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samedi 21 mars 2015

#MoocDQ3 0956 20150320 C'est quoi, le programme aujourd'hui ?

#MoocDQ3 0956 20150320 C'est quoi, le programme aujourd'hui ?

C'est quoi, le programme aujourd'hui ?  

(C'est dans ton cul, espèce de fayote !). 

(Tu l'as dit ! Celle-là, je sais pas pour qui elle se prend, mais elle en fait des caisses. Ouais. Des tonnes de consonnes, la conne qui raisonne avant même que tu la sonnes...). 

(Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah !). 

[Gros rire gras et rauque, bien vulgaire, bien méchant, bien méprisant]. 

Alors, encore en train de parler de moi ? Tu sais, ce qu'elle disait ma prof de chant quand quelqu'un arrivait ? Elle disait très fort de sa voix de chanteuse travaillée, haut perchée, bien modulée : "Taisez-vous !... Elle arrive !"   

Ils rient, tous. Petits clins d'œil entendus.   

L'atmosphère s'est détendue. Même les deux mères maquerelles sourient, la troisième aussi. Elles se dérident. Tout le monde y va de son petit commentaire. La sauce prend. L'humour a détendu l'atmosphère. Il n'y a pas de doute, elle sait y faire.   

-Ça ! Y'a pas de doute, tu sais y faire !"  

-C'est vrai qu'on parlait de toi...  

[Air un peu gêné de la Nénesse, la commère, la vipère. Celle-là, il va falloir la surveiller. Il va être temps de jouer au charmeur de serpent. Sur le moment, tu ne sais pas que c'est ta spécialité, charmeuse de serpent, mon petit Saut de l'Ange, mais tu sautes, tu y vas, tu prends ton envol et tu y vas, brave petit soldat. Tu ne supportes pas que qu'un vienne gâcher le bonheur des autres. Alors, tu vas la voir, tu lui parles. Tu plaisantes, d'abord, et puis tu entres dans le dur, dans ce qui résiste, dans ce qui fait mal. Tu te fais l'avocat du diable, tu penches pour l'un, pour l'autre, mais toujours en a parte, juste elle et toi, San personne d'autre pour vous entendre, c'est le seul moyen de la détendre et de ne pas t'énerver, de ton côté, car tu sais que tu pourrais monter très vite et très haut en puissance, dans l'agacement, et là, le stage vient a peine de commencer, juste quelques jours, tu ne veux pas le gâcher, tu ne veux pas non plus qu'elle te pompe l'air. Sans le savoir, tu vas te la mettre dans la poche. Ce n'est que maintenant, au moment d'écrire, que tu te rends compte que tu as toujours fait cela, comme ça, spontanément, sans calcul préalable. C'est comme une seconde nature. Tu vas toujours vers celui qui grogne le plus, le peine-à-jouir, celui ou celle qui se plaint tout le temps, qui te gâche ton plaisir... Et surtout qui te rappelle que toi aussi, tu es comme ça, que tu as déjà été comme ça, mais que ça, maintenant, c'est fini, enfin, c'est moins grave, c'est moins souvent. Ça t'arrive quand même de faire toi aussi ta vipère, ta sale commère, ton acariâtre, quand tu es mal, malheureuse, frustrée, frustrée de la vie, frustrée du cul, frustrée de partout et que tu ne comprends pas tout ce qui t'arriver. Et comme tu ne veux pas finir toute seule, comme une vieille acariâtre que tu pourrais être, tu dé-, Attends !, c'est pas tu dégoupilles..., c'est le contraire..., tu dé-, tu dé, tu dééé..., tu désamorces, c'est ça ! C'est l'autre qui dégoupille sa grenade, et c'est toi qui va au feu et qui désamorce le truc, au risque de te prendre le truc dans la gueule. Mais tu ne te prends jamais le truc dans la gueule. Ça marche toujours. Un être humain, quand tu lui parles, à lui, tout seul, pas en groupe, pour éviter justement l'effet de groupe, si tu lui parles d'homme à homme, enfin façon de parler, ça peut être des femmes aussi, si tu lui parle d'homme à homme, à égalité, il te respecte, tu peux même lui dire ce qui te choque, pas tout de suite, bien sûr, il faut attendre de faire ami-ami, et ça ne devient pas toujours le Grand Amour, mais ça permet d'instaurer un modus vivendi, d'empêcher les empêcheurs de tourner en rond et de stopper les critiques incessantes. Les humains, on ne leur parle jamais assez d'homme à homme. C'est comme cela qu'ils se ferment, se barricadent, deviennent hargneux, deviennent haineux.    

Où j'en étais, moi ?    

Il va falloir que je me relise.  

Bon, avant, une petite pause. Tu te souviens de ce que te disait ton kiné. Se lever au moins toutes les heures. Bouger. Remuer. Détendre les muscles. Tu n'as pas regardé depuis combien de temps tu es assise, là, à écrire sur ta tablette, surtout que d'abord, tu as joué sur Facebook avec tes copains de l'atelier d'écriture virtuel. Alors, là, au lieu de continuer, tu enregistres, Cocotte. Hue ! Hue, Cocotte !  

"Chochotte !, Chochotte !, Chochotte, allons-y !"   

Ah ! Le vieil air qui te revient ! Tu entends encore la voix d'Evelyne le chantant. Et les jeux de scènes, les grimaces, les facéties. Quelle joie c'était, cette classe de chant. Tu regrettes encore. Tu y penses encore.   

Te lairas-tu, te lairas-tu, te lairas-tu-u-u mou-ou-ri.   
Sans avoir si, sans avoir no,  
Sans avoir re-e-chan-an-té ?  

Compère Guilleri, Commère Guillerette ?...    

Tiens, Guillemette, comme prénom, c'est bien ça. Ça te rappelle quelqu'un. Tu n'auras même pas besoin d'inventer le personnage. Elle te reviendra du plus profond de ta mémoire, sans te forcer. Ça, c'était un autre stage. On dirait bien que tu es une abonnée aux stages, dis-donc. Entre le stages professionnels et les stages de loisirs, on peut dire que tu en auras suivis. Et animés aussi, d'ailleurs. Ça te revient en pleine face. Ce stage-là, tu l'avais complètement oublié. Et ton stage de début pro aussi ! Tu avais complètement oublié que ça s'appelait déjà un stage. Aussi. Parce que ce n'était pas du loisir, mais ta formation initiale.    

Bon, allez, repos !    

© Simone Rinzler | 20 mars 2015 - Tous droits réservés.