'art de ne pas se laisser enfermer. La chaleur que tu ressens près d'un bon feu de bois, le calme que tu ressens dans une maison vide, à l'écart de tout, la fraîcheur du côté de ton corps qui n'est pas exposé à la flamme. Tout cela est insuffisant si ce n'est pas le moment. À peine y penses-tu que la sensation disparaît, ne laissant même plus trace de son souvenir, tant elle a été fugace.

Tenir un Carnet de Petits Riens n'est ni plus facile, ni plus difficile qu'un Grand Projet De Grand Tout. Il faut la même ténacité, la sensibilité en plus. Toute Petite Chose ne peut faire figure de Petit Rien. Des choix de Petits Riens s'imposent. C'est vrai. Certains ne valent vraiment Rien. Mais ce n'est pas une raison pour abandonner La Poursuite Des Petits Riens.

Vrai, j'ai vu, par trois fois, des rapaces qui me fixaient du bord de la route, des grues ou des hérons immobiles dans un champ inondé et même une poule faisane à mon arrivée ici. Point de Petit Rien, pourtant. De petites choses, oui, mais pas assez pour être un Petit Rien.

Un Petit Rien n'est pas qu'une petite chose, qu'une petite anecdote, qu'une vue rare. C'est bien autre chose. Un Petit Rien, ça t'attrape, ça te scotche, ça te marque, ça te fait vibrer, ou t'arrêter, ou penser. Mais ce n'est pas qu'un Petit Fait De Rien Du Tout.

Un Petit Rien, ça a du Corps, ça a de l'Esprit, ça te remue Les Sens, ça ne te laisse pas sans Rien te faire. Ça n'est pas que la surprise du Petit Rien qui te fait du bien. C'est son Intensité qui en fait toute la valeur.

Alors, oui, parfois, des jours entiers passent sans Petits Riens Nouveaux.

Ils ne sont pas partis. Ils sont juste absents, pour le moment. Il faut attendre qu'ils daignent remontrer le bout de leur nez.

La chasse aux Petits Riens, c'est une quête pour amateur de bredouilles. Il ne faut pas craindre qu'il n'y ait Rien.

Parfois, il n'y a vraiment Rien à sauver, rien qui mérite d'être consigné dans son Carnet de Petits Riens. Il faut avoir le courage et la force de braver le Rien de Rien, en attendant le retour des Petits Riens.

Il n'y a Rien à craindre. 

Ils reviennent bien.

Toujours.

Pourvu que tu restes aux aguets et n'abandonnes pas la quête des Petits Riens.

Je suis à l'affût des Petits Riens, de ceux qui sont bien. Inutile de tricher. Ces rapaces m'ont étonnée, j'ai eu le plaisir de voir ces grues et ce faisan, mais ce n'étaient pas de Petits Riens. Juste quelques étonnements, des sorties de l'ordinaire. Mais cela ne suffit pas à faire un Petit Rien.

Le stage devant les flammes a duré trop longtemps pour être un Petit Rien. Vrai, j'étais bien. Ces flammes, elles étaient bien. Mais bien trop grosses, bien trop soufflantes, bien trop ronflantes pour être de Petits Riens. C'était trop bien ! Mais ce n'était pas Rien !

Alors non, aujourd'hui, pas plus qu'hier, je n'ai ressenti de Petits Riens. 

Peut-être parce que je n'étais pas seule.

Nous étions deux. Nous étions bien.

© Simone Rinzler | 2 avril 2014 - Tous droits réservés 

Les Petits Riens, ça ne peut tout de même pas être tous les jours, même À L'Atelier de L'Espère-Luette